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10/04/2020 18:22

CORONAVIRUS : «Le masque n'est pas une amulette magique» selon Pierre Pribile

En Bourgogne-Franche-Comté, 459 décès sont à déplorer en milieu hospitalier et 275 dans les établissements médico-sociaux depuis le début de l'épidémie de Covid-19, soit 58 de plus en une journée. Plus de 1.300 patients sont sortis d'hospitalisation. À noter que l'ARS a procédé à un changement d'administration à l'hôpital de Montceau-les-Mines.
L'Agence Régionale de Santé de Bourgogne-Franche-Comté l'avait indiqué le 8 avril dernier, le nombre de patients en réanimation se stabilise. Il s'agit là d'un des premiers signes positifs de l'effet du confinement. Néanmoins, le système de santé, s'il résiste, reste sous tension ainsi que l'a précisé le directeur de l'ARS, Pierre Pribile, lors d'un point de situation le vendredi 10 avril 2020.

À ce jour, 1.282 personnes sont hospitalisées et 290 patients sont pris en charge dans un service de réanimation. 459 décès dans le secteur hospitalier et 275 décès dans le secteur médico-social sont à déplorer depuis le début de l'épidémie. Cependant, plus de 1.300 personnes sont sorties d'hospitalisation et sont en voie de guérison. «Le nombre de personnes qui sortent de l'hôpital a dépassé le nombre de celles qui s'y trouvent encore» a tenu à souligner Pierre Pribile.

«Les hôpitaux tiennent le choc»


Si «le confinement, ça marche, (…) il ne faut pas en tirer la conclusion que ça va mieux» car cette «stabilisation» se fait «à un niveau extrême» a rappelé le directeur de l'ARS. Presque 300 personnes en réanimation équivaut à une occupation de 150% des capacités habituelles de réanimation en Bourgogne-Franche-Comté.

«Les hôpitaux tiennent le choc», qu'ils soient publics ou privés. Pour Pierre Pribile, «le meilleur moyen de témoigner de la reconnaissance», c'est de «ne pas les lâcher en se relâchant». Dans la situation actuelle, il n'y a plus de transferts de patients interrégionaux de programmés tandis qu'ils reste quelques transferts sanitaires intrarégionaux.

«Il n'y a pas de bouclier absolu contre l'entrée du virus dans les EHPAD»


Le directeur de l'ARS a tenu à faire la chasse aux idées reçues à propos de la situation dans les EHPAD en commençant par rappeler que travaillaient là des professionnels du soin «dont le métier est d'apporter des soins à des résidents qui sont malades, pas nécessairement du coronavirus». «Quand le virus entre dans les EHPAD, il se diffuse à une vitesse impressionnante et sollicite fortement les personnels qui ont besoin de renforts», ce pourquoi l'ARS accompagne les soignants.

L'ARS demande à ne pas stigmatiser les établissements dans lequel le virus est entré : «il n'y a pas de bouclier absolu contre l'entrée du virus dans les EHPAD, tous les EHPAD prennent un maximum de précautions».

Une fois qu'une personne est malade, «la décision d 'admettre dans l'hôpital une personne âgée reste une décision médicale». À ce jour, 130 personnes âgées, résidentes d'EHPAD, sont hospitalisées. Trois modalités sont pratiquées : l'hospitalisation classique, l'admission en soins de suite, ou une adaptation de l'hospitalisation à domicile dans l'EHPAD.

Pour autant, le directeur de l'ARS a reconnu qu'il est «très rare d'admettre une personne âgée et très faible» en réanimation car «ce sont des soins très lourds, pour être admis en réanimation, il faut avoir une chance d'en sortir». Toujours est-il qu'«il n'y a pas de tri» a martelé le directeur, ce qui est rendu possible «parce qu'il n'y a pas eu de saturation des services de réanimation».

Changement d'administration à l'hôpital de Montceau-les-Mines


Pierre Pribile a fait un focus sur la situation à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) où le directeur de l'hôpital et la directrice des soins ne sont plus en poste : «dans un certain nombre d'hôpitaux, il y a parfois des améliorations à apporter à leur administration, c'était nécessaire à l'hôpital de Montceau-les-Mines».

Pourquoi pas un masque en plus des gestes barrière


Le port du masque en cas de maladie des voies respiratoires n'étant pas un réflexe culturel en France, il y a encore des tâtonnements dans les doctrines comme dans les usages. L'ARS a relayé la position du gouvernement : «il n'y a pas d'obligation de porter un masque mais ce n'est pas interdit».

Les masques chirurgicaux et les masques FFP2 sont à réserver aux soignants qui sont au contact de malades avérés du Covid-19. La population et certains professionnels sont en train de s'approprier des masques anti-projections en tissu.

«Le masque n'est pas une amulette magique» a signalé Pierre Pribile qui craint que le port incontrôlé d'un masque s'accompagne d'un relâchement des gestes barrière. «En plus pourquoi pas, à la place certainement pas» a-t-il résumé.

Jean-Christophe Tardivon