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09/04/2021 12:55

CONSEIL REGIONAL : Pour Gilles Platret et Julien Odoul, on sait… Mais difficile de croire qu’on ne sait finalement pas que Marie-Guite Dufay sera candidate

Marie-Guite Dufay a défendu l’action régionale et son bilan. Gilles Platret l’a attaquée sur le «déclassement» de la Région et des reniements financiers… Julien Odoul en a fait des tonnes sur la sécurité et demandé à la Présidente sortante de commenter les récentes décisions des Verts dans les villes où ils sont aux commandes. Jérôme Durain a eu les propos enflammés d’un avocat. Bref la campagne quoi. A 65 jours du 1er tour du scrutin s’il est maintenu.
ACTUALISE avec les discours des 4 intervenants.
Y penser toujours. En parler jamais ou plutôt pas encore ou alors en faisant comme si, mais sans le dire vraiment… A défaut de postuler pour être contorsionniste dans une production culturelle, c’est à un exercice forcément un peu difficile auquel Marie-Guite Dufay, présidente sortante du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté, s’est livré ce vendredi 9 avril au matin. Son propos liminaire a dressé un bilan de l’action régional et avait les saveurs d’un propos de campagne. Pour une campagne qui sera forcément courte dans les faits.
Si les vignes ont subi le gel, dans l’hémicycle à Dijon, Gilles Platret le candidat déclaré depuis septembre de la droite et du centre, et Julien Odoul, le candidat adoubé par la direction du Rassemblement National à la fin de l’hiver, ont été non pas comme des bougies, mais des brûlots dans la vignes, contre la Présidente Marie-Guite Dufay et sa majorité.

La toujours Présidente du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté s’est évertuée à présenter la crème de sa politique, quand ses deux principaux opposants, Gilles Platret à qui François Sauvadet avait confié le flambeau, et Julien Odoul, ont pris un malin plaisir à mettre en pièces le bilan de la première mandature de la grande région fusionnée.
Gilles Platret a notamment pointé du doigt des suppressions de crédits. «A vous écouter, tout va bien, tout se passe du mieux possible. Le bilan n’est pas celui que vous avez écrit.
On ne peut pas se contenter du bilan que vous laissez. On ne peut pas se contenter du déclassement dans un grand nombre de domaines», a lancé Gilles Platret à l’adresse de Marie-Guite Dufay. Le candidat des Républicains a encore jugé : «Malgré une session à Besançon, les Franc-Comtois ont perdu durant ce mandat et les Bourguignons n’ont rien gagné. Nous sommes sur un podium, celui des régions où les cartes grises sont les plus chères de France».
Julien Odoul, cela ne surprendra personne, dans la droite ligne de sa conférence de presse de jeudi (lire notre compte-rendu), a parlé sécurité et insécurité en long, en large et en travers. Non sans avoir lancé à l’adresse de Marie-Guite Dufay : «Vous avez parlé d’une région magnifique. C’est vrai, elle a des femmes et des hommes qu’il faut soutenir et un patrimoine à préserver. Mais notre région est minée par une absence de politique.
Votre discours est un mensonge. Car la Région que nos habitants vivent, votre région celle que vous décrivez n’existe pas. La situation s’est aggravée depuis cinq ans. Vous n’avez pas su redresser la situation, pour l’équilibre, la cohésion du territoire. Au-delà des chiffres, la réalité c’est l’absence totale de la Région. Elle n’existe pas dans leur quotidien».
Le président du groupe du RN a aussi invité Marie-Guite Dufay a dire ce qu’elle pense des décisions prises par les Maires EELV dans les villes où ils sont aux affaires. En demandant notamment si, en cas d’accord avec les Verts, les lycéens auront toujours de la viande dans leurs assiettes… Et de parler aussi Sapins de Noël, Tour de France, rêves d’enfants… Un discours sous-entendant, finalement, que Marie-Guite Dufay remporteraient les élections prochaines en s’alliant avec EELV. Ce n’est sans doute pas ce que Monsieur Odoul espère, mais c’est quand même ce qu’il a décrit dans une prospective politique. Bref la campagne est bien lancée. Pour le 1er tour le 13 juin et déjà, aussi et un peu, pour le second tour une semaine plus tard.
Alain BOLLERY et 
Jean-Christophe TARDIVON

Le Conseil Régional va voter son budget supplémentaire


Création d'une carte-vacances pour soutenir l'activité touristique


Entre gauche et droite l'heure n'était pas aux cadeaux


Les réponses régionales à la crise


Marie-Guite Dufay

«L’INSEE  pointe que la BFC attire 9% de personnes de plus que ce qu’elle serait en mesure de capter compte tenu de son poids démographique»


«Chers collègues,
Avant d’entamer ce propos liminaire, je vous propose que nous nous arrêtions un moment pour rendre hommage à Paulette Guinchard.
Conseillère régionale de Franche-Comté entre 1986 et 1997, Paulette Guinchard a vécu une carrière politique dense et exemplaire. Élue locale à Besançon, elle a contribué largement à la création de l’agglomération, et à très tôt amené l’écologie au cœur des politiques publique.
En tant que parlementaire, elle a mené une action déterminée pour les personnes âgées, sur la dépendance, sur le maintien à domicile ou sur la dignité de ce crépuscule de la vie. Avec le rapport « Vieillir en France » elle a tracé les lignes de l’APA, qu’elle a ensuite mis en œuvre concrètement lors de son passage au gouvernement en tant que Secrétaire d’État aux personnes âgées.

Ses qualités étaient largement reconnues de tous bords : le sens de l’écoute, le souci permanent des autres, le militantisme désintéressé, la simplicité, …
Je vous propose un temps de silence en sa mémoire.

Nous nous retrouvons donc pour la dernière assemblée je pense de ce premier mandat d’existence du Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté. Une assemblée, encore une fois, atypique.

Evidemment, comme vous toutes et vous tous, j’aurais souhaité qu’elle soit l’occasion de réunir physiquement l’ensemble des conseillers régionaux. La situation sanitaire en a décidé autrement,  pour autant, j’ai souhaité que chaque élu régional puisse prendre part à ce moment important de la vie de notre collectivité et avec la possibilité de participer au vote, d’où ce choix d’une assemblée hybride.

Une nouvelle fois, donc, la  forte dégradation de la situation sanitaire a conduit à décider de mesures nationales pour tenter d’endiguer l’épidémie qui nous frappe depuis maintenant plus d’un an. Bien sûr, et comme depuis le début de cette crise, la réactivité reste le leitmotiv de notre collectivité pour répondre aux difficultés qui se posent :

•    Le soutien inédit que nous avons apporté à l’équipement des hôpitaux publics dans le cadre des mesures d’urgences, et demain, du programme REACT EU a permis d’améliorer les capacités en respirateur, en réactifs, en moniteurs dans les établissements de notre Région. J’ai pu le constater lors d’une visite à l’hôpital de Mâcon. Ce soutien est apprécié des équipes. Et à ce stade de mon propos, je veux rendre hommage à l’action exceptionnelle de l’ensemble des acteurs de santé de notre pays !

•    Réactivité sur le soutien à l’économie de proximité avec les deux fonds que nous avons mis en place avec les intercommunalités. Et pour preuve de l’efficacité de ce dispositif  celui qui s’inscrit par le biais des avances remboursables, il a été beaucoup décrié, il est aujourd’hui victime de son succès. Je vous proposerai au vote un nouvel abondement à hauteur de 4 millions d’euros du fonds d’avances remboursables car, avec pratiquement plus de 1000 dossiers instruits d’ici le 30 juin, ce fonds piloté par le réseau initiative va être entièrement consommé !

•     Réactivité pour les TPE-PME qui voient leur pratique commerciale bouleversée avec les confinements successifs et qui se repositionnent sur le numérique afin de développer site internet ou e-commerce et que nous accompagnons à hauteur de 2 M€ supplémentaires.

•    Le dispositif exceptionnel par ailleurs que nous avons voté lors de notre précédente assemblée à destination des étudiants se décline. Nous le présenterons  en CP cet après-midi. Nous avons reçu à ce jour plus de 750 demandes, les plus récentes sont en cours d’instruction et seront présentées à la prochaine CP du 7 mai. Par ailleurs, pour nous adapter aux nouvelles mesures qui peuvent impacter justement les jobs des étudiants, nous prolongerons les délais de prise en compte de la fin d’un emploi étudiant jusqu’au 30 avril au lieu du 15 mars actuellement. Et à côté des étudiants, vous l’avez vu nous inscrivons dans nos politiques un nouveau dispositif pour sécuriser les jeunes apprentis qui n’ont pas trouvé de contrat.

•    Notre engagement vis à vis des acteurs culturels, sportifs et associatifs notre soutien reste entier, avec la préoccupation de leur permettre de traverser ces difficultés en conservant toutes leurs capacités pour jouer leur rôle social et sociétal.

•    Réactivité au sein de notre collectivité, avec un recours massif au télétravail, qui, malgré les difficultés et contraintes pour nos agents, n’obère pas nos capacités d’actions. La continuité dans les lycées, également, avec une gestion des absences et des remplacements lorsque nécessaire du côté de nos agents.

Je m’arrête un moment sur les difficultés du secteur culturel. Elles se sont manifestées ces dernières semaines par des actions et des occupations, partout en France, de nos théâtres, de nos lieux de culture, pour remonter l’inquiétude des acteurs, et en particulier des intermittents. L’annonce de l’annulation des Eurockéennes de Belfort, la semaine dernière, est une mauvaise nouvelle pour notre Région, et tout particulièrement pour le Nord Franche-Comté, car les Eurockéennes, au-delà des 4 jours du festival, induisent toute une activité. Les organisateurs, ont décidé en pleine responsabilité, de préserver la capacité du festival à rebondir face à des incertitudes quant-aux modalités d’organisations qui restaient trop lourdes, des contraintes trop fortes. Mais les conséquences de l’arrêt des activités culturelles, si elles sont très visibles pour un grand festival comme les Eurockéennes, se vérifient hélas pour toutes les activités culturelles, et pas simplement pour le spectacle vivant.

Il est de la responsabilité du gouvernement d’approfondir au plus vite le dialogue avec le secteur culturel, afin d’offrir un horizon clair et des solutions d’organisations réalistes, pour que notre vie culturelle puisse être préservée, en particulier au cours de l’été à venir ; il est de sa responsabilité de sécuriser sans délai les intermittents, frappés de plein fouet par ces annulations et cette vie culturelle qui oscille entre ralenti et arrêt total.

Pour ce qui nous concerne, notre collectivité a pleinement assumé ses responsabilités depuis le début du mandat : nous nous étions engagés à sanctuariser le budget culture, nous sommes allés au-delà, et pendant la crise, nous avons maintenu nos financements, afin de faire en sorte que les structures culturelles ne soient pas pénalisées et nous continuerons.

Notre volonté est tout aussi intacte pour accompagner les acteurs de l’évènementiel qui sont frappés eux aussi par ce 3ème confinement. Aujourd’hui cela fait un an que ce secteur est au point mort et on peut compter par milliers les annulations d’évènements professionnels, salons, congrès et foires. Pour pouvoir se projeter et accompagner les acteurs de cette filière qui doit se réinventer nous voterons à la CP un accompagnement régional qui doit permettre d’accélérer la mise en place de solutions distancielles, hybrides ou 100% virtuelles.

La capacité à rebondir, c’est tout l’enjeu pour toutes nos entreprises.  Nous y avons pris notre part avec les mesures de soutien et d’aide à l’investissement que nous avons prises depuis un an. La consommation des crédits affectés tant au programme territoire d’industrie co-piloté avec l’État qu’aux actions qui sont de notre fait, avec le fonds d’aide à la relocalisation, le fond d’innovation et le fonds d’aide à la décarbonation montrent que nos choix politiques étaient adaptés aux besoins.

