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MEDIAS : La radio RCF en Bourgogne dans la force de l’âge

05/10/2018 10:46
La Radio Chrétienne Francophone fête cette année ses 30 ans en Bourgogne. Une aventure qui dure dans les studios du boulevard Voltaire notamment. Un journée-anniversaire est organisée le lundi 8 octobre, pour les 30 ans plus précisément de l'association Parabole 21.
Il y a 30 ans, c’étaient donc les débuts. A Dijon, la radio qui deviendra plus tard RCF est née Radio Parabole. Plus exactement cette année, il s’agit du trentenaire de l’association Parabole 21, ayant vu le jour suite aux réflexions de membres de l’association diocésaine de Dijon et du Vicaire général aujourd’hui Archevêque de Lille, le Père Laurent Ulrich.
Le projet d’une radio ? Il fut amorcé deux ans plus tôt, du côté de Lyon, où Monseigneur Balland ayant créé Radio Fourvière fut inspiré de développer un réseau national.
Le 25 décembre 1988, c’est d’ailleurs Radio Fourvière qui se déplace à Dijon pour retransmettre la veillée et la messe de Noël dans l’église Sainte-Bernadette.
L’année suivante, Radio Parabole débute dans ses studios au 7 boulevard Voltaire, avec la production d’une heure d’émissions quotidiennes le 17 avril 1989.

De 1 à 7 émetteurs en Bourgogne


Au cours des trois décennies, les évolutions sont listées : autorisation d’émettre à Dijon, Beaune, Châtillon-sur-Seine et Montbard en 1991 (2h30 d’émissions locales sous la direction de Brigitte Voinet), création de l’association «Les Amis de Radio Parabole» en 1992, Radio Parabole devient RCF Parabole (avec obligation par le CSA de diffuser 4 heures d’émissions locales par jour, 7 jours sur 7) en 1996, déménagement dans les locaux actuels en 2002, un 5ème émetteur en Bourgogne à Arnay-le-Duc en 2003…
En 2004, des difficultés de financement font que la radio se contraint à deux licenciements. Malgré ce coup dur, RCF continue à étendre son réseau en Bourgogne. L’année 2008 est notamment celle d’un 6ème émetteur à Chalon-sur-Saône, puis l’année 2011 celle de la reprise de RCF Mâcon.

«Coller à l’évolution des modes d’écoute»


Aujourd’hui, RCF se veut une radio inscrite dans la modernité. Au travers son projet VIVA lancé en 2015, la radio dit avoir engagé des réflexions sur son identité, qu'elle poursuivra avec la seconde phase du projet.
«Nous avons deux cultures. Il faut contenter tout le monde», affirme François Gond, président de RCF en Bourgogne depuis 2016. Car, il le dit lui-même, croire que le radio, gardant certes sa nature diocésaine, ne s’adresse qu’à des croyants et pratiquants au motif qu’elle est Chrétienne est une fausse idée. Sur le réseau RCF, seuls 29 % des auditeurs sont des chrétiens réguliers, et 22 % sont des chrétiens non-pratiquants. 23 % des auditeurs ont entre 15 et 35 ans, 50 % entre 35 et 65 ans et 27 % plus de 65 ans.
Autre paramètre à prendre en compte : l’orientation déjà lancée à toute vitesse vers le numérique. «Ce doit être une vigilance de coller à l’évolution des modes d’écoute (podcasts, radio à la demande et non plus devant le poste traditionnel, vidéos des émissions...). Il faut bien comprendre qu’aujourd’hui ce sont les auditeurs qui font la radio», assure encore François Gond. Pour une évolution complète vers la Radio Numérique Terrestre, RCF estime que l’investissement est de 150 000 euros par radio. Le 7 novembre, elle répondra à l'appel d'offres du CSA.
RCF en Bourgogne mesure le lourd investissement à engager mais avance avec optimisme dans une trentaine aux signaux positifs. D’après des données en lien avec le CSA sur la période 2014-2016, les 7 émetteurs enregistrent une audience de 50 000 auditeurs par semaine. Sur l’audience globale, sur le réseau des 64 radios chrétiennes francophones (61 en France et 3 en Belgique), il est enregistré une hausse de 11 % entre 2014 et 2016 (3 millions d’auditeurs).
Le réseau RCF représente 300 salariés et 3 000 bénévoles, pour 270 émetteurs FM.

