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21/03/2020 10:45

CONFINEMENT : Attention à la qualité de l'air intérieur

Le confinement peut être abordé comme une période où prendre soin de soi et où veiller à la qualité de vie à domicile. Le directeur d'Atmo Bourgogne-Franche-Comté fait le point sur les polluants intérieurs et rappelle la problématique du radon dans le Morvan et en Saône-et-Loire.
En période de confinement, on passe plus de temps que d'habitude à l'intérieur de son domicile, il est donc important de veiller à la bonne qualité de l'air intérieur pour éviter une pollution en plus du stress de la situation. Interrogé par Infos-Dijon, le directeur d'Atmo BFC, Francis Schweitzer, rappelle le geste de base pour la qualité de l'air et alerte sur les polluants intérieurs.

L'association Atmo Bourgogne-Franche-Comté résulte de la fusion en 2017 de ATMOSF’air Bourgogne et ATMO Franche-Comté. Elle surveille la qualité de l'air extérieur et des espaces clos. Elle travaille à mieux connaître les substances chimiques (sous forme de gaz ou des particules), radioactives, olfactives et biologiques présentes dans l'atmosphère et pouvant entraîner des effets nocifs sur la santé et les écosystèmes.

Des polluants invisibles pouvant nuire à la santé


L'air intérieur d'une habitation est régulièrement chargé en différents polluants, plus ou moins problématiques, au gré de nos activités domestiques. Le chauffage, la cuisine, la lessive ou encore le bricolage peuvent contribuer à augmenter la quantité de ces polluants dans des pièces fermées ou mal ventilées. Sans oublier le fait de fumer au domicile. Ces polluants sont absorbés par la respiration ou la peau et peuvent causer des troubles de la santé comme des allergies par exemple.

Le dioxyde d'azote résulte de l'utilisation d'un chauffage ou d'une cuisinière à gaz. C'est un gaz irritant pouvant causer des problèmes respiratoires chez les personnes sensibles comme les asthmatiques. Il est donc recommandé de régulièrement faire vérifier sa chaudière à gaz et de nettoyer les brûleurs de la cuisinière à gaz pour obtenir une flamme bleue et courte.

Le fait de cuisiner émet des particules (aussi appelées aérosols puisque suspendues dans l'air). Certaines particules sont naturelles (pollens, sel de la mer...), d'autres proviennent des activités humaines (trafic routier, chauffage individuel au bois. Selon leur taille, elles entreront plus ou moins profondément dans le système respiratoire des habitants du logement.

Les composés organiques volatiles (ou COV) peuvent être relargués par des meubles (du fait des colles qui ont servi à les assembler ou des matériaux qui les constituent), d'anciennes fenêtres en PVC, des revêtements de sols ou encore des produits d'isolation. Aujourd'hui, les fabricants doivent sourcer leurs matériaux et indiquer leur effet sur la qualité de l'air intérieur par un ettiquetage du même type que celui que l'on connaît pour la consommation d'énergie des appareils électroménager, allant de A+ (favorable) à C (défavorable).

Gare au radon


Si la Côte-d'Or n'est guère concernée, les habitants de la Saône-et-Loire et du Morvan ont, eux, à faire attention à la problématique du radon, un gaz naturel radioactif qui s'accumule dans les logements (voir le risque radon en dix questions). Sa présence est liée à la géologie des terrains (plus ou moins riches en uranium) et à la structure du sous-sol (failles ou ouvrages miniers facilitant le transfert).

«Ventiler nos intérieurs»


Pour Francis Schweitzer, «c'est la période idéale pour bien décharger la qualité de l'air intérieur des polluants intérieurs». Il conseiller donc de «ventiler nos intérieurs» et d'«ouvrir les fenêtres plusieurs fois par jour» de façon à faire circuler l'air dans les habitations. Cela renouvelle l'air et abaisse le taux d'humidité des logements. Un geste simple pour mieux vivre cette période de confinement.

Jean-Christophe Tardivon

Le site d'Atmo BFC



Francis Schweitzer est directeur de l'association Atmo Bourgogne-Franche-Comté (photo Atmo BFC)