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06/04/2020 05:53

COHÉSION SOCIALE : Un nouveau filet de sécurité est mis en place pour les exclus de la société

Des chèques-services seront remis aux personnes vulnérables afin de les aider à trouver de quoi s'alimenter pendant la crise sanitaire. Les banques alimentaires sont accompagnées par les services de l’État, les étudiants en travail social sont appelés en renfort et les toutes les capacités d'hébergement sont ouvertes.
Loin d'un point de situation ce vendredi 3 avril 2020, Philippe Philippe Bayot en tant que directeur régional adjoint à la direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale de Bourgogne-Franche-Comté (DRDJSCS) a fait une annonce concernant les actions de lutte contre la pauvreté.

En plus de l'aide alimentaire déjà en place, des «chèques services» destinés à l'alimentation des personnes les plus exclues de la société seront distribués à partir de ce lundi. En effet, la question de l'aide alimentaire est un sujet de préoccupation pour l’État et les collectivités. Selon Philippe Bayot, l'enjeu est de maintenir «la chaîne de distribution alimentaire en faveur des personnes précaires ou démunies».

Éviter la «double peine» pour les exclus


Ce nouveau dispositif prend la forme d'un «chèque service» d'une valeur faciale de 3,50 euros permettant «d'agir en complément de l'aide alimentaire classique pour aller au contact de personnes plus difficiles à appréhender». Ils seront remis par les préfectures aux associations habilitées à distribuer l'aide alimentaires qui les attribueront directement aux personnes qui en ont besoin «jusqu'à la fin de la crise sanitaire».

Les recommandations de la DRDJSCS est de remettre un ou deux chèques-services par personne par jour. «C'est un deuxième filet de sécurité» selon Philippe Bayot afin d'éviter un effet de «double peine» pour les personnes ayant des difficultés à accéder à s'approvisionner pour s'alimenter. En Côte d’Or, du 6 au 20 avril, 14.250 chèque service pour un montant de 49.875 € permettront d'aider environ 400 personnes.

Par ailleurs, la DRDJSCS a débloqué 30.000 euros à partir des crédits de la Stratégie pauvreté pour soutenir les banques alimentaires coordonnatrices de la région (à Dijon, Besançon et Champagnole) afin de soutenir les différents réseaux et «faire face aux besoins immédiats» comme les produits alimentaires et d'hygiène.

Des volontaires pour la réserve civique et la réserve sociale


En plus de l'aide financière, deux dispositifs sont là pour renforcer les collectivités et les associations en bénévolat ou en compétences. La réserve civique est dotée de «quatre missions essentielles à la continuité de la cohésion sociale» : l'aide alimentaire et d'urgence, la garde des enfants de soignants, la continuité d'un lien social au téléphone avec les personnes les plus fragiles (personnes âgées, personnes en situation de handicap) et une mission de proximité (comme faire les courses pour autrui). À ce jour, en Bourgogne-Franche-Comté, 1.025 bénévoles sont déjà inscrits.

Un autre appel du gouvernement se fait au travers de la réserve sociale afin de «mobiliser les étudiants en travail social pouvant venir en appui aux employeurs du médico-social et du social qui ont des difficultés à assurer la continuité des activités».

Les étudiants de l'IRTESS à Dijon et de IRTS de Besançon sont particulièrement concernés. Une plateforme dédiée peut recevoir les missions des employeurs afin de mettre en face les étudiants mobilisés. À ce jour, alors que le dispositif date d'une semaine, 190 étudiants sont inscrits ainsi que 120 employeurs. Plus de 50 missions ont déjà été finalisées. Pour différencier de la réserve civique, il s'agit d'affectations quasi-professionnelles d'éducateur spécialisé ou de travailleur social.

«Mobilisation maximale pour éviter la mise à la rue»


Autre sujet important pour les personnes les plus vulnérables, l'hébergement. «Il de doit pas y avoir de rupture d'hébergement pendant toute la période de confinement» a assuré Philippe Bayot. Il s'agit d'éviter les remises à la rue, y compris pour les demandeurs d'asile. Le gouvernement a prolongé la «trêve hivernale» jusqu'au 31 mai 2020.

Dans la région, toutes les capacités d'hébergement ont été ouvertes, soit 4.200 places. Il s'agit d'une «mobilisation maximale pour éviter la mise à la rue» et pour «pour prendre en charge toutes les détresses sociales» comme l'a souligné le préfet Bernard Schmeltz. La DRDJSCS a ouvert des places d'hôtel supplémentaires. De plus, de nombreux accueils de jour et accueils de nuit ont étendu leurs horaires. Toujours dans le même esprit, les maraudes ont été elles aussi prolongées.

En articulation avec l'ARS, la DRDJSCS ouvre trois centres d'hébergement spécialisé afin d'accueillir des personnes étant dans les dispositifs d'hébergement qui sont atteintes du Covid-19 mais dont l'état de santé ne nécessite pas une hospitalisation.

Les centres se trouvent à Dijon (avec une douzaine de place), à Nevers (une quarantaine de places) et à Besançon (sept places). Ils permettent une prise en charge avec des moyens sanitaires dédiés pour les personnes en situation précaire qui disposeront ainsi d'un suivi médical et paramédical.

Jean-Christophe Tardivon

La réserve civique Jeveuxaider


Pour la réserve sociale en Bourgogne, voir le site de l'IRTESS