
À travers BFC Boost, la Région cherche également à renforcer la visibilité économique de la Bourgogne-Franche-Comté au-delà de ses frontières. «Ce que je veux vraiment, c’est qu’on puisse mettre la Bourgogne-Franche-Comté sur la carte de France», a affirmé Jérôme Durain, ce jeudi 24 septembre, rappelant le poids industriel du territoire.
La première édition de BFC Boost s’est tenue, ce jeudi 24 septembre 2026, à la Burgundy School of Business, à Dijon. Lancé par la Région Bourgogne-Franche-Comté, ce nouveau rendez-vous vise à mettre directement en relation des porteurs de projets structurants avec des financeurs publics et privés. Neuf projets ont été présentés, pour un besoin de financement cumulé de plus de 180 millions d’euros.
Banques, fonds d’investissement, investisseurs privés et acteurs publics étaient réunis ce jeudi à Dijon pour la première édition de BFC Boost. Derrière ce nouveau dispositif porté par la Région Bourgogne-Franche-Comté, un objectif : faciliter l’accès aux financements pour des projets économiques et industriels qui souhaitent se développer sur le territoire.
Les neuf projets sélectionnés représentent à eux seuls plus de 180 millions d’euros de besoins de financement. Un chiffre qui correspond aux sommes recherchées par les porteurs de projets, et non à des investissements déjà engagés.
« Les 180 millions d’euros, c’est le besoin de financement des projets qui sont présentés aujourd’hui », précise Jérôme Durain, président de la Région Bourgogne-Franche-Comté. Pour les entreprises présentes, l’enjeu de la journée était donc de convaincre directement les investisseurs lors des ateliers organisés dans le cadre de BFC Boost.
Mettre les projets face aux bons financeurs
Pendant plusieurs mois, les porteurs des neuf projets ont été accompagnés par la Région, l’Agence économique régionale (AER) et le cabinet EY. Travail sur les besoins financiers, identification des dispositifs adaptés, préparation des présentations : tout a été pensé pour permettre aux entrepreneurs d’arriver face aux financeurs avec un projet clairement défini. « Les porteurs de projets, les entrepreneurs doivent défendre leur projet et dire : voilà mon projet industriel, mon projet économique, j’ai besoin de vous », explique Jérôme Durain.
L’ambition est notamment de faire venir des investisseurs qui ne sont pas nécessairement implantés en Bourgogne-Franche-Comté. « Ils sont privés, ils sont européens, ils sont plutôt des investisseurs nationaux, des investisseurs qui ne sont pas toujours présents dans notre région », détaille le président de Région.
Cette mise en relation constitue justement la nouveauté du dispositif. La collectivité dispose déjà de différents leviers pour accompagner les entreprises, notamment les subventions, les avances remboursables et les fonds européens. En revanche, cette démarche visant à accélérer les projets en faisant directement se rencontrer entrepreneurs et financeurs n’existait pas jusqu’ici sous cette forme.
« Cette mise en relation, cette accélération des projets par la mise en relation, c’est nouveau », souligne Jérôme Durain.
Jimmy, futur acteur industriel du Creusot
Parmi les projets présentés figure Jimmy, qui prévoit de s’implanter au Creusot. L’entreprise développe une technologie nucléaire et prépare la création de son premier site industriel sur le territoire.
Pour Mathilde Grivet, représentante de Jimmy, l’accompagnement régional s’est traduit à la fois par un soutien financier et par un accompagnement collectif du projet.
« Le soutien qu’on a eu à l’échelle régionale a vraiment pris deux grandes formes, une forme financière et une forme un peu plus de "task force" sur la mise en commun de toutes les parties prenantes », explique-t-elle.
L’un des premiers soutiens obtenus a notamment permis de financer une boucle d’essai qui sera installée dans le premier bâtiment du futur site creusotin. Cet équipement reproduira une partie du réacteur développé par l’entreprise.
L’objectif n’est pas de démontrer à nouveau une technologie déjà éprouvée, mais de disposer d’un outil permettant aux équipes de se former et de tester les différentes opérations liées à la vie industrielle du réacteur.
« C’est pour nous entraîner à faire des opérations de montage, de maintenance, de formation, de démantèlement et donc c’est un élément qui est absolument clé pour nous », détaille Mathilde Grivet.
Selon elle, le soutien régional a joué un rôle important dans la décision d’investissement : « Le soutien de la Région a été vraiment assez décisif pour prendre cette décision d’investissement. »
Le financement du futur site industriel constitue désormais une autre étape. Le projet comprend notamment l’acquisition du terrain, la construction des bâtiments et leur aménagement, ainsi que l’achat des équipements nécessaires à l’activité.
Jimmy travaille ainsi sur différents montages financiers, notamment avec la Banque des Territoires et des partenaires bancaires régionaux. Pour l’entreprise, ces dispositifs doivent permettre de financer certains besoins directement liés à son implantation tout en limitant les montants à rechercher auprès d’autres investisseurs.
« Ça nous aide à réduire les fonds qu’on doit lever par ailleurs », souligne Mathilde Grivet, dans un contexte qu’elle décrit comme marqué par une raréfaction des fonds disponibles pour les projets innovants.
Conforter l’industrie et faire émerger de nouvelles filières
À travers BFC Boost, la Région cherche également à renforcer la visibilité économique de la Bourgogne-Franche-Comté au-delà de ses frontières. « Ce que je veux vraiment, c’est qu’on puisse mettre la Bourgogne-Franche-Comté sur la carte de France », affirme Jérôme Durain, qui rappelle le poids industriel du territoire et la présence de filières historiques, notamment dans le nucléaire, l’énergie et les transports.
Les neuf projets présentés illustrent cette diversité : certains s’inscrivent dans des activités industrielles déjà fortement implantées, tandis que d’autres concernent des secteurs plus émergents, notamment autour de l’alimentation et de la nutrition.
Pour la Région, l’enjeu est donc double : accompagner les entreprises déjà présentes afin qu’elles puissent consolider leur activité et continuer à innover, mais aussi favoriser la diversification du tissu économique régional.
« C’est à la fois soutenir ceux qui sont déjà là, consolider leur part de marché, leur performance et leur capacité d’innovation, et puis c’est aussi aider des secteurs nouveaux pour diversifier notre activité économique régionale », résume le président de Région.
Neuf projets parmi 110 identifiés
Pour cette première édition, neuf projets ont finalement été retenus parmi 110 projets identifiés en amont par les équipes chargées de préparer le dispositif.
Une sélection qui ne constitue pas une fin en soi pour les autres porteurs de projets, selon Jérôme Durain, qui y voit plutôt une possibilité de créer une dynamique plus large : « Il y a de la place pour tout le monde. Je pense que ça peut même créer de l’émulation. »
Et le potentiel économique identifié dépasse largement les neuf projets présentés ce jeudi. Selon le président de Région, les 110 projets étudiés représentent près de 680 millions d’euros de besoins de financement.
L’objectif est désormais de voir si les rencontres organisées dans le cadre de cette première édition débouchent sur des engagements concrets de la part des investisseurs. « C’est une première année », rappelle Jérôme Durain. Avec une ambition clairement affichée pour la suite : renouveler l’expérience et faire de BFC Boost un outil durable au service du financement des entreprises régionales.
MB


