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15/10/2020 16:20

BOURGOGNE-FRANCHE-COMTÉ : Agnès Pannier-Runacher fait la part belle à 30 projets «de reconquête industrielle»

À Dijon en Bourgogne-Franche-Comté ce jeudi matin pour dévoiler les 30 premières entreprises régionales lauréates du «Fonds d’accélération des investissements industriels dans les territoires», la ministre déléguée chargée de l’industrie a mêlé relance et reconquête industrielle. Cela en mettant en avant des projets ambitieux mais aussi une industrie devant investir pour surmonter la crise et répondre aux enjeux d’avenir.

Nous l’avons relaté dans un premier article au cours de la matinée (à retrouver en cliquant ici), la ministre déléguée chargée de l’industrie auprès du ministre de l’économie, des finances et de la relance Bruno Le Maire s’est déplacée ce jeudi en Bourgogne-Franche-Comté pour dévoiler les 30 premières entreprises régionales lauréates du «Fonds d’accélération des investissements industriels dans les territoires». 30 entreprises donc pour 30 projets, validés conjointement par le préfecture et le Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté.

Synergie positive


Voilà une matinée qui avait de quoi ravir Marie-Guite Dufay, la présidente de Région ayant souligné le point positif de ce dispositif : accélérer les investissements dans les entreprises, «pas forcément en milieu urbain mais aussi beaucoup en milieu rural».
«Nous nous en sommes emparés», a exprimé avec satisfaction Marie-Guite Dufay, au nom d’une collectivité territoriale qui fut donc copilote de la validation des projet. D’après la présidente du Conseil régional, le binôme État-Région a été efficace. «Les obstacles administratifs, réglementaires et financiers ont été levés», en soutien à des projets ambitieux.

«On est là sur une terre industrielle, une région où l’industrie souffre, a souffert mais a aussi d’immenses potentialités. Il ne suffit pas de grand chose pour qu’une synergie positive se mette en place autour des projets», a affirmé Marie-Guite Dufay, en se tournant notamment vers son vice-président en charge de l’économie Jean-Claude Lagrange. L’occasion aussi pour la présidente d’apprécier : «La mise en oeuvre de ce programme est un acte de décentralisation comme on en voit rarement».

Ancien président du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté et récemment réélu sénateur LREM de la Côte-d’Or, François Patriat s’est permis d’ajouter : «Ça prouve que la Bourgogne-Franche-Comté n’est pas à la traîne, c’est une région industrielle peu identifiée comme telle et pourtant elle l’est, avec des pépites sur le territoire. Et ce programme montre que le couple État-Région fonctionne bien ici».

Avec à ses côtés Fabien Sudry, préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté et préfet de la Côte-d’Or, Agnès Pannier-Runacher a confirmé aujourd’hui «30 entreprises exemplaires de notre ambition, de relocalisation (5 projets de relocalisation sur les 30 validés), de décarbonation, de modernisation et d’innovation». Et la ministre déléguée a fait remarquer : «Ce n’est pas Paris qui a décidé de ces projets. Le choix résulte d’un travail de terrain et d’autres projets tapent à la porte dans ce territoire».

Effet levier pour l’investissement


L’État va accompagner les 30 premiers à hauteur de 20 millions d’euros en subventions, «pour un total de 115 millions d’euros d’investissements productifs à l’échelle de la région».
La ministre déléguée chargée de l’industrie est alors revenue sur l’orientation prise par le gouvernement dans ce domaine : «Notre économie traverse une crise qui impacte un certain nombre de secteurs. Ce n’est pas nécessairement le secteur industriel le plus touché mais dans un moment d’incertitude où les entreprises pourraient arrêter d’investir et attendre de voir comment les choses vont évoluer, rien ne serait pire qu’elles arrêtent d’investir… C’est précisément dans ces moments de changements, de crise, que se joue l’avenir de notre tissu productif et de notre tissu industriel».

«L’industrie, c’est 20% du problème des émissions carbone», n’a pas hésité à dire ensuite Agnès Pannier-Runacher, cela pour rebondir aussitôt et affirmer que l’industrie représente également «100% des solutions», en insistant sur le fait qu’une attention particulière est portée aux transformations écologique et numérique dans les projets retenus. Ce sont aussi ces notions et cette dimension qui constituent l’enjeu de l’industrie pour la ministre déléguée, citant notamment l’hydrogène pour la mobilité, les constructions à énergie positive, «une agriculture qui puisse se passer de produits phytosanitaires», le digital comme gain massif de compétitivité… Tous ces facteurs et toutes ces possibilités «passent par l’industrie».

«Saisir les opportunités de renforcement de nos capacités industrielles»


Le programme lancé ce jeudi doit permettre selon Agnès Pannier-Runacher d’«être en mesure de saisir les opportunités de renforcement de nos capacités industrielles. C’est ici l’objectif. Oui il y a une crise économique mais il y a de beaux projets qui attendent d’être portés, qui doivent être accompagnés et qui vont nous permettre de répondre à nos intuitions de transformation de nos activités».
La ministre déléguée chargée de l’industrie inscrit ce Fonds d’accélération - l’une des déclinaisons du plan France Relance on le sait - dans une démarche plus globale de «reconquête industrielle» et de poursuite des actions en continuité en quelque sorte des «Territoires d’industrie».

Sur la commune de Chenôve, hors Territoire d’industrie pour le coup, l’industrie pharmaceutique CordenPharma, prestataire de services pour les groupes pharmaceutiques entre autres, a été retenue pour son projet Conti qui vise à relocaliser la production de principes actifs pharmaceutiques en se lançant dans la chimie en flux continu. La création d’un laboratoire de démonstration est envisagée, avec comme finalité la production de lots cliniques à usages humains.
«On s’est dit qu’il fallait qu’on accélère», confirme Yves Michon, président d’une société qui a vu sa croissance augmenter de 40% en un an et qui annonce l’embauche d’un docteur en chimie et de deux techniciens issus de licences professionnelles «dans les deux mois qui viennent, puis une dizaine de personnes dans les 18 prochains mois».

Gorden Pharma va bénéficier d’une subvention d’Etat de 800.000 euros. Les contrôles de la bonne utilisation des aides se feront, d’après la ministre déléguée, via la présentation de factures par les entreprises et l’assurance de l’installation des équipements sur les sites correspondants. Agnès Pannier-Runacher parle d’«un suivi rapproché des entreprises» jusqu’à 800.000 euros d’aide. En faisant remarquer : «Nous avons recréé des emplois dans l’industrie en 2017, 2018, 2019… Ces entreprises et ces projets montrent que c’est encore possible».
Plus de 4.000 emplois industriels sont sécurisés et plus de 550 emplois devraient être créés via les investissements annoncés.

La ministre déléguée chargée de l’industrie a poursuivi son déplacement en Bourgogne-Franche-Comté par la visite de l’entreprise Neotiss à Marigny-Le-Cahouet en Côte-d’Or, qui souhaite développer une ligne de soudage laser pour pouvoir produire pour le secteur des énergies renouvelables et l’aérospatial.

À l'échelle nationale, le Fonds est doté de 150 millions d'euros sur l'année 2020.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier