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SANTE : CHU Dijon Bourgogne - NVH Medicinal, un partenariat public-privé porteur d’une forte ambition

16/03/2019 03:15
Entre la société privée, biotech française, et le Centre hospitalier universitaire, le partenariat dure et s’intensifie. Un laboratoire mixte vient d’être inauguré avec des perspectives ambitieuses sur le développement du collagène de synthèse.
En 2005, David Vandroux, docteur en biologie, était embauché au CHU Dijon Bourgogne en tant qu’ingénieur de recherche. Avec l’idée pour l’établissement hospitalier de profiter de compétences, tout en lui permettant de développer son projet. Le projet, il se concrétisera en 2008 avec la création par David Vandroux de la biotech NVH Medicinal, spécialisée dans la médecine régénératrice à base de collagène de synthèse.
Mais cette création n’est pas une finalité en soi. Car le partenariat entre NVH Medicinal et le CHU Dijon Bourgogne dure depuis maintenant plus de dix ans, né surtout d’une rencontre entre le docteur Emmanuel de Maistre et celui qui est aujourd’hui président d’une société à forte ambition, dans un domaine où le potentiel l’est aussi.

Le CHU Dijon Bourgogne «dans un rôle extensible d’acteur de la santé»


Pour la directrice générale adjointe du CHU Dijon Bourgogne, Bénédicte Motte, le partenariat est là réaffirmé dans les anciens locaux de l’Etablissement français du sang, sur le site même du Centre hospitalier universitaire.
Le contrat-cadre de partenariat scientifique formalisé à l’été 2009 se traduit notamment par le prêt de locaux à la société mais aussi l’association de cliniciens de l’établissement à celle-ci. «Nous avons la volonté de favoriser et d’irriguer l’émergence de partenariats scientifiques et économiques au sein de notre écosystème», déclare Bénédicte Motte au nom d’un CHU qu’elle place «dans un rôle extensible d’acteur de la santé».

«Un nouvel espace d’expertises» dans «ce que doit être la recherche de demain»


La création d’une unité mixte de recherche est qualifiée de nouvelle étape, qui vise à aller encore plus loin dans la démarche, celle de la mutualisation des compétences, des outils et des équipements, celle de la création d’«un nouvel espace d’expertises où pourront échanger cliniciens, biologistes, ingénieurs et techniciens».
Pour la direction du CHU Dijon Bourgogne, c’est se lancer dans au moins cinq années supplémentaires de collaboration avec NVH Medicinal, «car les soins et la recherche sont indispensables et indissociables». Ce partenariat public-privé exemplaire a été remarqué par Denis Hameau, en tant que conseiller de Dijon Métropole suivant de près tout ce qui touche à l’innovation sur le territoire de demain.
«Ce partenariat illustre ce que doit être la recherche de demain, ouverte, décloisonnée, et respectueuse des sensibilités des uns et des autres. Ça n’a jamais été compliqué entre le CHU et NVH Medicinal. On a même été pionniers dans ce type de partenariat», insiste David Vandroux, mesurant d’autant plus la progression réalisée dans ce cadre depuis la création de sa société.

Le collagène de synthèse, la force de la biotech


NVH Medicinal, basée au sein de la pépinière d’entreprises HOPE à Dijon, s’appuie aujourd’hui sur onze collaborateurs et travaille sur un collagène créé par la biologie de synthèse.
La biotech est capable de «le miniaturiser tout en conservant son activité biologique». Et le docteur Emmanuel de Maistre, exerçant au CHU et engagé dans le projet, précise : «Il est impossible d’injecter du collagène dans la circulation sanguine car, par sa taille et son organisation en fibres, il existerait un risque majeur de thrombose».
L’atout de NVH Medicinal est, après avoir mené de longues années de travaux, de pouvoir développer un collagène - en retenant l’attention pour son rôle majeur dans le contrôle des saignements - plus ciblé, plus efficace, pouvant être adapté à une application donnée.

En faire un médicament


«La grande ambition, c’est faire de ce collagène de synthèse un médicament, avec l’objectif in fine de sauver des vies. Ce laboratoire mixte va nous permettre de potentialiser cela et d’aller vers la validation», est convaincu David Vandroux, pensant aussi à maintenir le leadership mondial de la société dans ce domaine spécifique évoqué, sur un marché du collagène en médecine régénératrice qui devrait représenter plus de 600 millions de dollars à l’horizon 2023 en matières premières et dont les applications sont essentielles quand on note que l’hémorragie provoque 6 décès par minute dans le monde, et que celle-ci est l’une des premières causes de décès à l’hôpital.

Une ingénierie soutenue et protégée


Depuis sa création, NVH Medicinal a investi près de 500 000 euros, soit 10 % de sa R&D, pour le dépôt d’une cinquantaine de brevets, dont une trentaine de brevets délivrés dans 18 territoires (4 aux Etats-Unis). Sur ce point aussi, la société a pu bénéficier au départ de l’aide du CHU Dijon Bourgogne pour se lancer dans la protection de son ingénierie et de ses innovations.
Avec le laboratoire mixte, NVH Médicinal compte passer un cap dans l’ambition et dans l’exclusivité mondiale de son collagène. La démarche est en parallèle renforcée par des financements d'autres structures de recherche.
Le CHU Dijon Bourgogne entend quant à lui poursuivre ce soutien et cet accompagnement fièrement, vis à vis d’une société déjà engagée dans la commercialisation d’un collagène pour la culture cellulaire, d’un collagène utilisé comme encre biologique pour l’impression de tissus et d’organes, sans oublier l’utilisation comme actif cosmétique avec le développement par NVH Medicinal de sa propre gamme de produits pour femmes et hommes, Innéis.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier