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11/12/2025 16:20

Bourgogne – Franche-Comté : Les oppositions tiquent sur budget 2026 de la Région présenté par la majorité de gauche

Ce jeudi 11 décembre à Dijon, Jérôme Durain a déclaré  : «C'est un budget rigoureux, ce n'est pas un budget de rigueur»...
Jean-Marie Sermier : «Pendant dix ans, vous avez plutôt joué les cigales que les fourmis»...
Julien Odoul : «Ce qui sera au pied du sapin, c'est la taxation supplémentaire»...
Denis Thuriot : «Combien d'agriculteurs sont toujours dans une situation compliquée à cause de la Région ?»
Le vote d’un budget est l’exercice le plus important pour une collectivité. Et forcément, dans un contexte de crise, dans une France qui traine sa dette comme un boulet qui n’en finit plus de grossir et de peser, forcément c’est compliqué.
Les Régions comme d’autres collectivités ont été mises au pain sec. Alors il a fallu faire des choix. Et forcément tout le monde n’est pas du même avis sur les efforts choisis par la majorité de gauche du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté.
Ce jeudi 11 décembre 2025, à Dijon, les groupes d’opposition jouent donc leur participation sur le mode «on peut faire autrement». Exercice classique. Quand on est dans l’opposition ou s’oppose, ou on essayer de démontrer que l’on s’opposer. C’est ainsi. On ne peut pas dire que les échanges ont été enflammés. De toute évidence le contexte national, avec les combats de rue à l’Assemblée Nationale, pèsent jusqu’en province. On a ainsi pu comprendre le vote du budget de la sécurité sociale n’a pas vraiment plu à tout le monde.
Dans un pays et sa mosaïque de régions qui ont pourtant besoin de sécurité quant à l’avenir, autant que de stabilité, certains continuent de rêver du chaos, pour en tirer quelques bénéfices électoraux. Pas obligatoirement dans l’intérêt du pays, qui semble passer au second plan.
Alain BOLLERY et
Jean-Christophe TARDIVON



Hommage à Jean-François Humbert

Avant le début de la session, Jérôme Durain (PS) rend hommage à Jean-François Humbert, décédé, le 20 novembre dernier, à l'âge de 73 ans. Il fut notamment président de la Région Franche-Comté de 1998 à 2014 (lire le communiqué).
Le socialiste rappelle que, en 1998, lors de la séance d'installation, Jean-François Humbert a refusé les voix des élus du Front national.
«Pendant sa présidence, Jean-François Humbert s'est tout particulièrement intéressé aux lycées et aux CFA», souligne notamment le président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, «il agit aussi en direction de l'enseignement supérieur et de la recherche».
«Jean-François Humbert a marqué le territoire franc-comtois par son intégrité, sa force de caractère et la puissance de ses convictions républicaines», conclut-il avant d'appeler les élus à respecter une minute de silence.


Ludovic Rochette rejoint le groupe de Jean-Marie Sermier

Le changement de président à la tête du groupe d'opposition du Rassemblement de la droite, du centre et des écologistes indépendants continue de produire des effets.
Tout d'abord, Ludovic Rochette (HOR) rejoint le groupe présidé désormais par Jean-Marie Sermier (LR). Le Côte-d'Orien avait quitté le groupe de Denis Thuriot (REN) pour siéger un temps en tant qu'élu non-inscrit.
Ensuite, cette intégration porte à 18 membre le groupe qui devient plus important que le groupe d'opposition Rassemblement national Bourgogne-Franche-Comté qui compte 17 membres depuis le départ d'Audrey Lopez (ex-RN, sans étiquette). De ce fait, lors des propos liminaires, Jean-Marie Sermier s'exprime avant Julien Odoul (RN). Le 22 septembre dernier, le groupe avait déjà décroché la présidence de la commission des finances (lire le communiqué).




