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02/09/2020 14:57

DIJON : Roxana Maracineanu est venue sonner l’heure de la rentrée au CREPS

La ministre déléguée chargée des sports s’est rendue sur le site du CREPS de Bourgogne-Franche-Comté à Dijon ce mardi. Une rentrée sportive qui lui a permis d’encourager les sportifs de haut niveau dans leur reprise tout en réaffirmant le rôle d’un CREPS.

Roxana Maracineanu était donc annoncée ce mardi 1er septembre à Dijon, au CREPS de Bourgogne-Franche-Comté. Au château Lichey, la ministre était attendue et fut accueillie avec une certaine admiration, en souvenir de ses exploits sportifs dans les bassins notamment.

Si l’ancienne championne de natation aujourd’hui ministre déléguée chargée des sports venait insister sur la rentrée sportive, en parallèle de la rentrée scolaire, son déplacement était aussi l’occasion pour le CREPS de lui faire part de sa structure et de son ambition. Avec son directeur Pascal Bonnetain aux commandes et Pascal André, directeur adjoint.

Pour la Région Bourgogne-Franche-Comté, on pouvait noter les présences de Laetitia Martinez, vice-présidente en charge des sports, et d’Océane Charret-Godard, en charge de la formation professionnelle. La Ville de Dijon était représentée par l'adjointe au maire en charge des sports Claire Tomaselli.
Pour l’Etat, la ministre était accompagnée de Christophe Marot, secrétaire général de la préfecture de la Côte-d’Or. Pour l’Education Nationale, Nathalie Albert-Moretti, rectrice de l’académie de Dijon, était présente. Pour la DRDJSCS, le directeur Philippe Bayot était lui aussi présent. Le député LREM Didier Martin était au rendez-vous. Charles Rozoy également en tant que champion paralympique aux Jeux de Londres en 2012. Plusieurs acteurs du sport suivaient la délégation.

Quelques chiffres au CREPS de Bourgogne-Franche-Comté


Le CREPS de Bourgogne-Franche-Comté, «en perpétuelle évolution depuis près de 80 ans (en 2021)» apporte une expertise dans le sport de haut niveau et dans la formation professionnelle. C'est depuis 2016 un établissement public de formation dans le domaine du sport, de la jeunesse et de l’éducation populaire dont le personnel ouvrier et technique est transféré à la Région ainsi que son patrimoine immobilier (loi NOTRe).

À Dijon, le site s’étend sur 23 hectares et le CREPS peut compter sur un site à Besançon depuis janvier 2019. 80 agents (50 du ministère, 22 de la Région), 40 entraîneurs, 150 vacataires y travaillent au quotidien. Le budget annuel de la structure est de 4,3 millions d’euros, dont 60% en subventions et 40% de ressources propres.

Ayant fait le point sur l’accueil des sportifs et les équipements à disposition, Pascal Bonnetain s’est arrêté justement sur le sport de haut niveau en livrant quelques chiffres à la ministre : sur les deux sites du CREPS, 378 sportifs sont répartis sur 22 pôles et CFCP. 271 sportifs dont 74 internes sont à Dijon.
Le taux de réussite aux examens est de 90% et le taux de passage en classe supérieure est de 95%.

Dans les métiers du sport et de l’animation, 72 sessions de formation sont proposées dont 17 BP JEPS, 6 DE JEPS, 1 DES JEPS… 1.078 stagiaires sont accueillis pour 154.742 heures de formation (réussite de 87,7 % et taux d’insertion de 71,6 %).

Un cap à franchir en 2021


Pour le sport de haut niveau, les CREPS doivent d’ailleurs franchir un cap au 1er janvier 2021 en devenant les guichets uniques de ce sport de haut niveau.
Le Centre de Bourgogne-Franche-Comté devrait alors passer à 1.150 sportifs sur les 8 départements de la région, dont 350 internes dans les différents établissements, avec une cinquantaine de pôles.
Selon les orientations de la ministre actuelle, le CREPS s’inscrira aussi comme antenne régionale de l’Agence Nationale du Sport.

Suivant cette démarche globale, le CREPS de Bourgogne-Franche-Comté a affiché devant Roxana Maracineanu sa volonté de préparer au mieux cette évolution, notamment dans le renforcement de son offre et via la transition numérique.

Un point a ainsi été fait sur le Réseau numérique du service public de formation animé par 7 agents du CREPS et regroupant plus de 40 structures signataires (16.000 personnes inscrites sur la plateforme).
Durant le confinement, plus de 700 collègues ont été formés à distance, une vingtaine de groupes de travail ont pu être constitués, 150 sessions de formation ont été organisées, plus de 60 heures de contenus ont été créés…

Le souvenir d’un sacre mondial pour lancer la visite


Ce réseau, la ministre allait avoir l’illustration d’une déclinaison au CREPS de Bourgogne-Franche-Comté puisque c’est dans le studio RapidMooc que Roxana Maracineanu a ensuite été conviée. Sur le support servant à la création de contenus de formation, la délégation a pu revivre exceptionnellement le sacre mondial de l’ancienne nageuse, à Perth en 1998, commentée par la principale intéressée elle-même…
De quoi raviver des souvenirs et profiter des ressentis de la ministre en tant que sportive de haut niveau, à qui il en fallait peu pour qu’elle fasse part de son enthousiasme à se retrouver au coeur de compétitions internationales.

