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17/01/2022 09:53

BOURGOGNE-FRANCHE-COMTÉ : Au 3ème trimestre 2021, l’économie régionale résiste à la reprise de l’épidémie

L'INSEE analyse notamment que l’hébergement-restauration confirme son redressement avec une croissance de 1,9 %.
À l’automne, la reprise économique se poursuit dans la région, mais elle reste fragile. Les tensions sur l’approvisionnement, la hausse du cours des matières premières et l’incertitude constante sur la situation sanitaire sont autant de points de vigilance. Le nombre d’heures rémunérées est ainsi proche de son niveau d’avant-crise en 2019 dans presque tous les secteurs.

Au cours du troisième trimestre, l’économie régionale a bien résisté à la quatrième vague de Covid-19 et à la mise en place du passe sanitaire. L’emploi salarié dans la région continue sa progression mais sur un rythme moins soutenu qu’au printemps. Après un premier semestre en repli, l’emploi intérimaire regagne des effectifs. Toujours pénalisées par des difficultés d’approvisionnement et la hausse du coût des matières premières, la construction et l’industrie perdent des emplois ce trimestre. Le taux de chômage reste stable, à un niveau inférieur à celui d’avant-crise sous l’effet simultané de la hausse du nombre d’emplois et de l’accroissement du nombre de personnes sur le marché du travail.


L'impact de la crise sanitaire sur le nombre d’heures rémunérées s’atténue

La circulation active du Covid-19 n’a pas entraîné de nouvelles mesures de restriction sanitaire à la rentrée. Mais des points de tensions empêchent l’activité économique régionale de retrouver son niveau d’avant-crise dans tous les secteurs, contrairement au niveau national. En octobre 2021, le nombre d’heures rémunérées en Bourgogne-Franche-Comté se situe ainsi 2,0 % en dessous de son niveau d’avant-crise.

La construction et le tertiaire non marchand tirent leur épingle du jeu. Le nombre d’heures rémunérées y est légèrement supérieur à leur niveau d’octobre 2019 de respectivement 0,7 % et 0,5 %. Les services marchands sont également quasiment revenus à leur niveau d’avant-crise, - 0,4 %.

Sous l’effet des problèmes d’approvisionnement, en semi-conducteur notamment, l’industrie reste le secteur le plus en difficulté en ce début d’automne. En octobre, le volume d’heures rémunérées reste inférieur de 6,4 % à celui de deux ans auparavant.

Malgré les mesures de protection sanitaire (port du masque, distanciation physique, etc.) et les difficultés de recrutement, les heures rémunérées sont en augmentation constante dans l’hébergement-restauration depuis mai 2021. Cependant, elles se situent encore à - 2,1 % de leur niveau de fin 2019 contre - 3,2 % en août et - 2,8 % en septembre.

Le montant des transactions par cartes bancaires en nette progression durant l’été

L’activité économique et l’évolution de la consommation des ménages peuvent être estimées par l’analyse des transactions par cartes bancaires CB.

Durant l’été 2021, elles sont en moyenne de 12,0 % supérieures au volume enregistré durant l’été 2019 en Bourgogne-Franche-Comté. Au niveau national, cet écart se monte à près de 11 %.

Avec la rentrée scolaire, les dépenses ont tendance à se tasser. Les transactions restent néanmoins supérieures à 2019 avec ponctuellement de fortes progressions. Fin novembre, le montant des transactions baisse nettement pour revenir quasiment au niveau de 2019 (+ 0,8 %). Au niveau national, il est même inférieur de 2,4 %.

La création d’emplois toujours en hausse au troisième trimestre

Au troisième trimestre 2021, la création d’emplois continue de progresser dans la région. Avec + 0,4 %, cette hausse est légèrement moins marquée qu’au trimestre précédent. Stable dans la plupart des départements, la croissance de l’emploi dans la région est tirée par celle de la Côte-d’Or (+ 0,1 %) et surtout de la Saône-et-Loire (+ 0,7 %).

Avec 2 500 emplois supplémentaires, le secteur privé croît toujours mais à un rythme plus lent ce trimestre, + 0,3 %. Le secteur public a créé 1 200 emplois ce trimestre, soit trois fois plus que le précédent. Il progresse ainsi de 0,5 %.

Sur un an, la Bourgogne-Franche-Comté gagne 12 000 emplois, soit une progression de 1,3 %. L’emploi dans la région demeure 0,4 % en dessous de son niveau d’avant-crise, soit 3 800 emplois de moins.

