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25/04/2020 07:52

CORONAVIRUS : Le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté commande un million de masques pour les élèves

Lors de la session de ce vendredi 24 avril, un nouvel approvisionnement de masques a été approuvé. Il s'agit cette fois de masques barrières qui seront fournis gratuitement aux élèves empruntant les transports scolaires. Marie-Guite Dufay a insisté pour que la commande soit passée auprès d'entreprises françaises.
Session historique au siège dijonnais du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, ce vendredi 24 avril 2020, puisque c'était la première assemblée plénière en situation d'épidémie du Covid-19. Non seulement les conseillers régionaux portaient un masque chirurgical pour circuler dans les allées mais, en plus, un temps de la session fut consacré à un débat concernant un achat de masques supplémentaires.

Après quelques déboires (lire notre article «Micmac sur les masques»), le conseil régional réceptionnait le 10 avril dernier la première partie d'une commande de quatre millions de masques sanitaires, principalement chirurgicaux (lire le communiqué).

Destinés prioritairement aux EHPAD, aux personnels de soins à domicile et aux structures d'accueil aux personnes handicapées, 1,8 millions de masques ainsi livrés ont été distribués par les différents conseils départementaux (lire notre article pour la Côte-d'Or). De plus, 50.000 masques ont été remis à des associations humanitaires (lire le communiqué).

«Il faut que les élèves aient un masque»


«Ce que nous avons fait pour les masques chirurgicaux, il faut qu'on le fasse pour les masques textiles» a indiqué Marie-Guite Dufay. Première préoccupation, puisque la Région organise les transports scolaires, «il faut que les élèves aient un masque» dans les cars.

C'est une des raisons qui a amené la Région à commander, le 23 avril dernier, 2,8 millions de masques dits «barrière» ou «grand public». Un million de ces instruments de protection sont donc destiné à être remis gracieusement à la communauté éducative.

Un million et demi de masques seront revendus aux communes de moins de 10.000 habitants qui rencontrent des difficultés d'approvisionnement. Le conseil régional se place ainsi dans une logique de centrale d'achat. Cela coûtera aux communes moins de deux euros par masque lavable une trentaine de fois.

Un soutien à des entreprises locales


Échaudés par la difficulté d'approvisionnement depuis la Chine, les services de la Région ont retenu plusieurs fournisseurs, tous ayant leur siège en France, même si la confection est sous-traitée en Tunisie ou au Portugal. Le fait est que les entreprises dont les ouvriers sont installés en France ne sont pas à même, à ce jour, de fournir des commandes de l'ordre du million d'unités.

Cependant, pour les salariés du conseil régional, 15.000 masques ont été commandés à Epau-Nova, une entreprise située à Mathay (Doubs) qui réalisait jusque-là des épaulettes. De plus, Marie-Guite Dufay a défendu un «acte économique» consistant à passer commande de 300.000 masques biodégradables à Géochanvre, entreprises située à Lézinnes (Yonne), pour «aider  à acheter une machine».

8,5 millions d'euros pour 6,8 millions de masques


Le coût de l'ensemble des commandes (4 millions de masques sanitaires et 2,8 millions de masques barrières) avoisine 8,5 millions d'euros. Les crédits ont été pris sur le budget des ressources humaines.

Une partie sera compensée par des titres de recettes auprès des Villes de Dijon et de Besançon pour lesquelles la Région a passé commande de masques chirurgicaux et par la revente aux communes de masques en tissu. Le coût final de l'opération pour la Région est donc estimé à 4,2 millions d'euros.

«Une proposition généreuse»


Lors des débats autour de cet amendement, Patrick Molinoz, conseiller PRG-Centre gauche, membre de la majorité régionale, a salué «la proposition généreuse» de l'exécutif tout en soulignant l’ambiguïté de la démarche : «à chaque fois que nous disons que nous achetons des masques, nous créons un sentiment d'urgence auquel nous ne sommes pas capables de répondre» car «la communication est quand même un des gros problème de cette crise». Dans ce contexte de demande de masque de la part de la population, «il revient à l’État de dire quelle est la doctrine de distribution des masques» c'est à dire concernant leur nombre et les typologies d'habitants destinataires.

Du côté du groupe d'opposition des Républicains de la Droite et du Centre, Marie-Claude Jarrot a demandé «à ce que cet achat soit considéré comme un investissement par l’État» cela afin qu'il soit exonéré de TVA.

Pour le Rassemblement National, Julien Odoul a incité l'exécutif à faire livrer les cargaisons sur le tarmac de l'aéroport de Dole-Tavaux plutôt que sur celui de Bâle-Mulhouse. Marie-Guite Dufay a précisé que le déchargement des avions-cargos n'étant pas possible dans le Jura, c'est à Marseille que sont arrivés les masques en provenance de Chine afin d'éviter le passage par l'aéroport de Grand-Est.

En fin de journée ce vendredi, l'amendement sur ces commandes a été voté à l'unanimité des élus. La livraison des asques en tissu devrait arriver le 4 mai prochain.

Jean-Christophe Tardivon

Retrouver notre article sur les discours de la présidente et des groupes politiques


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