Jérôme Durain : «La Région est mobilisée» face à la DNC
«La dermatose nodulaire contagieuse a progressé en touchant le Doubs», indique Jérôme Durain en prenant la parole. «Je veux redire notre solidarité envers nos éleveurs», insiste-t-il, «je veux dire mon regret d'avoir vu la situation s'embrasser à Pouilley-Français» où une manifestation contestant la gestion de l'épizootie a été contenue par des gendarmes (lire le communiqué).
«La stratégie conduite a permis d'éradiquer le virus en Savoie malgré 80 cas détectés», poursuit le président de la Région – en écho aux mots de la ministre de l'Agriculture (lire notre article) – qui appelle à «la responsabilité» et que «les règles soient respectées et que personne ne souffle sur les braises en exploitant la grande émotion et la grande détresse du moment».
«La Région est mobilisée», insiste le responsable de l'exécutif alors qu'un vote est prévu sur un rapport d'urgence pour apporter un complément de 300.000 euros au dispositif prévu par l’État pour aider les agriculteurs à reconstituer leur cheptel. La mesure avait été annoncé dès l'apparition du premier foyer dans la région, en octobre dernier (lire notre article).
«C'est un budget rigoureux, ce n'est pas un budget de rigueur»
Venant au budget primitif 2026, Jérôme Durain prévient que des modifications pourraient être apportées relativement, «une fois le budget de l’État défini», et rappelle que la collectivité doit faire face à «une facture» de 55 millions d'euros avec la première version du texte gouvernemental.
«Ce n'est pas notre budget idéal mais c'est un budget qui conserve au maximum le volontarisme des politiques régionales», explique le président de la collectivité qui opère «un recentrage accru» sur les compétences régionales.
«C'est un budget rigoureux, ce n'est pas un budget de rigueur», avec une diminution de 10 millions d'euros des dépenses de fonctionnement.
En matière d'investissement, 586 millions d'euros sont annoncés pour «peser pleinement sur le développement du territoire et sur le quotidien des habitants» quand d'autres Régions ont réduit certaines actions.
Le responsable de l'exécutif revient ensuite sur l'augmentation des tarifs de TER prévue en avril prochain : «ce qui est demandé à l'usager, ce n'est qu'un tiers de la hausse des charges». «Qui doit payer la mobilité ? L'usager ou le contribuable ? Le débat est devant nous.»
«Renforcer la souveraineté de notre Région»
Lycées, formations sanitaires, formation professionnelle, transition énergétique, attractivité résidentielle... Jérôme Durain passe en revue les variations budgétaires. Le socialiste appelle tout particulièrement les parlementaires à défendre «le cap d'investissement dans les compétences».
«Nous agirons en premier lieu, en 2026, pour renforcer la souveraineté de notre Région», assure le président de la collectivité en songeant notamment  à l'activité économique, aux filières agricoles et à l'enseignement supérieur.
Ainsi, l'orateur donne en exemple le site de Vicky Foods à Chalon-sur-Saône, la filière hydrogène – «les débouches ont moins rapides que prévu mais les perspectives restent essentielles pour notre région» –, l'innovation en santé d'I-Nano-T ou encore les turbines Arabelle.
«Des idées, des énergies, des innovations, il y en a en Bourgogne-Franche-Comté, la Région continuera de les accompagner», martèle-t-il.
Dans le secteur agricole, Jérôme Durain poursuit en assurant «un soutien particulier» aux filières bovines et ovines.
«Le FEADER a laissé des traces, les inquiétudes de la profession restent légitimes», concède le président de la Région. «J'ai beaucoup rencontré la profession depuis trois mois», indique-t-il en évoquant «une méthode de travail renouvelée (…) avec comme mot d'ordre l'écoute, la transparence et e chemin une plus grande efficacité et une plus grande humanité».
Le socialiste défend les «valeurs de solidarité» en citant la gratuité des ressources pédagogiques et des transports scolaires, les aides accordées aux familles en difficulté concernant la restauration et l'hébergement dans les lycées, la tarification sociale des mobilités, ou encore le «soutien spécifique aux territoires intermédiaires et ruraux».
Intégrer les enjeux de sécurité
Lors de son discours d'installation, Jérôme Durain avait indiqué vouloir se pencher sur les sujets de sécurité. Deux millions d'euros seront fléchés pour contribuer à sécuriser les lycées. En parallèle, un travail de prévention sera conduit sur les conduites addictives. Cet enjeu de sécurité sera également intégré aux contrats de territoire.
En particulier, 25 millions d'euros sont fléchés pour la sécurité dans la convention sur les TER : police ferroviaire, lutte anti-fraude, vidéosurveillance dans les trains et dans les gares.
«Construire les fiertés de demain»
Enfin, le responsable de l'exécutif régional rappelle que le volet concernant la culture, le sport et la vie associative a été «sanctuarisé» en 2026.
Ne voyant que «deux attitudes» dans la situation actuelle, «le chaos ou la recherche de solutions concrètes de terrain», Jérôme Durain dans la deuxième catégorie. «Nous capitalisons sur une gestion saine, (…) nous recherchons des économies en permanence.»
«Ce budget permet à la Région de jouer tout son rôle auprès de ses partenaires pour construire les fiertés de demain, de nos territoires, de nos entreprises, de nos habitants», déclare-t-il en se présentant comme «un patriote régional, un vrai».
L'orateur conclut son propos liminaire en marquant les 120 ans de la loi de séparation de l’Église et de l’État : «cette loi, c'est notre héritage. Les interprétations et les dévoiements que l'on peut entendre ici et là appellent notre plus grande vigilance. (…) C'est une boussole républicaine qui au fondement de notre capacité à vivre ensemble, toutes et tous, croyants et non-croyants».


Jean-Marie Sermier : «Faisons en sorte d'alléger le quotidien des agriculteurs»
Intervenant donc juste après le président de la Région, Jean-Marie Sermier revient d'emblée sur les sujets agricoles en évoquant les crises successives auxquels les agriculteurs sont confrontés.
«Surtout, faisons en sorte d'alléger leur quotidien», exhorte-t-il, «les agriculteurs sont responsables, vous leur avez donné une date précise, le 12 janvier, il y a encore des jeunes agriculteurs qui attendent depuis trois ans le financement de leurs aides».
L'opposant salue «la réaction immédiate» à l'épizootie de DNC mais demande que les coopératives soient accompagnées également.
Concernant l'activité économique plus globalement, l'élu gaulliste partage «son souci pour le BTP : le bâtiment ne va pas bien». «L'automobile ne va pas bien», enchaîne-t-il.
«Pendant dix ans, vous avez plutôt joué les cigales que les fourmis»
«Depuis une dizaine d'années, l’État n'a pas cessé de dépenser sans se poser la question du futur», analyse Jean-Marie Sermier, «nous avons alourdi la barque de nos Bourguignons et Francs-Comtois avec près de 80 millions d'euros supplémentaires en poussant tous les curseurs fiscaux au maximum».
«Pendant dix ans, vous avez plutôt joué les cigales que les fourmis. Aujourd'hui, ça va mal, nous n'avons rien de côté alors nous continuerons à emprunter et à alourdir la barque», développe l'élu gaulliste.
«C'est une vraie cure d'austérité sur l'investissement», déplore-t-il, constatant «70 millions d'euros en moins, hors transports» dont 24,9 millions d'euros concernant le développement économique ou encore et 22 millions d'euros portant sur l'enseignement et la formation.
Une incitation à «baisser le nombre de salariés»
L'opposant partage également son inquiétude de «voir un fonctionnement qui est toujours à une hauteur difficile». «L'argent dans le fonctionnement n'a jamais permis que ça fonctionne mieux. (…) Attaquez-vous au problème de l'organisation.»
L'orateur incite donc à «baisser le nombre de salariés» de la collectivité sans «licencier du personnel» mais en suggérant de ne pas renouveler systématiquement les départs en retraite afin de «mieux rémunérer les fonctionnaires en place».
«Les Bourguignons et les Francs-Comtois doivent utiliser la Région pour faciliter leur quotidien», revendique-t-il en insistant concernant la potentielle «modération dans le fonctionnement».


