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30/04/2020 18:19

CORONAVIRUS : «Nous sommes tous en train d'appuyer sur le frein de l'épidémie» lance Pierre Pribile

En Bourgogne-Franche-Comté, 838 décès sont à déplorer en milieu hospitalier et 575 dans les établissements médico-sociaux depuis le début de l'épidémie de Covid-19. Plus de 2.400 patients sont sortis d'hospitalisation. Le directeur de l'ARS rassure sur le fait qu'il n'y a pas «de cluster en Saône-et-Loire»
À moins de deux semaines de la sortie du confinement, le directeur général de l'Agence Régionale de Santé de Bourogne-Franche-Comté a tenu un point de situation ce 30 avril 2020. La décrue des hospitalisations pour cause de Covid-19 continue mais reste lente.

À ce jour, 1.181 patients sont hospitalisés dont 181 dans un service de réanimation. L'épidémie a provoque 838 décès au sein des établissements de santé régionaux, ce qui permet à Pierre Pribile de constater «une inflexion assez forte inflexion assez forte». 2.431 personnes sont sorties d'hospitalisation.

Du côté des établissements médico-sociaux, 10.000 test ont été effectués dans 140 structures et 90 ont d'ors et déjà terminé leur campagne de dépistage. 575 décès sont à déplorer dont 551 au sein d'EHPAD. Il y a, là aussi, «un net ralentissement» selon Pierre Pribile même si un certain nombre continuent de connaître «des difficultés importantes».

«Reprendre une vie collective sans engendrer une reprise épidémique»


D'ici le 11 mai, «il peut se passer beaucoup de choses» a alerté le directeur de l'ARS invitant à «ne pas se déconcentrer» et à «respecter strictement les règles du confinement jusqu'au 11 mai pour avoir un élan épidémique le plus pas possible». «Nous sommes tous en train d'appuyer sur le frein de l'épidémie» a-t-il ajouté pour évoquer la dimension collective de la lutte contre l'épidémie.

Les gestes barrières et de nouvelles règles de distanciation sociale auront à être respectées au-delà du 11 mai «pour reprendre une vie collective sans engendrer une reprise épidémique».

Une nouvelle stratégie de lutte basée sur les tests virologiques


La stratégie de lutte contre la circulation du SARS-CoV-2 va évoluer avec un objectif d'identifier «le plus tôt possible tous les cas de coronavirus» afin de «briser les chaînes de transmission». Chacun devra surveiller son état de santé et appeler un médecin dès l'apparition de symptômes évocateurs.

Le patient présentant ces symptômes fera l'objet d'un test virologique et isolé en cas de dépistage positif. Les personnes avec lesquelles elle aura été en contact seront elles aussi testées.

Cela représentera donc un «énorme travail d'équipe» impliquant l'ensemble des médecins généralistes et des médecins hospitaliers. L'Assurance Maladie, l'ARS, la préfecture et les collectivités locales seront mobilisées.

Les futures «brigades» de surveillance de la circulation du virus devraient être constituées d'une équipe mobile de prélèvement, d'une équipe de l'Assurance Maladie pour identifier et appeler les personnes contacts en dehors du foyer de la personne positive, d'une équipe pour accompagner les personnes isolées et enfin d'une autre équipe pour téléphoner régulièrement aux personnes isolées.

Les places en réanimation parmi les critères du gouvernement


Actuellement, les services de réanimation régionaux prennent en charge 250 patients dont 181 pour des cas de Covid-19. Les hôpitaux ont su «encaisser» l'épidémie en augmentant leur capacité de lits de réanimation pour les porter jusqu'à 400. Le nombre de lits en situation normale est de 200.

Concernant les critères gouvernementaux de classification «vert» ou «rouge», si l'appréciation se fait par rapport aux capacités habituelle, les hôpitaux sont encore «en surchauffe», si cela se fait par rapport à une éventuelle saturation, les hôpitaux sont «bien en dessous».

Le sujet des tests n'inquiète pas le directeur de l'ARS qui a indiqué que les capacités régionales installées à ce jour correspondent à 3.700 prélèvements par jour en mobilisant les hôpitaux publics, les cliniques privées et les laboratoires vétérinaires. À cela s'ajoute des renforts extra-régionaux pouvant analyser 1.600 prélèvements supplémentaires par jour. Soit une capacité moyenne de 5.000 tests quotidiens qui apparaît satisfaisante d'autant plus qu'il existe des perspectives de développement liées à l'installation d'automates aux CHU de Dijon et de Besançon ainsi que dans une laboratoire privé du Jura.

«Pas de cluster en Saône-et-Loire»


En Bourgogne-Franche-Comté, le nord de la Saône-et-Loire constitue «une petite atypie» en matière d'évolution de la situation tandis que le sud de ce département présente «un profil épidémique classique». Pierre Pribile attire l'attention sur des nombres qui ne seraient pas significatif au regard de la pandémie en évoquant un centre hospitalier de Saône-et-Loire qui a déclaré 13 hospitalisations le 29 avril du fait d'un retard administratif.

Le directeur de l'ARS s'est voulu rassurant : «à ce stade, on ne dénote pas de cluster en Saône-et-Loire, (…) on n'observe pas une concentration de cas dans un territoire particulier dans la Saône-et-Loire». L'autorité de santé a recours à d'autres indicateurs pour étudier le phénomène évoqué. Par exemple, le taux de positivité des tests qui reste «faible». «Il n'y a pas de signaux alarmants» insiste-t-il.

Toujours à propos de la Saône-et-Loire, Pierre Pribile a aussi répondu au maire du Creusot qui l'avait interpellé en demandant plus d'informations (lire notre article). «On s'associe aux échanges avec les élus» dont «un certain nombre d'entre eux m'appellent», donc «on est à sa disposition». Autant dire que Pierre Pribile invite David Marti à prendre son téléphone pour le contacter afin d'établir «une relation de transparence».

En conclusion de son point de situation, le directeur de l'ARS a tenu à rassurer à propos de la maladie émergente infantile qui fait l'objet d'une surveillance particulière en lien avec l'épidémie de Covid-19. Les responsables des centres hospitaliers ont été interrogé à il n'y a pas de syndrome de Kawasaki connus en Bourgogne-Franche-Comté à ce jour.

Jean-Christophe Tardivon