Voilà qui lançait la visite dans une bonne ambiance. Roxana Maracineanu devait aller à la rencontre des sportifs ayant repris cette semaine au CREPS. Avec un message récurrent, celui d’encouragement dans cette reprise certes contrainte par les mesures sanitaires mais essentielle pour relancer la dynamique sportive en cette rentrée de septembre.
«Je suis heureuse que ça puisse reprendre, pour vos métiers, pour vos activités», a-t-elle déclaré devant un amphithéâtre composé d’élus locaux, territoriaux et d’acteurs du sports, en appelant aussi à la conscience collective et l’engagement des collectivités afin de favoriser une reprise qu’elle qualifie d’essentielle.

«On a tous besoin de se changer les idées et d’être en bonne forme. Le sport est essentiel pour le bien-être physique et mental de nos concitoyens. C’est le métier de beaucoup d’entre vous et je suis à vos côtés, même si les arbitrages ne vont pas toujours dans le sens dans lequel je voudrais par souci de cohérence par rapport à d’autres secteurs d’activité... Mais sachez que je suis consciente que le sport est un secteur économique. Ce sont des passions et des carrières qu’il faut que l’on préserve», a ajouté la ministre en forme de soutien aux acteurs du sport.

Pour répondre à Chrytel Marcantognini, présidente du Comité régional olympique et sportif de Bourgogne-Franche-Comté, notamment sur la question des emplois au sein des comités et associations du genre dans cette nouvelle olympiade, Roxana Maracineanu a rappelé que 2.500 emplois supplémentaires sont accordés dans le plan jeunes. Des emplois qui devraient être davantage fléchés pour l’intervention des associations auprès des écoliers.

Selon la ministre déléguée chargée des sports, la tutelle du ministre de l’éducation nationale permet de donner corps à de nouvelles orientations, telles que la mise en lumière des filières d’excellence sportive accessibles, la création de passerelles entre le monde sportif et l’éducation nationale pour l’apprentissage du vélo et l’aisance aquatique «dès le plus jeune âge».

«Nous comptons sur nos maisons d’excellence sportive»


À l’adresse du CREPS plus particulièrement, Roxana Maracineanu a déclaré : «Nous comptons sur nos maisons d’excellence sportive pour être le noyau, l’intersection entre tous ceux qui aiment le sport, qui veulent faire du sport». D’après la ministre, un tel Centre est aussi en place pour «faire bénéficier le monde du sport de son expertise». Un CREPS a un rôle à jouer «dans la réussite de Paris 2024 et au-delà». Et la perspective du guichet unique du sport de haut niveau permettra selon la ministre «une plus grande amplitude d’accueil des sportifs».

Les conditions d’accueil et les aires d’entraînement, Roxana Maracineanu a pu s’y rendre au fil de sa visite, en se renseignant quelque peu sur les mesures sanitaires appliquées mais surtout en appréciant de voir ces reprises d’entraînement, comme sur les tapis de lutte par exemple.

Les sportifs dans l’expectative sur certains points


Steeve Guenot, champion olympique en 2008 et aujourd’hui entraîneur, et Gilles Buatois, responsable du Pôle France de lutte, disent se plier aux mesures énumérées dans le protocole de la Fédération et demandent aux lutteurs d’être vigilants en dehors des tapis de lutte.
«L’enjeu est de diminuer les risques même si on fait ce qu’on peut...», a lâché Gilles Buatois, en s’interrogeant aujourd’hui sur le poids pesant sur les organisateurs de tournois : «Est-ce qu’il y aura assez de bénévoles pour désinfecter les tapis toutes les heures ? Est-ce qu’il y aura assez de monde pour faire respecter les gestes dans les tribunes ? Pour assurer le protocole durant la pesée ? On est encore dans l’expectative sur ces points-là, avec une risque sur le maintien de certains tournois. Des assemblées générales doivent se tenir en septembre».

Pour en revenir à l’ambition du CREPS de Bourgogne-Franche-Comté, celui-ci retiendra ce jeudi 3 septembre l’architecte en chef d’un projet de modernisation représentant un investissement de 15,7 millions d’euros.
L’objectif est d’être Centre de préparation et de performance sportive en 2023 et de disposer de nouvelles infrastructures en 2025. Les Jeux Olympiques mais aussi la coupe du monde de rugby sont deux événements cochés par le CREPS autour desquels l’établissement souhaite se positionner pour l’accueil d’athlètes préparant ces échéances.

Au nom du Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté, Laetitia Martinez a insisté «sur un solide partenariat Région - CREPS - DRDJSCS, qui place l’établissement dans ses ambitions aussi bien d’un point de vue purement sportif que structurel». Cela au cours d’une demi-journée centrée sur le sport, où le handisport n’a pas été oublié dans les propos et dans les orientations répétées par la ministre.
Le HandiGuide des sports doit «devenir un outil pour que les associations puissent accueillir des publics en situation de handicap». Roxana Maracineanu a par ailleurs fait savoir que le dispositif sur l’aisance aquatique peut être sollicité par les établissements médico-sociaux.

Quant au projet de modernisation du CREPS, elle a glissé au directeur et à son équipe qu’un prochain appel à projets portera sur les rénovations énergétiques du bâti.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

«J’encourage tous les Français à retourner au sport»,

a déclaré Roxana Maracineanu