Julien Odoul : «Ce qui sera au pied du sapin, c'est la taxation supplémentaire»
À l'approche des fêtes de fin d'année, Julien Odoul opte pour une métaphore filée autour des contes de Noël pour mieux dénoncer le projet de loi de finances de la Sécurité sociale «socialo-macroniste» vu ironiquement comme «le miracle de Noël».
Le député mariniste cible particulièrement le Parti socialiste qui «arrive à dicter le budget» et fait référence au «Père Noël est une ordure» pour imaginer un «premier rôle tenu par Olivier Faure qui a réussi à faire des cadeaux empoisonnés aux Français».
Dans la même veine, toujours sur des sujets de politique nationale, l'orateur vise «Les Républicains [qui] ont cessé d'être un parti d'opposition».
Des protestations montent alors dans les rangs de la majorité : «on n'est pas à l'Assemblée».
«Ce qui sera au pied du sapin, et dans le budget de l’État, c'est la taxation supplémentaire», poursuit le président du groupe d'opposition Rassemblement national Bourgogne-Franche-Comté avant d'en venir aux sujets régionaux pour fustiger l'instauration du versement mobilité régional et rural et la dernière hausse de la taxe sur les cartes grises.
«C'est un budget de campagne : vous constituez une réserve présidentielle, une cassette régionale pour aller arroser une clientèle en vue des élections régionales», analyse l'opposant, «un demi-million d'euros versés selon des critères arbitraires».
«On peut parler de l'envolée de votre budget collaborateurs», insiste l'élu national-populiste qui estime que «pour dix collaborateurs nous avons passé le million d'euros».
«Vous êtes l'anti-ambassadeur de cette Région», réagit Jérôme Durain
«Vous allez faire peur aux gamins», réagira Jérôme Durain, «c'est plus Père Fouettard que Père Noël». «Certains débats doivent rester à l'Assemblée nationale.»
«Vous vous trompez sur le budget des collaborateurs», ajoutera le responsable de l'exécutif régional, «il va falloir vous y faire, je travaille ; pour travailler, on a besoin d'une administration. (…) Ce que vous condamnez, c'est légal et c'est utile. L'avantage des collaborateurs de la Région, c'est, eux, qu'ils ne sont pas traînés en justice. (…) Vous êtes vraiment l'anti-ambassadeur de cette Région».


Denis Thuriot : «Combien d'agriculteurs sont toujours dans une situation compliquée à cause de la Région ?»
Soutien d'Emmanuel Macron, Denis Thuriot évoque lui aussi le projet de loi de finances de la Sécurité sociale et salue «une majorité de députés responsables face aux autres qui voulaient le chaos».
Le président du groupe d'opposition des élus progressistes suggère de «trouver un autre chemin» en matière de décentralisation et incite à se concentrer encore plus sur les compétences obligatoires articulées avec les fonds européens.
«Combien d'agriculteurs sont toujours dans une situation compliquée à cause de la Région ?» demande l'orateur qui incite à ce que la réponse de Jérôme Durain aux Jeunes Agriculteurs soit «suivie des faits», rappelant, lui aussi, les «crises extrêmes» subies par le monde agricole.
Au passage, l'élu progressiste dénonce la «récupération» du Rassemblement national sur la DNC : «on n'est pas partout sur un plateau de CNews en permanence».  Ce qui déclenche des applaudissements dans les rangs du PS.
Concernant les transports scolaires, l'opposant déclare que «des parents d'élèves continuent de nous alerter signalant plus de deux heures de trajet».
Denis Thuriot dénonce ensuite dénonce «les inscriptions haineuses à l'encontre des forces de l'ordre» survenues durant la Fête des Lumières, à Lyon, et revendiquées par les Soulèvements de la terre.
Pour terminer sur une note positive, l'élu progressiste applaudit la seconde femme astronaute, Sophie Adenot, originaire de la Nièvre : «pourquoi pas viser les étoiles et l'excellence sans jamais renoncer». 
«Je trouve que ce qui s'est passé à Lyon assez malvenu», réagira Jérôme Durain avant de «s'associer aux félicitations» concernant Sophie Adenot