Faire «comprendre et aimer le monde»


Assurant les quatre heures de programmes locaux (11h-12h30 et 18h-20h30) sur les 24 heures de diffusion quotidiennes comme le veut le CSA, tenant aussi à un renouvellement de sa grille chaque année sur des sujets culturels, éducatifs, solidaires, économiques et environnementaux, RCF en Bourgogne maintient le cap et poursuit l’aventure.
L’approche, c’est donner avant tout de l’importance à l’humain et faire «aimer le monde». La ligne éditoriale, c’est amener à une diversité d’opinions pour aider à «comprendre le monde».
Cette aventure qui dure, Christophe Lapostolle est certainement le plus à même d’en parler. Aujourd’hui directeur de la rédaction et «cheville ouvrière» de la matinale, ce fut la première embauche de RCF à Dijon le 17 octobre 1988. Lui qui était éducateur, parfois accompagnateur pour le diocèse sur des événements religieux, et même bénévole sur les antennes du petite radio locale de 1983 à 1987, a accepté le challenge.

«Ces 30 années, ce sont surtout des rencontres»


«Il fallait tout créer, le studio, l’équipe, créer notre outil de travail… Lorsqu’on a connu des difficultés, avec quand même la suppression d’un poste de journaliste, il a fallu trouver des solutions autres mais je n’ai jamais eu le sentiment que la radio, qui pouvait compter sur un réseau national solide et solidaire, était en danger», se rappelle-t-il, lui qui a senti que la radio RCF prenait de l’ampleur (développement du réseau national) en même temps que la technologie et les attentes évoluaient (passage de l’analogique au numérique, professionnalisation et exigences).
«Ces 30 années, ce sont surtout des rencontres», retient Christophe Lapostolle, ayant en tête le suivi d’un vendeur de journaux à Dijon il y a des années... Un sujet valorisant pour ce SDF aujourd’hui sorti de la galère. «Le simple fait de tendre le micro à ces personnes-là, ça peut vraiment aider». Cette approche humaniste, le journaliste la décline aussi auprès des personnalités politiques, préférant aller sur le terrain de leurs engagements, parfois simplement en tant qu’hommes ou femmes, plutôt que sur le champ de la polémique politicienne…
«RCF, c’est une écoute apaisante, un autre rythme… On va aussi entendre chez nous des gens qui ont rarement la parole, en prenant le temps d’expliquer», assure le directeur de la rédaction, souhaitant que la radio attaque cette trentaine en renforçant ces convictions-là tout en allant plus loin dans le développement de ses supports numériques pour les auditeurs.
Aujourd’hui, RCF en Bourgogne est portée par trois salariés, une centaine de bénévoles et deux volontaires en service civique.

Une journée-anniversaire le 8 octobre


«Depuis la création de la radio, on estime à plus de 1 000 le nombre de personnes ayant contribué à l’élaboration des programmes», note Jean-Michel Reiss, directeur de RCF en Bourgogne depuis 2013. Cela sans compter les personnalités s’étant arrêtées dans les studios.
Le 8 octobre, date choisie pour des raisons de calendriers et de disponibilité des fondateurs de la radio, des portes ouvertes seront organisées de 10h00 à 18h00. A 12h30, le «Bistrot des amis» accueillera tous ceux qui auront envie de partager un repas convivial au restaurant de la Maison diocésaine. A 18h00, une messe d’action de grâces sera célébrée dans la chapelle de la Maison diocésaine. Elle sera suivie d’un apéritif festif.
Une journée festive pour partager cet anniversaire avec toutes celles et ceux (auditeurs, donateurs, bénévoles, producteurs d’émissions…) qui ont contribué au développement de la radio.
Cette année, RCF en Bourgogne annonce aussi les temps fort suivant : la 3ème édition du salon régional du livre et des médias chrétiens à Dijon le 8 décembre, et la veille au soir un grand concert au bénéfice des communautés chrétiennes d’Orient.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

RCF en Bourgogne

Les fréquences

88.3 à Dijon
98.5 à Arnay-le-Duc et Saulieu
102.0 à Beaune
88.3 à Chalon-sur-Saône
106.6 à Châtillon-sur-Seine
95.1 Mâcon
104.3 à Montbard