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24/04/2020 18:05

BOURGOGNE – FRANCHE-COMTE : Si même Julien Odoul salue Marie-Guite Dufay, c’est à se demander s’il va neiger…

Face à la crise du Coronavirus, c’est un peu une version de qui veut dépenser des millions qui a eu lieu ce vendredi à Dijon. Car tout le monde a compris que si les entreprises, les associations, le tourisme… Si tout n’est pas soutenu, alors ce sera le chaos. 70 millions d’euros ont déjà été mis sur la table. Et ça ne sera pas suffisant.
Sans doute que d’ici quelques années on mesurera la profondeur du gouffre de Padirac n’est rien au regard de la chute vertigineuse que beaucoup trop d’entreprises vont subir à cause de la crise sanitaire générée par la pandémie.
Quelques semaines d’une paralysie quasiment totale de notre économie et de nos activités économiques auront suffi à démontrer que oui un pays, une nation, ne peuvent pas vivre d’amour et d’eau fraiche. Il faut bien travailler pour faire tourner le réacteur et déjà dans l’agriculture et dans l’agroalimentaire, ne serait-ce que pour notre élémentaire alimentation.
La maison, notre maison brûle, mais on peut pas dire que tout le monde regarde ailleurs. En responsabilité, les élus de toutes les collectivités locales sont au front.
On l’a vu lundi 20 avril, avec le plan de 50 millions annoncé par André Accary, président du conseil départemental. On l’a donc vu ce vendredi 24 avril au Conseil Régional à Dijon.
Dans les rangs, il n’y a pas beaucoup de langues pour s’opposer à cette mobilisation sans précédent.
La pandémie, ses conséquences catastrophiques voient donc des élus aller à l’essentiel pour approuver la mobilisation de millions pour sauver ce qui peut l’être. Et ainsi placer sous assistance respiratoire des pans entier de notre économie, piliers de notre nation, pilier de ce qui était notre vie de tous les jours, avant que la pandémie déferle sur la France, comme elle a déferlé un peu partout dans le monde.
En ce sens, pour les observateurs de la politique régionale, trouveront sans doute savoureux les louanges adressées par Julien Odoul, le patron du groupe du Rassemblement National, à la Présidente Marie-Guite Dufay, sur l’engagement volontariste de la Région face à la crise.
Au-delà des conditions de la tenue de cette session, qui a fait débat (lire notre article), le groupe de la droite et du centre a aussi affiché son soutien à la 1ère mobilisation du Conseil Régional, à hauteur de 70 millions d’euros.
La session a débuté par un hommage appuyé de la Présidente Marie-Guite Dufay à Jean-François Bazin, ancien président de la Région Bourgogne, avec une minute de silence.
Alain BOLLERY et
 Jean-Christophe TARDIVON