J’ai répondu favorablement à la proposition de l’État d’abonder de 6 millions d’euros supplémentaires le fonds territoire d’industrie. C’est ainsi que l’effort commun avec l’Etat pour 2021 va se chiffrer à plus de 17 millions d’euros. Et notre région capte ainsi plus de 7% du total des aides de France Relance. A comparer à notre poids économique de notre Région, c’est quand même du jamais vu !

 Néanmoins nous ne sommes pas à l’abri de difficultés et de restructurations, qui se manifestent dans des plans sociaux qui requièrent toute notre vigilance :
•    Jacob Delafon que nous suivons quasi quotidiennement. Nous avons bon espoir après quelques rebondissements que les négociations se concrétisent avec une reprise d’activité au 1er juin. Alors là, on revient de loin !
•    Autre négociation en cours avec le groupe Ushin à Nevers afin de trouver des pistes de diversification pour limiter le PSE qui se termine le 15 avril. Diversification qui pourrait se concrétiser dans l’activité des pièces détachées ou de la maintenance ferroviaire.
•    J’ai également pu échanger avec le possible repreneur de la fonderie MBF à Saint Claude afin de lui garantir le soutien financier du conseil régional et je suis également en lien étroit avec Bercy afin de garantir un niveau de commande de la part des constructeurs automobiles au premier rang desquels PSA ou plutôt Staylantis mais je n’ai pas encore le réflexe.
•    Et je termine avec GE qui rythme nos AP depuis bien trop longtemps.
?    Je reste fidèle à mes positions : sauver les emplois et compétences sur ce bassin d’emploi. J’ai échangé avec les ex salariés de Ge Hydro afin de leur garantir le soutien financier de la collectivité dans leur projet de création d’entreprises.
?    Je reste interrogative en revanche sur les annonces du Ministre Bruno le Maire. Depuis mercredi le combat a repris chez GE avec la menace de la mise en demeure de l’État par les salariés de la branche turbine à Gaz pour non-respect des engagements de 2014. Il appartient à L’État qui est garant de la souveraineté industrielle nationale de faire respecter ses engagements par tous les moyens possibles.

Puisque j’évoque les difficultés économiques et sociales, inhérentes dans une crise comme celle que nous traversons, je veux dire au gouvernement « quel mauvais timing pour imposer une réforme de l’assurance chômage, qui plus est quand elle est aussi injuste » ! La baisse des allocations chômage et des prestations sociales, à plus forte raison dans la période que nous traversons, ce n’est certainement pas la bonne recette pour redonner de l’espoir ! Le « quoi qu’il en coûte » c’est à tous qu’il faut l’appliquer, y compris aux chômeurs...

J’en reviens à notre Région, avec l’agriculture,
•    D’abord pour dire ma pensée très forte aux viticulteurs du Chablisien, du Jura, de la côte chalonnaise, de la côte de Beaune, de Champlitte j’imagine aussi. Tout le monde s’est mobilisé dans les vignes contre le gel. Un printemps trop précoce et les premières gelées risquent de laisser des traces qui ruinent une bonne partie de la future récolte. J’ai pu échanger avec le Président du CAVB et CIVJ pour renouveler le soutien de la Région. Vous savez que face au risque de gel, nous avons financé une étude qui a permis de soutenir le déploiement de tours antigel. Cet accompagnement financier est accéléré dans le cadre du PAIR. Mais là, on n’est vraiment au-delà. Je sais qu’un plan calamité est demandé par la profession à l’Etat. Je souhaite que les viticulteurs soient entendus.
•    Autrement, dans le domaine de l’agriculture, le sujet c’est la PAC, c’est encore la PAC, c’est toujours la PAC. La prochaine PAC n’est pas encore bouclée mais elle suscite des inquiétudes légitimes car on ne connait pas précisément la position de l’Etat. Mais quel que soit la légitimé de ces inquiétudes cela n’excuse pas, ne justifie pas les exactions qui ont eu lieu à Dijon lors de la manifestation de ces jours derniers. Cela cause du tort à l’ensemble de la profession au moment où c’est au contraire un dialogue poussé qui doit animer les responsables agricoles avec les responsables publics l’état d’un côté, la région de l’autre. Le calendrier s’accélère et j’aurai à cœur de défendre lors d’une prochaine rencontre avec le Ministre de l’Agriculture les intérêts de notre agriculture, autour de 3 objectifs :
•    La rémunération de nos agriculteurs
•    La transition écologique
•    La prise en compte des spécificités de notre territoire autour des zones intermédiaires qui sont des zones de pauvreté où les sols sont arides, sont difficiles. Et cette difficulté n’a jamais été prise en compte dans les politiques publiques nationales et européennes. Il faut qu’on arrive à faire changer les choses.
Je souhaite souligner que, grâce au travail acharné et rigoureux de Sophie Fonquernie, ce sont 400 M€ de FEADER complémentaires dont la Région va bénéficier au titre des années 21 - 22, Durant la période dite “de transition” vers la nouvelle PAC, incluant 70 M€ de crédits dédiés spécifiquement à la Relance. Ces crédits vont permettre de renforcer la modernisation des exploitations, les investissements dans les Industries agroalimentaires, mais aussi d’aller plus avant dans le cadre de la lutte contre le changement climatique avec la réouverture notamment la réouverture de la mesure d’aide au maintien pour le bio, avec 151 qui y seront consacrés.
Nous avons aussi mené d’intenses discussions avec les départements et l’agence de l’eau pour que nos interventions en cofinancement permettent bien d’optimiser tout ce FEADER complémentaire et la région entend bien être au rdv de ce nouvel effort financier que nous voterons lors au budget supplémentaire.
Ces efforts se font aussi en complémentarité de la démarche régionale avec les nouveaux audits bas carbone que nous proposons pour armer les exploitations face à la question de la transition écologique. Etape absolument nécessaire.
Alors il y a malheureusement, il y a le loup qui s’invite…Sur ce sujet, j’entends et je comprends absolument la détresse des éleveurs. Je sais que le loup est une espèce protégée, bien présente dans le massif jurassien, mais je suis préoccupé par les récentes attaques en Côte d’Or et en Saône et Loire qui sont le fait de loups isolés. Les moyens mis en place par l’État ne sont pas inadaptés à notre système d’élevage extensif en plein air. Faut-il d’avantage de tirs ? Alors qu’on sait que cela détruit les meutes et que du coup les jeunes loups se retrouvent seuls et tuent plus que nécessaire pour se nourrir. Il est très difficile de discuter sereinement quand les attaques ont eu lieu. On peut l’aborder en théorie,  dans l’abstrait mais  lorsque nous sommes confronté à la situation, la difficulté est là, elle est entière. Je souhaite que l’Agence Régionale de la Biodiversité s’en empare et organise un débat sur la question des grands prédateurs. Puisque nous avons tous les acteurs de l’agriculture et de l’environnement réunis au sein de l’ARB. Peut-être faut-il regarder de près le réseau qui existe dans le massif jurassien pour organiser l’élevage, l’éducation des chiens et la formation des éleveurs, action à l’initiative du pôle grands prédateurs de tous. Sujet difficile que le souci du dialogue et de la construction l’emportent.

