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30/12/2020 17:18

CORONAVIRUS : «Le soir du 31 décembre, ce n'est vraiment pas le moment de prendre un risque»

Lors d'un point de situation, ce mercredi 30 décembre, le directeur de l'ARS explique que «le moindre relâchement, y compris dans la seule soirée du 31 décembre, risquerait de provoquer un emballement de l'épidémie». Pierre Pribile indique aussi le calendrier de la campagne de vaccination dans les EHPAD.

Les problématiques pouvant expliquer la forte propagation du SARS-CoV-2 en Bourgogne-Franche-Comté sont difficiles à appréhender : temps froid, proximité d'une frontière avec la Suisse où le virus circule plus qu'en France, arrivée de l'épidémie par la région Auvergne-Rhône-Alpes au sud font partie des explications suivies par l'Agence Régionale de Santé.

Face à ces circonstances qui touchent fortement la région, ce mercredi 29 décembre 2020, le directeur général de l'ARS Bourgogne-Franche-Comté, Pierre Pribile, a tenu un point de situation pour alerter la population à la veille d'un réveillon de la Saint-Sylvestre à haut risque.

«La circulation virale reste très élevée»


Aux connaissances encore lacunaires sur la diffusion du coronavirus s'ajoutent un contexte peu propice à la lecture des indicateurs qui sont devenus des informations de référence sur le suivi de l'épidémie. Une «ruée sur les tests» juste avant Noël, par précaution plus que pour réagir à l'apparition de symptômes, «a fait plonger le taux de positivité de façon artificielle» explique Pierre Pribile. De plus, «l'inclusion dans les sept jours d'un long week-end de Noël où ils se sont réalisés beaucoup moins de tests que d'habitude, fait plonger artificiellement le taux d'incidence».
Cela rappelle que les indicateurs sont à replacer dans un contexte d'analyse. Néanmoins, «même brouillés, ces deux indicateurs restent les plus élevés de France» souligne le directeur de l'ARS. La Bourgogne-Franche-Comté présentant des taux d'incidence très au-dessus de la moyenne nationale avec un taux de 210 pour la population générale contre 120 pour la France entière. Idem pour le taux de positivité : 5% en Bourgogne-Franche-Comté contre 2,9% pour tout le pays. «La circulation virale reste très élevée» constate Pierre Pribile.

«Les hôpitaux sont déjà pleins»


Pour autant, la situation n'est plus celle d'une explosion du taux d'incidence comme au début de l'automne dernier, correspondant à ce que l'on a appelé la seconde vague. Une vague qui est toujours en cours. Le directeur de l'ARS ne parle pas de troisième vague mais de poursuite de la seconde vague au travers d'un plateau élevé.

Cela se concrétise par la prise en charge de plus de 1.800 patients touchés par la Covid-19 au sein des établissements de santé de la région, dont 180 personnes dans un service de réanimation. Cela représente 400 patients de plus que lors du pic de la première vague pourtant si brutal. «La situation hospitalière reste très tendue» constate Pierre Pribile, «les hôpitaux sont déjà pleins, on ne peut pas se laisser se produire un afflux de malades vers les hôpitaux de la région».

Le directeur de l'ARS fait un vœu en forme de supplique ; «le soir du 31 décembre, ce n'est vraiment pas le moment de prendre un risque. Au-delà du risque individuel, c'est un risque majeur qui est pris. La façon de célébrer le passage à la nouvelle année nécessite un effort individuel et collectif, cela nécessite de ne pas se regrouper à plusieurs dans un appartement. On est sur le fil du rasoir, le moindre relâchement, y compris dans la seule soirée du 31 décembre, risquerait de provoquer un emballement de l'épidémie».

Mi-janvier, généralisation des vaccinations dans les EHPAD


La campagne nationale de vaccination a été lancée le 27 décembre dernier au centre gériatrique du CHU Dijon Bourgogne (lire notre article). Le directeur de l'ARS en rappelle le principe : «protéger individuellement les personnes vaccinées et à terme, dans plusieurs mois, donner une protection collective à toute la population».

D'ici mi-janvier, en Bourgogne-Franche-Comté, la campagne continuera au sein d'une vingtaine d'établissements médico-sociaux volontaires. Pendant ce temps, les autres établissements travailleront sur la prescription et le recueil du consentement. «Le choix du gouvernement n'est pas de faire de la vaccination à la chaîne» déclare Pierre Pribile.

Après la mi-janvier, la campagne sera déployée pour tous les établissements médico-sociaux hébergeant des personnes de plus de 65 ans. Les établissements publics seront approvisionnés par l'hôpital de leur territoire (neuf hôpitaux stockeront les doses de vaccin). Les établissements privés se fourniront via leur pharmacie de ville de référence à une date annoncée dans les prochains jours. 40.000 personnes âgées, résidant dans 450 structures, sont potentiellement concernées par cette campagne de vaccination (lire le communiqué).


Liste des vingt premiers établissements concernés par la campagne de vaccination

Pour leur part, les soignants ne recevront pas «d'injonction administrative» pour se faire vacciner. Le directeur de l'autorité de santé rappelle qu'il s'agit d'un acte de soin donc relevant «d'un échange entre chaque individu – soignant ou pas – et son médecin traitant». «Le vrai levier pour améliorer la couverture vaccinale» correspondra donc à en un apport d'informations aux médecins traitants et en une mise à disposition des doses de vaccins.

Jean-Christophe Tardivon

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