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07/01/2021 06:56

BOURGOGNE-FRANCHE-COMTÉ : Le CROUS renforce l'accompagnement social des étudiants

En présence des autorités académiques, ce mercredi 6 janvier, le CROUS Bourgogne-Franche-Comté a effectué un point de situation sur l'adaptation de ses missions depuis le début de la crise sanitaire alors que la précarité des étudiants augmente. Un rôle de coordinateur tend à «faire du CROUS un vrai guichet unique pour faciliter l'accès aux services des étudiants».

À la veille du retour en présentiel, par petits groupes, des étudiants sur les campus de Bourgogne-Franche-Comté, les autorités académiques sont allées à la rencontre de représentants d'étudiants pour échanger sur les besoins de la population et sur l'action sociale mise en œuvre par le CROUS Bourgogne-Franche-Comté.

Ce mercredi 6 janvier 2021, les impacts de l'épidémie de Covid-19 sur la vie, les difficultés financières et la santé des étudiants ont donc été passés en revue par Jean-François Chanet (recteur de la région académique Bourgogne-Franche-Comté), Nathalie Albert-Moretti (rectrice de l'académie de Dijon) et Francine Chopard (conseillère régionale de Bourgogne-Franche-Comté déléguée à l'université).

Des repas à emporter à un euro

Malgré la crise sanitaire, le CROUS de Bourgogne-Franche-Comté maintient son action sociale en direction des étudiants de l'ensemble des sites de la région (lire notre article du mois d'avril). Par exemple, l'activité de restauration a repris depuis la rentrée universitaire avec une très forte demande et Christine Le Noan, directrice générale du CROUS Bourgogne-Franche-Comté, signale que «60% [des] ventes à emporter sont constituées de repas à un euro».

Les emplois étudiants ont repris leur activité et, après une formation, sont devenus de surcroît des référents pour entrer en contact avec les étudiants hébergés afin de faciliter le lien avec le CROUS et de lutter contre leur isolement. En décembre, ce sont 2.500 étudiants qui étaient hébergés par le CROUS. Pour ce mois de janvier, le site de Dijon accueille 1.300 étudiants dans les 3.700 chambres dont la location a été maintenue.

Le soutien du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté


Au travers de leurs représentants, Francine Chopard salue les étudiants qui «se sont découverts vraiment ces qualités d'aller vers les autres et d'être solidaires, je pense que c'est un enrichissement et peut-être le début d'un engagement» ainsi que les personnels du CROUS qui «ont été mobilisés dès le départ avec un volontarisme qui est à souligner».

Lors du confinement du printemps 2020, le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté a débloqué une aide d'urgence de 135.000 euros pour l'aide sociale du CROUS ainsi qu'une seconde aide du même montant au moment du confinement de l'automne 2020. En tout, ce sont ainsi 600 personnes qui ont bénéficié d'aides pour se loger, s'alimenter ou s'équiper.

La conseillère régionale signale que, par ailleurs, 950.000 euros ont été votés pour financer la prochaine rénovation énergétique de résidences universitaires. De plus, 219.000 euros ont été attribués en juillet 2020 pour des projets ayant trait à vie étudiante : santé, emploi, sport, mobilités douces... Francine Chopard souligne l'attention à apporter aux questions de santé psychique. Des démarches que la Région effectue pour «une jeunesse que nous poussons à engager des études en enseignement supérieure».

Comme l'explique le CROUS Bourgogne-Franche-Comté, sur demande d'un étudiant ou sur conseil des services sociaux, un accompagnement psychologique peut être directement proposé. Celui-ci est assuré par des partenaires permettant des entretiens téléphoniques avec des psychologues, comme l’association Apsytude.

«La crise sanitaire a essentiellement aggravé la situation des étudiants déjà précaires»


Nathalie Albert-Moretti indique avoir «une conscience aiguë du fait que cette crise sanitaire a accéléré [la précarisation de la situation des étudiants] dans un sens assez dramatique» sur les plans économique et psychologique. La rectrice entend donc manifester auprès des représentants d'étudiants «le souci d'être à [leur] écoute» et rendre hommage, à son tour, à leur «engagement solidaire».