Mais évidemment, nous avons de bonne nouvelles malgré le contexte !

L’INSEE  dans son dernier rapport pointe que la BFC attire 9% de personnes de plus que ce qu’elle serait en mesure de capter compte tenu de son poids démographique. Alors cette proportion ne suffit pas encore à entraîner une croissance démographique en raison du solde migratoire toujours négatif mais différents indicateurs montrent que nous créons des conditions d’accueil privilégiées notamment pour les entreprises et les travailleurs grâce notamment à nos filières d’exceptions, à nos formations qualifiantes, à notre main-d’œuvre recherchée et surtout à notre qualité de vie !

C’est d’ailleurs confirmé par Business France qui nous place à la 6ème place des Régions qui accueillent le plus d’investissements étrangers alors que nous ne sommes que la 11ème Région par la population. En 2020, notre Région a accueilli 91 projets, générant 1500 emplois. Et cette activité n’a pas fléchi, malgré la crise.

Les investisseurs étrangers intéressés par notre région se confirment en 2021 avec la volonté d’un grand acteur de l’agroalimentaire de s’implanter sur le technoport de Pagny-le-Château. C’est  l’accessibilité du site et l’interconnexion route/rail/canal qui pourrait faire la différence avec d’autres territoires en concurrence. Les négociations sont en cours mais nous budgétisons un possible accompagnement financier afin d’accompagner cette implantation créatrice de plusieurs centaines d’emplois.

Bonne nouvelle aussi avec la confirmation du développement à Tournus du groupe américain Sherwin-Williams qui va y développer une technologie unique afin de proscrire le bisphénol A des canettes de boissons.

C’est aussi, dans les bonnes nouvelles, la consolidation de nos écosystèmes économiques porteurs d’attractivité parce qu’ils s’assemblent autour d’une dynamique entrepreneuriale, labo de recherche, start-up, organismes de formation…
•    Nous avons l’exemple par la démonstration avec l’inauguration à Besançon de Bio innovation et le déploiement à Dijon du projet GENESIS, porté par URGO. La filière santé est un écosystème tourné vers l’avenir et qui contribue à faire de notre région, une région résolument investie dans la médecine du futur.
•    La preuve toujours par l’exemple avec le développement de la filière hydrogène à l’échelle régionale. Les graines semées germent :
-    Faurecia à BAVANS que nous avons accompagné pour développer la technologie de stockage de l’hydrogène, vient de signer un accord avec le groupe Stellantis pour équiper le 1er véhicule utilitaire de la marque. Les réservoirs de ces véhicules seront donc produits et testés en Bourgogne-Franche-Comté !
-    C’est la possible implantation de McPhy, à Belfort, annoncé par le ministre de l’économie qui n’est pas le fruit du hasard mais le résultat d’un écosystème en avance sur son temps depuis 20 ans.
•    C’est l’innovation collaborative au Creusot de Mecateam cluster, Pôle National qui assure la conception et la réalisation et maintenance des engins de travaux ferroviaires.

Ces écosystèmes sont notre richesse !

Ces écosystèmes sont les capteurs des compétences pour notre avenir !

Mais ces écosystèmes ne sont performants que parce qu’ils sont le fruit d’un travail au long cours :
Ce travail au long cours, c’est le temps de la recherche, de l’innovation… C’est un temps long, qui est parfois difficile à appréhender dans notre société si attachée à l’instantané. Je pense au transfert de technologie, à l’adaptation de ce qui était au départ une idée à des process industrialisés, je pense à l’amorçage, au soutien à l’émergence d’acteurs économiques… Je pense aux capacités de formations, pour accompagner l’humain à l’émergence de nouvelles technologies et de nouveaux métiers.

Tout cela prend du temps, et nécessite de la cohérence dans les interventions publiques qui accompagnent ces processus de gestation.

