Recherche
Pour nous joindre
redaction.infosdijon@gmail.com
SMS au 07.86.17.77.12
> Bourgogne - Franche-Comté > Bourgogne - Franche-Comté
03/05/2026 18:47

BOURGOGNE-FRANCHE-COMTÉ : «La transition est vraiment en marche dans le monde agricole», assure Vincent Lavier

Le président de la chambre régionale d'agriculture a signé une convention de partenariat avec le président de la Région, ce mercredi 29 avril, en session à Dijon. Actant la fin de la crise des aides européennes, Jérôme Durain a appelé à «un dialogue étroit avec les agriculteurs».
«C'est un sujet extrêmement important qui me tient particulièrement à cœur». La crise de la gestion des aides européennes destinées aux agriculteurs s'éloignant, Jérôme Durain a souhaite teinté de gravité la signature d'une convention de partenariat entre la Région Bourgogne-Franche-Comté qu'il préside et la chambre régionale d'agriculture, ce mercredi 29 avril 2026, en session à Dijon.

Le secteur agricole représente 40.700 emplois et 4,1 % du «PIB» de la Bourgogne-Franche-Comté. L'objectif de la convention vise à «bâtir une agriculture forte, résiliente et souveraine» dans les contextes de changement climatique et de renouvellement des générations. La collectivité prévoir de mobiliser 150 millions d'euros sur la période 2026-2028 autour de priorités partagées avec la chambre consulaire.

Jérôme Durain appelle à «un dialogue étroit avec les agriculteurs»


«On a un sujet d'agriculture durable qui produise du revenu et qui puisse permettre l'attractivité et la pérennité de nos agriculteurs dans un territoire rural dont ils sont les principaux aménageurs», introduit Jérôme Durain avant d'appeler à «un dialogue étroit et concerté avec les agriculteurs».

Selon Christian Morel (divers gauche), vice-président chargé de l'agriculture, la convention constitue à la fois «une ambition et un cap» pour l'agriculture régionale.

«20 % de la professions vit sous le seuil de pauvreté», alerte-t-il, «on ne peut pas dire à des agriculteurs qui bosse 365 jours par an que, demain, ils vont gagner moins que le SMIC». «Avec la chambre d'agriculture, on a un fil rouge : c'est la création de valeur ajoutée sur le territoire.»

Des mesures en cours


De premières réflexions ont débouché sur la mise en place d'un «plan engraissement» pour relocaliser en Bourgogne-Franche-Comté l'engraissement des jeunes bovins plutôt que de les transporter en Italie ou en Espagne pour ce faire.

Pour favoriser les installations et les investissements des jeunes agriculteurs, la dotation régionale a été doublée pour être portée à 65.000 euros, la plus élevée des Régions françaises, car «au bout de trois ans, trop de jeunes agriculteurs sont en difficulté».

La collectivité ambitionne de dépasser les obligations de la loi Egalim pour tendre vers 75 % de produits bio et locaux dans l'approvisionnement des restaurants scolaires des lycées d'ici 2028.

Dès le début de l'épizootie de dermatose nodulaire contagieuse des bovins, l'exécutif régional a mobilisé 300.000 euros pour accompagner les éleveurs dont les troupeaux étaient touchés.

Parallèlement, Christian Morel se félicite que la chambre régionale d'agriculture ait signé une convention avec Biobourgogne pour favoriser le développement de l'agriculture biologique.

Fabrice Voillot : «L'agriculture, l'alimentation, la santé sont étroitement liés»


Pour Fabrice Voillot (PS), s'exprimant au nom du groupe Notre Région par cœur, la convention va «dans le sens de l'histoire» et contribuera à «accompagner la compétitivité des exploitations tant dans les transitions des filières que dans l'accélération du changement climatique».

«L'agriculture, l'alimentation, la santé sont étroitement liés», souligne le socialiste, en référence en l'approche «One Health».

Patrick Blin : «La philosophie de la convention reste basée sur un système productiviste»


Au nom du groupe des élus communistes et républicains, Patrick Blin (PCF) applaudit la convention mais le bémol arrive rapidement : «force est de constater que la philosophie de celle-ci reste basée sur un système productiviste où la majorité des exploitations créent de la valeur ajoutée en agrandissant les surfaces cultivées et en augmentant les cheptels».

L'élu communiste regrette notamment que «l'externalisation des tâches jusqu'alors effectuées au sein des exploitations» et «l'emploi salarié» ne soient pas traités par le document et revendique une prise en compte de «l'agroécologie».

Claire Mallard préconise «le soutien aux filières locales de protéines végétales»


«Maintenant, on reprend en partie en main notre destin pour décider, avec la profession du système agricole et agroalimentaire que nous voulons», lance avec gravité Claire Mallard (LE), président du groupe Écologistes et solidaires. «Les agriculteurs et agricultrices méritent mieux que la domination imposée par les marchés dérégulés.»