L’emploi intérimaire progresse

En repli depuis le début de l’année dans la région, l’emploi intérimaire augmente légèrement ce trimestre, + 0,5 %. Cette reprise est portée par le tertiaire non marchand (+ 12,5 %) et le tertiaire marchand (+ 1,5 %), plus important pourvoyeur d’emploi intérimaire en Bourgogne-Franche-Comté. Il progresse également dans la construction (+ 1,2 %). À l’inverse, l’emploi intérimaire diminue de 2,1 % dans l’industrie. Le fort recul de l’emploi dans la fabrication de matériel de transport (- 34,1 %) explique à lui seul cette évolution. Les autres pans de l’industrie maintiennent ou augmentent leur recours à l’intérim.

L’emploi intérimaire est en recul dans les départements plus industriels de l’est de la région. Ainsi, il se replie dans le Territoire de Belfort (- 16,6 %), le Doubs (- 9,2 %) et en Haute-Saône (- 2,0 %). Il progresse, au contraire, nettement en Côte-d’Or (+ 9,1 %) et dans l’Yonne (+ 3,8 %).

La croissance de l’emploi dans l’hébergement-restauration résiste à l’instauration du passe sanitaire

L’emploi salarié dans le secteur marchand hors intérim reste en progression ce trimestre. Néanmoins, cette hausse est plus contenue qu’au deuxième trimestre, + 0,7 % après + 1,7 %. Malgré l’instauration du passe sanitaire durant l’été, l’hébergement-restauration confirme son redressement avec une croissance de 1,9 % et un gain de plus de 600 emplois. Les services aux ménages et le commerce affichent également une bonne dynamique, avec des hausses respectives de 1,8 % et 0,5 %. À l’inverse, la construction et l’industrie perdent 0,2 % d’emplois ce trimestre. Ces secteurs sont toujours affaiblis par les difficultés d’approvisionnement. Le tertiaire non marchand créé 950 emplois durant l’été, soit une croissance de 0,3 %.

Les entreprises de la région recourent de moins en moins à l’activité partielle

Sur l’ensemble de la région, le recours à l’activité partielle est en très nette baisse depuis le troisième confinement. Fin septembre, seulement 7 000 salariés restent concernés par une demande d’indemnisation au titre de l’activité partielle en Bourgogne-Franche-Comté. Le nombre de demandes d’indemnisation se situe ainsi 91,2 % en dessous de celui d’avril.

Le Doubs et le Territoire de Belfort concentrent près de 75 % des demandes d’indemnisation. Ces départements, plus industriels, subissent les effets des difficultés d’approvisionnement, notamment dans l’industrie automobile.

Poursuite de la hausse de l’emploi frontalier

Au troisième trimestre 2021, 39 400 Bourguignons-Francs-Comtois travaillent en Suisse, un niveau supérieur à fin 2019 (+ 3,1 %). Sept frontaliers sur dix sont domiciliés dans le Doubs et près de deux sur dix dans le Jura. Leur nombre continue à progresser, + 1,1 % par rapport au trimestre précédent. La hausse la plus forte concerne l’emploi des frontaliers dans le canton de Neuchâtel, avec plus de 250 navetteurs supplémentaires (+ 2,0 %). Le nombre de travailleurs frontaliers se rendant dans les cantons de Vaud et du Jura suisse augmente plus modérément, de respectivement 0,4 % et 0,7 %.

Sur un an, le nombre de frontaliers originaires de la région progresse de 2,8 %. Les effectifs de frontaliers travaillant dans les cantons du Jura suisse et de Neuchâtel augmentent respectivement de 3,5 % et 3,6 %.

Le taux de chômage est de nouveau stable sur le trimestre

Au troisième trimestre 2021, le taux de chômage au sens du BIT se maintient à 6,8 % en Bourgogne-Franche-Comté, soit 1,3 point de moins qu’en France. Cette constance s’explique par une hausse simultanée du nombre d’emplois et du nombre de chômeurs lié à la reprise de l’activité économique. Elle favorise la création d’emplois et le retour à l’emploi des personnes sorties du marché du travail. La Bourgogne-Franche-Comté demeure au troisième rang des régions les moins touchées par le chômage, derrière la Bretagne et les Pays de la Loire. En un an, le taux de chômage recule de 1,2 point dans la région, contre - 1,0 point en France.

