
L'hiver a été marqué par une succession d'intempéries... Il est le 8ème
le plus pluvieux depuis 1959... Des avalanches d'ampleur
exceptionnelle... Février dans le Top 4 des plus chauds...

Bilan climatique de l'hiver 2025-2026
Une succession d'intempéries
Entre
le 7 janvier et le 19 février 2026, une large zone dépressionnaire
s’est stabilisée de l’ouest de l’Irlande à la moitié nord de l’Hexagone.
Cette situation météorologique persistante avec des pressions plus
basses que la normale, associée à une position de l’anticyclone des
Açores plus au Sud, a favorisé le défilé de perturbations et tempêtes
actives sur notre pays. La plupart des régions ont ainsi connu des
pluies quasi quotidiennes sur des sols déjà souvent saturés. La
pluviométrie sur le pays sur les mois de janvier et février a dépassé en
moyenne 250 mm, soit un excédent de 70 % par rapport à la normale sur
cette période de deux mois. La pluviométrie de ce début d’année 2026,
exceptionnelle, voire localement historique, n’est pas inédite. Elle est
comparable aux débuts d’année 1995, 2014 ou 2016, marqués par des
épisodes de crues d’ampleur et d’inondations, notamment sur l’Ouest du
pays. La neige est tombée en quantité abondante sur la plupart des
massifs. Ces précipitations ont engendré des crues majeures et des
inondations durables, notamment sur la façade atlantique et dans le
Sud-Ouest du pays.
Le bilan complet en cliquant ici Ce qu’il faut retenir
Un hiver :
-
parmi les dix hivers les plus arrosés depuis 1959, marqué par des crues
majeures sur la Garonne, la Maine, la Loire et la Charente, entre
autres ;
- au quatrième rang des hivers les plus doux depuis 1900.
Un mois de février historique :
- mois de février le plus pluvieux depuis 1959 ;
- mois au deuxième rang des mois de février les plus doux depuis 1900 (+ 3,5 °C par rapport à la normale 1991-2020).
Des sols saturés en fin d’hiver, limitant l’infiltration de l’eau et les décrues.
Un ensoleillement déficitaire en février, et légèrement déficitaire au cours de l’hiver, conséquence du défilé de perturbations.
Précipitations : un mois de février record, un hiver au 8e rang des hivers les plus pluvieux
Alors
que décembre a été marqué par des épisodes méditerranéens et un temps
plus sec sur le reste du pays (déficit pluviométrique de 25 %), janvier a
été excédentaire à l’échelle nationale de 30 % avec le début de cette
séquence perturbée sur la Bretagne, le Sud-Ouest et le pourtour
méditerranéen qui s’est ensuite généralisée à l’ensemble du pays en
février.
Ainsi, avec des cumuls équivalents à 2 fois la normale,
février 2026 devient le mois de février le plus pluvieux jamais
enregistré (depuis 1959) devant février 1970. Seuls quelques territoires
ont eu une pluviométrie déficitaire.
À l’échelle de la saison,
l’excédent pluviométrique sur le pays atteint 35 %. L’hiver 2025-2026 se
classe au 8e rang des hivers les plus pluvieux.
Il a beaucoup et
souvent plu de la Bretagne à la façade Ouest jusqu’en Méditerranée. On
relève plus de deux jours sur trois de pluie en Bretagne, plus d’un jour
sur deux sur l’ouest du pays et le Massif central.
Certaines villes n’avaient jamais connu une telle pluviométrie au cours de l’hiver :
798 mm à Quimper (Finistère) ;
737 mm à Durban-Corbières (Aude) ;
526 mm à Montpellier (Hérault) ;
463 mm à Millau (Aveyron) ;
465 mm à Mende (Lozère) ;
404 mm à Arles (Bouches-du-Rhône) ;
312 mm à Albi (Tarn).
Humidité des sols
En
moyenne sur le pays, les sols sont restés à des niveaux d’humidité
proches des normales au début de l’hiver, malgré un fort contraste
territorial avec des sols largement plus humides que les normales sur le
Sud-Est et la Corse, conséquence des épisodes méditerranéens et ont été
plus secs que la normale sur le tiers nord du pays.
