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FORMATION : L'alternance au service des compétences commerciales

04/11/2019 09:11
Commerce, marketing, management... L'ECM revendique la formation en alternance comme un atout pour les inscrits qui étudient sur le site de Dijon dont c'est la deuxième rentrée seulement. Alexandra Bire présente cette école de commerce ainsi que sa junior entreprise.
L’École de Commerce et de Management existe depuis 25 ans à Besançon, proposant des parcours allant du post-bac à bac+5, en formation initiale ou en alternance. Le site de Dijon a ouvert en 2018 pour des formations en alternance de bac+3 à bac+5. Sur les trois campus, l'ECM compte 700 inscrits dont 140 alternants à Dijon.

Pas de frais de scolarité


Structure privée, l'ECM est dirigée par Claude Filisetti, Éric Amiotte, James Brutillot et Sébastien Cretin. À Dijon, Alexandra Bire est chargée de relations école-entreprises et coordinatrice pédagogique. Les formations sont prises en charge financièrement par l'OPCO de l'entreprise où se déroule l'alternance (les opérateurs de compétences ont succédé au 1er janvier 2019 aux anciens organismes paritaires collecteurs agréés ou OPCA). Comme le précise Alexandra Bire, «l'employeur a le salaire de l'étudiant à sa charge, l'étudiant n'a pas de frais d'inscription ni frais de scolarité à payer».

Les filières principales sont Commerce-Vente-Marketing, Gestion ainsi que Ressources humaines. «En plus de former les alternants à leur spécialité, ils ont une partie management ; on les forme aussi à devenir dirigeants d'entreprise» précise Alexandra Bire. Le site de Dijon accueille actuellement sept classes et l'ECM a pour objectif d'ouvrir trois classes supplémentaires pour la rentrée 2020. Alexandra Bire constatant que l'ECM reçoit de plus en plus de demandes.

Les cours de l'ECM sont accueillis au sein de la Maison de l'alternance et de la formation continue du Conservatoire National des Arts et Métiers Bourgogne-Franche-Comté (CNAM) ouverte à Dijon en mars 2018. Cette Maison du CNAM est elle-même située dans le grand bâtiment de la Maison diocésaine du boulevard Voltaire.

Sur les trois sites, les cours sont dispensés par 80 vacataires. Ils ont tous une activité professionnelle liée au secteur sur lequel ils forment les étudiants après avoir été habilités par le CNAM.

600 heures de formation


L'accompagnement des inscrits commence avant même la rentrée. À partir de février et jusqu'au mois d'août, le candidat peut s'inscrire sur le site web de l'ECM. Il reçoit alors un dossier à retourner. Il est convoqué pour une épreuve d'admission de quatre heures : test écrit et entretien de 30 minutes. S'il est admis, le candidat est accompagné via différents ateliers (préparation à l'entretien d'embauche, présentation des réseaux sociaux professionnels et technique de recherche d'emploi).

Cela se déroule entre février et septembre avec un point hebdomadaire. Avec la réforme de l'apprentissage, les alternants ont jusqu'à trois mois à partir de la rentrée pour trouver une entreprise. La formation s'arrête pour les personnes qui ne trouvent pas d'entreprise pour une alternance.

Une fois la rentrée effectuée, les alternants ont trois jours de cours toutes les deux semaines. Sur l'ensemble de l'année, cela représente 600 heures de formation. Les soutenances de fin d'année se déroulent en juillet et août avec une session de rattrapage en septembre. Les diplômes sont ensuite envoyés par le CNAM. La Licence 3 dure un an et le Master deux ans. À Dijon, les alternants viennent de toute la région Bourgogne-Franche-Comté. Pour l'ensemble de ses trois sites, L'ECM revendique un taux de réussite à l'emploi de 92%.

Les diplômés peuvent continuer de travailler dans l'entreprise où ils ont effectués leur alternance. C'est notamment valable pour les PME. De plus, «quelques d'étudiants créent leur entreprise» signale la coordinatrice pédagogique.

Une junior entreprise réalisant des prestations rémunérées


L'association ECM Junior Conseil est la structure qui porte la junior entreprise de l'ECM. Elle contribue à la professionnalisation des alternants. Selon Claude Filisetti, «la majorité des étudiants qui font partie de la junior conseil compte entre une à trois années d'expérience professionnelle en alternance dans divers secteurs d'activité», ce qui permet d'intervenir «de manière professionnelle tout en ajoutant [aux] projets d'entreprise».