Et puisque j’évoque la formation, je veux souligner l’importance du travail réalisé avec le monde économique et les acteurs sociaux depuis le début de la crise :
•    Nous continuons à avancer toujours plus loin sur le terrain de la formation des demandeurs d’emploi. Je salue tout le travail qui a été produit pour fournir, bassin d’emploi par bassin d’emploi une cartographie complète des besoins des entreprises en compétences. Ces outils sont très précieux pour les acteurs de l’emploi dans tous nos territoires et je les invite à s’en emparer.
•    Je salue également le travail en cours, à l’image de ce que nous avions produit pour le BTP et le tourisme, pour les secteurs du service à la personne et de la manutention, où nous revoyons avec les branches professionnelles le contenu des formations pour mieux former les demandeurs d’emploi et être en phase avec les besoins réels de ces secteurs. Et j’en profite pour remercier la Vice-présidente extrêmement attentive à tous ces enjeux.
•    Je vous informe par ailleurs, que nous avons travaillé pour finaliser l’expérimentation que l’Etat avait lancée l’année dernière. Mais c’était avant la crise donc ça a pris du retard. Expérimentation à laquelle notre Région participe, pour un travail plus rapproché entre les formations et les outils proposées par Pôle Emploi et ce que nous proposons nous en Région, avec dans le viseur une meilleure offre et des démarches plus simples pour les bénéficiaires aussi bien les demandeurs d’emplois que les entreprises. C’est l’aboutissement d’un travail de très grande qualité. Merci !
•    Nous nous félicitons, par ailleurs que l’Etat rattrape en revalorisant la rémunération des stagiaires de la formation professionnelle. Nous l’avions fait en Bourgogne-Franche-Comté depuis 2019.
Et je voudrais dire un mot du dialogue social qui nous anime avec les syndicats professionnels, salariés, patronaux et l’état autour de la charte que nous avons votée en fin d’année dernière. Les esprits chagrins ne veulent pas reconnaître les avancées. C’est dommage parce que nous sommes  la seule région à avoir assis autour de la table l’ensemble des partenaires sociaux lors de l’élaboration de notre plan de relance et a les avoir invités à s’engager pour la qualité de l’emploi et la transition écologique et énergétique. Au final, L’État et le Medef n’ont pas signé cette charte. Néanmoins, nous avons totalement incorporé cette charte à nos pratiques. Et pour toute entreprise qui bénéficie d’aides publiques de plus de 50 000 € nous les invitons à s’engager sur le maintien de l’emploi, le recours à des stagiaires, étudiants et aussi à des mesures en matière de transition écologique et énergétique dans leur entreprise.

Le temps long, j’y reviens, et le défi à relever, c’est aussi le travail que nous menons en ce qui concerne les transitions écologiques et énergétiques.

Il y a, l’action autour de nos ambassadeurs, les Pionniers Ordinaires de la Transition Écologique, ces POTEs, qui visent à diffuser des exemples de bonnes pratiques que chacun peut inventer et mettre en œuvre pour valoriser et partager de nouvelles façons de faire individuellement comme localement, plus respectueuses de notre environnement et de nos ressources. A côté d’eux, il y a les classes nature environnement pour sensibiliser les scolaires à la nature. Il y a également le festival des Solutions Écologiques qui aboutira à la rentrée si la situation sanitaire le permet et qui sera un démonstrateur des bonnes pratiques, une incitation à sensibiliser et à partager la transition au quotidien. Alors oui, changer nos pratiques prend du temps, mais la richesse des exemples qui émergent et émergeront de ces actions de la Région démontre que lorsque créativité et inventivité sont au rendez-vous, cela peut permettre à tous d’avancer.

La transition écologique, c’est aussi la transition énergétique est également un travail de longue haleine, indispensable pour préserver nos ressources, mais aussi pour diminuer les factures énergétiques, en particulier des ménages les plus modestes. Avec Effilogis, nous le menons depuis plus de 10 ans, aux côtés des particuliers, des bailleurs sociaux et des collectivités.

Mais au moment où le gouvernement travaille sur ses propres dispositifs à travers le SARE, je veux introduire une mise en garde : celle de ne pas négliger le travail important déjà fait par les collectivités locales, avec des actions souvent connues et qui ont fait leur preuve. Il ne faudrait pas que, comme trop souvent lorsque l’état intervient, la logique du bulldozer soit à l’œuvre. Et c’est une logique descendante, ce qui se fait sur le terrain est totalement ignoré. Il faut au contraire co-construire avec les collectivités, et plus encore appuyer les initiatives locales !

Hors à ce jour, la coordination entre l’État, l’ANAH, et la Région ne fonctionne pas comme elle devrait. Les logiques ne sont d’ailleurs pas les mêmes ! A une logique plutôt quantitative du côté de l’État et de l’ANAH se confronte une logique plus qualitative chez nous. Mais le récent rapport de la Caisse des dépôts et consignations vient totalement  conforter dans nos pratiques que nous avons à cœur de mettre en place depuis plusieurs années.

Temps long pourrait-on aussi dire pour ce qui concerne l’amélioration de la desserte ferroviaire Nord Yonne-Paris. Mais nous y arrivons, car deux verrous qui nous empêchaient d’avancer ont sauté ! La région Ile De France accepte d’entrer en négociation avec nous pour un protocole, justifié par le fait que 80 % des voyageurs aujourd’hui transportés dans nos TER sont originaires d’Ile De France. Nous sommes d’ailleurs la seule région avec laquelle l’Ile De France accepte de négocier une évolution de ses modes d’exploitation des TER. Et 2ème obstacle, la SNCF, lève les préalables liés aux capacités des infrastructures concernées.
Aussi, nous nous engageons nous ans une démarche d’acquisition de nouveaux trains qui permettront d’améliorer le confort des voyageurs, d’augmenter l’offre et de rendre plus accessible les tarifs moyennant une correspondance à Montereau.

Nous aborderons après ces propos liminaires et ceux des groupes l’examen du compte administratif (CA) et de la décision modificative (DM).
Je veux relever sur ce compte administratif, que, cette année encore, nous remplissons les ambitions que nous avons affichées en matière d’investissements. C’est, pour moi, une marque de ce mandat : nous avons, année après année, accru notre capacité à investir ! Nous avons, chaque année, entendu dire sur certains bancs que ce n’était pas réaliste, que ce n’était pas sincère, et nous avons, lors de chaque compte administratif, pu constater que les objectifs d’exécution de nos dépenses en investissement étaient atteints ! Il en est de même pour notre PAIR, dont certains pensaient que les engagements prévus pour 2020 ne seraient pas tenus. Les délais étaient certes courts, mais nous sommes au rendez-vous.

Ce compte administratif traduit donc la tenue de nos engagements, ce qui était rendu complexe par le contexte de crise que nous traversons.
Alors, entre des recettes érodées par la diminution de l’activité de notre pays, et des dépenses exceptionnelles liées à la cire, nous dégradons nos marges de manouvre financières. Mais je rappelle que nous avons inscrit notre PAIR à hauteur de 435 millions d’euros, dans une prospective budgétaire sur laquelle nous avons délibéré en juin dernier. En contrepartie de ces marges dégradées, la capacité d’intervention de la Région est décuplée pour amortir le choc et pour permettre le rebond.

