Recherche
POUR JOINDRE INFOS-DIJON
redaction.infosdijon@gmail.com (à privilégier)
SMS et MMS au 07 86 17 77 12
> Bourgogne - Franche-Comté > Bourgogne - Franche-Comté
05/11/2020 03:16

ÉCONOMIE : La réunion/fusion des CCI de Côte-d’Or et de Saône-et-Loire est votée

La réunion des deux Chambres de Commerce et d’Industrie a été adoptée suite à la dernière assemblée générale de la CCI Bourgogne-Franche-Comté. Il s’agit de la poursuite d’une mutualisation, au-delà des limites strictement territoriales et pour plus de cohérence dans le développement économique. La nouvelle CCI Métropole de Bourgogne verra le jour le 1er janvier 2022.

C’était l’un des dossiers majeurs de l’assemblée générale de la CCI Bourgogne-Franche-Comté qui s’est tenue le 29 octobre dernier sur le campus Toison d’Or de la CCI à Dijon.
Inscrite dans le nouveau schéma directeur à adopter, la réunion des CCI 21 et 71 devait être actée officiellement.

21 pour la Côte-d’Or et 71 pour la Saône-et-Loire évidemment. Évoqué régulièrement dans les interventions des deux présidents des CCI, le travail a été mené depuis 2012, sur une base qui est celle de complémentarité sur le territoire régional, confortée par des études datant de 2019 et 2020 menées par la Banque de France, l’ADIT et le cabinet Deloitte.

Profitant d’une situation géographique centrale, les deux départements pèsent avec 47.356 établissements (24.264 en Côte-d’Or et 22.892 en Saône-et-Loire) pour 210.005 salariés, soit 43,85% du tissu économique de la Bourgogne-Franche-Comté. Cela avec des complémentarités identifiées notamment au niveau du tissu industriel.
Dans une dynamique de regroupements de plusieurs CCI territoriales entre elles, pour pallier principalement à la diminution des recettes fiscales des CCI ainsi que répondre à la politique nationale d’amélioration de la dette publique qui se traduit par la réduction de la dotation de l’État aux chambres consulaires, celles de la Côte-d’Or et de la Saône-et-Loire se sont alors engagées et montrées volontaristes.
«L’élaboration d’une nouvelle CCI unique pour ces deux territoires doit générer un levier pour l’ensemble : il ne s’agit pas de l’absorption d’une petite CCI par une plus grosse mais de capitaliser sur les cycles de développement économiques de chacune, de les accélérer et les consolider en les associant davantage», est-il présenté dans la convention de réunion transmise lors de l’assemblée générale.

On l’a dit, le travail est engagé et concret depuis 2012, via des rapprochements de services : les solutions multimodales du Val de Saône sont mutualisées. La formation continue et en alternance l’est depuis 2016 avec un service regroupant aujourd’hui 34,15 etp. Les services liés à l’entrepreneuriat (création-reprise, développement et transmission d’entreprise) font l’objet d’une porte d’entrée unique depuis 2018. Enfin, en 2020 et dans la préparation de la future stratégie, les services de communication et marketing se sont rapprochés.

Les prochains engagements pris sont la mise en place d’une nouvelle gouvernance, d’un siège social et d’une délégation provisoire. Le siège de la future CCI se tiendra à Dijon, «pour bénéficier de la notoriété de la capitale régionale tout en conservant les notions de proximité des territoires».

Dans des champs d’intervention élargis (par les lois NOTRe et Pacte notamment), amenant ces chambres consulaires à assurer des missions de service public tout en vendant en parallèle des prestations aux entreprises visant à équilibrer leurs comptes annuels, les deux CCI citées - qui ne formeront donc plus qu’une - n’entendent pas atténuer leur présence territoriale.
Aujourd’hui, les deux Chambres représentent 9 sites, 3 plateformes multimodales, 4 centres de formation, 2 centres de formation d’apprentis et 3 écoles supérieures externalisées. Conserver voire renforcer cette présence territoriale est l’un des engagements affirmés dans la présentation de cette réunion.

Quant au cadre administratif de la nouvelle CCI, il sera en place au 1er janvier 2022, suite à des élections prévues fin 2021. Les deux CCI existantes devront être dissoutes avant le 31 décembre 2021.

Le 29 octobre dernier, le schéma directeur de la CCI Bourgogne-Franche-Comté a été adopté à la majorité des deux tiers conformément à l’article R711-38 du code du commerce. Il comprend aussi le projet de réunion entre la CCI du Doubs et de Haute-Saône.

Michel Suchaut, président de la CCI de Sâone-et-Loire :

«Plus de cohérence avec une meilleure efficacité»


«Ce projet de réunion de la CCI de Saône-et-Loire et de Côte-d’Or Dijon Métropole, c’est en fait le résultat d’un long processus, peut-être même la troisième étape d’un long processus qui a débuté en 2003 avec la création de la CCI 71, qui est le fruit de la CCI de Mâcon-Charolles-Tournus et de celle de Chalon-Louhans-Autun. La deuxième étape en 2010 a été la création de la CCI de Côte-d’Or, la réunion de celle de Beaune et de celle de Dijon. Au cours de ces dix années, une mutualisation a été engagée sur différents thèmes, la formation, la gestion des plateformes portuaires avec Aproport, l’entrepreneuriat et la communication…
Les équipes ont appris à se connaître et l’objectif restait surtout de fournir une prestation au plus proche des besoins des entreprises, car l’intérêt est conserver des CCI territoriales suffisamment fortes et proches de leurs ressortissants, de leurs clients.
Ce qui nous a guidé dans ce projet, ce n’est pas uniquement le souci de mutualisation et de faire des économies, c’est aussi de rechercher plus de cohérence avec une meilleure efficacité, mais aussi une prise de conscience que le territoire administratif sur le plan économique n’est finalement peut-être pas aussi cohérent que ça et qu’il faut dépasser les limites administratives. La communication, les flux commerciaux, les bassins d’emplois, les échanges culturels, touristiques, donnent du sens à un territoire économique.
La hardiesse et la témérité sont des notions bien connues en Bourgogne. La hardiesse étant plutôt vue comme une qualité alors que la témérité est parfois perçue comme un défaut. Notre projet est guidé par la hardiesse, par l’audace, l’esprit de décision, et nous allons tout faire pour que cette hardiesse ne soit pas requalifiée en témérité.»

Xavier Mirepoix, président de la CCI Côte-d’Or Dijon Métropole :

«Un projet qui a du sens et qui fait rêver»


«C’est une nouvelle CCI avec un nouveau projet, un nouveau challenge. L’ambition est déjà là sur plusieurs dossiers (multimodal, formation…), avec aussi l’idée de se donner une dimension politique forte. Il fallait aussi faire valoir aux futurs élus, des bénévoles émanant des entreprises, un projet qui a du sens et qui fait rêver.
CCI Formation par exemple, ce sont 5.500 personnes formées de bac +2 à bac +5 avec un financement autonome. On continuera également à accompagner les créateurs d’entreprises dans la vie de l’entreprise. Sans oublier l’aide aux territoires.
L’attractivité économique d’un territoire ne peut se faire que s’il y a des entreprises mais que s’il y a aussi une adaptation de notre forme de travail avec les collectivités territoriales. Nous nous sommes rapprochés des décideurs politiques pour leur expliquer ce que nous allons faire et les retours sont positifs.
Maintenant, il faut enclencher, il faut aller plus loin... Finalement, cette mise à la diète qui nous a été imposée par l’État, nous l’avons transformée par une opportunité. Elle nous permettra de développer des actions, toujours au service des territoires et de nos entreprises.»

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier