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02/09/2021 03:17

ACADÉMIE DE DIJON : 265.000 élèves retrouvent les établissements scolaires

À compter de ce jeudi 2 septembre, les élèves reprennent le chemin des établissements d'enseignement en présentiel et sans passe sanitaire. À la veille de la rentrée, la rectrice de l'académie de Dijon a passé en revue les modalités d'accueil et de contribution à la campagne vaccinale.
Il y a un an, dans la semaine du 31 août 2020, la Bourgogne-Franche-Comté s'apprêtait à faire face à la seconde vague de l'épidémie de la Covid-19. Une vague venue de la métropole lyonnaise qui a d'abord fortement frappé l'agglomération dijonnaise où le taux d'incidence atteignait 150 début octobre.

Un mois encore après, l'épidémie flambait dans toute la région et le taux d'incidence dépassait les 500 début novembre alors que plus de 180 personnes étaient hospitalisées en réanimation.

Aujourd'hui, en pleine quatrième vague, le taux d'incidence dans la région est de 119 et 42 patients sont pris en charge dans un service de réanimation selon les données fournies par l'ARS Bourgogne-Franche-Comté.


Cette quatrième vague de l'épidémie de la Covid-19 amène les autorités à suivre attentivement la rentrée scolaire, propice à des brassages de population dans les semaines à venir même si le respect des gestes barrières modère les risques.

La première préoccupation au ministère de l’Éducation nationale reste sanitaire avec une communication dès juillet sur différents «scénarios» d'évolution de l'épidémie et les protocoles – échelonnés sur quatre niveaux – à mettre en place dans les établissements d'enseignement en fonction. La rentrée se déroule au niveau 2 avec l'objectif de redescendre au niveau 1.

265.148 élèves et 20.139 enseignants


Les premiers mots de Nathalie Albert-Moretti ce mercredi 1er septembre 2021 à l'occasion de la prérentrée des enseignants concernent donc les aspects sanitaires et la vaccination tant des élèves que des enseignants ou des agents.

La rectrice de l'académie de Dijon a choisi le collège Le Parc à Dijon. Construit pour accueillir 600 élèves, le collège Le Parc s'est réorganisé et verra 340 élèves fréquenter les salles à compter de ce 2 septembre.

«On est dans un registre de proximité», indique le principal Christophe Poinsot qui accueille la rectrice. À cette rentrée, le collège reçoit six futurs enseignants qui viennent effectuer leur stage aux côtés des trente-et-un professeurs titulaires.

Dans toute l'académie de Dijon, 265.148 élèves reprennent les cours ce jeudi 2 septembre : 136.724 dans le premier degré, 128.424 dans le second degré (74.040 collégiens, 54.384 lycéens). Ils sont encadrés par 8.963 enseignants dans le premier degré et 11.176 dans le second degré. Les taux de réussite en juillet 2021 ont été de 89,7% au brevet et de 94,3% au bac. L'académie compte 1.697 écoles, 182 collèges, 75 lycées et 3 établissements régionaux d'enseignement adapté.

«Le mois de septembre est vraiment clé»


D'emblée, la rectrice salue «le professionnalisme» des membres de la communauté éducative qui ont dû affronter l'année scolaire 2020-2021. Malgré la quatrième vague, l'expérience de l'année passée et la campagne vaccinale en cours amènent Nathalie Albert-Moretti à aborder la présente rentrée avec «un certain optimisme» avec l'espoir de, rapidement, pouvoir évoquer la pédagogie plus amplement que l'épidémie.

«Le contexte sanitaire de rentrée reste compliqué», concède la représentante du ministère de l’Éducation nationale, car «le mois de septembre est vraiment clé». «On est encore dans ce moment de course contre la montre où il faut absolument continuer à progresser en termes de couverture vaccinale pour juguler la montée des contaminations liées au fait que l'on revient toutes et tous de vacances», explique-t-elle.

«L'école est un environnement sécurisé, qui se veut apaisé, qui n'est absolument pas un lieu de circulation plus fort du virus, bien au contraire, un lieu où les gestes barrières sont bien plus respectés qu'à l'extérieur», assure la rectrice.

«C'est une vraie fierté de pouvoir s'appuyer sur vos qualité professionnelles et humaines», déclare à son tour Pascale Coq, directrice académique des services de l’Éducation nationale, qui a une pensée appuyée pour les agents de la collectivité territoriale – en l'occurrence le conseil départemental de la Côte-d'Or – s'occupant de la restauration scolaire et de l'entretien des locaux.

Trois propositions pour amplifier la vaccination


Les services de l’Éducation nationale contribueront à la campagne vaccinale des plus de douze ans (du collège au BTS) selon trois modalités.

Une sortie jusqu'à un centre de vaccination peut être organisée s'il s'en trouve un à moins de 2 km de l'établissement scolaire. Sinon un dispositif éphémère de type vaccinobus pourra venir en proximité de l'établissement ou bien une équipe mobile sera envoyée par l'ARS dans l'enceinte de l'établissement. L'organisation ne repose donc pas sur les infirmières scolaires.

Pour les 12-15 ans, il sera nécessaire aux chefs d'établissement de recueillir l'accord d'un des deux titulaires de l'autorité parentale. La loi du 5 août 2021 permet aux plus de 16 ans de décider seuls. Pour autant, l’Éducation nationale veut éviter de provoquer toute «discorde intrafamiliale» sur le sujet et favorisera le recueil de l'expression des deux représentants de l'autorité parentale.

Un formulaire d'autorisation parentale sera transmis par les chefs d'établissement. Un questionnaire sera remis aux élèves et sera uniquement destiné au personnel médical. Seule l'Assurance maladie connaîtra le statut vaccinal des élèves, pas les chefs d'établissement.