Claire Mallard : «Ce budget n’est pas vraiment le nôtre mais le résultat des contraintes gouvernementales»
«Avant d’entamer cette session, je souhaite revenir également sur la dermatose nodulaire qui secoue profondément notre Région et qui fera, par ailleurs, l’objet d’un débat lors de cette Assemblée.
Suite à l’abattage dans le Doubs de 83 vaches toutes vaccinées et dont seules certaines étaient positives à la maladie, la gestion sanitaire de cette infection émergente soulève de nombreuses questions. Et il est bien légitime de s’en emparer politiquement, fort heureusement.
Cet événement montre l’absence de prise en compte des éleveurs et des éleveuses et de leur vécu. Les professionnels appellent pourtant à une gestion sanitaire qui soit digne, c’est-à-dire en concertation avec le monde agricole pour préserver la vie, celle des bêtes comme le métier d’éleveur.
Nous savons que cette contagion, arrivant d’Afrique du Nord via l’Europe du Sud, est favorisée par le réchauffement climatique, la multiplication des échanges internationaux d’animaux vivants, ainsi que la standardisation génétique qui provoquent l’affaiblissement des organismes des animaux.
Plutôt que l’application des solutions brutales systématiques qui n’obtiennent pas, en plus, l’effet recherché à long terme, l’heure est à présent de prévenir, contenir et nous adapter à des situations nouvelles mais aussi écouter, concerter et expérimenter avec les principaux concernés.
Arrêtons d’ajouter des facteurs de fragilisation à une profession qui cumule les vulnérabilités que ce soit le climat, la concurrence déloyale liée aux traités de libre-échanges ou encore la pression de l’agro-industrie ; et soyons à leurs côtés pour revoir le classement européen de la dermatose nodulaire, situation qui polarise le débat.
Dans l’urgence et face à cette détresse, notre majorité est pro-active. Le budget 2026 prévoit un aide financière pour participer à la reconstitution des cheptel touchés par l’infection.
Evidemment, cette mesure réparative n’exclut pas qu’on en finisse avec des pratiques autoritaires du tout ou rien ! Encore une crise qui appelle modération et sagesse comme dans d’autres domaines par ailleurs.
Cette tragédie donne d’autant plus de force à l’orientation stratégique évoquée régulièrement dans cette assemblée : réparer-protéger-préparer l’avenir.
Nous pouvons légitimement nous inquiéter quand on s’apprête à voter un budget régional dans le flou et dans l’incertitude du contexte national.
Ce budget n’est pas vraiment le nôtre mais le résultat des contraintes gouvernementales qui nous sont imposées avec leur lot de restrictions budgétaires et leur refus d’intégrer la dette écologique. 55 millions d’euros de contribution régionale au redressement des comptes public de l’Etat, c’est rude !
Malgré les efforts qui s’imposent à nous, nous ferons tout pour maintenir en Bourgogne-Franche-Comté un budget de combat pour la solidarité régionale et la justice environnementale.
D’autant plus quand l’histoire s’accélère avec deux enjeux de fond .
-     D’une part les mutations liées au changement climatique et à la perte de ressources naturelles, qui questionnent notre façon d’habiter les territoires ;
-     D’autre part la place du numérique dans notre quotidien qui implique des mécanismes de protection de notre environnement et de nos droits fondamentaux.
Le développement effréné et aventureux du numérique nécessite de déployer des infrastructures voraces en ressources, en matières premières, en énergie et en données personnelles. Je n’ y reviens pas.
Ce qui nous intéresse à cet instant, c’est de savoir comment nous allons réguler et maintenir un contrôle démocratique du numérique pour le mettre au service de l’intérêt général, de la transition écologique et de la justice sociale.
Nous pouvons alors être satisfaits de présenter, lors de cette Assemblée plénière, une stratégie régionale du numérique responsable qui contribuera, à notre échelle, à ne pas sacrifier nos droits individuels et notre souveraineté collective sur l’autel d’une technologie hors-contrôle comme l’intelligence artificielle générative.
Cette stratégie numérique régionale dotée de mesures de sobriété énergétique, de réemploi, de garde-fou pour les métiers de la création et de lutte contre la désinformation a donc un double objectif : faire d’une technologie un outil d’émancipation et prévenir d’une dérive évidente, celle d’être une arme de domination.
Si nous pouvons être fiers de cette stratégie, fruit d’un travail collectif et partagé où les écologistes ont pris toute leur part, la vigilance reste de mise. Au fur et à mesure de l’accélération technologique, nous devrons garantir le cadre démocratique, souverain et sobre de nos usages.
Nous sommes, une nouvelle fois, en phase en les attentes des citoyens. Contrairement au récit d’apprenti sorciers dans lequel le virtuel devient la norme, les citoyen-nes européen-nes mettent la priorité sur des choses bien concrètes : le logement, la santé et l’agriculture. Et en cas de pénurie énergétique, ils placent bien loin derrière l’approvisionnement des datacenters soutenu seulement par 4% de la population sondée.
Je me dis ainsi que l’ensemble de nos priorités politiques inscrites dans le budget 2026 sont pertinentes : la sanctuarisation du budget de la culture et du monde associatif et de la jeunesse, la rénovation énergétique des logements sociaux, le déploiement des ENR, la tarification sociale des cantines avec de plus en plus de produits bios et locaux ou les innovations sociales en matière d’alimentation comme la Sécurité Sociale de l’Alimentation, voilà qui répond à une demande forte : prendre soin de chacun, refabriquer de l’espoir et de la liberté».