En janvier, ce
contraste s’est accentué avec des sols plus secs que les normales sur
l’ensemble de la moitié nord à l’exception de la pointe bretonne exposée
au défilé de perturbations.
Avec l’intensification des
précipitations en février, les sols deviennent saturés et atteignent des
niveaux records en moyenne sur la France. À la fin de l'hiver, les sols
sont très humides sur la quasi-totalité du pays.
Ces pluies
hivernales permettront de retarder l'assèchement des sols au printemps.
En revanche, le risque de sécheresse à l'été n’est pas écarté et
dépendra de la pluviométrie et des températures printanières et
estivales.
Enneigement abondant dans les Alpes et les Pyrénées en février
Après
un début de saison tardif dans l’ensemble des massifs, l’enneigement a
atteint des niveaux proches de la normale dès la mi-janvier sur les
Pyrénées, plus tardivement sur les Alpes notamment dans la partie nord.
Avec la séquence perturbée de fin janvier et février, l’enneigement est
devenu excédentaire sur l’ensemble des massifs. L’enneigement a même été
exceptionnel par endroits, notamment sur l’est des Pyrénées, en Ariège
ou dans les Pyrénées-Orientales (massifs Orlu-Saint-Barthélémy,
Capcir-Puymorens, Cerdagne-Canigou). Dans certains secteurs des Alpes et
des Pyrénées, on relève parfois plus de 3 m de neige au-dessus de 2000
mètres.
En lien avec les intempéries (chutes de neige abondantes,
vent fort, redoux brutal), le risque avalanches a été important pendant
plusieurs jours. Certaines avalanches ont été d’ampleur exceptionnelle
et ont atteint des secteurs très bas en altitude. Le 12 février 2026, la
Vigilance rouge avalanches a même été activée pour la Savoie : c’est la
3e fois depuis la naissance du dispositif, il y a 25 ans, que ce niveau
de Vigilance est activé. Les précédentes Vigilances rouge avalanches
avaient été émises les 8 et 9 janvier 2018 dans les Alpes
(Haute-Maurienne) et les 15 et 16 janvier 2013 dans les Pyrénées.
En Corse, le manteau neigeux a atteint au cours de l’hiver un niveau excédentaire, voire très excédentaire.
Si
le massif du Jura ou les versants ouest du Massif central ont bénéficié
d’un enneigement proche de la normale, l’enneigement dans les Vosges
est resté en revanche fortement déficitaire.
Températures : une seule petite séquence hivernale au milieu d’une grande douceur
Le
mois de décembre a débuté dans une extrême douceur. En fin d’année, un
épisode de froid remarquable pour le climat actuel s’est mis en place et
a duré jusqu’au début du mois de janvier. C’est la seule période de
l’hiver météorologique où l’on a observé des températures inférieures
aux normales de saison. Une grande douceur s’est installée depuis
mi-janvier et a persisté durant le mois de février.
Ainsi, l’hiver
2025-2026 affiche une anomalie de +1.7 °C et figure au 4e rang des
hivers les plus doux depuis 1900, derrière les hivers 2019-2020,
2015-2016, 2023-2024. La France connaît une série d’hivers consécutifs
anormalement chauds depuis 2019.
Dans le détail, décembre a été très
doux (+1.5 °C), janvier proche de la normale (+0.3 °C), et février très
anormalement chaud (+3.5 °C).
En février, il n’y a eu aucun jour sous
la normale. Le mois s’est même achevé dans une extrême douceur, avec
plus de 20 °C sur une large portion du territoire et plus de 25 °C dans
le Sud-Ouest. Février 2026 figure au second rang des mois de février les
plus chauds, derrière février 1990 (+4.0 °C).
Ensoleillement
Après
un mois de décembre plus ensoleillé que la normale (+10 %), un mois de
janvier proche de la normale, février affiche un net déficit
d’ensoleillement (environ -20 %) malgré le retour du soleil en fin de
mois. En février, l’ensoleillement a été déficitaire sur la
quasi-totalité de l’Hexagone et la Corse.
En moyenne sur l’hiver, l’ensoleillement est déficitaire d’environ 5 %.