Samira Flint est vice-présidente du CROUS de Bourgogne-Franche-Comté et étudiante en première année de master en administration publique à l'université de Franche-Comté. Elle confirme que «la crise sanitaire a essentiellement aggravé la situation des étudiants déjà précaires mais qui a également amené une précarité pour les étudiants qui ne l'étaient pas avant».

La vice-présidente du CROUS insiste sur l'importance de «la coordination» à apporter autour des mesures destinées aux étudiantes afin de «faciliter la compréhension des dispositifs qui existent». Un travail qui pourrait conduire à «faire du CROUS un vrai guichet unique pour faciliter l'accès aux services des étudiants».

La problématique de l'accès à l'information


Un rôle de coordination des acteurs intervenant auprès de la population étudiante a effectivement été dévolu au CROUS afin de faciliter la transmission de l'information et la mise en cohérence des réponses apportées.

Durant les échanges, la question de l'accès à l'information reviendra souvent. Dans la variété des profils, tous les étudiants ne disposent pas de la même facilité pour prendre connaissance des mesures les concernant. Étudiants internationaux, nouveaux inscrits ou encore étudiants ne bénéficiant pas d'un équipement informatique adapté peuvent passer à côté de solutions leur étant utiles.

Épicerie solidaire, emploi au CROUS, bourse...


Quentin Genelot, président de la Fédération étudiante de Bourgogne interassociative (Febia) et étudiant en deuxième année de master en droit à l'université de Bourgogne, donne l'exemple d'une épicerie sociale temporaire mise en place par des étudiants à destination d'étudiants.

Le président de la Febia constate qu'avec le bouche à oreille, le nombre de bénéficiaires augmente rapidement, certains s'appliquant à leur tour pour devenir bénévoles. Il alerte sur la situation des étudiants internationaux venant pour la première fois en France et butant sur le confinement dès leur arrivée.

Premier témoin de la rencontre, Ajustin Cartaya, étudiant en master en informatique-électronique venant du Vénézuela, explique qu'il travaille pour le CROUS et que les aides lui permettent de continuer ses études.

Pour sa part, Anne Goult, étudiante en BTS en alternance en support à l'action managériale, indique ressentir un certain isolement lors des semaines de télétravail : «ça m'a beaucoup apporté qu'il y ait des gens qui fassent du porte à porte, pouvoir parler et se sentir en compagnie de temps en temps, ça m'a beaucoup aidé».

Être veilleur de nuit pour le CROUS permet à Boubacar Balde, étudiant en master en électronique, de «maintenir un équilibre économique pour pouvoir payer [ses] factures et subvenir à [ses] besoins quotidiens». «Le confinement n'a pas tellement joué chez moi parce que je n'ai pas perdu mon travail» ajoute-t-il en comparant avec la situation de certains de ses condisciples.

Attaquant un second master en psychologie de la performance et du sport, Thi Thao Truc Le explique financer ses études depuis six ans en travaillant et en étant soutenues par des bourses étudiantes. «Depuis le début, c'est grâce à vous que je continue» déclare-t-elle aux représentants du CROUS. De plus, l'étudiante souligne «l'aide précieuse» des repas à un euro.

À son tour, Thi Thao Truc Le accompagne des étudiants en téléphonant ou en effectuant du porte à porte dans les résidences du CROUS. Selon Jean-François Chanet, de telles démarches expliquent qu'«il y a eu peu d'appels d'urgence» depuis le début de la crise sanitaire.

Plusieurs de ces étudiants insistent sur le soutien apporté par les psychologues du CROUS. Ce qui amène Jean-François Chanet à considérer que «plus il y a de numérique, et le distanciel que vous subissez le montre, plus il y a besoin d'humain».

Jean-Christophe Tardivon

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