Recherche
POUR JOINDRE INFOS-DIJON
redaction.infosdijon@gmail.com (à privilégier)
SMS et MMS au 07 86 17 77 12
> Bourgogne - Franche-Comté > Bourgogne - Franche-Comté
06/10/2020 16:58

CORONAVIRUS : L'ARS appelle à «l'autorégulation» pour «endiguer la marée montante de l'épidémie»

L'ARS Bourgogne-Franche-Comté a fait un point de situation ce mardi 6 octobre. L'autorité de santé en appelle à «la mobilisation individuelle et collective» devant les cas de contamination dans la sphère privée. Dijon se rapproche de la situation des autres métropoles. La Saône-et-Loire représente un tiers des hospitalisations régionales.

«La situation épidémique continue à se détériorer et pourtant on a le sentiment qu'il suffirait d'un petit effort individuel de chacun pour pouvoir inverser la tendance» lance Pierre Pribile, directeur général de l'Agence Régionale de Santé de Bourgogne-Franche-Comté, au début de son point de situation ce mardi 6 octobre 2020.

Est-ce un effet d'une prise de conscience liée à crise sanitaire de mars dernier ? Les indicateurs régionaux sont moins alarmants qu'au niveau national mais continuent néanmoins de se dégrader dans la plupart des départements. Le taux d'incidence tend à plafonner à 60 pour 100.000 habitants au niveau de la Bourgogne-Franche-Comté alors que le taux de positivité tend à augmenter pour approcher les 6% (8% à l'échelle nationale).

Un nouveau palier d'ici une semaine ?


L'ARS compte dix nouvelles hospitalisations chaque jour et trois entrées en réanimation ce qui amène le directeur à constater que «l'impact hospitalier continue à se confirmer». À ce jour, 150 personnes sont hospitalisées dont 28 personnes en réanimation.
En mars dernier, les hôpitaux avaient été vidés et les interventions chirurgicales non-urgentes déprogrammées pour faire face à «une vague de patients». Aujourd'hui, l'objectif de l'ARS est de «ne pas recourir à des déprogrammations massives». D'autant plus que l'épidémie touchant à présent tout le territoire national, il n'est plus possible d'effectuer des transferts sanitaires en direction d'autres régions.

La stratégie de l'ARS est de repousser le moment d'arriver à un nouveau palier, celui de 20% de patients en réanimation malades de la Covid-19, ce qui serait un signal de tension au sein des établissements de santé. Soit 40 patients à l'échelle régionale. Selon Pierre Pribile, il se pourrait que ce palier soit atteint d'ici une semaine.

Dans ce cadre, l'ARS incite les personnes fragiles et les professionnels de santé à participer à la prochaine campagne de vaccination contre la grippe.

Situation inquiétante en Saône-et-Loire


La Côte-d'Or reste le département le plus touchés dans la région avec 7% de positivité et une incidence élevée chez les plus de 65 ans avec un taux de 60. L'ARS voit là «un signe avancé» de difficultés hospitalières. Sur la métropole dijonnaise, le taux d'incidence est à plus de 150 (70 pour les plus de 65 ans), le taux de positivité atteint 9%. La situation tend à se rapprocher des autres métropoles dont certaines ont déjà vu leur alerte se renforcer.

En Saône-et-Loire, la situation est «inquiétante» pour les personnes de plus de 65 ans avec un taux d'incidence de 90. Sur les 150 patients hospitalisés dans la région, 50 le sont dans la Saône-et-Loire. Pierre Pribile appelle à la vigilance partout sur le territoire : «même dans le Morvan, le virus est là».

Deux autres départements ont aussi dépassé le seuil d'alerte : l'Yonne (60 et 7%) et et le Doubs (50 et 4%). Le Jura s'approche du seuil d'alerte avec un taux d'incidence de 46 un taux de positivité de 4%.

La Nièvre et le Territoire-de-Belfort sont repassés en-dessous de 50 concernant les taux d'incidence (30 et 3% de positivité dans la Nièvre, 40 et 4% dans le Territoire-de-Belfort). La Haute-Saône est le département le moins touché de la région (taux d'incidence de 30 et positivité de 3%).

«Se réguler dans sa vie personnelle»


L'ensemble de ces indicateurs fait dire à Pierre Pribile que «le virus est partout sur notre territoire régional, il faut continuer à adapter notre comportement à cette situation épidémique. La situation exige un sursaut de responsabilité individuelle y compris dans la sphère privée».

«L'empilement des mesures contraignantes ne pourra pas remplacer la mobilisation individuelle et collectives de nos concitoyens» renchérit Pierre Pribile car «une bonne partie des contaminations se jouent aussi dans la sphère privée». De ce fait, «on ne peut pas juste s'en remettre à des contraintes qui viennent des autorités» analyse le directeur de l'ARS qui incite à «se réguler dans sa vie personnelle» tout en reconnaissant qu'«une sorte d'autorégulation – c'est contraignant et ça va durer – c'est la seule façon d'endiguer cette marée».

L'autorégulation passe par le respect des gestes barrières car «ça marche» au regard de la dynamique des hospitalisations dans la région, bien moins importante qu'en mars dernier : «la situation se détériore beaucoup moins vite parce que la population respecte bien plus les gestes barrières qu'en février».

Quelques jeunes patients hospitalisés


Pourtant, le directeur de l'ARS appelle à «l'esprit de solidarité» car «les gestes barrières ne sont pas encore assez présents». Il rappelle que «le risque n'est pas nul» pour les moins de 65 ans, qui peuvent par ailleurs être vulnérables en fonction de leur état de santé. Parmi les patients hospitalisés à l'heure actuelle, l'ARS recense «quelques personnes jeunes» dont certaines sont encore en âge d'être scolarisées. Donc «des personnes jeunes et bien portantes hospitalisées, c'est rare mais ça arrive» résume Pierre Pribile.

Si «c'est vrai que, quand on est jeune et bien portant, le virus est moins dangereux que quand on est âgé ou malade», il n'en reste pas moins que l'«on est un maillon dans une chaîne de transmission». Pierre Pribile exhorte «à protéger les plus fragiles», les plus âgés, les plus malades, les résidents en EHPAD. Le directeur signale que des relâchements ont été constatés lors des visites en EHPAD.

Du côté des clusters, qui commencent à partir de trois contaminations rapprochées, l'ARS surveille environ 600 situations dans la région dont 20 clusters «importants». Pour évoquer l'importance de la circulation du virus dans la sphère privée, Pierre Pribile signale que 60 situations de ce type sont suivies tandis que 50 sont étudiées en lien avec la sphère professionnelle et 35 au sein d'EHPAD.

Ce deuxième épisode épidémique, qui ressemble plus à une marée montante qu'à une déferlante, apparaît donc comme pouvant encore être contenu. «Si, à partir d'aujourd'hui tout le monde fait très attention, l'impact sur les hospitalisations se verra dans quinze jours» indique Pierre Pribile.

Jean-Christophe Tardivon

Les malades de la Covid-19 représentent 15% des places normales en réanimation en Bourgogne-Franche-Comté


Consommation d'alcool sur la voie publique et vente d'alcool interdites après 21 heures à Dijon