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30/06/2020 17:08

AGRICULTURE : La Région et la Chambre d’agriculture de Bourgogne-Franche-Comté donnent une visibilité régionale à la plateforme «J’veux du local»

La plateforme régionale «J’veux du local» est lancée. Elle donne accès aux plateformes départementales du même nom, pour la mise en relation des producteurs locaux et des consommateurs. La campagne de promotion présentée ce mardi 30 juin 2020 est selon ses partenaires la première étape d’un travail de fond sur la valorisation de l’agriculture et de l’alimentation de proximité.
C’est Marie-Guite Dufay, présidente du Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté, qui a introduit la présentation de l’opération, «le lancement d’une campagne de promotion pour l’alimentation locale, pour les producteurs locaux mais aussi et d’abord pour l’agriculture qu’on aime».

Après être revenue en quelques mots sur une crise sanitaire ayant mis en avant des préoccupations pouvant amener à un recentrage sur les circuits courts, la présidente de la Région a insisté : «On voudrait que tout cela perdure». Le lancement de la plateforme «J’veux du local» à l’échelle régionale est la première étape de cette promotion pérenne que promet la Région.

L’agriculture et l’alimentation au rang des «vrais rendez-vous de la vie»


«L’actualité balaie le vécu des situations, mais nous resterons marqués par cette période», fait remarquer Christian Decerle, président de la Chambre d’agriculture de Bourgogne-Franche-Comté, convaincu que le confinement nous a fait réfléchir «sur les vrais rendez-vous de la vie».
Il parle de la santé, mais aussi de la proximité et de la solidarité, en pensant même à d’autres secteurs et métiers qu’il convient de saluer pour leurs engagements ces derniers mois (les caissières, les éboueurs…).
Dans «la hiérarchie des priorités de la vie», Christian Decerle veut croire à la place plus forte du secteur de l’agriculture, celui des savoir-faire locaux, jusqu’aux petites PME qui vendent ou bien mettent les produits dans nos assiettes.
Il apprécie la pertinence de la campagne de promotion, cette volonté collective de relever la tête et vouloir construire autrement, en n’oubliant pas la nécessité d’aller plus loin, d’oeuvrer encore pour une juste rémunération des agriculteurs et en parallèle de sensibiliser à la réduction de la pollution via le développement et la sollicitation des circuits courts.

D’ailleurs, lorsque Christian Morel, président du comité de valorisation des ressources locales à la Chambre régionale d’agriculture, présente la plateforme «J’veux du local», il rappelle une idée forte de la démarche : «On a voulu répondre aux attentes du consommateur, et le mettre au centre du débat».

Plus de 1.000 références de producteurs locaux dans 6 départements


La plateforme recense à l’échelle régionale plus de 1.000 agriculteurs. Ce qu’ils produisent ? Comment ?, etc… C’est un répertoire que l’on peut trouver. «Et ça ne s’arrêtera pas là», selon Christian Morel, qui pense aux artisans, aux commerçants, en lien avec le secteur et prônant les circuits courts. Cette plateforme va permettre d’accentuer la visibilité sur les spécificités ainsi que les complémentarités en Bourgogne-Franche-Comté. Des présentations d’AOP et «des recettes pour sublimer le produit» devraient venir enrichir la plateforme.

Dans le fonctionnement de celle-ci, rappelons qu’il s’agit d’un outil initié avant tout par le Département de Saône-et-Loire et ensuite étendu à 6 Départements de la région (le Jura et la Nièvre devraient suivre), dont la Côte-d’Or on le sait. Les Départements gèrent et financent leurs plateformes, tandis que le Conseil Régional en assure la promotion. «C’est une chance quand on voit que la Région et les Départements travaillent dans l’unité pour l’agriculture», note Christian Morel.

«Ce n’est pas qu’acheter local»


Des différents médias et espaces publicitaires, aux inscriptions sur les sacs à pain de 290 boulangeries de la région, la présidente Marie-Guite Dufay annonce une large campagne de promotion, en ajoutant : «C’est le premier étage d’une fusée». Autrement dit, on en revient au message qui fut l’un des fils rouges déroulés lors de cette conférence de presse : aller plus loin dans la démarche et travailler à la sensibilisation des consommateurs. L’organisme Gastronomie et Promotion des Produits Régionaux (GPPR) est aussi tourné vers celle-ci.
«Ce n’est pas qu’acheter local, c’est toute une philosophie, celui de faire comprendre que ces achats permettent notamment une plus juste rémunération des agriculteurs et producteurs. Répétons aussi au consommateur que sa façon d’acheter est extrêmement importante pour son environnement», souligne Christian Decerle, qui voit une montée en puissance de la tendance au local, même s’il se dit conscient que des exploitations s’étant orientées vers d’autres modèles de production et de vente ne feront pas machine arrière.

Un label pour l’engagement sur le local dès cet automne ?


Pour le président de la Chambre régionale d’agriculture, il y a toutefois la place pour attirer et fidéliser de nouveaux consommateurs d’une part et d’accompagner les agriculteurs dans cette proximité à accentuer pour le rendre plus vivable, notamment économiquement évidemment, pour les passionnés qu’ils sont.
Quant à la visibilité disons hors de la plateforme - à propos de laquelle il est aujourd’hui précisé que «J’veux du local» n’est pas une marque -, «nous avons un rêve avec Christian Decerle», lance Marie-Guite Dufay : parvenir à un label, en cours de discussions avec des enseignes de grande distribution, intéressante pour la massification de produits que les rayons de grands magasins permettraient.
Un label qui fixerait comme conditions majeures, «de façon non négociable», le recours à des produits locaux et un engagement sur une plus juste rémunération des producteurs. «C’est une marche supplémentaire, un projet sur lequel nous travaillons», dit la présidente de la Région Marie-Guite Dufay. Christian Decerle ne cache pas que le souhait est de faire aboutir ce label à l’automne. «Une forme de caution, d’identification à des principes vertueux sur le choix du local».

En attendant, les espoirs sont exprimés, ceux de concrétiser cette ampleur donnée à la plateforme et de faire perdurer les dynamiques positives tout autour de l’agriculture, des productions et des acheminements. Après avoir résisté à l’agri-bashing, Christian Decerle veut croire à des consommateurs «dont les habitudes ont changé».
«Plus de 30% des jeunes agriculteurs qui s’installent dans la région ne viennent pas du monde agricole», note en parallèle Sophie Fonquernie, vice-présidente à la Région en charge de l’agriculture. Le climat de confiance est à mesurer et à accentuer.

Alix Berthier
Photo : Alain Bollery

Consultez la plateforme «J’veux du local»

en cliquant ici



Christian Decerle et Marie-Guite Dufay au premier plan, sur le Salon de l'Agriculture à Paris le 26 février 2020