L'élue écologiste critique alors l'entrée en vigueur du traité de libre-échange avec le Mercosur, déplore la dépendance aux énergies fossiles pour les carburants ainsi que les engrais de synthèse, regrette «l'inaction climatique qui prive de lisibilité économique les paysannes et paysans» et calcule que «le changement climatique coûte 28 milliards d'euros de perte nette à l'économie agricole chaque année».

Pour aller vers «une souveraineté alimentaire», celle qui soutient l'exécutif régional préconise «la diversification des productions», «le soutien aux filières locales de protéines végétales», «la promotion de l'agronomie dont l'agriculture biologique» et «la reconquête de nos ressources naturelles».

Au passage, Stéphanie Modde (LE) articule la dite convention avec les conclusions de la COP régionale – «la chambre d'agriculture peut être un acteur fort de la transition écologique» – et avec la feuille de route sur l'eau – en vantant «les paiements pour services environnementaux» –, validée durant la présente session (voir le dossier de la Région).

Jean-Marie Sermier : «Nos concitoyens veulent de la qualité, du local»


Président du groupe d'opposition Rassemblement de la droite, du centre et des écologistes indépendants, Jean-Marie Sermier (LR) salue «le travail de convergence» préalable à ce partenariat.

«J'espère qu'il met terme à un certain nombre d'année de dysfonctionnements», glisse néanmoins l'opposant. «Nos concitoyens veulent de la qualité, du local (…) et c'est de l'emploi non-délocalisable.»

Julien Guibert : «L'agriculture n'a pas besoin d'injonctions permanentes, elle a besoin de liberté»


Pour le groupe d'opposition Rassemblement national Bourgogne-Franche-Comté, Julien Guibert (RN) salue le rôle des chambres d'agriculture mais fait part de sa «vigilance».

«Derrière cette convention, nous voyons aussi une orientation politique que nous contestons», tempère l'opposant qui regrette que «dans les faits, vous cherchez trop souvent à orienter les chambres d'agriculture vers des priorités écologiques régulièrement déconnectées des réalités économiques et des attentes du terrain». «L'agriculture n'a pas besoin d'injonctions permanentes, elle a besoin de liberté, de visibilité et de stabilité.»

Vincent Lavier : «On a une vraie convergence de vue»


À l'issue de ces débats constructifs – auxquels n'ont pas participé les soutiens d'Emmanuel Macron –, survient alors un moment rare pour les dossiers d'importance : Jérôme Durain obtient l'unanimité de l'assemblée régionale. Un acte qui sera symbolisé par une photographie associant l'ensemble des présidents de groupe, majorité comme opposition, ainsi que les vice-présidents concernés à la signature officielle de la convention.

Cette unanimité est d'emblée saluée par Vincent Lavier, président de la chambre d'agriculture régionale depuis le 12 mars dernier, Côte-d'Orien et adhérent du syndicat agricole FNSEA, en intervenant devant les élus régionaux : «on a une vraie convergence de vue».

Stratégiquement, le président de la chambre consulaire choisit de présenter son exploitation ainsi que son approche de l'agriculture. Vincent Lavier exploite 25 hectares en polyculture-élevage, au bord du plateau de Langres, dans un zone à faible potentiel où «l'évolution climatique pèse déjà sur la production», d'où le recours à un système à bas niveau d'intrants.

Il produit des protéagineux, du blé transformé en Bourgogne-Franche-Comté, des ovins vendus à un boucher dijonnais ainsi que des légumes bio commercialisé en vente directe.

«J'ai la chance d'arriver en fin de carrière, et que du coup, ça me donne un petit peu plus de possibilité de faire de l'expérimentation, d'essayer de faire évoluer les pratiques, d'aller vers de nouveaux modèles de productions et d'avoir aussi valeur d'exemple sur mon territoire», indique-t-il en faisant remonter «la bascule» à 2003, année de grande canicule.

La chambre d'agriculture comme «partenaire naturel» de la collectivité 


«Les difficultés rencontrées par la Région dans la gestion des dossiers FEADER s'étaient soldées par une rupture totale des relations entre la gouvernance de la chambre régionale d'agriculture et celle du conseil régional», se souvient celui qui était auparavant président de la chambre d'agriculture de la Côte-d'Or.

En prenant la présidence de la chambre régionale d'agriculture, Vincent Lavier a considéré que «cette situation était pas tenable» et s'est évertué à «reconstruire cette relation». «J'ai porté notamment l'idée que le conseil régional devait considérer la chambre régionale comme un allié sur ce sujet et, plus largement, comme son partenaire naturel pour l'ensemble des dossiers agricoles.»

