
«Cette Saint-Vincent tournante est l'occasion de rendre hommage à celles et ceux qui font vivre la vigne avec cœur», a déclaré le grand-maître de la confrérie des chevaliers du Tastevin, ce samedi 24 janvier, à Sampigny-lès-Maranges, alors qu'écoutaient attentivement Sébastien Martin, Jérôme Durain, Dominique Juillot et Gilles Platret.
La 82ème édition de la Saint-Vincent tournante était organisée, ces 24 et 25 janvier 2026, dans le territoire le plus méridionale des climats du vignobles de Bourgogne : les Maranges. Ce samedi 24 janvier, en Saône-et-Loire, à la lisière avec la Côte-d'Or, la fête viticole a débuté par le défile de 85 confréries venus de toute la Bourgogne.
Malgré le brouillard – mais sans la pluie qui tombait encore la veille –, les organisateurs affichaient un moral de vainqueurs au regard du niveau de ventes des kits de dégustation avant même le début de l'événement. Par ailleurs, le thème du vainqueur a été développé par l'évêque d'Autun.
Sur le plan institutionnel, la fête a été marquée par la présence du ministre de l'Industrie Sébastien Martin, venu en voisin puisqu'ancien président du Grand Chalon, ainsi que du président de Région Bourgogne-Franche-Comté Jérôme Durain.
Départ du défilé des confréries dans le noir
Le soleil était encore loin de se lever quand les vignerons des confréries et sociétés de secours mutuel se sont élancés depuis Cheilly-lès-Maranges en direction de Sampilly-lès-Maranges puis Dezize-lès-Maranges.
Dans le noir, à peine éclairés par des braseros et les gyrophares de la voiture de gendarmerie qui ouvrait le chemin, les représentants de ces trois villages ont traversé les vignes les premiers, enveloppés dans le brouillard.
Une ambiance d'outre-tombe
Les premiers indices du lever du soleil sont apparus en franchissant le pont passant par dessus La Cosanne. La rivière apportait encore plus de fraîcheur au début de matinée alors que les températures étaient à peine positives.
Dans cette ambiance d'outre-tombe prenant brièvement des colorations orangées, les confréries se sont arrêtées pour un hommage au pied du monument aux morts de Sampigny-lès-Maranges.
Une large délégation rejointe par un ministre
Ont participé aux dépôts de gerbes de fleurs, Olivier Tainturier, sous-préfet de Chalon-sur-Saône, Catherine Girard, maire de Sampigny-lès-Maranges, Michel Bouley, maire de Dezize-lès-Maranges, Marc Labulle, maire de Cheilly-lès-Maranges, Dominique Juillot, président du Grand Chalon, Denis Thomas, vice-président de la communauté d'agglomération Beaune côte et sud, Jean-François Curie, grand-maître de la confrérie des chevaliers du Tastevin, et Marion Duchemin, présidente du comité d'organisation.
Dans le rang protocolaire, se trouvaient également Aurélien Dutremble, député de la Saône-et-Loire, et Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône. Par la suite, Sébastien Martin, ministre de l'Industrie du gouvernement de Sébastien Lecornu, et Jérôme Durain, président du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, ont rejoint la délégation.
Vincent, le saint «vainqueur» et la «victoire» de chaque vigneron
Le défilé ayant repris son parcours, les premiers marcheurs ont de nouveau traversé les vignes, gagnant les hauteurs où perçait un rayon de soleil. Ensuite, le cortège s'est scindé en deux pour rejoindre respectivement les églises de Cheilly-lès-Maranges et de Dezize-lès-Maranges. Dans la première, la messe a été célébrée par l'archevêque de Dijon Antoine Hérouard ; dans la seconde, par l'évêque d'Autun Benoît Rivière.
Ce dernier a appuyé son homélie sur la figure de saint Vincent de Saragosse, saint patron des vignerons, en insistant sur son nom, ses vêtements de diacre, sa serpette et ses sarments de vigne à la main. Vincent vient du latin vincere et signifie «celui qui est vainqueur».
Pourtant, saint Vincent est un martyr chrétien du IVème siècle. «Aux yeux de quelqu'un qui regarde sans voir plus loin, c'est un échec : il est mis à mort», commente l'évêque d'Autun. «De quoi donc a-t-il été vainqueur ?»
«Saint Vincent a été vainqueur de ceux qui voulaient lui enlever sa raison de vivre, le fait qu'il ne s'attachait pas seulement à lui-même pour recevoir la vie et qu'il voulait la recevoir d'un Autre. Il n'a pas eu peur de souffrir le martyr pour demeurer fidèle», a développé le ministre du culte avant de faire le parallèle avec «une victoire remportée» par chaque vigneron à chaque vendange.
Volnay accueillera la Saint-Vincent tournante en 2027
Les deux cortèges ont alors convergé vers Sampigny-lès-Maranges pour la cérémonie de la confrérie des chevaliers du Tastevin.
«Alors que la vigne repose sous le froid de l'hiver, nous sommes réunis pour honorer un terre, un métier et une histoire faits de patience et de passion pour le vin de Bourgogne», a résumé Jean-François Curie. «Cette Saint-Vincent tournante est un moment rare de partage et de fierté collective et l'occasion de rendre hommage à saint Vincent et à celles et ceux qui, hier comme aujourd'hui, font vivre la vigne avec cœur.»
Le grand-maître a procédé ensuite à plusieurs intronisations et élévations en grade dans la confrérie dont les anciens vignerons méritants des trois villages.
À l'issue de la cérémonie, Jean-François Curie a officiellement annoncé que Volnay, en Côte-d'Or, accueillera la prochaine Saint-Vincent tournante, les 30 et 31 janvier 2027. Après 1957 et 1986, il s'agira de la troisième occurrence de la fête viticole dans ce village de la côte de Beaune.
Jean-Christophe Tardivon
























































































