Tous les étudiants de Master du CNAM sont intégrés à la Junior entreprise de l'école. Par petits groupes, tous participent à la réalisation d'études de marché ou d'audits pour des sociétés extérieures. En effet, dans la filière des Ressources humaines, les alternants effectuent des audits stratégiques ou des audits organisationnels en entreprise. Ces prestations sont rémunérées par les entreprises et contribuent à financer un voyage linguistique annuel dans une business school où ils suivront des cours de langue et de stratégie marketing internationale (en quatrième année à New-York et cinquième année à Londres). À Dijon, les étudiants reçoivent aussi des cours de communication administrés en anglais.

Les apprenants ont à trouver l'entreprise ayant besoin d'une prestation, à établir un rendez-vous de cadrage pour étudier les besoins puis à effectuer un suivi tout au long de l'année avec l'entreprise tout en ayant des échanges avec un tuteur encadrant l'étude pour l'ECM. Le rapport de l'étude est présenté à l'entreprise puis au tuteur.

Pour les sociétés, le budget pour des études de marché commence à partir de 2.500 euros. Loin des 10.000 euros demandés par des agences parisiennes tout en proposant à l'entreprise le même travail «parce que c'est suivi par des professionnels» selon Alexandra Bire.

«La valeur ajoutée de l'alternance»


Sur le campus dijonnais, les nouveaux alternants du  sont répartis en petits groupes qui, toute l'année, vont donc chacun travailler sur une prestation. Étudiant en dernière année de Master Commerce marketing du CNAM et employé par une start-up du web, Killian Gorin livre son témoignage.

Pour lui, cette junior entreprise, «en termes de projet professionnel, c'est hyper important parce que c'est l'administration et l'analyse de données sur les enquêtes de satisfaction, c'est connaître la clientèle et ses attentes». Le but d'une étude de marché est de cerner les attentes d'une clientèle «pour développer un produit, pour améliorer un produit existant ou alors pour connaître la satisfaction d'une clientèle par rapport à un produit donnée» selon Killian Gorin.

Les enquêtes par téléphone sont rangées dans les placards de l'histoire des techniques. Les enquêtes se font maintenant par des questionnaires sur Internet administrées par Sphinx, un logiciel professionnel d'étude conçu par une entreprise de la Haute-Savoie. Philippe Terrasse, référent en étude de marché, est agréé par l'Institut Sphinx pour délivrer les cours à l'ECM. Pour alimenter les enquêtes, «soit on va chercher une clientèle sur les réseaux sociaux, quand il y a des communautés qui sont déjà inscrites, ou alors l'entreprise possède une base de données que l'on va interroger par mail».

«La valeur ajoutée de l'alternance fait que l'on a un autre regard sur les pratiques marketing, on sait déjà ce qui se passe dans une entreprise, les écueils que l'on peut rencontrer dans l'administration du questionnaire, la temporalité du chef d'entreprise» selon Killian Gorin. Des atouts «permettant d'avoir un meilleur dialogue avec les chefs d'entreprise où les commanditaires de l'étude». Selon l'alternant, «avoir tout le temps un pied dans l'entreprise» amène à «ne pas avoir du tout la même approche par rapport aux formations initiales».

Ayant fait «tout son parcours en alternance, depuis le BTS» cet alternant a donc cinq ans d'expérience professionnelle. De plus, dans les groupes, les apprenants peuvent travailler dans des entreprises de secteurs variés, ce qui amènerait «une complémentarité pour mener le projet» selon Killian Gorin. La plupart des alternants ont entre 18 et 25 ans même s'il y aussi des personnes de 40 ou 50 ans en reconversion professionnelle.

L'ECM Junior Conseil, «une mini-entreprise»


Aux yeux d'Alexandra Bire, la référence du CNAM, le recours au logiciel professionnel Sphynx et le principe de l'alternance sont des points forts de l'ECM. La coordinatrice pédagogique insiste également sur les valeurs de l'école : «l'audace, la confiance, la persévérance, la responsabilité, le collectif et l'accomplissement».  

La coordinatrice pédagogique pousse les élèves à l'audace et à prendre confiance en eux ; «dans le cadre de leur voyage linguistique, on leur dit 'c'est trop facile de faire un chèque' donc on les met au défi de vendre des études de marché et des audits».  En résumé selon Alexandra Bire, l'ECM Junior Conseil «offre aux étudiants l'opportunité de s'organiser en mini-entreprise».

Jean-Christophe Tardivon