Vincent Lavier et Jérôme Durain ont ainsi pu faire aboutir les nouveaux échanges sous la forme de la convention présentée aux élus «au bénéfice de toutes les agricultures et de tous les agriculteurs et agricultrices de cette région».

«On doit répondre à l'ensemble des besoins alimentaires en développant des productions standards»


«Notre agriculture, bien évidemment, a pour but de produire et donc d'assurer l'alimentation de nos concitoyens», rappelle Vincent Lavier, «dans notre région, le monde agricole rêve de mieux et plus nourrir l'ensemble des gens qui sont autour de nous». «Les consommateurs, au travers de leur acte d'achat, doivent aussi faire le choix du local et de la valorisation de notre agriculture.»

«On a la chance d'avoir dans cette région des filières d'exception», relève le président de la chambre consulaire, «mais, on doit aussi collectivement répondre à l'ensemble des besoins alimentaires en développant des productions standards, sur des productions qui sont peu habituelles chez nous, comme la production porcine, la volaille de chair, la production d'œufs ou encore les fruits et légumes.»

«On va devoir engager la réflexion autour de la reconnaissance des services rendus par l'agriculture»


«Sur nos territoires les plus ruraux, le rôle de l'agriculture va bien au-delà de la production», poursuit Vincent Lavier, «en participant notamment à l'attrait de ces territoires, à leur structuration». «Pourtant, là où le contexte pédoclimatique est le plus défavorable, on voit poindre les premiers risques d'abandon.»

«Collectivement, on va devoir engager la réflexion autour de la reconnaissance des services rendus par l'agriculture et de leur valorisation», revendique le président de la chambre consulaire en signalement une expérience de paiement pour services environnementaux sur la mise en place de zone d'expansion de crues de la Seine dans le nord de la Côte-d'Or, en lien avec le Grand Paris et Seine grands lacs.

Le danger des «injonctions contradictoires des réglementations et des attentes sociétale»


«Notre l'agriculture est confrontée à d'immenses défis que nous, agriculteurs, nous ne pouvons relever seuls», alerte l'orateur en songeant, en premier lieu, au changement climatique. Dans son exploitation côte-d'orienne, Vincent Lavier a vu «chuter le rendement moyen en blé de 20 % en 30 ans.»

«La transition est vraiment en marche sur les territoires et dans le monde agricole», martèle le représentant des agriculteurs pour dépasser les clichés. Et d'appeler à un «soutien» face «aux injonctions contradictoires des réglementations et des attentes sociétale».

Sur le sujet des usages de l'eau, l'orateur souhaite «un compromis» alors que la région est situé en tête de bassin hydrographique. 

«Les agriculteurs sont fiers de leur chambre d'agriculture»


Dernier défi abordé par Vincent Lavier, le renouvellement des générations alors qu'un agriculteur sur trois a plus de 60 ans et que le mythe de la transmission familiale a vécu.

«Vouloir s'installer dans l'agriculture et donc d'investir sur le long terme mérite largement d'être soutenu et accompagné de la meilleure manière», insiste-t-il. «Soyons en capacité, collectivement, de donner aux porteurs de projets de la visibilité et de la sécurité tout en étant facilitateur.»

«Les agriculteurs sont fiers de leur chambre d'agriculture ; la Région est fière de ses agriculteurs et je me réjouis de la savoir fière de notre réseau, partenaire de confiance pour tous les sujets agricoles», conclut-il avant la signature officielle avec le président du conseil régionale de Bourgogne-Franche-Comté.

Jean-Christophe Tardivon

«Le pouvoir d'achat, on le traite de manière constante dans nos politiques», assure Jérôme Durain


En session, Jérôme Durain dénonce «l'inflation démagogique» consécutive à «la vie chère»


Le sujet de l'immigration de travail s'invite dans le débat sur la formation professionnelle


Willy Bourgeois ne décolère pas contre la réforme de l'apprentissage


«La contribution au redressement des comptes publics reste majeure», déplore Nicolas Soret


Le dossier de la Région Bourgogne-Franche-Comté sur la session du 29 avril 2026


Les avis du CESER sur les dossiers de la session du 29 avril 2026


Le rôle de la Bourgogne-Franche-Comté dans «la reconquête de la souveraineté alimentaire» de la France