Le Budget Supplémentaire qui vous sera présenté ne remet pas en cause le budget que nous avons voté en décembre. Nous constatons que des recettes, malheureusement en baisse pour l’année qui vient, se situeront dans le périmètre de 2020, ce que nous avions prévu.

Nous levons donc le gel budgétaire de 30 millions d’euros que nous avions décidé par mesure de prudence. Et nous procédons à la mise en place de nouvelles mesures de soutien :
•    Fonds pour accélérer les projets portés par les acteurs de l’ESS
•    Appui aux étudiants
•    Tourisme social avec l’appui à la Croix Rouge pour la création d’un village répit famille à Couches en Saône-et-Loire
•    Tourisme toujours avec la carte vacances qui permettra aux familles les plus modestes de profiter des richesses de notre territoire et d’assurer 3 millions d’€ de retombées économiques pour une filière qui en a bien besoin.

A propos de tourisme, je me réjouis de l’excellente nouvelle que je partage avec Madame la Maire d’Arbois. La Maison de Pasteur a été désignée “site emblématique” par la fondation Stéphane Bern. C’est un veritable coup de pouce financier pour effectuer les travaux nécessaires. En attendant de fêter l’an prochain le bicentenaire de la naissance de Louis Pasteur, la Région, à travers le nouveau contrat de station en cours d’élaboration, s’y associera bien évidemment.

J’en termine. Je l’ai dit en début de ce propos liminaire, c’est – très probablement – la dernière fois que nous nous retrouvons sous ce format au cours de ce mandat. Je n’ai bien sûr pas vocation, à cette place et pendant cette séance, à en faire un bilan exhaustif.

Mais à bien des égards, ce mandat a été très particulier : nous avons trouvé en arrivant une nouvelle collectivité. Nous avons dû construire de nouvelles méthodes de travail, adapter et faire converger des politiques publiques qui étaient très différentes. Plus encore nous avons chacun à notre place entamé la construction d’une nouvelle identité de territoire, qui comme toujours, ne remplace pas, n’efface pas ce qui existe déjà, mais s’ajoute bel et bien. Cela aussi, prend du temps, et cela continuera, j’en suis persuadée.

Notre majorité a décliné ses politiques, et chacune de ses composantes aura l’occasion d’en tirer le bilan dans les semaines à venir.

Mais ce que je retiens le plus, c’est la réactivité dont nous avons su faire preuve, dans une époque qui n’est pas simple : adaptation aux premiers effets du changement climatique, crises économiques et sociales, crise sanitaire qui nous ébranle jusqu’à la fin de ce mandat.

Cette capacité à construire de nouvelles politiques publiques et cette force de réactivité, est le fait de tous, élus comme services, et elle symbolise, je crois, ce qui fait la force des collectivités locales dans notre pays : agir en proximité, trouver des solutions en associant les forces vives, analyser en temps réel les effets de nos décisions, construire, ajuster, voir loin au travers de stratégies ambitieuses pour tous nos territoires… cela a été notre quotidien et je veux remercier toutes celles et ceux qui, à leur place, y ont œuvré.
Enfin, je veux bien évidement, remercier l’ensemble des élus régionaux pour leur participation au  débat démocratique qui nous a réuni, dans cette salle ou ailleurs, pendant tout ce mandat. Je souhaite donc un débat de qualité pour cette ultime session, et je cède pour commencer la parole aux présidents de groupe.


Gilles Platret

«Les Bourguignons ont le sentiment de n'avoir rien gagné à la fusion et les Francs-Comtois ont le sentiment d'y avoir perdu»

Alors que, hors micro, Alain Joyandet demande à la présidente si elle est candidate, Gilles Platret, candidat déclaré, prend la parole pour s'exprimer au nom du groupe de l'Union des républicains de la droite et du centre. Il salue François Sauvadet qui a animé les débats pendant la mandature en tant que président du groupe mais qui est absent pour marquer son opposition au format hybride.

Gilles Platret débute son propos en ironisant sur le «tout va bien» de la majorité alors que, «loin de l'autosatisfaction», il ne veut pas de contenter du «déclassement» de la Bourgogne-Franche-Comté. C'est déjà un bilan de la fusion qui s'amorce avec une tonalité de campagne.

Concernant les décisions budgétaires de cette session, l'élu des Républicains égrène les suppressions de crédits de paiement : 2,7 millions d'euros de crédits annulés en matière de développement économique, 1,5 million d'euros annulés pour le tourisme «alors que les hôtels sont vides», 500.000 euros de crédits annulés pour la culture ce qui représente «un très mauvais signal envoyé au monde de la culture qui souffre, 2 millions d'euros de fonctionnement en moins pour le fonds du soutien associatif alors que «nous sommes peut-être à la veille d'un tsunami terrible pour le monde associatif». «Le budget supplémentaire nous donne une image qui est à l'opposé de celle que vous venez de présenter», résume l'opposant.

Dans le compte administratif, Gilles Platret pointe les dépenses de personnel en hausse de 7,5 millions d'euros (soit +13% entre 2019 et 2020) : «nous sommes des partisans du service public mais la qualité d'un service, c'est l'investissement des agents mais ce n'est pas sans cesse des embauches nouvelles». Dans le budget 2021, les ressources humaines augmentent de 10% (ce que Michel Neugnot corrigera en précisant le périmètre d'une hausse de 3%).

«La fusion n'a apporté aucune économie», lance Gilles Platret qui prend l'exemple de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, dirigée par Laurent Wauquiez, et ses économies de fonctionnement. Au final, «les Bourguignons ont le sentiment de n'avoir rien gagné à la fusion et les Francs-Comtois ont le sentiment d'y avoir perdu».

