
Il y a un an, tout s’était écroulé dans un virage que les fans de biathlon voient encore dans leurs pire cauchemars. Une chute, brutale, cruelle, qui avait brisé ses rêves au pire moment.
C’est un moment qui restera gravé dans l’histoire du biathlon français : Lou Jeanmonnot a officiellement remporté le gros globe de cristal, au terme d’un sprint maîtrisé à Oslo.
La championne made in Franche-Comté avait les larmes aux yeux et un sourire solaire lorsqu’elle s’est arrêtée au micro de L’Équipe. Une consécration attendue, méritée et profondément symbolique.
Boucler la boucle, un an après la douleur
Il y a un an, tout s’était écroulé dans un virage que les fans de biathlon voient encore dans leurs pire cauchemars. Une chute, brutale, cruelle, qui avait brisé ses rêves au pire moment. Mais ce jeudi, sur la neige norvégienne, c’est une toute autre histoire qui s’est écrite.
« Je suis vraiment contente d’avoir bouclé la boucle aujourd’hui. »
Une phrase simple, mais chargée d’émotion. Car derrière ces mots, il y a une année de reconstruction, de doutes et de travail acharné. Lou n’a pas seulement gagné un globe : elle a pris sa revanche sur le destin.
Une gestion mentale digne des plus grandes
Ces derniers jours, une tension presque palpable entourait la Française. Tout semblait joué sur le papier mais rien n’était encore acquis. Et c’est justement ce flou qui l’a poussée à rester sur ses gardes.
« C’était un entre-deux vraiment désagréable… il fallait se battre, les courses de fin de saison sont difficiles. »
Pas question de se reposer sur ses acquis. À Oslo, elle s’est présentée avec une seule idée : rester professionnelle, engagée et ne rien laisser au hasard.
Résultat : une course solide, sans trembler, à l’image de toute sa saison.
Le soulagement, enfin
Quand la ligne d’arrivée a été franchie, ce n’était pas seulement une victoire sportive. C’était une libération. « Ça va faire du bien de pouvoir relâcher un peu la pression. »
Et même si les larmes ne sont pas venues tout de suite, elles étaient là, en attente, prêtes à surgir dans un moment plus intime. « Ma petite larme, je vais la garder avec eux. » « Eux », ce sont tous ceux qui l’ont accompagnée jusqu’ici.
Une victoire collective
Car Lou Jeanmonnot n’a jamais oublié d’où elle venait. Au moment de savourer, elle a tenu à rappeler ce qui, selon elle, fait toute la différence : « Le paramètre chance de ma carrière, c’est d’être extrêmement bien entourée. » Famille, entraîneurs, partenaires, armée… elle évoque une chaîne humaine solide, fidèle, essentielle. Une réussite qui dépasse l’individuel.
« Il n’y a pas un seul membre de ma famille qui ne regarde pas le biathlon. » Derrière la championne, il y a tout un monde qui vibre avec elle.
Et maintenant ?
Le plus dur est fait. Le rêve est devenu réalité. Mais la saison, elle, n’est pas terminée.
Libérée, apaisée, la française peut désormais viser d’autres objectifs, avec une légèreté nouvelle. Et peut-être, encore, écrire de nouvelles pages de son histoire.
Lou Jeanmonnot est au sommet. Et cette fois, rien ni personne ne pourra lui enlever ça. En attendant la remise du gros globe qui aura lieu dimanche après la Mass-Star, Lou a reçu le petit globe de l’individuel et celui du sprint. La Lou Jeanmonnot Mania n’est pas prête de s’arrêter car Lou a le don de nous faire rêver. Bravo championne !
Manon Bollery
©NordiFocus