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21/04/2020 03:23

COMMUNICATION : Les professionnels du Cerclecom veulent rester positifs malgré la crise

L'interdiction des rassemblements a mis à mal l'activité des entreprises de la communication et de l'événementiel en Bourgogne-Franche-Comté. L'association Cerclecom a réagi en diffusant des vidéos positives. Son président, Arthur Deballon, demande aux collectivités locales d'être exemplaires.
Fondée en 2010, l'association Cerclecom fédère 165 professionnels de la communication de Bourgogne-Franche-Comté, principalement basés à Dijon (Côte-d'Or), Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) et Besançon (Doubs). La structure est présidée bénévolement par Arthur Deballon qui, côté business, dirige l'entreprise dijonnaise de signalétique AVS.

Pour la plupart des adhérents du Cerclecom, le tournant a eu lieu le 29 février dernier avec l'annonce de l'annulation des événements de plus de 5.000 personnes. D'emblée, les «standistes», c'est à dire les entreprises qui conçoivent des stands pour les salons et les foires, ont compris l'ampleur de phénomène. Arthur Deballon relaient leurs inquiétudes d'être face à une crise pouvant durer 12 à 18 mois.

«Il va y avoir de la casse, c'est sûr»


C'est toute une chaîne de métiers variés qui est atteinte. Les entreprises de l'événementiel, les installateurs, les éclairagistes, les techniciens du son, les hôtesses, les imprimeurs, les loueurs de mobiliers, les photographes, les menuisiers, les attachés de presse, les facilitateurs graphiques, les animateurs... Les prestataires, l'équivalent des intermittents du spectacles, les microentrepreneurs.... Toutes les boîtes qui contribuent à la préparation matérielle d'un salon sont durement touchées. Les petites, souvent déjà précarisées, un peu plus que les grandes. «Il va y avoir de la casse, c'est sûr» soupire Arthur Deballon.

Du côté des professions intellectuelles, l'habitude déjà répandue d'être en télétravail a amorti le choc. Les agences conseils en stratégie ou en créativité ont indiqué à Arthur Deballon avoir réalisé un «bon» mois de mars et s'attendent à un mois d'avril «convenable» car quelques clients profitent de la période calme pour ripoliner leur communication. Le recours accru au numérique se diffuse jusqu'aux développeurs web qui bossent «plus que jamais» mais ils foncent à l'aveuglette faute de visibilité sur la reprise.

Les structures tributaires de la commande publique sont très attentives des annonces liées au report des municipales. Pour elle, c'est le «supplice chinois». Après le virus, l'attentisme. Après le report du second tour, la date qui ne tombe pas dans l'agenda. Le scénario d'un second tour fin juin apparaît de moins en moins crédible. La rumeur bouillonne d'un vote à l'automne. Elles n'osent songer à un décalage jusqu'en mars 2021. «Les grandes mairies qui sont concernés par le deuxième tour vont créer une inertie importante» signale Arthur Deballon qui ajoute qu'«en se tournant vers les entreprise privées où il y a des des projets, les agences devraient s'y retrouver».

«Les communicants, porteurs de la révolution du télétravail»


Le rôle du Cerclecom n'est pas de mettre un peu de jaune – la couleur fétiche de l'association – dans le story-board du scénario catastrophe. Il s'agit plutôt de «maintenir le lien» explique le président. À part quelques directeurs de la communication salariés de grands groupes, la quasi-totalité des adhérents du Cerclecom sont concernés par les mesures gouvernementales d'aide économiques. Et même du côté des majors, les communicants se trouvent face à un défi en interne. «Ils sont les porteurs de la révolution du télétravail et des nouvelles manières de communiquer des collaborateurs» souligne Arthur Deballon.

Reprenant sa casquette business, le dirigeant songe aux 30 salariés d'AVS avec lesquels il est important de garder le lien : couturières, poseurs, managers... Quels outils utiliser ? À Quelle fréquence ? Pour quel message ? En résumé, «comment je montre à un salarié qu'il est encore un salarié» s'interroge le chef d'entreprise. Les agences qu'il a consultées ont insisté sur la nécessité d'avoir recours à des outils «sécurisés» et l'ont accompagné pour trouver le bon équilibre entre information et communication.

Une demande d'exemplarité du côté des collectivités


Les administrateurs du Cerclecom ont fait des visioconférences avec un expert-comptable pour envisager l'ampleur des dégâts. Ils ont échangé avec des experts de Décathlon ou de TF1 Publicité pour avoir leur éclairage sur la situation.

Parmi les adhérents, certains n'ont plus de travail depuis deux mois et n'en auront peut-être pas de toute l'année. Les structures employeuses se refusent pour l'instant à licencier des personnes aux compétences parfois difficiles à trouver. Elles se sont donc tournées vers l'activité partielle.

Le Cerclecom demande à relancer la commande publique locale «dans le cadre des accords en cours et des marchés publics». L'association se félicite que le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté non seulement «règle à temps» mais parfois même «règle en avance».

Les administrateurs invitent toutes les collectivités locale à «tenir leurs échéances», à avoir «une exemplarité absolue sur l'envoi des bons de commandes et le règlement des factures».

Si Arthur Deballon juge «plutôt bonnes» les mesures de l’État, le prêt garanti le laisse perplexe : «prendre un prêt quand on est déjà endetté, je ne suis pas sûr que ce soit la solution».

Des vidéos pour diffuser un signal positif


Loin de se laisser glisser dans la sinistrose, «nous sommes tous en recherche de signaux faibles positifs de la part des dirigeants afin de renouveler le lien et même l'augmenter» constate Arthur Deballon qui envisage «une vraie révolution». Puisqu'il n'est plus possible de boire un coup à la fin d'une session de l'association, les administrateurs ont brainstormé pour trouver une réponse qui ait du style.

«Cerclecom est un réseau de pros locaux» revendique son président, «Cerclecom n'est pas un syndicat patronal mais les dirigeants de boîtes sont en attente d'un soutien». L'association a donc réagi en produisant des vidéos, diffusées sur les réseaux sociaux, pour parler de ses adhérents et rappeler leur savoir-faire. En résumé, selon le président, «il faut rester confiant, il y a du positivisme lié à de l'attentisme».

Jean-Christophe Tardivon

Le zoom du Cerclecom sur Sylvain Camos, dirigeant d'EMA Events

Le zoom du Cerclecom sur Mélanie Voisard, dirigeante de Buzz & compagnie


Arthur Deballon, dirigeant de la société AVS Communication et président de l'association Cerclecom (image d'archives)