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23/03/2021 20:40

ACADÉMIE DE DIJON : Des enseignants mobilisés devant le rectorat contre «un plan social dans le second degré»

À l’appel de plusieurs organisations syndicales ce mardi 23 mars, une manifestation s’est déroulée devant le rectorat de Dijon. Les suppressions de postes dans le second degré ainsi que la précarisation du métier d’enseignant ont été fustigées. Plus de 150 enseignants, personnels et parents étaient rassemblés.
Réunies autour de revendications communes, plusieurs organisations syndicales - FSU 21, CGT Educ’action, Sud-Education 21, SE-UNSA, SGEN-CFDT, SNALC, et FNEC-FP-FO 21 - annoncent une rentrée 2021 difficile dans l’académie de Dijon.
Selon elles, «la saignée» au niveau national (1 883 suppressions de postes dans le second degré) se décline en Bourgogne. Et les 113 suppressions de postes annoncées par le rectorat seraient plus conséquentes.

C’est pour réaffirmer leur mécontentement et leur opposition à ces mesures que les enseignants et personnels d’établissements scolaires du second degré se sont rassemblés ce mardi 23 mars 2021 en début d’après-midi, devant le rectorat de Dijon avenue Marbotte. Un rassemblement départemental et même régional puisque l’on pouvait remarquer des groupes de manifestants venus de Saône-et-Loire et de l’Yonne.

Des heures supplémentaires qui inquiètent


Des heures étaient réclamées, mais des heures de postes et non des heures supplémentaires, sans pour autant «en prendre aux autres bahuts». Il a été dénoncé la suppression de «188 postes d’enseignants, 5 personnels administratifs et 2 personnels de direction, soit quasiment 200 postes ! C’est un plan social».

Au lycée Gustave Eiffel à Dijon, la perte de 37 heures est fustigée. «100 heures perdues en deux ans alors qu’on n’a pas perdu d’élèves». Au lycée Jean-Marc Boivin à Chevigny-Saint-Sauveur, la diminution de 24 élèves se traduit selon les enseignants par «la perte de l’équivalent de trois divisions et la suppression de trois postes».

Le nombre croissant des heures supplémentaires année (HSA) inquiètent les enseignants (compléments de service au détriment d’heures restant à couvrir) et ne font selon eux qu’accentuer les mesures liées à la carte scolaire, autrement dit la répartition chaque année des moyens accordés à l’éducation au sein de l’académie de Dijon.

Selon les organisations syndicales mobilisées ce mardi, le taux d’HSA est à 12,5 % dans les lycées et à plus de 8 % dans les collèges de l’académie de Dijon. C’est trop.

«Des investissements massifs pour l’éducation de nos enfants»


Les postes rendus pour la rentrée de septembre 2021 sont qualifiés de «foutage de gueule» dans un contexte de crise sanitaire où l’aide à apporter aux élèves devrait être suivie de plus de moyens.

Le mot «maltraitance», de même que les qualificatifs «inadmissible» et «insupportable», sont revenus régulièrement dans les interventions. C’est aussi la précarisation et l’instabilité des postes qui ont été implicitement soulignées, notamment dans l’Yonne où les enseignants, devant multiplier les compléments de service dans différents établissements en zone rurale, se demandent «si l’Éducation nationale préfère payer des profs dans leurs voitures plutôt que devant leurs élèves en classe». «L’ancienneté n’est plus du tout une garantie», ont déploré les organisations syndicales.

Les enseignants et personnels des établissements du second degré ont reçu ouvertement le soutien de la FCPE. Président de la FCPE de Côte-d’Or, Antoine Delègue a fait remarquer que le «quoi qu’il en coûte on ne le voit pas au niveau de l’Éducation Nationale», en ayant une pensée pour les mois très difficiles vécus par les élèves malgré les adaptations des équipes enseignantes et en appelant à «des investissements massifs pour l’éducation de nos enfants».

Les organisations syndicales demandaient notamment ce mardi 23 mars : «le refus partout où c’est possible des heures supplémentaires au-delà de ce qui est imposable, pour préserver la qualité de l’enseignement pour les élèves et des conditions de travail et d’implication des personnels ; la transformation des heures supplémentaires en heures postes, car c’est la condition pour des postes fixes et pérennes sur un seul établissement». Des revendications qu’une délégation devait aller porter jusqu’en entretien au rectorat.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

















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