Muriel Ternant: «Affaiblir la formation professionnelle est lourd de conséquences politiques et économiques»
«Nous nous associons à l’émotion du monde agricole après le dépeuplement total du troupeau de Pouilley-Français, suite à l’apparition de la dermatose nodulaire contagieuse. Il faut beaucoup du courage pour affronter l’abattage à la ferme de bêtes saines et vaccinées.
Nous saluons la décision de la région de contribuer financièrement à la reconstitution du cheptel, mais nous considérons pour notre part que la stratégie sanitaire du gouvernement est cruelle. Ce sont des années de travail sur la sélection des races qui sont ainsi sacrifiées pour que le marché puisse continuer à fonctionner. Nous nous faisons ici le relai de plusieurs syndicats agricoles, dont le mouvement de défense des exploitants familiaux, pour demander une autrestratégie sanitaire, fondée sur la vaccination du cheptel souche et le recours à un abattage partiel et non total en cas d’apparition de symptômes au sein d’un troupeau vacciné. C’est ce qui va être expérimenté en Ariège.
Bien loin de la guerre agricole annoncée par la ministre de l’Agriculture, les agriculteurs ont besoin d’un horizon stable et favorable pour l’agriculture durable : prix rémunérateurs, garanties contre les risques climatiques, sécurité sociale, retraite digne qui tienne compte de la pénibilité du travail, système mutualiste permettant les congés et les repos avec un
financement correct.
Guerre agricole, guerre commerciale, réarmements en tout genre, guerre tout court, … le gouvernement tente de coloniser nos imaginaires avec la perspective d’une guerre totale, et fait voter à l’Assemblée nationale une augmentation sans précédent des crédits de guerre, financée par l’austérité sur les services publics, les collectivités locales, la sécurité sociale.
Pour la première fois, le budget de la défense deviendrait le premier budget de la Nation, devant celui de l’éducation nationale. C’est une bascule extrêmement grave et dangereuse que nous refusons.
Déjà, les économies demandées aux collectivités territoriales nous obligent à des diminutions de crédits qui vont peser sur l’avenir.
Nous lançons une alerte sur la formation professionnelle des demandeurs d’emplois. L’extinction progressive du financement d’Etat, le PRIC, s’accompagnera inévitablement de la fermeture de places de formation, et avec elle, d’une déstabilisation de l’appareil de formation régional qui peut être irrémédiable.
L’AFPA, l’opérateur public de la formation professionnelle, dont la qualité des formations et le rôle structurant sont très largement reconnus, nous alerte. Ce sont des plateaux techniques pourtant récents qui pourraient être laissés à l’abandon, des centres de formation qui pourraient fermer, des savoir-faire de formation qui pourraient disparaître, une conception de la formation au service de l’émancipation et de l’accès à la qualification qui pourrait laisser la place à la gestion patronale, minimaliste, fondée sur l’adaptation stricte au poste de travail, ne préparant pas l’avenir, favorisant l’exploitation accrue des personnes au prix d’un affaissement de la qualification pourtant indispensable aux transitions.
Affaiblir la formation professionnelle est lourd de conséquences politiques et économiques. Une chronique récente du journal les Echos, qui ne peut pas être soupçonné de communisme, démontre que la formation professionnelle rapporte plus qu’elle ne coûte. Un jeune, et par extension un demandeur ou une demandeuse d’emploi, bien insérés sur le marché de l’emploi, contribuent à la croissance économique, cotisent pour la sécurité sociale, dépendent moins des prestations sociales, génèrent davantage de consommation.
L’accès à la formation est également décisif pour les femmes de la ruralité. Une étude très récente montre que l’éloignement des formations en milieu rural est un facteur d’accélération très puissant des inégalités entre les femmes et les hommes. Dès le lycée, la moitié des jeunes filles vivant dans la ruralité renonce à une orientation choisie en raison des différents coûts associés à l’éloignement. Au gré de parcours ainsi contrariés, marqués par le coût des distances à parcourir, le déficit de services de la petite enfance et de l’enfance, d’un marché du travail moins diversifié, elles sont près de la moitié à être inactives.
C’est dire l’importance décisive de nos grandes compétences pour la ruralité : formation, lycées, mobilités, et l’impérieuse nécessité à disposer des moyens suffisants pour rendre un service de qualité. Nous serons donc très attentifs à l’évolution du projet de loi de finances 2026 s’agissant des ressources prévues pour les collectivités locales. Les premiers amendements du Sénat sont encourageants et nous permettent de vous proposer une motion visant à abroger l’augmentation des tarifs TER sans déséquilibrer le budget régional.
Nous proposerons également dans le débat budgétaire quelques pistes pour accroître l’efficacité de notre action en la recentrant sur les outils publics et intégrés, qui sont à notre sens les plus économes : fin de la concurrence ferroviaire qui rapporterait immédiatement 16 M€, diminution du forfait d’externat attribué aux lycées privés qui pourrait rapporter 7 M€, et des conventionnements nouveaux avec les opérateurs publics les plus structurants de la
formation professionnelle.
Plus que jamais, le développement du service public nous apparaît comme la réponse la plus adaptée, la plus pertinente, pour réussir à dépasser les multiples crises que nous traversons, nous continuerons de nous engager inlassablement en sa faveur».