Marie-Guite Dufay


«En cette période inédite, nous voici dans une assemblée inédite, pour des mesures urgentes et inédites, de 70 millions d’euros.
C’est pour cela que j’ai souhaité que l’expression démocratique soit la plus large possible.
A crise sanitaire sans précédent, nous sommes devant une crise économique qui risque de déstabiliser notre pays, comme en 1929. C’est donc sur le développement économique que la Région doit agir, pour tous les secteurs. Notre Région a répondu à l’appel de l’Etat pour le fond pour les petites entreprises. Mais nous avons aussi construit notre réponse territoriale, avec les autres collectivités, dans un élan de solidarité que je veux saluer.
Il est de notre devoir de sauver le maximum de ces entreprises qui maillent notre territoire. Je remercie les sénateurs Durain et Patriat d’avoir relayé nos souhaits, pour que nos engagements soient considérés comme des investissements.
J’entends que le prêt alourdit la dette, mais les conditions sont exceptionnelles. Nous disposons de leviers avec des fonds propres. C’est ce qu’on appelle le fond de retournement.
Monsieur le Président de la commission des finances vous m’avez interpellée. Nous avons décidé d’un créer un nouveau fond qui sera triplé. Pour agir pour les TPE. Avec prêts d’honneurs, avances, subventions d’investissements.
On a proposé aux départements de participer au fond social et au fond associatif.
Un fond avec un euro par habitant pourrait être créé. On a la volonté de soutenir nos associations.
Le fond au tourisme sera de 4 millions et non de 2,4 millions. Un fond horticulture est créé pour les pertes conséquentes subies en mars.
Concernant l’agriculture, la crise peut permettre de valoriser les circuits courts et faire reconnaitre le caractère indispensable des productions locales. Avec une campagne de communication massive dès le mois de Mai. Avec la grande distribution pour qu’elle s’ouvre aux productions locales.
Quand j’assiste au retour de la sécheresse, je suis inquiète, car c’est une sécheresse de printemps.
Nous avons commandé des masques pour venir en soutien des EHPAD. Des commandes ont aussi été passées avec Dijon et Besançon.
Se pose la question des masques pour tout le monde. Comme rien n’est clair, j’ai souhaité anticiper.
Je vais proposer un amendement consacré à de nouvelles commandes. J’ai fait en sorte que pour la date du 11 Mai des masques soient à la disposition des scolaires et des petites communes. Je propose une concertation avec tous les élus, pour des commandes groupées.
Je souhaite passer une commande supplémentaire de 2,5 millions de masques. On a aussi commandé des masques de tissu pour les salariés, auprès des entreprises de notre région.
En Mai je proposerai un soutien à Emmaüs France qui depuis 1954 n’a jamais eu recours aux dons, mais qui aujourd’hui face aux arrêts des activités, pour permettre aux plus précaires de rester debout.
Pour le déconfinement, on est en attente de directives nationales, pour l’après 11 Mai. Ne seront pas concernés par la reprise des activités les agents vulnérables et les agents qui ont des enfants. Avec l’objectif de pas plus d’un agent dans les bureaux.
Il va falloir être inventif. Les dépenses massives s’inscrivent dans une dégradation prévoyant 45 millions de pertes cette année, et 135 millions l’année prochaine.
La dynamique liée à la fiscalité de l’économie se retourne. Nous demandons la garantie par l’Etat des recettes qui étaient de 2019. Dans notre Région la perte, c’est une diminution par deux de nos investissements.
Dans cet océan d’incertitudes, je pense qu’une politique publique de relance devra poursuivre deux objectifs.
Protéger les salariés en assurant la transition écologique qui est l’enjeu des années à venir. Protéger, c’est inventer les contours d’une vraie sécurisation professionnelle.
Comment dans notre région peut-on y travailler ? Les investissements de relance devront prendre en compte la dimension environnementale.
Il faudra regarder en quoi nous protégeons nos concitoyens et notre environnement.


Aurélie Berger

(chargée du discours de François Sauvadet, absent)