Zoom régional
Températures
Après
un automne proche des normales, l’hiver 2026 est marqué par des
températures élevées pour la saison sur l’ensemble des régions, à
l’exception de la période du 24 décembre au 7 janvier. Les températures
moyennes affichent 1.7 à 2.1 °C au-dessus des normales sur une large
moitié nord, à l’exception de la Bretagne. Sur les régions de
l’Occitanie, Provence - Alpes - Côte d’Azur et Corse, l’anomalie est un
peu moins marquée (+1.5 °C). Les températures maximales ont été
particulièrement élevées pour la saison du Centre - Val de Loire à
l’Île-de-France.
En fin d’hiver, plusieurs villes ont connu des
températures printanières précoces le 25 février comme Paris avec 20.4
°C, Cherbourg (Manche) avec 21.2 °C ou Châteauroux (Indre) avec 24 °C.
Précipitations
Après
un automne souvent peu arrosé, la pluviométrie de l’hiver 2026 est
excédentaire sur la quasi-totalité des régions, avec un excédent compris
entre +20 et +70 % sur la moitié ouest et le sud du pays. La
pluviométrie en Occitanie comme en Corse atteint en moyenne deux fois la
normale. En revanche, les régions de la Normandie aux Hauts-de-France, à
l’Île-de-France et à la Bourgogne - Franche-Comté ont bénéficié d’une
pluviométrie proche des normales. Seule la région Grand Est, plus
épargnée par les passages perturbés, accuse un déficit de plus de 15 %
sur la saison.
Les cumuls de pluie durant l’hiver ont atteint
localement des records comme par exemple à Durban-Corbières (Aude) avec
737 mm, à Montpellier (Hérault) avec 526 mm ou à Albi (Tarn) avec 312
mm.
Crues
En termes de vigilance Crues, Vigicrues dresse le bilan suivant pour cet hiver 2025-2026 :
- 30 jours en Vigilance jaune
- 32 jours en Vigilance orange
- 18 jours en Vigilance rouge : c'est le record absolu depuis la création de la vigilance aux crues en 2006
Au
total, la France aura connu 49 jours en Vigilance crue de niveau orange
ou rouge sur l’hiver, soit plus de deux fois la moyenne historique des
20 années d'existence du service de la Vigilance aux crues.
Dans le détail, selon Vigicrues :
Sur
le plan des crues, l'hiver 2025-2026 a été marqué par un épisode
méditerranéen remarquable par son étendue géographique et sa durée à
Noël. Du 18 au 27 décembre, c'est tout l'arc méditerranéen qui a été
touché par des précipitations abondantes et continues, amenant à placer 9
rivières en vigilance orange sur 18 départements, et une vigilance
rouge sur l'aval du fleuve Hérault pour le secteur d'Agde.
A partir
de janvier, c'est une succession d'épisodes de crues consécutifs aux
pluies durables sur le pays. Ainsi, la Bretagne a été placée en
vigilance crues pendant 40 jours depuis le 1er janvier.
Ces
conditions météo ont été aggravées par le passage de dépressions et des
épisodes de fortes marées qui ont engendré des débordements dommageables
dans les estuaires des rivières de la façade atlantique.
Cette
succession de crues a culminé du 13 au 20 février avec le passage des
tempêtes Nils et Pedro : jusqu'à 174 tronçons (83 départements) ont été
placés en vigilance, soit plus de la moitié des rivières surveillées par
Vigicrues, et des vigilances rouges ont été déclenchées pour la Garonne
de Tonneins à Cadillac, la Charente autour de Saintes, la Loire de
Saumur à Montjean et les basses vallées angevines (Sarthe, Mayenne, Loir
et Maine) autour d'Angers.
C'est une activité inédite pour le réseau Vigicrues depuis la création de la Vigilance aux crues en 2006.
Ces
épisodes de crues sont remarquables par leur étendue géographique et
leur persistance dans le temps. Les niveaux atteints, s'ils ne
constituent pas les plus hautes eaux répertoriées, correspondent à des
crues historiques (sur la Garonne aval, crue proche de 1981, sur la
Maine à Angers, crue comparable à celle de 1982, sur la Charente à
Saintes, crue proche de celle de 1994) qui feront date pour les
territoires touchés.
Enfin, les conditions initiales (forte humidité
des sols, débit de base des rivières élevé) restent favorables à la
formation de nouvelles crues sur le territoire national.