Hicham BOUJLILAT: «En 5 ans, nous avons perdu quasiment l’essentiel de nos leviers de fiscalité»
«Vivre en paix ! oui vivre en paix !
N’est-ce pas finalement le dessein même de la laïcité ? La paix avec soi-même, la paix avec les autres ! La paix grâce à la liberté de chacun de croire en une religion, ou pas, de disposer de sa liberté de conscience guidée par son cœur, son esprit, ses connaissances, la paix grâce à l’égalité pour tous devant la loi, et puis la paix par la fraternité entre tous les citoyens. Nous fêtons les 120 ans de la loi de séparation des Églises et de l’Etat.
Elle forge notre République sous le sceau de la laïcité ! Une République qui doit fondamentalement être sociale, car je suis persuadé comme l’a si bien décrit Jaurès dans son plaidoyer pour la laïque que « la République doit être laïque et sociale, mais restera sociale car elle aura su être laïque ! ». Il ajoutait que « proclamer que toute personne humaine a un droit, c'est s'engager à la mettre en état d'exercer ce droit par la croissance de la
pensée, par la diffusion des lumières, par l'ensemble des garantiesréelles, sociales, que vous devez à tout être humain si vous voulez qu'il soit en fait ce qu'il est en vocation, une personne libre. »
Cela nous ramène donc à notre triptyque Républicain dont certains ne s’accommodent que partiellement. Pas de liberté, sans égalité et fraternité, pas d’égalité sans fraternité et liberté et pas de fraternité sans égalité et liberté. Et ces valeurs n’ont pas de frontière, elles sont universelles. C’est ça la laïcité que nous voulons faire vivre mes chers collègues, une laïcité que nous voulons apaisée sans stigmatisation, forte de nos valeurs républicaines, à travers de nombreuses initiatives que notre
Région a su accompagner dont la charte de la laïcité que nous avons adoptée au sein même de cette assemblée. En témoigne l’exposition que je vous invite à parcourir dans la galerie François Mitterrand. Nous votons à cette session le 5ème budget du mandat qui nous lie aux habitants de notre Région qui nous ont accordé leur confiance. C’est le premier budget sous l’ère de notre nouveau Président. Un budget sous la contrainte, un budget sérieux, un budget ambitieux !
Nous venons, avec les interventions liminaires de l’ensemble des autres présidents des groupes d’opposition, d’entendre les lignes de fractures qui traversent cet hémicycle. Des lignes de fractures souvent idéologiques, des clivages sur les priorités que nous développons pour appliquer notre plan de mandat.
Alors, « On a fait le dos rond » 5ème Budget donc, cela permet de regarder dans le rétroviseur, et revoir d’où nous partons.
En 5 ans, nous avons perdu quasiment l’essentiel de nos leviers de fiscalité, la fameuse TVA s’est érodée au point de quasi stagner : c’est en fait une recentralisation budgétaire qui a été progressivement mise en œuvre à nos dépens : notre Région ne peut plus décider elle-même du niveau de ses ressources. Nous n’avons la main que sur 8% de nos recettes. Et malgré tout, nous sommes une des Régions les mieux gérée de France.
En 5 ans, nous avons connu deux cycles inflationnistes faisant exploser les factures d’énergie : près de 60 M€ à absorber, car il fallait bien chauffer nos lycées, fournir de l’énergie à nos trains TER et à nos cars, continuer d’isoler nos bâtiments, nos lycées malgré les surcouts de matière première et des factures de travaux qui ont flambées.
En 5 ans il a aussi fallu – nous ne cesserons jamais de la rappeler, accompagner la sortie de crise sanitaire et assumer, à coups de 50 / 60 M€ en moyenne par an, le paiement des aides que nous avons octroyées aux communes, associations, entreprises, exploitations agricoles et autres pendant cette crise, ce sera près de 30 M€ encore en 2026 en crédits de
paiement (un PAIR, pour lequel - nous ne cesserons jamais aussi de le rappeler- deux groupes politiques d’opposition ( LR et RN) ont voté contre fin 2020. Et pourtant, certains d’entre vous ne se sont pas gêné pour demander une partie de cette aide régionale pour des projets qu’ils portaient dans leurs communes. Je me demande où en serait certaines structures si nous n’avions pas été là à ce moment-là, et je souris toujours à la lecture des lettres de compliments envoyées aux dirigeants de ces structures pour les féliciter de l’aboutissement de projets dont vous découvrez soudain pour la
photo d’inauguration, tout l’intérêt, quand pourtant vous avez refusé le budget qui permettait de les financer ! J’en ai été témoin encore récemment ! C’est une imposture qui ne cessera jamais de nous interroger : vous pourriez assumer vos décisions ! Vous aimez bien ce qu’on fait en vérité !
Car malgré tout, dans ces 5 dernières années, et vous le savez, nous avons été au rendez-vous des investissements pour ne laisser personne sur le carreau.
On a fait le dos rond et on tente encore de nous mettre la tête sous l’eau
Nous avons il y à peine un mois exposé nos orientations budgétaires : La loi de Finances n’a toujours pas été votée, et l’atterrissage de la contribution des collectivités n’est toujours pas connu. Mais nous savons que nous avons toujours un fardeau de 100 M cumulés sur 2 années à supporter, consécutifs de la modification de notre panier de recettes ; une « corbeille » de plus en plus percée, alors que l’autre corbeille, celles des actionnaires boursiers des grands groupe, a été allégée pour le bonheur des bénéfices accumulés depuis 5 ans par une série de dispositions fiscales qui ont tant coûté aux
finances publiques en termes de pertes de recettes. Ce qui coute au redressement des comptes publics, ce n’est pas la part incombant aux collectivités qui ont maintenu leur niveau d’investissement, mais bien la facture cumulée de lasuppression de l’ISF, de l’instauration de la Flat taxe.
Alors je m’interroge comment le groupe LR, peut, et pourra, sous la voix de Mme la Présidente de la commission des finances, nous demander des réductions de dépenses de fonctionnement, sans toujours préciser lesquelles, quels postes de fonctionnaires elle souhaite supprimer, tout en ne touchant pas à nos tarifs, tout en maintenant l’investissement, et dans le même temps soutenir des choix nationaux de votre groupe parlementaire, qui, sous la voix de son Président Laurent Wauquiez, promet un régime d’austérité pour les finances publiques, dont nous serions en Bourgogne Franche Comté les premières victimes. Ou peut-être ne voulez-vous pas proposer ce que des Régions comme AURA ou pays de Loire ont fait : des coupes sombres dans la culture, la formation, et même le patrimoine.
Mais peut-être que j’anticipe trop de le débat budgétaire à venir… Et on tente encore de nous mettre la tête sous l’eau, sous la forme de désengagements multiples de la part de l’Etat : désengagement dans la formation professionnelle, désengagement dans les formations aux métiers de la santé, désengagement dans le ferroviaire, désengagement dans
l’efficacité énergétique, désengagements dans le financement de la retraite des fonctionnaires, désengagement dans le sport, désengagement dans la culture (une compétence que M. Odoul du RN considère comme
accessoire)… Et dans le même temps on nous demande, à la Région de compenser le retrait des autres !
Mais je crois qu’il y a encore plus fort que l’Etat pour nous mettre la tête sous l’eau, et je veux à cet instant m’arrêter sur le rassemblement national, celui d’ici et celui du parlement et des plateaux télé, surtout quand pour une part
non négligeable, ce sont les mêmes.
Je vais d’abord leur adresser toutes mes excuses : j’avais évalué, je le confesse, les conséquences pour notre région de leur proposition dans leur contre-projet de réduire les dotations aux Régions et communautés de communes de 5 Mds d’€, ce qui représentait 16 millions pour la BFC. Mais absolution leur sera rendue. En réalité, nous étions loin du compte, car
c’est en fait 57 M€ ! oui 57 M€ en moins pour les recettes de la Région ! Cela mérite de s’arrêter un moment et une explication : l’Etat prévoit de transformer une part de nos recettes de TVA en une nouvelle dotation globale de fonctionnement. Celle-ci est évaluée dans nos documents budgétaire à 287 M€. Et c’est cette dotation que le RN de l’assemblée veut réduire de 20 %, soient 57 M€ !