«Avant toute chose, j’ai une pensée très forte pour tous nos concitoyens qui luttent actuellement contre la maladie et aux familles qui ont perdu un proche durant cette épidémie.
Et je veux bien évidemment remercier les personnels soignants qui sont en première ligne du combat contre le virus. Celles et ceux qui, par leur compétence et leur dévouement, sauvent des vies.
Et je pense également aux personnels des EHPAD et les personnels des services de soins à domicile qui soignent, entourent et protègent les plus fragiles.
Et bien sûr, nous n’oublions pas ceux qui font actuellement vivre notre pays et notre région au quotidien. Je ne vais pas citer tous ces métiers essentiels parce que je risquerais d’en oublier. Mais toutes celles et ceux qui sont au service des autres actuellement peuvent se reconnaitre.
Et il serait injuste de ne pas parler des élus locaux et notamment les Maires, qui sont formidables par leur action pour protéger leur population, faire respecter le confinement ou qui font preuve d’ingéniosité avec les associations et bénévoles pour fabriquer ou acheminer du matériel de protection à leurs concitoyens.
Et plus généralement, je veux saluer tous les Français qui respectent les consignes et qui continuent de travailler sur site ou depuis chez eux en télétravail.
Et puis, permettez-moi d’évoquer la mémoire de Jean-François Bazin, un ami, un grand républicain, un homme de lettres et de culture.
Il siégea dans cette même salle comme Président du Conseil régional de Bourgogne. Au-delà de ce mandat, il était un grand défenseur et amoureux inconditionnel de la Bourgogne qu’il a tant contée au travers de ses ouvrages.
Je vous exprime mon souhait, que je sais partagé chez bon nombre de mes collègues, qu’un hommage officiel lui soit rendu.
Je n’oublie pas non plus un autre grand homme de notre région qui nous a quittés. Robert Poujade qui fut conseiller régional mais qui a surtout marqué la Bourgogne par l’empreinte qu’il laissera à jamais sur sa capitale, Dijon, désormais capitale de notre grande région.
Alors vous le savez madame la Présidente, je suis et je reste opposé au principe d’organisation de cette séance en  présentiel.
Les mesures à prendre pour nos petites et moyennes entreprises et nos concitoyens impactés par cette crise sans précèdent sont importantes et je les soutiens pour un certain nombre d’entre elles. Cependant nous aurions pu prendre ces décisions, à distance, en organisant une session par visioconférence comme le prévoit l’article 6 de l’ordonnance du 1er avril 2020.
D’autres régions comme les Hauts de France ou la Nouvelle-Aquitaine ont tenu leurs assemblées par visioconférence. Elles ont tenu et réussi ces visioconférences. Encore faut-il utiliser les moyens de communication adaptés…
S’agissant de l’ordre du jour en tant que tel, je ne peux que soutenir les décisions en faveur des TPE, PME de Bourgogne-Franche-Comté.
Répondre à l’urgence, assurer la survie de nos entreprises, préserver l’emploi, tel est le devoir de la région.
Nous soutenons et nous voterons les aides à destination de nos entreprises. Qu’elles soient au travers d’un financement des dispositifs de l’Etat ou par les dispositifs de la région.
Néanmoins, nous pouvons faire plus.
Nous vous appelons à faire plus.
Je pense à toutes les entreprises mais je vous demande solennellement de prendre la mesure des difficultés que rencontrent nos agriculteurs.
Nous nous devons d’être au rendez-vous avec nos agriculteurs qui ont vu, avec le confinement et la fermeture des marchés, des restaurants et de la restauration collective, un assèchement des débouchés.
Et qui craignent également de revivre une nouvelle sècheresse qui serait tout simplement fatale à de nombreuses exploitations.
Nous vous appelons à faire plus.
Je vous conjure de ne pas mettre de côté le sujet des retenues d’eau. Vous réfléchissez, vous communiquez mais rien ne se passe. Contractualisez avec les départements pour que nous avancions ensemble sur une question qui ne peut plus attendre.
Voilà madame la Présidente, notre discours n’a pas changé avec la crise. Ce n’est pas un discours de circonstance, nous vous demandons depuis maintenant 5 ans de soutenir plus fortement notre économie.
Cette crise remet en cause beaucoup de nos certitudes. Elle doit nous interroger, nous responsables politiques, sur le devenir de nos politiques publiques.
Cette crise vous obligera, madame la Présidente, à interroger vos politiques et votre plan de mandat.
Nous serons, dans notre rôle d’opposition républicaine, une force de proposition.
Aujourd’hui, je suis avec mes collègues des Républicains de la Droite et du Centre. Je leur donne pouvoir pour ce qui seront certainement les votes parmi les plus importants de notre mandature pour soutenir directement nos chefs d’entreprise, l’activité et l’emploi face à une crise  d’une ampleur sans précédent»


