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30/10/2020 16:37

CORONAVIRUS : Le sud de la Bourgogne est touché par une vague épidémique remontant de Rhône-Alpes

Situation sanitaire qui s'aggrave dans la Saône-et-Loire et le Jura, importance de la réussite du confinement, maintien ou non de l'hommage à Samuel Paty, sort en suspend de la vente des vins des Hospices de Beaune... les situations sanitaire et sécuritaire ont été passées en revue par les autorités ce vendredi 30 octobre.

«Nous sommes proches de la situation de la première quinzaine du confinement [en mars]» indique d'emblée Fabien Sudry, préfet de région Bourgogne-Franche-Comté, pour débuter le point de situation de ce vendredi 30 octobre 2020. «Cette dynamique de progression ne concerne pas que la France, elle concerne tous les pays d'Europe» s'empresse-t-il d'ajouter.

Pour l'ensemble du territoire, un numéro vert national - 0 800 130 000  - est à disposition et renvoie vers des cellules en préfecture qui sont activées à compter du samedi 31 octobre. En Côte-d'Or, une adresse de messagerie est dédiées aux questions : pref-cip@cote-dor.gouv.fr

«Les personnes plus fragiles sont encore plus touchées par la maladie»


«L'épidémie est orientée à la hausse» ne peut que constater Pierre Pribile, directeur général de l'Agence Régionale de Santé Bourgogne-Franche-Comté, qui ajoute que «ces derniers jours, elle a connu une accélération très brutale particulièrement dans notre région».

Jusque-là, la région restait en deçà des indicateurs nationaux, elle a à présent rejoint les moyennes. Le taux d'incidence à la Covid-19, supérieur à 400, a doublé en huit jours. Alors que 10.000 personnes sont testées chaque jour, le taux de positivité s'établit à 20%, soit 7 points de plus en une semaine. Le taux d'incidence chez les plus de 65 ans a lui aussi doublé en une semaine pour s'élever à 460. Pire, ce taux est à présent supérieur à celui de la population générale. «Les personnes plus fragiles sont encore plus touchées par la maladie» résume le directeur de l'ARS.

Dans les EHPAD, les visites sont encore possibles «dans un cadre très sécurisé». Néanmoins, en cas d'épisode épidémique, les visites pourraient être temporairement suspendues.

«Un taux d'incidence très important en région Rhône-Alpes»


La situation est particulièrement inquiétante dans la Saône-et-Loire et le Jura où ce taux d’incidence des personnes de plus de 65 ans est supérieur à 600. Sur 32 décès supplémentaires en une semaine, 25 sont survenus dans la Saône-et-Loire.

Invitant à «dézoomer», Pierre Pribile signale «un taux d'incidence très important en région Rhône-Alpes». Alors qu'à la fin de l'hiver précédent, la Bourgogne-Franche-Comté avait été atteinte par une épidémie en provenance de l'est de la France, de Mulhouse notamment, cette fois la région est atteinte par le sud depuis Rhône-Alpes.

«Une vague plus élevée qu'en mars-avril dernier»


En conséquence, «l'impact hospitalier est majeur» indique Pierre Pribile. On dénombre en Bourgogne-Franche-Comté, 848 patients hospitalisés dont 109 en réanimation. Chaque jour, environ cent personnes entrent à l'hôpital pour être soignées du Covid-19 et 15 entrent en réanimation. Un niveau qui correspond à celui du 20 mars dernier.

«C'est une véritable vague qui va continuer à déferler sur les hôpitaux de la région dans les 15 prochains jours, (…) une vague plus élevée qu'en mars-avril dernier» anticipe Pierre Pribile. L'ARS s'attend à ce qu'à la mi-novembre, 2.000 patients soient pris en charge dans les hôpitaux de la région à cause de la Covid-19 dont 300 dans un service de réanimation.

«Il faut absolument que le confinement réussisse»


Dans ce contexte, «la mobilisation des établissements de santé est totale» souligne l'ARS. Le plan blanc est déclenché (lire le communiqué du CHU Dijon Bourgogne) ainsi que le plan de mobilisation des capacités hospitalières conduisant à des déprogrammations «massives» des activités non urgentes (lire le communiqué de l'ARS).

Face à la situation en Saône-et-Loire et dans le Jura, des transferts ont lieu dans d'autres hôpitaux. Une quinzaine de patients ont notamment été transférés du sud de la Bourgogne vers Dijon.

Notant que «l'épidémie touche aussi les soignants» tous les professionnels et étudiants en santé sont mobilisés. Une plateforme est ouvert pour que les volontaires puissent s'inscrire. «La médecine de ville va être appelée à participer à la réponse sanitaire» signale l'ARS.

«Il est impératif que cette perspective de mi-novembre soit bien un pic pour amorcer une phase de reflux de la vague, (…) il faut absolument que le confinement réussisse» martèle Pierre Pribile qui appelle les citoyens à «ne pas subir les mesures mais à être des acteurs du succès de ce confinement en respectant scrupuleusement les règles et en appliquant rigoureusement les gestes barrière dans tous les actes de la vie quotidienne».

