Recherche
Pour nous joindre
redaction.infosdijon@gmail.com
SMS au 07.86.17.77.12
> Bourgogne - Franche-Comté > Bourgogne - Franche-Comté
16/12/2021 03:28

CORONAVIRUS : «Il y a une course contre la montre pour protéger un maximum de Français», rappelle le professeur Alain Fischer

Ce mercredi 15 décembre, le pilote de la stratégie vaccinale a insisté sur les vaccins à ARN messager : Pfizer et Moderna sont «cousins germains, pour ne pas dire jumeaux».
Président du Conseil national d’orientation pour la stratégie vaccinale, le professeur Alain Fischer a tout d’abord réaffirmé ce mercredi 15 décembre 2021 l’importance de la vaccination pour lutter face à une cinquième vague de l’épidémie, liée à un variant delta «extrêmement transmissible, déjà responsable de la quatrième vague».

«Nous sommes en France à un taux d’incidence d’un peu plus de 500 pour 100.000 habitants. J’espère qu’on en train d’atteindre le pic de cette vague, mais c’est pas certain. Il y aura de toute façon une augmentation des hospitalisations», ne peut que constater le spécialiste en immunologie, qui tient à faire remarquer que «la vague serait terriblement plus forte sans la vaccination».


«Nous avons une arme très puissante qui s’appelle le rappel»


Le professeur identifie quatre facteurs de cette circulation virale : «climatique avec des personnes en intérieur plus propices à attraper le virus ; la non-vaccination de six millions de personnes qui ont dix fois plus de risques d’être hospitalisées ; l’effet de la vaccination sur l’infection et la transmission qui diminue avec le temps ; une protection contre les formes graves qui se maintient à un niveau élevé».
La perte progressive d’immunité «au bout de 5 à 6 mois» et «une certaine lassitude des gestes barrières» entrent aussi en compte d’après le professionnel de santé.

Le respect de ceux-ci est rappelé. Le professeur Alain Fischer insiste sur un autre point pour en revenir à la vaccination : «Pour ce qui est de la vaccination, nous avons une arme très puissante qui s’appelle le rappel, un concept classique de vaccination. Le moment varie en fonction des maladies infectieuses et des vaccins mais c’est une règle générale pour toute vaccination. Le principe, c’est de restimuler très fortement les cellules du système immunitaire, afin de booster la réponse immunitaire».

Alain Fischer parle de rappels «extrêmement efficaces», en notant que les taux d’anticorps un mois après rappel «sont dix fois supérieurs au taux obtenu un mois après la primo-vaccination», sans oublier la hausse du niveau de protection contre l’infection et les formes de maladies graves, «à 98 %».

«La primo-vaccination apporte une protection modeste face à Omicron»


Aujourd’hui, la durée de la protection que confère le rappel vaccinal évoqué n’est pas déterminée. Mais Alain Fischer insiste sur cette «troisième dose». Moderna et Pfizer, il les qualifie de «cousins germains, pour ne pas dire jumeaux».
Leur différence est quantitative, le vaccin Moderna présentant trois fois plus d’ARN que le vaccin Pfizer et le vaccin Moderna étant ainsi plus réactogène 24 à 48 heures après l’injection.

Alain Fischer rappelle que les complications se sont manifestées «chez les jeunes, de manière très très rare». En préférant poursuivant : «Le mélange de vaccins, de la primo-vaccination au rappel, n’engendre aucun risque. Ce qui compte pour les personnes pouvant bénéficier du rappel, c’est qu’elles reçoivent de l’ARN. On devrait en arriver à la même chose que pour le vaccin anti-grippal».
Le refus du vaccin Moderna est «une grave erreur» selon Alain Fischer, qui appelle à oublier «des réticences qui n’ont aucun fondement scientifique».

Pour le professeur, au-delà des suspicions n’ayant pas lieu d’être par rapport aux deux vaccins cités, l’enjeu est de vacciner massivement tous les adultes. En ajoutant que le rappel est une protection de plus alors que le variant Omicron pointe le bout de son nez. «Il y a une course contre la montre pour protéger un maximum de Français et éviter une vague qui pourrait être sérieuse», prévient Alain Fischer. «Ce que l’on sait, c’est que la primo-vaccination apporte une protection modeste face à Omicron, mais que la vaccination suivie du rappel permet d’avoir une protection de l’ordre de 75 %».

