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09/06/2020 13:32

ÉCONOMIE : «L’artisanat, c’est le secteur économique présent partout sur le territoire»

Arrivé au poste de secrétaire général de la Chambre de métiers et de l’artisanat de région Bourgogne-Franche-Comté en mai, Simon Philibert est rentré dans le vif du sujet… Il nous a fait part de ses nouvelles missions dans un contexte économique délicat.
«Le challenge du poste m’attirait». Simon Philibert, ayant postulé en début d’année, se retrouve alors secrétaire général de la Chambre de métiers et de l’artisanat de la région, qui plus est dans une période de crise. Gros challenge effectivement.

Régionalisation et mise en musique de la dynamique territoriale


D’un point de vue structurel, le nouveau secrétaire général s’est fixé comme objectif de «réussir la régionalisation et d’assurer la mise en musique de la CMAR avec les différentes collectivités, qu’elles soient des métropoles ou plus rurales…». À son poste, il croit en l’articulation d’«une vraie force collective» pour le développement économique du territoire.
Le 1er janvier 2020 en effet, la Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA) a restructuré son fonctionnement global. Avec notamment la fusion des CMA de Bourgogne et de Franche-Comté.

«Je voulais rejoindre un réseau consulaire car, malgré toutes les réformes, les réseaux consulaires ont une belle force de frappe et une vraie proximité aux territoires et aux entreprises», insiste celui qui occupait également un poste de secrétaire général avant de venir en Bourgogne-Franche-Comté, dans la région Occitanie Languedoc-Roussillon, pour l’Union des industries et métiers de la métallurgie.

Aider les entreprises «sous perfusion financière» à s’en remettre


Agroalimentaire, pharmacie, numérique, plasturgie, Simon Philibert, 39 ans, diplômé en sciences politiques à Aix-en-Provence et ayant on vient de l’énumérer assuré des fonctions dans différents domaines, tient à se consacrer désormais à l’accompagnement et à la valorisation de l’artisanat. Il souligne d’ailleurs : «L’artisanat, c’est le secteur économique présent partout sur le territoire».

La CMAR est là pour «assurer le meilleur service possible aux artisans». Suite aux annonces du gouvernement mi-mars, Simon Philibert a participé au plan d’actions durant le confinement. Des échanges ont été engagés avec 20.000 artisans afin d’identifier d’éventuels besoins, et 8.000 d’entre eux ont été accompagnés. La plateforme numérique, mise en place avant le confinement, a permis la mise en relation avec des conseillers de la Chambre «en un clic». Des aides aux démarches administratives et autres demandes de financement (chômage partiel, PGE…) ont pu être données.

«On a mis les entreprises sous perfusion financière», constate Simon Philibert. Dans le contexte post-confinement, l’enjeu est de les aider à s’en remettre, sachant aussi que «les prévisions macro-économiques indiquent un bilan de -30% des artisans au 31 décembre 2020». Le secrétaire général de la CMAR Bourgogne-Franche-Comté pense qu’«il faudra 2-3 ans avant de retrouver le niveau d’avant la crise».

Digitalisation mais aussi valorisation des circuits courts et locaux


Comment alors relancer l’activité dans le contexte ? À la CMAR, il y a la conviction que le confinement a certes fait du mal à l’économie mais a d’autre part montré la capacité des artisans à s’adapter, à réorienter leurs activités pour résister face à la crise. Plus globalement, il est intéressant de capitaliser sur une certaine prise de conscience de la population vis-à-vis de l’économie locale.

Dans les idées à renforcer, la poursuite de la digitalisation revient, sans oublier la valorisation des circuits courts et locaux, pouvant par exemple mettre en avant les artisans dans des parcours à la fois touristiques et économiques.
Le secrétaire général de la CMAR en revient à des grandes orientations de la Chambre, à savoir la transition numérique et le développement durable, «deux axes qui correspondent aux évolutions des habitudes des consommateurs et sur lesquels nous nous devons d’accompagner encore plus les artisans».

«On a toute une génération de futurs artisans à former»


Concernant les entreprises en elles-mêmes et leurs pérennités, les «chantiers récurrents et à long terme» évoqués sont l’apprentissage, pour la transmission de savoir-faire mais aussi l’insertion professionnelle. «On a toute une génération de futurs artisans à former», est convaincu Simon Philibert, retenant aussi la formation continue dans cette volonté de faire perdurer les compétences artisanales, au profit d’entreprises dont la période post-confinement peut accentuer les situations hétérogènes et difficiles, auxquelles la CMAR souhaite répondre par une dynamique d’ensemble, vis-à-vis d’une force économique à défendre.

«L’Artisanat est la première entreprise de France, et de Bourgogne Franche-Comté», rappelle la CMAR. En région, les chiffres sont les suivants : 55.711 entreprises, 87.004 salariés, 4.377 apprentis formés. L’artisanat représente près de 250 métiers spécialisés, des plus traditionnels (maçonnerie, boucherie, menuiserie...) aux plus modernes (micro-électronique, son et image, génie climatique, numérique...), y compris les services (coiffure, mécanique, confection...) et la création artistique (céramique, arts graphiques, décoration...). Ces métiers sont répartis dans les 4 secteurs d’activité suivants : bâtiment, services, production, métiers de bouche.

Alix Berthier
Photo : Alix Berthier

Le parcours de Simon Philibert


- 2017-2020 : Secrétaire Général – UIMM Occitanie Languedoc-Roussillon (Baillargues, 34)
- 2013-2017 : Directeur des Affaires Économiques et de la Compétitivité – Fédération de la Plasturgie et des Composites (Levallois-Perret, 92)
- 2012-2013 : Directeur Général adjoint – Optile (Paris, 75)
- 2008-2012 : Chief consultant – Pierre Audoin Consultants (Paris, 75)
- 2014-2007 : Consultant en stratégie et marketing
- Diplômé de Sciences Po Aix-en-Provence et Sciences Po Paris