Tout au long de la mandature, le groupe d'opposition n'aura eu de cesse de fustiger «l'augmentation des impôts pour les automobilistes francs-comtois», c'est encore le cas ce jour : «nous sommes sur le podium des régions où la taxe sur les cartes grises est la plus chère», annonce Gilles Platret.

«Nous sommes en perte de compétitivité, parmi les trois régions françaises les moins dynamiques selon l'INSEE. (…) Nous avons perdu de l'attractivité malgré nos atouts. (…) Le nombre d'emplois a baissé. (…) Nous sommes la dernière région de France pour la mobilité professionnelle. (…) 20% des jeunes sont au chômage et nous voyons une politique indigente en matière d'orientation professionnelle [avec 0,7% du budget]», liste l'orateur dont le verbe se fait haut, entre propos liminaires et meeting de campagne.

Un point sur le développement économique est l'occasion de comparer la Bourgogne-Franche-Comté à d'autres régions, gérées par la droite et le centre : 7% du budget primitif en 2020 contre 8,7% en Auvergne-Rhônes-Alpes ou 14% en Pays de la Loire. Gilles Platret propose d'affecter 200 millions d'euros supplémentaire par année.

«Vous avez abandonné l'agriculture»


À son tour, l'élu de Saône-et-Loire déplore les ravages du gel dans les vignes : «les vendanges sont faites, un grand nombre d'exploitations ne récolteront quasiment rien cette année». «Pourquoi n'avons-nous pas pris le pas d'un soutien massif à cette filière ? (…) Vous avez abandonné l'agriculture», lance-t-il à la majorité qui commence à protester devant les attaques : des «n'importe quoi» fusent hors micro.

Autre phénomène naturel, la présence du loup dans la région : «nous ne pouvons pas accepter, sur fond de crise du secteur agricole, qu'un animal déstabilise les exploitations. C'était une fatalité absolue, il est grand temps de réguler la population des loups. Nous ne pouvons pas voir coexister notre élevage et la population des loups».

Toujours sur le registre agricole, Gilles Platret condamne à demi-mots les dégradations survenues lors de la manifestation de la FNSEA à Dijon, le 6 avril dernier : «nous sommes d'accord sur le fait que la violence de règle rien, c'est un crise d'alarme, des pans entiers de l'agriculture sont menacés par les nouvelles négociations [de la PAC]».

«Ce n'est pas un bilan, c'est un passif»


Le thème de la sécurité verra la majorité réagir crescendo. Selon Gilles Platret, la Bourgogne-Franche-Comté serait à la quatrième place pour le plus fort sentiment d'insécurité : «c'est une réalité qui frappe nos concitoyens et en particulier les plus fragile». L'élu des Républicains rappelle alors les faits de violences urbaines survenus aux Grésilles à Dijon et à la Petite Hollande à Montbéliard. «Et à Chalon», lance Patrick Ayache hors micro tandis qu'un brouhaha s'installe dans les rangs espacés de la majorité.

En matière de santé, «un tiers des habitants de Bourgogne-Franche-Comté sont à plus de 30 minutes d'un service d'urgence», assène Gilles Platret. «Ce n'est pas vrai», réagit François Tenenbaum hors micro en évoquant la mise en place d'un hélicoptère supplémentaire.

Sans se laisser perturber, Gilles Platret poursuit en soulignant la baisse de démographie médicale : 240 médecins généralistes et 150 urgentistes manquent dans la région. Stoïque, la présidente laisse dire même quand le candidat lance, paraphrasant quasiment François Mitterrand : «c'est une Région que vous laissez affaiblie ; ce n'est pas un bilan, c'est un passif. Il appartiendra, dans le cadre de la campagne, de proposer un bila radicalement différent».

«Nous ne vous avons pas beaucoup entendu pendant cinq ans», glisse finalement Marie-Guite Dufay, un propos applaudit par Julien Odoul, une fois n'est pas coutume, à l'unisson de la majorité régionale.



Julien Odoul

«Votre discours est un mensonge. Car la Région que nos habitants vivent, votre région celle que vous décrivez n’existe pas»