Port du masque obligatoire à l'école à partir du CP


Recteur de région académique Bourgogne-Franche-Comté, Jean-François Chanet présente la situation du point de vue de l'Education nationale, un problème technique n'ayant pas permis à la rectrice de l'Académie de Dijon de participer au point de situation.

À l'université tout d'abord, les cours magistraux et les travaux dirigés passent en distanciel. Les travaux pratiques à caractère scientifique peuvent être maintenus en présentiel. Les bibliothèques universitaires continuent d'accueillir du public sur rendez-vous avec une jauge limitée.

Dans le monde scolaire, un nouveau protocole sanitaire a été adressé ce jeudi aux chefs d'établissement. Il a été préparé cet été selon trois scénarios possibles. Le recteur tient à souligner le faible taux de contaminations survenant dans le milieu éducatif. Pour toute la France, au 16 octobre, 27 établissements étaient fermés sur 61.500 et 293 classes sur 528.400. On comptait sur sept jours glissant 8.223 cas Covid confirmés sur 12,4 millions d'éleèves et 2.063 cas parmi 1,2 millions d'adultes.

Même si une augmentation a été constatée juste avant les vacances, Jean-François Chanet considère que «c'est moins risqué» de scolariser les enfants que «de les laisser dans le cercle privé ou dans d'autres espaces».

Selon le principe de limitation du brassage et des déplacements, le recteur invite à ce que l'on déplace les élèves le moins possible une fois dans les salles de classe, ce serait donc aux professeurs de se déplacer. Un principe qui sera adapté localement en fonction de l'organisation pédagogique et de l'effectif de chaque établissement.

La restauration scolaire et l'accueil dans les internats sont maintenus.

Le port du masque de protection devient obligatoire à partir du CP. Il s'agit d'une fourniture scolaire que «les familles doivent procurer aux enfants scolarisés» précise le recteur tout en ajoutant que «l'institution et les collectivités accompagneront les familles qui n'auront pas pu fournir de masques».

Des attestations seront produites par les chefs d'établissement pour les familles. Le recteur recommande que ce ne soit pas les plus âgés qui viennent chercher les enfants.

«Des scénarios sont à l'étude sur l'hommage prévu à Samuel Paty»


Soumise à la crise sanitaire et au risque d'attentat, la rentrée du lundi 2 novembre est particulièrement compliquée à organiser. Jean-François Chanet note la difficulté de «concilier tout ce qui est attendu de nous» puisque le jour a été choisi pour rendre hommage à Samuel Paty assassiné à la veille des vacances scolaires. La tenue effective de l'hommage ce lundi n'est donc pas confirmée.

Les horaires de transports scolaires tels qu'annoncés sont maintenus. L'heure de rentrée des élèves est maintenue. Mais «des scénarios sont à l'étude sur l'hommage prévu à Samuel Paty» indique sobrement le recteur de région académique. Actualisé à 20h15 : l'AMF 21 indique que la rentrée scolaire du 2 novembre aura lieu à l'horaire habituel prévu par l'emploi du temps. Actualisé le 31 octobre à 9h50 : le ministère de l'Education nationale a indiqué qu'une minute de silence aurait lieu en classe à 11 heures le lundi 2 novembre pour rendre hommage à Samuel Paty.

Le sort de la vente des vins des Hospices de Beaune à l'étude


«La priorité du gouvernement est de protéger nos concitoyens et d'éviter qu'ils ne subissent une nouvelle fois une épidémie qui peut être tout à fait mortelle» rappelle le préfet qui étudie au cas par cas les événements à annuler. Les événements festifs sont interdits.

Concernant «les événements du milieu viticulture, en lien avec les professionnels, on examine la capacité ou non de maintenir ces événements» prend d'indiquer le préfet notamment à propos de la vente des vins des Hospices de Beaune. Le sort de celle-ci n'est pas encore décidé.

Les rencontres professionnelles peuvent se tenir à la condition du respect strict des gestes barrières. Elles ne peuvent se tenir dans des établissements recevant du public.

Le gouvernement autorisera le recours à l'activité partielle pour les entreprises ouvertes (moins de 50 salariés) qui n'auraient plus de client.

Une tolérance pour se rendre dans les cimetières à la Toussaint


Les contrôles des déplacements et des ouvertures de commerce ont débuté dès ce vendredi. Une tolérance sera appliquée ce week-end pour les personnes qui rentrent de vacances ainsi que pour les personnes qui se rendent dans les cimetières et les lieux de culte ce week-end. À noter que du fait du passage en vigilance attentat (lire le communiqué), les militaires de l'opération Sentinelle donneront la priorité à la sécurisation des lieux de culte.

Le préfet signale que les déménagements réalisés sans recours à des professionnel ne sont pas autorisés. Actualisé à 17h55 : la préfecture de la Côte-d'Or signale que les déménagements avec ou sans professionnels sont autorisés et peuvent faire l'objet d'une dérogation aux déplacements.

Dans le secteur culturel, la préparation des spectacles sans public reste possible.

Jean-Christophe Tardivon

Attestation dérogatoire et justificatif de déplacement sur le site du ministère de l'Intérieur

L'ARS de Bourgogne-Franche-Comté appelle à réussir ensemble le confinement