Si un élève déclare une contamination, les cas contacts feront un test PCR ou antigénique immédiatement. Suite à une déclaration sur l'honneur des parents, les élèves vaccinés reviendront dans la journée puis referont un test sept jours plus tard tandis que les élèves non-vaccinés seront en éviction durant sept jours. Le ministère compte sur «la responsabilité collective des parents».

À ce jour, selon l'ARS, en Bourgogne-Franche-Comté, 65% des enfants de 12 à 18 ans ont reçu une première dose. Il resterait 60.000 élèves sans parcours vaccinal.

Du côté des enseignants, il y a 87% de primo-vaccinés selon une enquête Ipsos.

À noter que certains personnels soignants de l’Éducation nationale se retrouvent concernés par l'obligation vaccinale ainsi que les agents fréquentant les mêmes locaux. Ils ont jusqu'au 16 octobre pour justifier d'une vaccination.

Pas de passe sanitaire mais un masque


L'objectif de la rentrée reste de dispenser les cours en présentiel, sans passe sanitaire, mais avec port du masque obligatoire à l'intérieur de l'école élémentaire jusqu'au lycée.

Les activités sportives sont autorisées en extérieur et en intérieur mais sans sports de contact et avec une distanciation adaptée.

Le fait de connaître à l'avance les scénarios sur lesquels se baser devraient permettre aux chefs d'établissement d'anticiper les éventuelles variations épidémiques pour préparer la continuité pédagogique. Le rectorat annonce une capacité à s'adapter y compris à l'échelon «infradépartemental», à l'appréciation de chaque préfet.

Place à la culture et à la citoyenneté


Suscitant l'enthousiasme des enseignants présents, Nathalie Albert-Moretti annonce la «reprise volontariste et joyeuse» des événements culturels. Le premier temps fort de l'académie sera l'opération «Levez les yeux», le 17 septembre prochain, en préambule des Journées européennes du Patrimoine. «C'est vraiment le signe que ça démarre», ponctue la rectrice.

Un temps fort concernera l'éducation artistique et culturel (EAC) du 20 septembre au 30 octobre avec des représentations théâtrales et des concerts dans les établissement du second degré.

En janvier 2022, la France prendra la présidence tournante de l'Union européenne pour six mois. Une position institutionnelle qui sera décliné dans les établissements d'enseignement avec des événements sur le thème de la citoyenneté européenne. «L'idée est que nous soyons actifs pour que la France rayonne au niveau éducatif», explique la rectrice.

Toujours en janvier, sera mis en place un séminaire académique qui marquera le début d'un parcours de formation sur «l'esprit critique», cela en réaction à l'assassinat du professeur Samuel Paty par un terroriste islamiste en 2020 et suite au déferlement de fake news dans les médias sociaux durant la crise sanitaire. «Tout à l'air de pouvoir être remis en cause, y compris les données scientifiques pourtant bien établies», déplore la rectrice.

Des moyens supplémentaires


Dans ce contexte, le ministère attribue des moyens supplémentaires à l'académie de Dijon : 32 emplois pour la médiation autour de la lutte anti-Covid-19 (LAC), l'appui administratif et le contact tracing, 14 emplois pour organiser administrativement les vaccinations ainsi que 21.898 heures supplémentaires d'enseignement dans le public et 2.592 HSE dans le privé.

«Une attention forte sera portée à la santé psychologique des élèves», signale la rectrice car «la pandémie a des effets sur la santé psychologique de la population, encore plus sur celle des adolescents». Avec des risques de démotivation, de décrochage, d'anxiété ou de repli sur soi...

Un plan académique de santé psychologique des jeunes sera mis en place pour sensibiliser l'ensemble des personnels de l'académie et ainsi détecter les signaux de fragilité afin qu'ils puissent être pris en charge et traité.

Un plan de formation des personnels se penchera tout particulièrement sur la lutte contre les discriminations sans oublier la lutte contre le harcèlement, dont le cyberharcèlement.

Les dispositifs «Je réussis» en lycée et «Devoirs faits» au collège seront renforcés. La cellule d'appui pédagogique des chefs d'établissement est maintenue. «Le mot d'ordre en cette rentrée est la bienveillance», résume la rectrice.

«La rentrée est placée sous le signe de l'égalité des chances», lance la rectrice. «Qui que je sois, où que je sois, quelque soit mes origines sociales, ethniques, religieuses, mon genre, je dois avoir les mêmes chances d'apprendre, de progresser, de faire des études supérieures», développe-t-elle.

Le dispositif «Ma santé à l'école» sera déployé.

Le passe Sport accordera 50 euros pour inciter à inscrire les enfants dans une activité sportive.

Une nouvelle spécialité d'éducation physique, pratique et culture sportive (ESPCS) est mise en place.

Le dédoublement des classes dans les réseaux d'éducation prioritaire se poursuit, avec la limitation des effectifs à 24 hors REP.

Auront prochainement lieu les évaluations nationales des CP-CE1 et des 6ème.

Au chapitre de la «rentrée inclusive», les pôles inclusifs d'accompagnement localisés (PIAL) ont pour but de réduire le nombre d'élèves situation de handicap en attente d'accompagnement. 96 PIAL couvrent l'ensemble des établissements de l'académie.

Huit unités localisées pour l'inclusion scolaire (ULIS) sont créées dont une au lycée professionnel de Château-Chinon autour des troubles du spectre autistique avec des places réservées en internat et un parcours éducatif professionnalisant.

L'académie de Dijon rejoint l'expérimentation des territoires éducatifs ruraux (TER), des projets de territoire construits autour d'établissements scolaires. Les communes et les écoles sont en cours de définition avec les élus locaux.

Jean-Christophe Tardivon




















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