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06/11/2020 17:41

CORONAVIRUS: La rectrice confirme «l'efficacité du protocole appliqué depuis la rentrée scolaire»

Le système éducatif fait face à une crise sanitaire et à une crise sécuritaire. Nathalie Albert-Moretti est revenue ce vendredi 6 novembre sur les incidents lors de l'hommage à Samuel Paty et sur l'adaptation du protocole dans les lycées de l'Académie de Dijon.

Lors du point de situation du vendredi 6 novembre 2020, la rectrice de l'Académie de Dijon Nathalie Albert-Moretti est revenue sur la «double crise» : «sanitaire et terroriste». La rectrice a d'emblée saluer le dévouement «exemplaire» des personnels de l’Éducation nationale.

Au premier jour de la rentrée après les vacances de la Toussaint, le lundi 2 novembre dernier, l’Éducation nationale a rendu hommage à Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie au collège Bois d'Aulne à Conflans-Sainte-Honorine, assassiné le 16 octobre 2020 par un terroriste islamiste.

Quelques incidents lors de l'hommage à Samuel Paty


«La minute de silence a été observée partout, l'hommage a pu être rendu avec la solennité attendue dans un climat de forte émotion» a déclaré la rectrice, elle-même présente au collège Clos de Pouilly à Dijon (lire notre article).
Quelques incidents dans l'Académie  de Dijon ont été constatés dans le cadre de cet hommage. «Quinze incidents, allant du refus de participer à la minute de silence jusqu'à l'apologie du terrorisme» a précisé la rectrice. Sept signalements ont d'ores et déjà été déclarés auprès du procureur de la République et deux sont encore en attente d'information pour éventuellement suivre la même procédure.

Chaque incident a fait l'objet d'un traitement par l'équipe «valeurs de la République» dédiée à ce genre de situation et par les référents départementaux sur la laïcité. Nathalie Albert-Moretti a tenu à signaler que «parfois, la famille s'est elle-même émue de l'attitude de l'élève».

Se joignant aux propos de la rectrice, Jean-François Chanet a lui aussi constaté «le moment intense d'unité qu'a été l'hommage à Samuel Paty». Un hommage émaillé d'un «minimum d'incidents» dont il a refusé de préciser le nombre pour l'Académie de Besançon. Le recteur a préféré saluer «les efforts méritoires des enseignants pour reprendre un travail de longue haleine d'instruction civique de réflexion sur les principes fondateurs de notre république».

Présent lui aussi au collège du Clos de Pouilly à Dijon pour cet hommage, le préfet de la Côte-d'Or Fabien Sudry a gardé le souvenir d'«un moment de communion très forte que l'on a rarement dans la vie publique».

Vigilance autour des écoles


Après l'assassinat de Samuel Paty, la situation concernant les établissements scolaires est d'autant plus surveillée. La préfecture a réactivé les liens entre les forces de sécurité intérieure et les établissements. Des référents existent pour chaque établissement au sein des forces de l'ordre pour conseiller les équipes éducatives. Les forces de sécurité intérieures ont reçu la consignes d'être plus présentes aux abords des établissements (lire notre article concernant Dijon).

«Dans chaque département s'est tenu un état major de sécurité» a indiqué Fabien Sudry, qui est aussi préfet de région Bourgogne-Franche-Comté. Ces réunions permettent de dresser un état des lieux de la coopération entre les différents services de l'état. «Les signalements qui apparaissent au sein de l'école sont traités de manière réactive pour ne rien laisser au hasard» a souligné le préfet.

Un protocole sanitaire difficile à appliquer dans les lycées


Sur le plan sanitaire, le rectorat constate que «les contaminations se déroulent peu en milieu scolaire» avec, au 5 novembre 2020, 50 élèves positifs au SARS-CoV-2 (soit 0,03% de l'effectif) et 18 personnels (0,07%). Parmi les 50 enfants, 3 sont en premier degré, 47 en second degré. À ce jour, il n'y a pas de structure scolaire ou de classe fermée dans l'Académie de Dijon. Cela confirme «l'efficacité du protocole appliqué depuis la rentrée scolaire» selon la rectrice.

La situation de l'Académie de Besançon a été évoqué par le recteur Jean-François Chanet. Sur sept jours, ont été constatés 50 cas d'élèves positif au coronavirus (0,02% de l'effectif) et 16 personnels (0,07%). Aucune classe n'est fermée.

Depuis la fin des vacances scolaires, l’Éducation nationale applique une version accentuée du protocole sanitaire de la rentrée de septembre dernier. Une version «plus difficile à appliquer dans les lycées» où il est «plus difficile de maîtriser les brassages d'élèves» de l'aveu même de la rectrice.

Des aménagements ont donc été proposés par le ministre sur la base de la moitié du temps scolaire réalisé en présentiel dans les lycées. Le reste du temps, ce serait le retour  de la continuité pédagogique avec des classes virtuelles ou des études en autonomie en lien avec les enseignants.

Les proviseurs peuvent donc proposer au rectorat un plan de continuité pédagogique jusqu'aux vacances de Noël. Chaque plan sera validé par le référent continuité pédagogique de l'académie qui dispose aussi d'une cellule de suivi pédagogique pour accompagner les établissements.

«Il ne s'agit pas de systématiser ce mode d'organisation mais de le rendre possible» a souligné Nathalie Albert-Moretti. Les premiers concernés serait les lycées ayant un grand effectif tandis que les petits lycées pourraient opter pour un fonctionnement en tout présentiel. À ce jour, sept établissements ont déposé un tel plan de continuité dans l'Académie de Dijon.

Du CP jusqu'au lycée, «les élèves doivent porter le masque, en milieu clos ou en milieu extérieur» a rappelé la rectrice, ajoutant qu'«un établissement peut refuser un élève qui ne porterait pas le masque».

Le baccalauréat adapté à la situation sanitaire


Ces nouvelles mesures vont avoir une incidence sur le déroulement des enseignements en première et en terminale et sur la manière dont le bac va se dérouler. Après avoir échangé avec le comité de suivi du baccalauréat, avec le comité des lycéens et avec les organisations syndicales, Jean-Michel Blanquer a annoncé des mesures concernant le bac tout en maintenant trois objectifs : garantir le caractère national, préserver l'esprit de la transformation et conserver le haut niveau d'exigence du diplôme.

Les épreuves communes de première et de terminale sont donc annulées. Sous réserve du contexte sanitaire d'alors, les épreuves d'enseignement de spécialité devraient être maintenues du 15 au 17 mars 2021. Deux sujets seront proposés au choix. Des documents de correction détaillés seront fournis pour «assurer une égalité de traitement des candidats» selon la rectrice.

Appel à la grève le 10 novembre


Plusieurs organisations syndicales enseignantes de Côte-d'Or ont appelé à une grève le 10 novembre prochain avec un rassemblement devant le rectorat à Dijon (lire le communiqué). Le préfet a confirmé que «le confinement n'interdit pas un rassemblement à caractère revendicatif». Il demande néanmoins aux syndicats de faire une déclaration en préfecture et de mettre en place les mesures barrières appropriées.

Alors que les représentants syndicaux ont sollicité une audience auprès du rectorat, Nathalie Albert-Moretti a indiqué qu'«un certain nombre des revendications ont déjà été satisfaites par les annonces du ministre» du 5 novembre. La rectrice s'interroge donc sur la pertinence du maintien de cette grève.

Jean-Christophe Tardivon

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