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06/11/2020 08:53

ÉCONOMIE : L’État et la Région répondent ensemble aux besoins des entreprises exportatrices de Bourgogne-Franche-Comté

La Team France Export a organisé un webinaire pour sensibiliser les entreprises aux opportunités à saisir à l'international. Le chèque relance export ou le volontariat international en entreprise font partie des mesures qui aident à garder l'esprit de conquête malgré la crise sanitaire comme l'ont expliqué le ministre Franck Riester et le vice-président de la Région Jean-Claude Lagrange.

Pour sensibiliser les entreprises – petites, moyennes et de taille intermédiaire – aux enjeux de leur développement international dans le cadre du plan de relance des exportations françaises, la Team France Export a organisé le 28 octobre 2020 un webinaire suivi par 300 entreprises de Bourgogne-Franche-Comté.

Ont participé Franck Riester (ministre délégué auprès du Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, chargé du Commerce extérieur et de l'Attractivité), Jean-Claude Lagrange (vice-président en charge de l’Économie de la Région Bourgogne-Franche-Comté), et les représentants des fondateurs de la Team France Export : Business France, Bpifrance et les Chambres de Commerce et d’Industrie.

Baisser les impôts de production


Dès le début du webinaire, Franck Riester signale sa volonté de «protéger notre outil économique et protéger les emplois de nos compatriotes» mais aussi «d'améliorer l'environnement économique de nos entreprises pour avoir un environnement plus compétitif en France par rapport à d'autres pays».
La baisse de la fiscalité sur le capital sera poursuivie : «nous ne reviendrons pas sur l'ISF remplacé par l'IFI, nous ne reviendront pas sur la trajectoire de baisse de l'impôt sur les sociétés d'ici 2022, nous ne reviendrons pas sur les mesures du marché du travail» martèle le ministre pour rassurer ses interlocuteurs.

Le gouvernement entend plutôt «simplifier la vie des entreprise et les relations qu'elles ont avec l'administration», «continuer d'investir avec les entreprise dans la recherche» et «accompagner les entreprise à l'export» dans «un effort constant de compétitivité».

Le plan France Relance vise à baisser les impôts de production de 10 milliards d'euros en 2021 et de 10 autres milliards d'euros en 2022. Par ailleurs, des financements sont mobilisés pour «investir dans les grands enjeux de la transition écologique et de la transition numérique».

Malgré les difficultés, Franck Riester entrevoit «des parts de marché à prendre» à l'international. «C'est parce que les entreprises françaises sont innovantes que nous pouvons saisir des opportunités» en s'appuyant «sur la Team France Export qui rassemble les différentes énergies au service du déploiement des entreprises à l’international» résume le ministre. «Gardons l'esprit de conquête» lance-t-il aux entrepreneurs.

«Accompagner les entreprises dans leur compétitivité»


Puisqu'elles ont la compétence de l'économie, les conseils régionaux sont les cheffes de file de la Team France Export en régions. «L'export à l'international est une de nos stratégies» rappelle à son tour Jean-Claude Lagrange alors que le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté a voté un plan de relance de 435 millions d'euros destiné à «alimenter la machine économique» (lire notre article).

Présentant un excédent en termes de commerce grâce à des produits renommés, la situation régionale pourrait être renforcée par l'accompagnement de secteurs encore peu habitués à exporter. «La Région fait de l'export une des priorités pour accompagner les entreprises dans leur compétitivité» déclare Jean-Claude Lagrange.

«La crise Covid-19 a mis un point d’arrêt aux déplacements internationaux et fortement impacté les modes de prospection commerciales de nos entreprises. La politique publique régionale d’internationalisation s’adapte à ce contexte avec une réaffectation des budgets non engagés vers un accompagnement personnalisé des entreprises. Région et État sont plus que jamais mobilisés aux cotés des acteurs économiques pour les aider à se projeter à l’international» assure Jean-Claude Lagrange.

Selon le vice-président, un programme doté de 1,3 millions d'euros permettra l'adaptation à la situation sanitaire des salons qui sont bouleversés. Le programme Pass Export finance les premières démarches de prospection des entreprises.

Des opportunités à saisir


En Bourgogne-Franche-Comté, la CCI régionale n'est pas en reste comme l'explique son président Rémy Laurent : «Il s’agit avec le «Plan France Export» d’apporter une priorité absolue à nos entreprises à l’international, car c’est un formidable levier de développement qui est et doit rester un fondamental de nos actions d’accompagnement».

«Tout est fait pour maintenir l’activité existante à l’international, mais aussi identifier de nouveaux marchés, et tout cela dans des conditions financières encore jamais déployées. Ces chèques Relance et cette aide au développement de la Région, avec les moyens humains de notre Team France Export qui a pour but essentiel de donner le goût de l’international et d’accompagner les entreprises en totale sécurité, voilà des opportunités à saisir !» s'enthousiasme Rémy Laurent.

