
Le dirigeant de la grande maison de Beaune, dont le Corton-Charlemagne Grand Cru 2024 a été élu meilleur vin blanc du monde, se confie dans une interview.
Vous venez de voir votre Corton Charlemagne Grand Cru 2024 élu meilleur vin du monde. Quelle ont été les étapes jusqu’à cette consécration ?
ALBERIC BICHOT : «Il faut savoir qu’au départ, toutes catégories confondues, il y a 11.000 vins sur la ligne de départ. Des jurés désignent, à l’aveugle, le meilleur vin de leur pays qui participera à la grande finale. La sélection est donc sévère et il faut donc déjà une première sélection pour espérer décrocher le titre…»
La concurrence est importante donc…
«Il faut savoir que le meilleur vin blanc du monde 2025 était Australien. L’année d’avant il était Géorgien… Le 2023 avait été Français avec un Château Chalon. Et l’année d’avant il s’agissait d’un vin blanc du Languedoc. C’est une compétition très intéressante, car elle est vraiment mondiale ! Pour l’emportez, vous l’avez compris, il fallait donc d’abord être désigné meilleur vin blanc de France et donc de Bourgogne».
Quelle a été votre première réaction quand vous avez appris que vous aviez remporté ce titre prestigieux ?
«J’ai d’abord pensé à mes équipes. Ce titre démontré qu’elles ont bien travaillé, à partir de terroirs qui sont magnifiques. Aloxe Corton ce sont 190 hectares. La parcelle de notre Corton Charlemagne Grand Cru fait 1,2 hectares. C’est un Corton-Charlemagne Les Languettes. Elle se situe sur les hauteurs de l’appellation. Elle est orientée Sud Est, avec un sol argilo-calcaire. C’est une parcelle que l’on peut qualifier de solaire».
Comment travaillez-vous cette parcelle ?
«On est sur environ 40 ans de moyenne d’âge pour nos pieds de vigne de Chardonnay. Quand ont arrache et que l’on replante, on le fait sur environ un quart. Quand on arrache, on laisse le sol se reposer pendant deux ans. On apporte nos greffons au pépiniériste avec lequel on travaille».
Combien la parcelle avait-elle donné de bouteilles ?
«Avec les aléas climatiques d’une année 2024 très compliquée, on est sur 2400 bouteilles. Ce qui correspond à 17 hectolitres à l’hectare. C’est peu, car normalement c’est le double, environ 35 hectolitres à l’hectare».
Quel est le prix de sortie de cave ?
«Pour ce Corton Charlemagne Grand cru 2024, on est sur 200 euros hors taxe la bouteille en sortie de cave».
Quand conseillez-vous de le boire .
«Pour moi la question ce n’est pas quand, mais avec qui… C’est un vin de prestige qui sera apprécié des connaisseurs. On peut le boire tout de suite, mais je conseiller d’attendre 3 à 4 ans. Mais on peut aussi attendre 15 ans, il sera parfait !»
Pour la Maison Bichot, ce titre mondial n’est pas une première…
«Non ! On a déjà eu le titre de meilleur vin rouge du monde. On avait présenté un Clos de la Roche que l’on avait acheté à la vente des Hospices de Beaune. J’avais alors offert le trophée à Ludivine Griveau. Et puis il ya 5 ans on avait aussi eu le meilleur vin blanc bio. Mais la catégorie a disparu».
Quel regard portez-vous sur le millésime 2026 après les canicules et la sécheresse ?
«On va être, en volumes, sur une demi-récolte. Ca va donner des vins de garde, de grande qualité ; Un très bon millésime. Je rappelle qu’on avait commencé les vendanges le 16 aoput».
Recueilli par Alain BOLLERY
(Photos Alain BOLLERY)