«Madame la candidate sortante, je me réjouis du discours lucide, volontariste, ambitieux de Monsieur Platret, avec des constats et un verbe offensif. J’aurai aimé l’entendre pendant cinq ans. Quand j’écoute son attaque contre la vice-présidente à l'agriculture, c’est indigne.  J’aimerai avoir une pensée pour nos viticulteurs et arboriculteurs. Il faudrait pouvoir les soutenir.
Vous avez parlé d’une région magnifique. C’est vrai, elle a des femmes et des hommes qu’il faut soutenir et un patrimoine à préserver. Mais notre région est minée par une absence de politique.
Votre discours est un mensonge. Car la Région que nos habitants vivent, votre région celle que vous décrivez n’existe pas. La situation s’est aggravée depuis cinq ans. Vous n’avez pas su redresser la situation, pour l’équilibre, la cohésion du territoire. Au-delà des chiffres, la réalité c’est l’absence totale de la Région. Elle n’existe pas dans leur quotidien. La région s’est dégradée.
Vous avez parlé des bonnes nouvelles. Je vais vous en citer une. Cour administrative d’appel de Lyon, votre pour la subvention de 5000 euros au Festival des idées, a été rejetée. Je regrette que vous vous soyez obstinée, après la sanction du tribunal administratif de Dijon. On peut reconnaitre ses erreurs. C’était un détournement d’argent public pour un festival politique. Ces pratiques là n’existeront jamais avec le Rassemblement National.
Madame Dufay, vous avez parlé longuement, de toute la crise, y compris du réchauffement climatique, qui vous obsède, avec des clins d’œil aux verts. Il y a une crise dont vous ne parlez pas, c’est la crise sécuritaire, d’ensauvagement qui gangrène notre région. Elle brûle et vous regardez ailleurs. Tous les jours vous avez des émeutes urbaines, une violence qui explose, et tous les jours on assiste à votre silence. C’est une faute. La sécurité publique, la sûreté, c’est la première liberté. Il ne peut pas y avoir d’attractivité sans sécurité.
Depuis 10 jours, le quartier du Banlay à Nevers, quartier ultra subventionné, subit des attaques et violences quotidiennes. Cela se passe dans l’indifférence totale. La seule réponse du Maire, qui est aussi là vôtre, c’est toujours plus d’argent public.
Ce quartier a bénéficié de 72 millions d’euros pour 2000 habitants, dont 60 millions pour la rénovation urbaine. Jamais ailleurs 10% de ce budget sera consacré. C’est une discrimination que vous avez entretenue. C’est de l’argent dilapidé. Vous n’avez jamais dit stop. Les violences ne dépendent pas de la région, mais elles ont lieu partout. Le summum de cette violence, c’est un élève poignardé. On ne vous a pas entendu. Je ferai de l’insécurité une compétence et priorité régionale. Que fait la Région ? Rien.
La santé est devenue compétence régionale et je m’en réjouis. Pourquoi rien sur la sécurité ? On en fera une priorité.
Si on prend les quartiers les plus dangereux de la région, Banlay à Nevers, Grésille à Dijon, Planoise à Besançon, Petite Hollande à Montbéliard, ou à Sens, c’est un budget total de près d’un demi milliard d’euros. Ca n’a servi à rien. Si on avait injecté autant pour les quartiers ruraux, ce serait plus d’un milliard d’euros.
Quand on voit que des lignes de bus contournent certains quartiers comme à Montbéliard, c’est intolérable.
Madame Dufay j’aimerai avoir votre sentiment sur la conduite de vos alliés verts, avec une idéologie totalitaire. Ils cherchent à emmerder les Français. Y aura-t-il toujours des menus avec de la viande dans les lycées, toujours une valorisation des productions de sapins, pénaliserez vous les transports routiers, le Tour de France sera-t-il toujours le bienvenu ? Et quid des subventions pour des baptêmes de l’air d’enfants handicapés. L’idéologie des Verts est contre les pauvres. Qui profite de la viande à la cantine, ce sont les plus pauvres, comme pour le Tour de France. J’aimerai que vous puissiez vous exprimer en toute transparence».


Jérôme Durain

«Nous attendons tous de savoir si les élections se tiendront effectivement en juin»

Prenant la parole à son tour, Jérôme Durain, au nom du groupe majoritaire Une région d'avance, a une pensée pour les victimes de l'épidémie ainsi que pour les soignants et agents des services publics.

Ce thème de la crise sanitaire lui permet de tacler le gouvernement : «le rythme de vaccination n'est pas encore à la hauteur. (…) L'espoir de rouvrir en avril est repoussé aux calendes grecques. Nous attendons tous de savoir si les élections se tiendront effectivement en juin dans des conditions complexes et dans un calendrier à peine tenable. La seule campagne qui intéresse nos concitoyens, c'est la campagne de la vaccination».

Puis le socialiste cible les oppositions au sein de l'assemblée régionale : «il y a des bornes à ne pas franchir qui ont été enjambés bien trop souvent durant les cinq ans. Des oppositions qui auront trop souvent confondu cette assemblée avec un plateau de Cnews». Et s'adressant directement à Gilles Platret cette fois : «vous parlez fort devant les micros pendant que la présidente agit», évoquant «une surenchère populiste et démagogique» et même «Julien Odoul [qui] s'est fait agneau alors que le loup était Monsieur Platret».

Devant les points négatifs listés par Gilles Platret, Jérôme Durain n'envisage pas de le retenir comme «ambassadeur de la région». Le socialiste lui reproche d'être «le militant de l'opposition entre la Bourgogne et la Franche-Comté» et d'être «un militant pro-Wauquiez» avant d'établir à son tour une liste : «baisse des subventions associatives, baisse des subventions à la formation professionnelle, c'est en Auvergne-Rhône-Alpes».

«Pendant que les uns étaient aux micros, la présidente était au charbon»


Le président du groupe du Rassemblement National n'est pas oublié : «la litanie des faits divers ne fait pas un programme». Jérôme Durain supposant «un plaisir morbide à énumérer ce qui va mal dans notre région».

En réponse, le président du groupe majoritaire signale une préoccupation de la sécurité qui est intégrée aux politiques régionales : service public, formation professionnelle, emploi, lycées, conditions de vie des habitants, accès à la culture, accès aux sports... «On met les gens en sécurité. Ce n'est pas le Front National [sic] qui va rétablir la sécurité avec la politique du gros bâton».

«Les chiffres sont là : nous sommes au rendez-vous de tous les petits et grands investissements annoncés avec un taux de réalisation proche de 80%. Nos choix vont vers la solidarité, l'écologie et le rayonnement régional. Nous avons répondu depuis un an à l'urgence en maintenant un niveau d'aide élevé. Nous n'aurons laissé personne au bord du chemin. Nous avons créé un véritable pacte territorial avec un lien fort avec les intercommunalités [qui ont la compétence économique]. Pendant que les uns étaient aux micros, la présidente était au charbon», lance le sénateur retrouvant lui aussi des accents de tribun.

L'élu socialiste défend la fusion des conseils régionaux : «la nouvelle région, c'est aussi le fruit de notre pugnacité. (...) Nous avons essuyé les plâtres. (…) Nous y sommes parvenus. (…) Faire exister la BFC est un travail au long cours. (…) La majorité aura toujours mis en avant la solidarité territoriale, l'aménagement équilibré du territoire, la transition écologique».

Le président de groupe majoritaire compare la capacité d'investissement des deux conseils régionaux de 345 millions d'euros en 2015 aux crédits consacrés à l'investissement s'élevant à 500 millions d'euros en 2020. Le socialiste évoque alors «une collectivité qui protège les habitants», réponse au slogan du candidat du Rassemblement National, «pour une Région qui vous protège».

«Notre majorité peut être fière du travail réalisé au cours de ce mandat. (…) La crise sanitaire a été le révélateur de la maturité et de l’efficacité de notre politique régionale», conclut Jérôme Durain.














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