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FOOTBALL : Antoine Kombouaré arrive «avec beaucoup d’appétit» au DFCO

11/01/2019 03:02
C’est donc Antoine Kombouaré qui a été présenté ce jeudi en début de soirée au stade Gaston Gérard comme nouveau coach du DFCO. Choix du président Olivier Delcourt, l’entraîneur que l’on a déjà pu voir sur un banc de Ligue 1 cette saison s’est expliquait sur le challenge à relever : maintenir une équipe dans laquelle il entend retrouver de la solidité et des atouts offensifs ayant fait la bonne réputation du DFCO jusqu’à ce haut niveau national.
Il aura donc fallu une bonne semaine et quelques jours à Olivier Delcourt pour faire son choix. C’est mercredi soir que le président du DFCO a appelé Antoine Kombouaré pour lui annoncer sa décision. Communiquée officiellement ce jeudi matin, la nouvelle a fait l’objet d’une conférence de presse au stade Gaston Gérard en fin de journée.

«Des qualités de compétiteur, de meneur d’hommes»


Olivier Delcourt avait aussi rencontré deux autres coachs potentiels pour le DFCO, René Girard et Guy Lacombe. «Des qualités de compétiteur, de meneur d’hommes, c’est tout ce qui m’a plu en Antoine», a déclaré le président dijonnais. En ajoutant : «Je souhaitais un entraîneur qui amène une plus-value au niveau du groupe, en termes de travail, de caractère. Antoine est pour moi l’homme de la situation».
Concernant les grandes lignes du contrat paraphé, celui-ci vaut pour une année, plus une année supplémentaire en cas de maintien de l’équipe en Ligue 1. Comme c’est très souvent le cas à l’arrivée d’un coach, d’autant plus de cette trempe-là, le staff de l’équipe enregistre quelques modifications.
L’un des entraîneurs adjoints sous Olivier Dall’Oglio, Yann Daniélou, quitte le club et Benjamin Guy, préparateur physique depuis 20 ans au club, se voit proposer un poste à l’association du DFCO. Sinon, pas d’autre changement au sein du staff, où David Linarès - «qui a fait le boulot» assure Olivier Delcourt - reste à un poste d’entraîneur adjoint.
Vous l’aurez compris, Antoine Kombouaré arrive à la tête de l’équipe avec ses fidèles que sont Yves Bertucci, son adjoint, et Michel Dufour, préparateur physique. Alors qu’il officiait sur le banc de Guingamp début novembre, pour ce qui était finalement son dernier match avec l’équipe bretonne, voilà l’entraîneur de nouveau en poste, moins de deux mois et demi plus tard.

«Il faut reconstruire les fondations»


Il ne se voyait pas revenir aussi vite - plus courte période d’inactivité pour lui après avoir quitté un autre club - mais il dit n’avoir «pas hésité». Le message d’Olivier Delcourt souhaitant s’entretenir avec lui est arrivé le 3 janvier, lorsque le principal concerné rentrait tout juste de vacances. Deux rencontres ont précédé la signature du contrat. «J’ai été séduit par beaucoup de choses Ce que j’ai aimé dans cette équipe, c’est sa qualité offensive. C’est une équipe qui pratique du beau jeu, qui aime aller de l’avant et qui gagne des matchs par des solutions offensives. Je sais qu’il y a un bel effectif», réaffirme Antoine Kombouaré.
Néanmoins, il mesure évidemment la situation actuelle du club en Ligue 1 : «C’est un challenge difficile mais intéressant. L’objectif sera d’aller chercher la 17ème place, celle du maintien». Et si le coach ne rencontrera ses nouveaux joueurs que ce vendredi matin pour son premier entraînement donc, il part du principe que la solidité est à retrouver : «J’ai toujours aimé les équipes avec une animation offensive forte mais je pense qu’il faut aussi de la solidité derrière. Souvent, quand vous êtes très costauds défensivement, vous êtes plus à l’aise offensivement. Il faut reconstruire les fondations».

«C’est surtout la mentalité qu’il faut changer

avant de vouloir faire des emplettes»


En parlant de fondations, Antoine Kombouaré a tiré «un grand coup de chapeau» à son prédécesseur. Un travail dans la continuité ? Le nouvel entraîneur le dit clairement, tout en insistant sur l’urgence de s’améliorer avant tout défensivement. La confiance offensive, elle suivra selon le coach, qui a répété que la rédemption viendra du travail. Aussi bien pour lui que pour les joueurs : «J’ai mis deux mois et demi pour me reposer, récupérer, mais les vacances sont finies… On a cinq mois pour aller chercher notre objectif. Dijon va tout faire pour rester en Ligue 1».
Pour l’heure, aucune demande de recrue n’a été faite au président. Antoine Kombouaré veut déjà parler au groupe, jauger les états de forme et les dispositions de chacun : «C’est surtout la mentalité qu’il faut changer avant de vouloir faire des emplettes. C’est la question de toute l’équipe : comment mieux défendre, comment mieux récupérer le ballon et moins se mettre en danger ?… Le travail, toujours le travail». Et lui qui vivra une situation inédite - première fois qu’il prend la tête d’une équipe en cours de saison - se dit prêt à relever le challenge : «Je n’ai qu’une envie, c’est de me mettre au boulot. Je n’ai qu’une envie, c’est de gagner… J’ai replongé avec beaucoup d’appétit».
55 ans passés, 36ème année dans le football, Antoine Kombouaré ne tient pas à parler du passé, même proche, ou bien à vivre dans la rancoeur envers l’En Avant Guingamp avec qui il mènera une lutte à distance pour le maintien cette saison.
«Ce qui compte, c’est la page que l’on va écrire ici. La méthode, c’est surtout travailler, se mettre en ordre de match. Suis-je un guerrier (terme employé par Olivier Delcourt ce jeudi soir) ? Je ne sais pas. Mais en tout cas, il faut gagner des matchs donc il faut avoir l’âme d’un guerrier, et surtout jouer au ballon», a-t-il lancé. En admettant également : «Il y a toujours la boule au ventre, car il y a l’excitation, l’envie, la motivation de bien faire les choses. Comme un premier entraîneur qui débarque, il y a de la pression».

«Enclencher assez rapidement»


Montpellier, Bordeaux et Monaco, ce sont les trois prochaines équipes adverses du DFCO en championnat. Trois équipes retenues par Antoine Kombouaré avant de parler des autres oppositions qui vont se profiler. «J’ai fait les comptes aussi», lâche-t-il à propos de l’opération sauvetage évoquée, en insistant sur le fait qu’il faut «enclencher assez rapidement». Lui qui note par exemple le bilan peu reluisant à domicile du DFCO : 2 victoires, un nul et 5 défaites.
C’est aussi une des raisons pour lesquelles il a accepté le poste : le bon timing selon lui pour reprendre une équipe dans une telle situation. Car Antoine Kombouaré est aujourd’hui en place à l’aube du début de la phase retour du championnat.
Olivier Delcourt quant à lui dit avoir respecté son plan, fait les choses dans l’ordre afin de préserver la place du DFCO en Ligue 1. «Nous sommes un club professionnel. On représente tout le DFCO, on représente la ville, il ne faut pas gâcher les choses… On n’arrête pas 6 ans et demi de collaboration (avec Olivier Dall’Oglio) sans que ça nous fasse quelque chose, c’est comme un divorce. Aujourd’hui, la décision est prise et il faut passer à autre chose». Le président du DFCO en a appelé à la responsabilité de tous, y compris des joueurs.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier