
La restitution de la concertation régionale s'est déroulée, ce vendredi 3 juillet, à Dijon. Les parties prenantes se sont accordées sur l'augmentation de la production de viande bovine de 5% d'ici 2035. La préfète Violaine Démaret a annoncé la création de la Mission régionale de la souveraineté alimentaire qui fera office d'incubateur des projets.

En parallèle des démarches de relocalisation industrielle, l’État mène une concertation pour favoriser la production agricole dédiée à la consommation intérieure. Ainsi, lors du Salon de l'agriculture, la ministre Annie Genevard avait annoncé la mise en place de Conférences de la souveraineté alimentaire (
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Après un lancement (
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À l'issue de cette dernière réunion dans ce cadre, Violaine Démaret, préfète de la région Bourgogne-Franche-Comté, Jérôme Durain (PS), président du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, et Vincent Lavier, président de la chambre régionale d'agriculture de Bourgogne-Franche-Comté ont annoncé les principaux projets retenu et la pour suite de la démarche sous la forme d'une Mission régionale de la souveraineté alimentaire (MRSA).
«On se doit de travailler ensemble à une alimentation plus saine et plus durable»
«On a des filières agricoles qui sont fragilisées», a rappelé Vincent Lavier, «au fil des années, on a eu des pertes de compétitivité». Pourtant, «[la France] reste un des pays qui a les meilleures potentialités pour de la production agricole».
«On se doit de travailler ensemble à une alimentation plus saine et plus durable tout en faisant en sorte que le producteur – celui qui est à l'origine de la filière et qui reste trop souvent la variable d'ajustement dans la construction du prix – puisse être reconnu en que tel dans un acte de production et que la vraie valeur lui soit remise», a plaidé le président de la chambre régionale d'agriculture.
L'arrière-plan des Conférences régionales de la souveraineté alimentaire
«Face aux difficultés, l’État a eu la volonté de parler de souveraineté alimentaire», a exposé Violaine Démaret, pour «sécuriser les agriculteurs, donner envie aux jeunes de s'installer et être moins dépendants d'autres pays».
«Sur les freins et les ambitions, on voit qu'on est aligné», a signalé Jérôme Durain, «il faut un Pacte régional autour de la souveraineté alimentaire» pour induire de «la visibilité» et de «la structuration» des filières.
«Notre devoir, collectivement, est d'apporter des réponses pour donner envie à des jeunes de s'installer en agriculture et de faire carrière», a insisté le président de la chambre régionale d'agriculture. «Le sujet du renouvellement des générations est central dans tout ça.»
En Bourgogne-Franche-Comté, la Conférence régionale de la souveraineté alimentaire s'est donc déployée sous l'égide de la préfète de la région, du conseil régional et de la chambre régionale d'agriculture avec un prolongement dans les départements, sous la forme d'ateliers pour répondre
in fine aux principales questions : comment envisager les filières agricoles dans 10 ans ? Quelle contribution la Bourgogne-Franche-Comté peut-elle apporter à l'échelon national ? Avec quels projets ?
Ce qu'ont retenu les acteurs de la Conférence
De la Conférence régionale de la souveraineté alimentaire en Bourgogne-Franche-Comté, les trois institutions organisatrices retiennent : l'augmentation de la production de viande bovine de 5% d'ici 2035, la création de poulaillers – 70 pour la production d’œufs et 273, petits ou grands, pour la production de viande – et la consolidation de la filière maraîchère avec des légumes de plein champ destinés aux légumeries pour atteindre les objectifs de la loi Egalim.
Parmi les principaux projets mis en avant, figurent l'abattoir d'Autun qui envisage de produire des steaks hachés, l'entreprise Coquy qui souhaiter monter une casserie d’œufs pour valoriser les œufs non consommables, un projet de réensassage de farine en petits volumes, un projet de valoriser les pieds de cochons ainsi que l'élargissement d'une expérimentation de production de pommes et d'abricots par Dijon céréales.
«On a une copie crédible pour la région Bourgogne-Franche-Comté», s'est félicitée la préfète. «[Le travail] a été intense et ça donne envie d'y retourner !»
La Mission régionale de la souveraineté alimentaire vue comme un incubateur
«On a besoin de temps pour faire éclore des projets», a noté toutefois Violaine Démart, «on a décidé de ne pas attendre la loi d'urgence agricole sur la gouvernance territoriale pour créer une Mission régionale de souveraineté alimentaire». Ainsi, «le travail continue dans chacun des départements» avec un premier jalon attendu d'ici la fin de l'année.
L'innovation sera désormais associée, avec le pôle de compétitivité Vitagora, ainsi que la coopération agricole et l’Éducation nationale, notamment pour sensibiliser les enfants car «l'une des clés du succès, c'est le consommateur».
Fonctionnant comme un incubateur, cette MRSA a pour objectif de préparer cinq projets «prêts à partir» d'ici la fin de l'année.
Ayant la compétence économie, la Région entend décliner aux projets agricoles son approche en matière d'organisation et d'accompagnement des financeurs.
Vers une nouvelle «posture» des services déconcentrés de l’État
Alors que de nombreux agriculteurs ont alerté sur les «injonctions contradictoires» entre le consommateur et le citoyen ou encore sur «la surinterprétation réglementaire», la préfète a rappelé que «la norme sécurise aussi les professions économiques» et que «nos agriculteurs ne pourraient pas travailler sans norme», tout en concédant une «inflation normative».
Cependant, une nouvelle «posture» sera attendue des services déconcentrés de l’État : «on est là pour trouver le chemin, de rendre possible les projets (…) et simplifier l'application de la norme».
Jean-Christophe Tardivon

