Il a donc un impôt caché du rassemblement national, une surtaxe RN de 57 M€. Et une duplicité qui est à dénoncer : on a le RN régional qui vient ici nousexpliquer qu’il faut baisser le prix des cartes grises, supprimer des dépenses, créer d’autres dispositifs (tous hors compétences), et un RN de l’Assemblée nationale (et ce sont les mêmes pour les députés conseillers régionaux) qui demande à nous étrangler de 57 M €. C’est la banqueroute des
communautés de communes et des Régions que vous préconisez et vous oseriez présenter un soi-disant contreprojet avec des dépenses qui ne sont pas du tout couvertes par des recettes puisque vous proposez de les supprimer.
Mais 57 M€, c’est par exemple la dotation de fonctionnement 2025 pour l’ensemble de nos lycées, C’est la moitié de nos programmes de travaux dans les lycées. Mais ça vous ne pouvez pas le savoir car vous n’aimez pas nos lycées, vous ne savez pas comment ils fonctionnent car vous séchez leurs conseils d’administrations.
C’est quasiment le montant des crédits engagées pour l’ensemble de la rémunération des stagiaires de la formation professionnelle, ou le montant annuel de financements des formations sanitaires et sociales, pour ne reprendre que quelques exemples. C’est même deux fois plus que le Versement mobilité régional rural.
Donc il faudrait nous dire, au-delà de vos coupes idéologiques qui ne suffiraient pas, le « quinté gagnant dans l’ordre ou le désordre » de chaque assemblée (formations linguistiques, solidarité internationale, politique de la ville, transition écologique, art contemporain), mesdames et messieurs les députés du RN qui appartenez à un groupe politique qui propose de nous faire les poches, que supprimeriez-vous avec 57 Me de recettes en moins ? Des travaux dans les lycées, des aides aux lycéens, des postes de fonctionnaires par centaines, des soutiens à nos villages, nos villes, nos quartiers, abandonner l’isolation des logements, la maintenance du matériel ferroviaire, le renouvellement de nos trains, les aides à notre jeunesse ? On savait que vous n’étiez pas très à l’aise avec la gestion de l’argent public, sauf pour organiser des cabarets avec l’argent des Français, le dépenser dans des pitreries, comme vos T-shirts ou sacs en jute M. Odoul, pour dénigrer une députée européenne. Et vous ambitionnez de diriger notre si belle Région avec de tels comportements ? Même la cigale dans la fable de la Fontaine gérerait mieux un budget que vous !
On a fait le dos rond et on tente encore de nous mettre la tête sous l’eau, mais, grâce à notre bonne gestion, nous savons relever la tête et nous adapter pour avancer.
Les éléments déterminants ont été posés lors de la dernière session sur les orientations budgétaires, et elles se retrouvent logiquement dans la présentation de notre budget : baisse contrainte de nos recettes, désengagements de l’Etat, incertitudes multiples. Et en face, la demande vis-à-vis de l’action régionale n’a jamais été aussi présente : on nous attend pour rénover les lycées, pour transporter les habitants, pour investir dans les infrastructures ferroviaires (et même sur les petites lignes), pour participer au dynamisme de l’économie régionale et aux mutations de notre industrie, pour accompagner des formations qualifiantes, pour contribuer à la résorption de la crise des professions sanitaires et sociales, pouraccompagner la transition écologique sur les territoires, pour pallier la criseagricole, pour promouvoir un modèle d’alimentation plus vertueux, ou encore pour favoriser le lien social sur l’ensemble du territoire, pour aider les projets de nos 3500 communes, de nos associations, pour soutenir notre recherche.
Dans le contexte de crises successives que nous connaissons, nouspourrions choisir la solution de facilité, modèle qui a d’ailleurs été expérimenté dans d’autres régions, basé sur des coupes sombres dans despans entiers de politique publique. Quand tout vacille, nous, la région, nous sommes un pôle de stabilité,qui par son budget va déclencher la confiance et de l’activité à tous les niveaux.
Car nous proposons, avec ce budget d’être lisible : oui nous devons maîtriser notre fonctionnement, assumer de réduire par contrainte de l’Etat nos marges de manœuvres, revoir notre planification des investissements,
faire avec la baisse de nos recettes, adapter nos interventions. Mais nous conservons une cohérence dictée par les priorités assignées à notre plan de mandat, qui permet d’affirmer qu’en 2026, nous conservons un haut niveau d’intervention en termes de politiques publiques : 940 M€, 73% de nos dépenses de fonctionnement, rendez-vous compte, sont directement« reversés » pour la mise en œuvre d’actions en direction des habitants, desfamilles, de notre jeunesse, des lycéens, des collectivités, des territoires, des associations, des clubs sportifs, des structures culturelles, des bailleurs sociaux, des entreprises, des exploitations agricoles, des SEM, des entrepreneurs du tourisme,… bref, pour toutes les forces vives de notre région, celles et ceux qui font le quotidien de la Bourgogne-Franche-Comté et j’en ai oublié.
Et concrètement, c’est quoi ce niveau de politiques publiques ? C’est, j’y reviens, le quotidien des habitants de notre région. C’est l’accueil de nos lycées de plus de 103 000 élèves dans la recherche des meilleures conditions, 10 millions de repas servis à un prix abordable, avec
le nouvel effort pour l’augmenter le recours à des produits bio et locaux, par de nouveaux marchés mises à disposition, 70 lycées de plus et 40 000 lycéens supplémentaires concernés, la gratuité des ressources pédagogiques et l’aide aux premiers équipements, l’accompagnement des apprentis.
C’est le transport de ces lycéens, et d’autres élèves, 130 transportés gratuitement.
C’est le déplacement en trains TER pour 80 000 voyageurs (1M 040 voyages par an) dans 620 trains par jour, quand nous en avions 450 il y a 6 ans, à demi-tarif pour les – de 26 ans, ou les 2 millions de voyages annuels, avec un prix à 2€, sur nos 113 lignes de cars interurbains.
Ce seront près de 12000 entrées en formation pour des demandeurs d’emplois qui seront financées, les 9500 étudiants qui bénéficient des fonds régionaux pour les formations sanitaires et sociales, et les 2200 bourses pour se former à ces métiers, ou encore les 2500 bourses de mobilité internationale pour nos étudiants.
C’est encore les 2500 entreprises, PME, commerces, nos artisans ou autres entités économiques que nous soutenons en création reprises, garanties, internationalisation, innovation, avance ou modernisation des filières industrielles, ou prestations d’accompagnement, Ce seront les 2500 logements HLM qui seront rénovés grâce à nos aides aux bailleurs, ou les 150 nouveaux bâtiments tertiaires pour des meilleursservices publics aux habitants, la centaine d’opérations lourdes de travaux et de modernisation dans nos lycées, la centaine de projets
d’aménagements du territoire qui seront engagés et qui contribuent à soutenir les entreprises du bâtiment.
Ce seront encore les 100 clubs sportifs accompagnés, les 120 manifestations culturelles soutenues. Que nous en sommes fiers ! La
culture et le sport pour nous ce ne sont pas des compétences régionales accessoires. Ce soutien est essentiel !
Le budget Régional, c’est presque tout ça, mais c’est surtout, et aussi, des agents pour mettre en œuvre, pour que ces interventions du quotidien se concrétisent auprès des habitants. Et je profite de cette occasion pour rendre un hommage appuyé à tous nos agents quelles que soient leur fonction, qui font vivre notre service public régional.
Je reviens aux clivages idéologiques. Il y a ceux qui opposent : le rural contre l’urbain, l’agriculteur contre la transition écologique, l’automobiliste contre les mobilités durables, le créateur contre le patrimoine, le logement HLM contre l’habitant des petites villes ou des villages, la prévention contre la sécurité, l’individualisme contre la solidarité …, avec le rejet de l’autre et le climato-scepticisme en bandoulière, et il y ceux qui construisent.
Nous, nous choisissons le camp de ceux qui construisent, nous préférons construire des horizons plus mobilisateurs pour notre Région, qui véhiculent la fraternité, la volonté de servir, où la place de chacun est reconnue dans un espace collectif. Une Région fière de ce qu’elle est, une Région fière de ce qu’elle fait, une Région fière de ses atouts, une Région fière de toutes celles et ceux qui y vivent et la font vivre. C’est l’objet de ce budget que nous vous soumettons : rigoureux, stable et
ambitieux ! Vive notre Région, vive toutes ses fiertés !