Julien Odoul


«Je tiens d’abord à rendre hommage à tous ceux qui travaillent et maintiennent la vie. Je vous rends hommage pour la tenue de cette séance. Il est facile de contester quand on n’est pas ici. Il aurait été inconcevable de demander aux agents de la collectivité de continuer le travail, de demander à nos compatriotes de travailler, et que les responsables élus ne puissent pas faire leur travail et voter ce qui doit être voté pour faire face à l’urgence.
Ce qui se passe est un choc et va avoir des conséquences extrêmement lourdes. Un monde s’effondre. Celui de la libre circulation totale, celui de la mondialisation. Celui de la rentabilité. Nous l’avions annoncé, prévu, nous avions alerté. C’est un drame pour bon nombre de nos compatriotes. Aujourd’hui on nous parle de protectionnisme. On est sur un chamboulement général, avec le retour de la nation, qui a d’ailleurs été dénigré par bon nombre d’entre vous. Ce que l’on apprend aussi aujourd’hui, c’est la chute de grands mythes. On nous avait avait vendu le meilleur système santé du monde, non il est du tiers monde. Nous découvrons que l’Etat est impuissant, que l’énarchie est impuissante, avec de l’amateurisme, de l’insuffisance. L’exemple des revirements de ce gouvernement, qui est un canard sans tête, comme sur le port du masque. On est dans l’incurie de nos gouvernants qui sont passés à côté de cette crise. Bien sûr qu’il faut s’unir dans l’urgence, avec des réponses responsables. Il faut en tirer les conséquences. Dès janvier, nous avions demandé le rétablissement des frontières, les masques. Ceux qui nous gouvernent devront rendre des comptes.
La Région Bourgogne Franche-Comté a été à la hauteur pour ce que l’Etat n’a pas su faire ou pas pu faire. L’Etat a mis les bâtons dans les rues des collectivités. Les mesures que vous nous proposez sont à la hauteur, car elles répondent à l’urgence.
Si nous sommes conscients de la nécessité de l’urgence, voyons ce que l’on peut améliorer pour plus d’efficacité. Donner des maques, investir d’avantage pour que nos populations, nos forces de l’ordre puissent en bénéficier. Soutenir le secteur touristique qui va être davantage impacté. Avec une campagne de communication à destination des bourguignons et des franc-comtois.
Au-delà de ça, il y a une réorientation, Madame la Présidente, de votre politique. On avait proposé la santé pour tous, avec un budget de 6 millions d’euros en ce sens. Nous vous demandons de regarder et de prendre ces mesures d’urgence.
Oui vous ne pouvez pas anticiper cette épidémie et ses conséquences.
Mais on pouvait anticiper la désagrégation de l’état de la santé en Bourgogne. 69.000 lits ont été fermés en 15 ans. En Bourgogne – Franche-Comté, 896 lits depuis 2016, 11 maternités, cela a des conséquences.
On n’a pas une infrastructure hospitalière décente en Bourgogne – Franche-Comté, puisqu’il a fallu envoyer des malades dans d’autres régions. Les patients qui ne sont pas allés voir leur médecin augurent d’une nouvelle vague de mortalité.
Nous proposons le 100% de viande de de légumes locaux dans nos cantines. Arrêtons la communication et le faire semblant»


