Recherche
> Bourgogne - Franche-Comté > Bourgogne - Franche-Comté
08/05/2020 13:25

CORONAVIRUS : Nouveau bilan de plus de 1.500 morts en Bourgogne-Franche-Comté

Le bilan a été indiqué par l'ARS lors d'un point de situation ce 8 mai 2020. Le directeur de l'ARS a lancé un «appel au civisme» pour que le déconfinement ne s'accompagne pas d'une reprise de l'épidémie.
Lors du point de situation hebdomadaire du 8 mai 2020, le directeur général de l'Agence Régionale de Santé de Bourgogne-Franche-Comté est revenu sur la situation conduisant à ce que la région soit classée «rouge» sur la carte de France en vue du déconfinement du 11 mai prochain.

Avec 906 décès à déplorer en milieu hospitalier et 631 dans les établissements médico-sociaux (dont 612 en EHPAD), le bilan de l'épidémie s'établit à présent à 1.537 morts des suites du Covid-19 en Bourgogne-Franche-Comté. Pour autant, Pierre Pribile a constaté une «vraie baisse du rythme des nouveaux décès» et une «vraie diminution de nouveaux signalements épisodes de Covid-19 dans les EHPAD».

Les hôpitaux de Bourgogne-Franche-Comté ayant été concernés très tôt par l'épidémie de Covid-19 et ayant pris en charge un nombre important de patients, il se trouve que, même si la diminution de ce nombre est importante, il reste encore trop de malades dans les établissements de santé pour classer le territoire en «vert».

112 personnes dans les services de réanimation en Bourgogne-Franche-Comté, c'est plus que dans des régions plus peuplées comme l'Occitanie (100 patients) ou la Nouvelle-Aquitaine (85 patients). Cependant, si la stabilisation des patients se poursuit pendant quelques jours, la région pourrait passer prochainement en «vert».

Les enjeux du déconfinement


Avec le déconfinement débutant le 11 mai, les enjeux évoluent. Un des objectifs pour l'ARS sera de «tout faire pour éviter une reprise de l'épidémie». Pierre Pribile a lancé un appel au civisme : «tout dépend de chacun de nous». Le directeur compte que sur la préservation des «bonnes habitudes» : «nos concitoyens en ont largement fait preuve ces dernières semaines, le confinement a largement porté ses fruits».

Il s'agira donc de continuer les gestes barrières et les règles d'hygiène, au premier rang desquelles le lavage des mains. Il faudra éviter de se serrer la main ou s'embrasser pour se saluer et rester à plus d'un mètre les uns des autres. De plus, le télétravail aura a être prolongé.

Malgré tout, le scénario d'«une reprise épidémique» a été travaillé pour se préparer à une telle éventualité. Alors que les hôpitaux ont progressivement reprogrammé des actes de chirurgie au fur et à mesure que des places se libèraient en réanimation, l'ARS leur a demandé une «condition de réversabilité» afin de pouvoir déprogrammer si besoin était.

Des tests à grande échelle


Un autre enjeu s'ajoute : encore plus surveiller ses symptômes pour appeler son médecin ou le 15 dès les premiers signes. Il s'agit pour le système de santé de détecter les personnes très tôt pour les tester et retrouver leur contact.

En cas de test positif, il sera demandé aux personnes de rester isolées à leur domicile habituel. Dans le cas où cela est impossible, un hébergement alternatif sera proposé en dernier recours. Les préfectures préparent néanmoins des conventions avec des hôtels, des centres de vacances et même des gîtes en zones rurales afin d'avoir une offre d'hébergement variée. Selon le préfet de région, la réquisition n'interviendrait qu'à titre «exceptionnel».

L'objectif de capacité de tests virologiques est atteint avec la possibilité de réaliser plus de 4.700 tests par jour. Pour autant, il ne s'agit pas de dépister autant de personnes puisque seules les personnes symptomatiques et leurs contacts suivront la procédure.

L'ARS suivra tout particulièrement le taux de positivité de ces tests pour juger «la dynamique de l'épidémie». À ce jour, il s'établit en moyenne, en France à 4%.

Concernant les tests sérologiques encore en évaluation par la Haute Autorité de Santé, leur fiabilité est encore à améliorer. Une fois que la fiabilité de ces tests aura atteint un niveau satisfaisant, la population pourra en bénéficier.

Les brigades du Covid-19


Du point de vue de l'ARS, l'ensemble de la population fait partie des «brigades covid» puisqu'elles ne peuvent fonctionner que «si les citoyens surveillent leurs symptômes et consultent». Le premier niveau de réaction de ces brigades concernent la médecine de ville et l'hôpital puisque les médecins seront susceptibles de détecter des symptômes et de prescrire des tests. Si une personne est positive, le médecin prendra en charge le foyer pour dépister les personnes qui le composent.

Un deuxième niveau de réaction implique l'Assurance maladie. Des équipes ont été constituées pour  identifier les personnes contact en dehors du foyer. À leur tour, elles seront testées et isolées en cas de positivité. Les services de l'Etat et des collectivités territoriales apporteront un appui social aux personnes ainsi isolées (portage de repas, accompagnement psychologique...).

Le troisième niveau est de la responsabilité de l'ARS et de Santé publique France en région qui seront saisies en cas de personnes malades dans un lieu collectif où il faudrait dépister un plus grand nombre de personnes avec des équipes mobiles de prélèvement. De plus, ces agances auront un rôle de «vigies» pour analyser des regroupements de cas qui formeraient un cluster signalant une dynamique épidémique locale pouvant entraîner un dépistage territorial.

Jean-Christophe Tardivon