Félicitations à l'équipe féminine de futsal d'Hippolyte Fontaine et à l'équipe régionale des métiers

A l'issue des propos liminaires, Jérôme Durain propose d'applaudir l'équipe féminine de futsal du lycée Hippolyte Fontaine, à Dijon. L'équipe a terminé troisième du tournoi mondial scolaire au Brésil. 
L'équipe masculine de l'association sportive du lycée Fourier-Saint-Germain, à Auxerre, a terminé en quatrième position de sa catégorie.
Enfin, le président de la Région salue les 29 médaillés de l'équipe régionale des métiers à leur retour de la compétition nationale des Worldskills, à Marseille.a

Le budget 2026 de la Région Bourgogne-Franche-Comté s'annonce en hausse sensible malgré les économies souhaitées


La majorité de Jérôme Durain vote un budget de près de 2 milliards d'euros pour 2026


Jérôme Durain veut répondre aux enjeux de sécurité dans les transports et dans les lycées de Bourgogne-Franche-Comté


Willy Bourgeois défend la carte des formations professionnelles 2026


Avec les bons vœux des élus de la Région Bourgogne-Franche-Comté


Le dossier de la Région Bourgogne-Franche-Comté sur le budget primitif 2026


Les avis du CESER sur les dossiers de la session de la Région Bourgogne-Franche-Comté du 11 décembre





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