Jérôme Durain


«Cette session se tient dans un contexte inédit. Nous vivons une période paradoxale qui nourrit l’anxiété comme les plus grands espoirs sur ce que sera le monde de demain. Mais en attendant c’est le monde d’aujourd’hui, 1 habitant de cette planète sur 2 en confinement, une économie à l’arrêt, des aéroports et des gares vides, des écoliers loin de leur classe. C’est le télétravail pour certains, et l’attente du retour au travail pour tant d’autres. C’est aussi une période où le confinement est pour beaucoup un enfer d’exiguité, de promiscuité et trop souvent de violences pour les femmes et les enfants.
Et au milieu de tout cela, des femmes et des hommes nous rappellent qu’il y a des métiers indispensables, élémentaires, premiers : les agriculteurs, les employés des grossistes, des marchés et supermarchés, les chauffeurs et les livreurs, les éboueurs. Il y a aussi les fonctionnaires, les enseignants actifs à distance, le personnel soignant exposé en première ligne, et les fonctionnaires territoriaux, ceux de la région, dont le travail compte tant pour nos territoires.
Notre région est très affectée par ce virus, notre groupe veut avoir une pensée pour ceux de nos concitoyens qui luttent contre la maladie et pour ceux qui ont perdu un proche. J’ai une pensée pour le médecin urgentiste Eric Loupiac, disparu hier, une des figures de notre région qui illustre le lourd tribut payé par les soignants dans cette crise sanitaire. Je m’associe à l’hommage général rendu à Jean-François Bazin, ancien Président du Conseil régional de Bourgogne.
Alors nous avons choisi d’être présents à Dijon aujourd’hui, ce qui ne veut pas dire qu’en l’absence de réunions physiques il n’y a pas d’activité du tout : visioconférences, conférences téléphoniques, entre élus, avec les services et avec tous nos partenaires. Mais nous sommes présents physiquement à effectifs réduits, dans une configuration particulière, très sécurisée au plan sanitaire pour nos agents, pour nos collaborateurs, pour la presse et pour nous mêmes. Dans le respect strict des règles sanitaires nous sommes ensemble parce que la vie de nos sociétés est suspendue à des décisions politiques. Jamais depuis longtemps la responsabilité des pouvoirs publics n’aura autant compté pour la vie immédiate de nos concitoyens, des pays entiers sont confinés par la seule volonté politique. Le travail, les revenus, les libertés fondamentales (la liberté d’aller et de venir ou de se réunir), la santé, la vie même dépendent directement du débat démocratique. Notre débat démocratique régional aujourd’hui sera responsable au plan sanitaire mais représentatif, accessible à tous et lisible politiquement. Nos décisions sont importantes, nos débats et nos votes doivent être entendus et compris. Comme d’autres, nous faisons ici aujourd’hui notre
Cette session c’est celle de la solidarité régionale. Je ne vais pas lister les dispositifs que nous allons adopter aujourd’hui. Je veux illustrer en quelques mots ce que nous avons choisi de faire.
D’abord Protéger, La Région contribue pour moitié au fonds d’urgence mis en place par le CROUS Bourgogne-Franche-Comté pour venir en aide aux étudiants précaires à hauteur de135000 euros.)
Nous voulons investir dans les équipements médicaux et sanitaires concourant à lutter contre le Covid-19 : respirateurs, équipements de protection des personnels de santé, test de dépistages virologiques ou sérologiques, Matériels d’analyse. Nous y consacrons 10 Millions d’euros de FEDER.
Apporter ou maintenir un revenu à ceux qui n’en ont plus. C’est l’objet de notre contribution au volet 2 du fonds de soutien national (pour une aide de 2000 à 5000 euros) et des 1500 euros d’aide voulus par notre fonds de soutien territorial portés avec les intecommunalités. C’est aussi ce que nous faisons avec le maintien exceptionnel des contrats de transports scolaires en incitant les transporteurs à maintenir 100% du salaire fixe des chauffeurs.
Nous souhaitons aussi, aider ceux qui sont en première ligne, valoriser leur investissement : c’est l’esprit de l’aide exceptionnelle de 1 200 € par mois, sous forme d'indemnité de stage, qui sera versée aux élèves soignants mobilisés durant la crise sanitaire (élèves aide-soignant.e.s, élèves ambulancier.e.s, étudiant.e.s infirmiers, étudiant.e.s en masso-kinésithérapie).