«Le dosage des anticorps ne sert à rien»


Le président du Conseil national d’orientation pour la stratégie vaccinale balaie assez sèchement les dires du professeur Luc Montagnier sur la dangerosité de la protéine Spike, générée dans les deux vaccins : «Monsieur Montagnier est devenu un anti-vaccin frénétique. Ça n’a absolument aucun sens. C’est une fake-news. Se vacciner, c’est être responsable. Sans oublier les 350.000 personnes immunodéprimées en France que nous devons protéger en nous vaccinant grâce à nos systèmes immunitaires qui fonctionnent bien. Les personnes fragiles et non-vaccinés sont évidemment exposés à des formes graves et des drames, mais ça concerne tout le monde, personne n’est à l’abri».

Il est précisé par le professeur que «le niveau d’anticorps n’est pas un indicateur suffisamment fiable pour justifier ne pas avoir besoin d’une dose rappel. En dehors des personnes immunodéprimées, le dosage des anticorps ne sert à rien, il vaut mieux se vacciner et stimuler notre immunité par le rappel».

Plus particulièrement concernant les adolescents, «il est recommandé de les vacciner», notamment pour éviter des formes graves possibles, réduire l’absentéisme scolaire et avancer sur l’immunité collective.
Pour les enfants de 5 à 11 ans, Alain Fischer préconise la même recommandation par les mêmes volontés. «Nous n’avons pas encore toutes les garanties pour mettre en place cette vaccination car nous n’avons pas assez d’informations sur la sécurité d’emploi de ces vaccins. Ces résultats, nous les aurons bientôt, dans la semaine prochaine, en nous appuyant par exemple sur les premiers résultats aux Etats-Unis sur au moins deux millions d’enfants américains. Si les résultats sont positifs, le conseil se prononcera évidemment pour l’ouverture de la vaccination de tous les enfants de 5 à 11 ans», admet-il tout de même.

Quant aux traitements existants, Alain Fischer confirme que des personnes vulnérables et immunodéprimées en bénéficient et que ceux-ci appellent à être développés. Une molécule chimique de Pfizer est aussi utilisée. Mais le professeur tempère : «Il ne faut pas imaginer que ces traitements vont remplacer la vaccination. Le virus deviendrait insensible aux médicaments. Nous avons la chance de disposer de doses en quantité suffisante, nous devons la saisir».

Entre le 1er septembre et le 25 novembre, chez les moins de 65 ans, les personnes non-vaccinées représentent 76 % des personnes en réanimation, «alors qu’elles ne représentent que 10 % de la population, c’est dire le facteur de risque que représente la non-vaccination».

Probablement deux cas Omicron à l’Ensam de Cluny


Au niveau régional, de nouvelles doses Moderna sont arrivées pour cette fin d’année. Des doses Pfizer arriveront cette semaine (50.000) avant un réapprovisionnement en début d’année prochaine (200.000 doses sur les deux premières semaines).
L’ARS Bourgogne-Franche-Comté assure que «tous les rendez-vous pris par des personnes souhaitant le vaccin Pfizer seront honorés mais qu’il leur sera aussi proposé de passer au Moderna s’ils ont plus de 30 ans. Il n’y aura aucune substitution autrement que volontaire». De nouveaux créneaux Pfizer pour les personnes de moins de 30 ans seront ouverts durant ces deux dernières semaines de l’année dans la région.

Aucune indication de désactivation de passes sanitaires des personnes de plus de 65 ans n’est donnée par l’Agence régionale de santé, qui précise que «l’offre était suffisante en dose de rappel pour que ces personnes puissent se faire vacciner». Les personnes de plus de 65 ans avaient jusqu’au 15 décembre pour se faire injecter leur dose de rappel.

À la date du 14 décembre 2021, «plus de 730.000 rappels sont effectués en Bourgogne-Franche-Comté», soulignent Alain Morin, directeur de crise et de santé publique à l’ARS, et le docteur Mohamed Si-Abdallah, directeur adjoint, accompagnés de Didier Jacotot, directeur de cabinet, du pilotage et des territoires à l’Agence régionale de santé.
Quelques signalements de faux passes sanitaires ont émané de professionnels, ayant été encouragés à porter plainte auprès des autorités compétentes.

Enfin, on sait que le variant Omicron a été détecté cette semaine sur un cas à l’ENSAM de Cluny en Saône-et-Loire. 396 dépistages ont été effectués par la suite. «À ce stade, on a toujours un seul cas Omicron confirmé. La probabilité d’en avoir un deuxième cas, qui plus est le colocataire du cas positif, soit avéré», indique l’ARS.

Pour le cas à Dijon, son isolement est aujourd’hui levé. Un autre cas détecté en Saône-et-Loire poursuit son isolement en Rhône-Alpes.

Alix Berthier

Infos-dijon.com - Mentions légales