Ce trimestre, le taux de chômage est stable ou quasi stable dans tous les départements de la région. Le Territoire de Belfort fait exception avec une augmentation de 0,2 point. Ce département est également le plus touché par le chômage avec un taux de 9,2 %, supérieur au niveau national (8,1 %). À l’inverse, il est le plus faible dans le Jura, 5,5 %.

Le nombre de demandeurs d’emploi poursuit sa baisse

Au troisième trimestre 2021, le nombre de demandeurs d’emploi en fin de mois (DEFM) en Bourgogne-Franche-Comté régresse fortement. Mais il reste encore supérieur à son niveau d’avant-crise (+ 2,4 %). En moyenne, 216 000 personnes sont inscrites à Pôle emploi, soit 2,3 % de moins qu’au deuxième trimestre.

L’amélioration est encore plus marquée (- 7,1 %) pour les demandeurs d’emploi sans activité (catégorie A), toutes tranches d’âges confondues. Les inscriptions diminuent particulièrement chez les moins de 25 ans, - 9,1 %.

À l’inverse, la situation se dégrade à nouveau pour les demandeurs d’emploi exerçant une activité réduite (catégorie B et C), + 3,6 %. Cette dégradation concerne toutes les classes d’âge, et notamment les plus de 50 ans (+ 5,0 %).

La situation des demandeurs d’emploi inscrits depuis plus d’un an s’améliore ce trimestre. Après une hausse constante depuis début 2020, le nombre de demandeurs d’emploi de longue durée diminue de 3,3 % pour s’établir à plus de 107 000. Malgré cette amélioration, la situation reste dégradée par rapport au premier trimestre 2020 (+ 10,4 %).

Encadré 1 - Saison d’été 2021 : une fréquentation en retrait par rapport à son niveau d’avant-crise

Durant la saison d’été 2021, qui se déroule de mai à septembre, la fréquentation touristique s’établit à 2,9 millions de nuitées dans les hôtels, 2,4 millions dans les campings, et 0,5 million dans les autres hébergements collectifs de tourisme. Après une année 2020 fortement contrariée par la crise sanitaire, la fréquentation repart à la hausse mais reste toujours nettement en retrait par rapport à la même période de 2019 (- 1,4 million de nuitées au total). La baisse est plus prononcée dans les hôtels que dans les campings, et concerne d’abord la clientèle étrangère.

Le nombre de nuitées hôtelières diminue dans la région de 21,0 % contre 30,7 % en France métropolitaine.

Encadré 2 - Contexte international – Reprise mondiale sous contraintes

Au troisième trimestre 2021, la reprise économique s’est poursuivie en Europe, sous l’effet notamment d’une demande intérieure dynamique, sauf en Espagne. Les difficultés de production et les tensions inflationnistes se font cependant sentir de plus en plus. Aux États-Unis, ces contraintes déjà vives et la diminution de l’effet des aides aux ménages ont pesé sur la consommation, provoquant un ralentissement de l’activité. En Chine, des pénuries d’électricité ainsi que l’apparition de foyers épidémiques ont conduit à des fermetures de moyens de production. Fin 2021, la persistance des contraintes d’approvisionnement, auxquelles s’ajoute l’incertitude sanitaire, continuerait d’affecter la croissance mondiale.

Encadré 3 - Contexte national – En France, l’activité a retrouvé son niveau d’avant-crise au troisième trimestre 2021

L’activité a fortement progressé au troisième trimestre (+ 3,0 %), tirée par la réouverture des secteurs auparavant affectés par les restrictions sanitaires (hébergement-restauration, services de transport, services aux ménages…). La consommation des ménages a rebondi (+ 4,9 %) et les échanges extérieurs ont joué positivement sur la croissance, dans un contexte de reprise graduelle du tourisme international. Dans le même temps, les prix de l’énergie continuent de tirer l’inflation à la hausse et les entreprises sont de plus en plus nombreuses à se déclarer contraintes par des difficultés d’approvisionnement. Malgré ce contexte et l’incertitude sanitaire, la reprise se poursuivrait au quatrième trimestre, conduisant à une croissance du PIB de 6,7 % en 2021, après sa chute de 8,0 % en 2020.

Frédéric Biancucci, Marie-France Pialle, Bénédicte Piffaut (Insee)

Communiqué


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