Permettre à des entités économiques ou associatives de rester vivantes, de passer le cap, Les exploitations horticoles éligibles ayant détruit des stocks en raison de l’état d’urgence sanitaire perçevront une subvention d’un montant forfaitaire de 3 500 euros. Le secteur du tourisme et les hébergements touristiques qui ont subi une forte baisse de leur activité.  verront leur trésorerie soutenue (4 mililions au total pour une aide unitaire de 3000 € à 5000 €).
Le secteur de l’événementiel est lui aussi doté d’un fonds d’urgence, cette fois de 2,5 millions d’euros qui consistera en une aide forfaitaire de 5 000 euros.
Un volet très important de nos mesures d’urgence vise à compenser les pertes de recettes du secteur associatif.
Nous sécurisons et maintenons nos contributions financières dans le cadre d’un plan qui mobilise 5,6 millions d’euros supplémentaires de financement régional. Les aides au fonctionnement sont maintenues pour 2020 et les subventions sécurisées. Les responsables associatifs qui sont aussi des employeurs, trouveront là un peu d’oxygène.
De la même manière, nous avons choisi de consolider les parcours des stagiaires de la formation professionnelle, avec le choix très volontariste du maintien de leur rémunération pendant la crise.
Cette solidarité régionale, elle s’exprime aussi par son ambition financière 72 millions et par la méthode, retenue.
Il ne s’agit pas pour nous que de réparer dans le court-terme mais d’accélérer et encourager les transitions longues qui sont amorcées. Je prendrai pour exemple ce qui est fait avec le secteur agricole par le soutien aux initiatives locales, la promotion des produits régionaux, la charte de bonne conduite proposée aux grandes surfaces, le travail de fond avec les filières.
Les réponses à cette crise nous les construisons en équipe, dans le dialogue avec les acteurs de terrain à l’image du fonds territorial que  nous allons porter avec les EPCI, en lien étroit avec l’Etat. C’est un partenariat avec les départements qui s’amorce également dans le champ de l’économie sociale et solidaire.
Vous le voyez chers collègues la collectivité régionale prend toute sa part dans la gestion de cette crise et peut-être même davantage.
J’ajouterai quelques réflexions personnelles à ce stade.
La crise que nous traversons appelle une réflexion urgente sur la place de l’Etat, sa doctrine et ses moyens. Il faut dire avec beaucoup de modestie que personne ne voudrait avoir à gérer une telle crise, mais nous avons quand même pu observer depuis plusieurs semaines, en vrac impréparation, ambigüité, confusion, cafouillage, et même de l’indélicatesse sur le tarmac de l’aéroport de Bâle-Mulhouse. Cette réflexion sur la place de l’Etat, et notamment l’articulation de son rôle avec les pouvoirs décentralisés est devant nous. C’est aussi la question des services publics qui est posée, dans le domaine de la santé évidemment, mais pas Seulement
Deuxième réflexion, alors que la crise sanitaire est là, alors que s’annonce une crise économique et sociale majeure, notre majorité ne veut pas renoncer à amplifier les transitions que nous avions entreprises. D’âpres débats politiques se préparent sur le financement de la crise, sur la répartition de l’effort entre les plus fortunés et les autres, sur le code du travail, sur la poursuite de la transition énergétique. Evitons l’erreur tragique d’un monde d’après qui serait seulement le business as usual : la reprise, la relance, le redémarrage, le rattrapage… en un mot le monde d’avant en pire. Alors que des lobbies négocient déjà à la baisse les normes environnementales, nous devons sans naïveté, avec lucidité, répéter que la transition écologique n’est pas négociable, que la justice sociale et la réduction des inégalités demeurent des impératifs vitaux à l’échelle planétaire. Le courage après cette crise ne sera pas pour les responsables politiques de se réfugier dans leurs certitudes d’avant, mais de continuer à inventer le monde d’après.
Et dans notre région, cette crise a eu un grand avantage. Elle a mis en lumière des acteurs et des initiatives riches de responsabilité, de créativité, de résilience et de solidarité. C’est sur tous ceux là que nous devons nous appuyer et miser pour la suite. Ils ont déjà un pied dans le monde d’après et nous montrent le chemin.
Solidarité, sobriété, ancrage local de notre économie voilà le viatique de notre majorité régionale dans la période qui s’ouvre».