Apidis exporte du miel dans 35 pays


Directeur général d'Apidis, Thomas Decombard apporte son témoignage alors que le producteur de miel est présent dans 35 pays. Fondée en 1890, Apidis emploie 50 salariés et exploite 4.500 ruches en France. L'entreprise a eu recours aux conseils de la CCI régionale et de la Ville de Dijon, aux aides de la Région pour programmer la prospection ainsi qu'aux services de Business France. Son service export mobilise trois personnes.

«Le miel est un produit qui n'a pas de frontière» déclare Thomas Decombard. «Il se produit du miel dans le monde entier mais on peut aussi exporter dans le monde entier car toute les plantes mellifères ne sont pas présente partout» explique le directeur. Du fait de la traçabilité de son miel, la France apporte une caution de qualité.

Apidis diffuse sa production au travers de plusieurs marques dont la plus connue est Ruchers de Bourgogne. Des marques propres sont aussi instaurées pour les clients afin de gagner des parts de marché : «différentes marques permettent stratégiquement d'être présent sur différents réseaux de distribution» précise Thomas Decombard.

Réfléchir sur dix années


Témoignant à son tour, Guy Ativon est expert en innovation numérique et ingénierie 3D au sein d'Allucyne, une entreprise du Territoire-de-Belfort qui conçoit des logiciels 3D métiers. Allucyne a eu recours à une assurance Coface pour sa prospection en Amérique du nord, en Afrique de l'ouest et dans les territoires d'outre-mer. Avec le chèque relance export, Allucyne va prochainement recruter un Volontariat International en Entreprise  ou VIE.

Rebondissant sur l'expérience de Guy Ativon, Pedro Novo, directeur des financements export de Bpifrance, conseille de réfléchir sur dix années et de travailler à la création de joint ventures dans les pays cibles.

Pallier l'impossibilité de déplacement physique avec un VIE


L'attention des entrepreneurs est ainsi attirée sur le dispositif du Volontariat International en Entreprise : Business France est l'employeur d'un personnel mis à disposition de l'entreprise avec un coup de pouce financier. Une fois passée la quarantaine imposée dans un pays, un jeune en VIE peut rester un an ou deux sur place et se faire le relais de l'entreprise. Le VIE est donc ne façon de pallier l'impossibilité de déplacement physique.

Alors que les entrepreneurs de Bourgogne-Franche-Comté s'inquiètent des risques financiers, Bpifrance explique l'importance d'écrire une stratégie à l'international. Bpifrance propose une assurance prospection qui correspond à une avance de 65% des dépenses de l'entreprise.

Pour Pedro Novo, «c'est dans ces moments-là que l'on prépare la génération des entrepreneurs à l'international pour les 10 prochaines années». L'amateur de footbal compare ainsi le travail pour aller à l'export au travail nécessaire pour accéder à la Champions League.

De façon plus générale, l'objectif de la Team France Export est de retrouver en 2022 toutes les entreprises qui étaient exportatrices avant la crise sanitaire et d'en convaincre de nouvelles.

Cinq mesures de la boîte à outils de l'export


- Un chèque relance export qui prend en charge jusqu’à 50% des dépenses d’une prestation d’accompagnement à l’international pour les PME et ETI françaises
 
- Un chèque relance V.I.E d’un montant de 5.000 euros pour intégrer un jeune talent  et développer un marché à l’international
 
- La digitalisation des prestations avec plus de 200 rencontres d’affaires digitalisées
 
- Un renforcement de l’offre d’information et de veille sur les marchés étrangers
 
- Un renforcement des outils de financement export et une assurance prospection adaptée et rénovée comprenant un volet accompagnement
 
Tous les dispositifs régionaux sont compatibles avec le Plan de relance national : le chèque de relance intervient comme une bonification des aides régionales dans la limite de 80 % d’intervention.

Trois mesures régionales pour exporter plus


La politique régionale d’internationalisation s’inscrit dans la continuité, deux millions d'euros sont consacrés chaque année et des adaptations sont proposées pour permettre une plus grande souplesse et des saisies d’opportunités.

Trois mesures pour exporter plus :

- Une adaptation du programme régional d’actions collectives au contexte sanitaire pour saisir des opportunités au fil de l’année.

- L’extension de la prospection individuelle à tout type d’entreprise : Pass’export remplace Innov’export : 50 % de subvention sur une première démarche de prospection internationale ou le lancement d’un service/produit nouveau.

- L’emploi export : extension du différé de remboursement des avances pour le recrutement de personnel export à deux ans (contre un an actuellement) et quatre ans de remboursement (contre trois actuellement).

En Bourgogne-Franche-Comté, les secteurs les plus représentés par les entreprises accompagnées sont : les boissons pour 29%, l'agriculture et sylviculture pour 21% suivis des machines et équipements pour 7%.

Jean-Christophe Tardivon