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13/11/2020 17:23

CORONAVIRUS : La Bourgogne-Franche-Comté s'approcherait du pic épidémique

Le point de situation de ce vendredi 13 novembre a permis au directeur général de l'ARS Bourgogne-Franche-Comté d'évoquer les simulations encourageantes de l'Institut Pasteur. Néanmoins, la seconde vague est «violente et meurtrière» avec 267 décès en une semaine dans la région.

«Notre système de soins est sous grande tension» rappelle d'emblée le préfet de la Côte-d'Or pour débuter le point de situation de ce vendredi 13 novembre. Le taux d'occupation des lits de réanimation en Bourgogne-Franche-Comté s'élève à 120% de la situation normale, c'est-à-dire que des capacités ont dû être dégagées pour ouvrir temporairement de nouvelles places dans un service de réanimation.

Le préfet de la Côte-d'Or relaie ensuite des informations nationales. Actuellement, un décès sur quatre survenant en France est liée à l'épidémie de Covid-19. Le confinement est maintenu jusqu'au 1er décembre au moins même si ses effets pour freiner la circulation du virus SARS-CoV-2 commencent à se faire sentir.

L'heure n'est donc pas au relâchement d'autant plus que les forces de sécurité intérieur ont reçu la mission de renforcer les contrôles. Ce qui ne concerne pas que les particuliers : plusieurs grandes surfaces ont été contrôlées dans la Côte-d'Or et une mise en demeure a été envoyée.

«Même si la dynamique s'infléchit, les chiffres restent très élevés»

Le directeur général de l'Agence Régionale de Santé de Bourgogne-Franche-Comté, Pierre Pribile, se montre un rien plus optimiste que le préfet. «Le début de bonne nouvelle de la semaine dernière se confirme» avec, même, «une baisse des nouvelles contaminations» dans certains départements.

Depuis la semaine dernière, le taux d'incidence régional a continué d'augmenter puis a diminué. La situation arrêter de se dégrader dans le Jura et la Saône-et-Loire, deux départements critiques. Le taux d'incidence du Jura est passé de 700 à 620, celui de la Saône-et-Loire de 650 à 580. Néanmoins, «même si la dynamique s'infléchit, les chiffres restent très élevés» insiste Pierre Pribile.

En effet, le taux d'incidence régional reste bien supérieur à la moyenne nationale, de même que le taux de positivité. La Bourgogne-Franche-Comté reste la deuxième région la plus touchée par la seconde vague épidémique, après Auvergne-Rhône-Alpes.

«On s'approche des limites du système hospitalier régional»


Si l'inflexion est «encourageante», elle reste «insuffisante» pour inverser la tendance à l’hôpital où l'on constate 130 entrées en hospitalisation par jour et 20 en réanimation. 1.751 personnes sont hospitalisées, soit 370 de plus qu'au pic de la première vague. 235 patients sont en réanimation.

«Les établissements de la région ne sont pas saturés, néanmoins on s'approche des limites du système hospitalier régional» analyse Pierre Pribile. La situation induit une «politique active» de transferts de patients vers les hôpitaux les moins touchés. Il y a eu 159 transferts de patients d'un service de médecine dont 59 patients admis dans un service de réanimation, parmi eux beaucoup de résidents du Jura et de la Saône-et-Loire. Le 12 novembre, deux patients du CHU de Dijon et deux patients du CHU de Besançon ont été transférés à Nancy. Ce 13 novembre, quatre patients de Dijon, Auxerre et Mâcon ont été transférés à Strasbourg.

«La deuxième vague est violente et meurtrière» constate le directeur de l'ARS en relevant 1.501 décès à l'hôpital et 833 décès dans les EHPAD depuis le début de l'épidémie. C'est malheureusement 267 décès en une semaine dans la région. «Cela doit nous inviter à tenir pour faire reculer les nouvelles contaminations et les nouvelles hospitalisations» rappelle Pierre Pribile.

«Une consolidation des acquis de l'expérience»


Alors que l'ARS fait appel à des renforts pour seconder les soignants en poste, le directeur rappelle que les ressources humaines libérées par les déprogrammations sont redéployées sans pour autant que cela fasse l'objet d'une contrainte. «Dans 99% des cas, les moyens sont redéployer au sein d'un même établissement» explique Pierre Pribile, tandis que, occasionnellement cela prend la forme de mise à disposition d'une autre structure.

La formation des soignants a été anticipée au sein de chaque établissement durant l'été : le travail de  préparation en vue de la deuxième vague a conduit les hôpitaux à prévoir une augmentation du nombre de places en réanimation, service où l'on demande des compétences particulières. Dans ce cadre, chaque établissement à mis en place un plan de redéploiement capacitaire et un plan de formation pour des personnels supplémentaires.

La Bourgogne-Franche-Comté ayant été très touchée dès le mois de mars 2020, au point que les établissements de santé se sont approchés de leurs limites, les équipes en sont ressorties avec des acquis particuliers. Pour cette deuxième vague, l'ARS s'est donc projeté dans «une consolidation des acquis de l'expérience plutôt que dans un plan nouveau». «Une capitalisation de la première vague» comme le résume son directeur.

«Le pic épidémique est attendu dans les jours qui viennent»


«Ce qui se passe aujourd'hui est très complexe à gérer mais ressemble du côté des réanimations à ce qu'elles ont déjà vécu» explique Pierre Pribile qui ajoute en revanche que «c'est du côté de l'hospitalisation classique que l'afflux de malades est plus important». Telle qu'elle se présente pour l'instant, une proportion moindre de malades de la seconde vague se retrouvent admis en réanimation par rapport à la première vague.

Le directeur de l'ARS voit là un progrès dans l'accompagnement des patients du fait de l'expérience acquise par les soignants : «les équipes de médecine peuvent prendre en charge les patients sans avoir avoir recours aux technique de réanimation».

En basant sur des simulations de l'Institut Pasteur, «le pic épidémique est attendu dans les jours qui viennent» déclare Pierre Pribile qui envisage en conséquence, un «pic du nombre de patients présents à l'hôpital en fin de semaine prochaine». «Si c'est ce qu'il se passe, alors nous pourrons y faire face sans augmenter le nombre de transferts» indique-t-il en conclusion de son intervention.

Jean-Christophe Tardivon

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