Votre météo à Dijon
Votre météo en Bourgogne
Ailleurs
Météo France vous invite à proposer des prénoms pour les tempêtes à venirCes jeunes femmes fans de Trump ont quelque chose à cacher...AUTOMOBILISME : Les courses sur circuit de nouveau autorisées en SuisseGrande Exposition du Fabriqué en France à l’Elysée : Prolongation de l’appel à candidatures 2026 Autoroute blanche : 12.600 euros d'amende et 23.626 euros à payer à la société d'autoroute, pour un automobiliste passé 252 fois sans payer...ITALIE : Giorgia Meloni critique les photos sexy d’elle-même générées par l’IABOURGOGNE : ENEDIS utilise un drone pour protéger les grands oiseaux et maintenir une qualité d’alimentation électrique des territoires, comme à AuxyC’est parti pour les déneigements des grands cols des Alpes, avec des dates annoncées d’ouvertureDRAME DE CRANS-MONTANA : «Les images, c'était compliqué», témoigne le footballeur rescapé30.000 euros à gagner au grattage, avec Pharaonis, le nouveau jeu à 3 euros de la FDJTransport de luxe : Avec 8 Porsche 911 Type 992.. Y en avait pour cher sur un camions, sur l’A6, à l’arrêt en Saône-et-LoireSurprise : Jean-Luc Mélenchon annonce sa candidature à la présidentielle de 2027FOOTBALL (Ligue 1) : C'est une première... La Provence met 0/10 à tous les joueurs de l'Olympique de Marseille, après leur humiliation à NantesQuand un bus plonge dans la Seine...FOOTBALL : «Le match du siècle», «le match de notre vie», «football de demi-dieux» : la presse internationale extatique après PSG - Bayern MunichLe Massif Central va accueillir, en Haute Loire, la plus haute tour radar météo de FranceSUISSE : Un septuagénaire prend les escaliers...Audiovisuel public : suppression de France 5, moins de jeux, nomination des dirigeants… ce que propose le député Charles AlloncleTout ce qu'il faut savoir sur l'électrification d'une France encore plus décarbonéeMétropole du Grand Lyon et Autoroute A7 : Des restrictions de circulation au mois de Mai et au mois de JuinSUISSE : Un Américain achète 50 millions d'euros une propriété au bord du Lac Léman à GenèveAdolescente découpée en morceaux et retrouvée dans le coffre d’une Tesla : Le rappeur D4vd inculpé pour assassinat«C’était la meilleure mère du monde» : L’émouvant hommage de Laura Smet à Nathalie Baye, morte à l’âge de 77 ansUn nouveau bateau hybride, dernier cri, plus vert pour les croisières sur le Lac d'AnnecyL’actrice Nathalie Baye, emportée par la maladie, est morte à l’âge de 77 ansSuicide d’Evaëlle : L’enseignante poursuivie pour avoir harcelé la collégienne a été condamnée en appel«Splashdown !» : les quatre astronautes d’Artemis II de retour sur Terre après une mission d’anthologieLes écologistes vont retourner à Grenoble pour leurs journées d’étéObservatoire National des Stations de Montagne : Une saison hivernale aux sommets pour les stations de montagne françaisesMassif du Mont Blanc : L’ancien refuge du Goûter va être démonté cet étéFaut-il vraiment bêcher son jardin au printemps ?Le Nikon F2 de Serge Gainsbourg va être vendu aux enchèresPHOTOS : De sacrées chutes de neige de printemps, en Italie, dans les AbruzzesL’ADN a parlé : la culture de la vigne en France date de plus de 4 000 ansConcerts de Céline Dion à Paris (info Le Parisien) : Déjà un million d’inscrits… et dix millions de bots, une «folie furieuse»Concerts de Céline Dion à Paris : dates, prix, billetterie… Tout ce qu’il faut savoir sur son retourLéa Salamé violemment critiquée pour une interview jugée «honteuse»Selon sa mère, Loana serait décédée il y a environ 12 joursLoana, la star de «Loft Story», est morte à l'âge de 48 ansHaute-Marne : Un maire meurt au lendemain de sa 11e réélection1 homme sur 2 place le plaisir de sa ou son partenaire avant le sienIlyas Kherbouch, alias «Ganito», arrêté deux semaines après sa rocambolesque évasion, avec de faux policiers, de la prison de VillepinteIsabelle Mergault, comédienne et réalisatrice, est morte à l’âge de 67 ansPHOTOS : Un sacré coup de vent sur le massif du Mont Blanc, au-dessus de ChamonixChance ou pas chance : La Française des Jeux dévoile les 3 signes astrologiques les plus chanceuxRégion parisiennne : La Préfecture interdit une soirée libertineBilan climatique : Intempéries, neige, soleil, grisaille, douceur, humidité des sols... ce qu'il faut retenir de l'hiverDRAME DE CRANS-MONTANA : 58 des blessés de l'incendie sont encore hospitalisés, dont 14 en FranceMort de Quentin à Lyon : L’accès à l’Assemblée nationale du collaborateur parlementaire de Raphaël Arnault suspendu
Creusot-infos.com
Mentions légales et RGPD