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05/08/2020 19:51

ÉCONOMIE : Le délégataire Edeis veut diversifier les activités de l'aéroport Dijon-Bourgogne

Le site est financé par Dijon Métropole et la Région Bourgogne-Franche-Comté qui ont confié au spécialiste de la gestion d'infrastructures Edeis le soin de le faire vivre. Le nouveau directeur d'exploitation de l'aéroport Dijon-Bourgogne, Luis Da Cunha, présente les axes de développement qui ne se limitent pas à l'activité aérienne.
Professionnel de l'aviation depuis 25 ans au sein de différentes compagnies aériennes, Luis Da Cunha succède à Mickaël Thomas en tant que directeur d'exploitation de l'Aéroport Dijon-Bourgogne. Luis Da Cunha travaillait précédemment pour OpenSkies, filiale de British Airways, et gérait les opérations au sol à Paris-Orly ainsi que des vols d'affaires ou encore des questions de sécurité.

Le nouveau directeur a pris ses fonctions le 1er avril 2020 en télétravail avant une présence à Dijon à partir du déconfinement, le 11 mai dernier. Luis Da Cunha confie à Infos Dijon être «tombé amoureux du site» ce jour-là : «je trouve qu'on a un site formidable qui a beaucoup de potentiel et qui a du charme». «Nous avons un site incroyable qui a une histoire, qui a une mémoire et qui mérite d'être préservé et développé» s'enthousiasme-t-il.

«Ce site mérite d'être connu, que les habitants de Dijon et de la Côte-d'Or et de la région se rendent compte que ce site est là et qu'il vit» ajoute le directeur. L'aéroport Dijon-Bourgogne étant plus qu'un aéroport, c'est un parc d'activité et un terrain de divertissement. Il s'étend sur 360 hectares. Quinze employés font vivre la plateforme en elle-même. Plusieurs entreprises et artisans sont installés sur la zone, ce qui représente 70 locataires.

Le délégataire Edeis, «un allié des territoires»


Société d'ingénierie et de gestion d'infrastructures, Edeis gère en France une vingtaine d'aéroports ainsi que le port de Saint-Malo. En 2018, Edeis a réalisé un chiffre d'affaires approchant le 70 millions d'euros. En Bourgogne-Franche-Comté, Edeis veille sur la destinée des aéroports de Dijon-Bourgogne, de Dole-Jura, d'Auxerre-Branche et de Chalon-Champforgueil. L'ensemble de ces structures permet de renforcer des synergies pour leur développement.

«Notre mission première est d'être un allié des territoires avec nos délégants (…) et d'être sûr qu'ils sont une porte d'entrée pour les territoires où ils sont implantés» indique Luis Da Cunha qui ajoute que «c'est important de faire connaître ces territoires-là aux gens qui les visitent».

Depuis 2016, une délégation de service public est confiée à Edeis par un syndicat mixte composé du conseil métropolitain de Dijon et du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. Edeis ne souhaite pas communiquer sur les montants des subvention et redevance le liant aux délégataires ni indiquer le nombre de personnes fréquentant l'aéroport. Luis Da Cunha se contente d'indiquer que «le trafic d'affaires a eu une belle croissance ces dernières années que l'on espère reprendre en 2021».

La fin de la rivalité avec l'aéroport de Dole


En 2015, la Cour des comptes avait dénoncé la concurrence entre les aéroports Dijon-Bourgogne et Dole-Jura ainsi que des «investissements publics mal planifiés» avec, en moyenne, un soutien annuel au fonctionnement de 900.000 euros pour Dijon et de 600.000 euros pour Dole (accéder au rapport).

Selon Luis Da Cunha, les anciennes rivalités entre les aéroports de Dijon et de Dole appartiennent au passé maintenant qu'Edeis est le délégataire des deux structures (depuis le 1er janvier 2020 pour Dole-Jura). Luis Da Cunha compte sur les «dynamiques de groupe» : «on est là vraiment pour travailler ensemble pour la région et pour le territoire». Il en va de même pour Auxerre et Chalon-sur-Saône.

«Un avion, c'est aussi sauver des vies»


L'objectif d'Edeis est d'entretenir et de développer le site dijonnais en diversifiant les activités. L'aérogare a été complètement rénovée en 2019 pour être dédiée à l'accueil des vols d'affaires. Activité aérienne, parc immobilier, meeting aérien, manifestations culturelles ou encore parcours sportifs font partie des axes de développement.

Ces activités permettent à l'aéroport Dijon-Bourgogne d'être disponible pour les missions des vols sanitaires et du SAMU 21 dont l'hélicoptère est basée sur le site. «Un avion, c'est aussi sauver des vies, (…) on accueille pas mal d'avions avec des équipes médicales qui transportent des organes» souligne Luis Da Cunha.

Sur le plan du développement durable, l'aéroport a demandé à être inclus dans le référencement de sites pouvant accueillir des panneaux solaires photovoltaïques, ce qui permettraient ensuite d'envisager l'implantation d'une telle production d'énergie renouvelable.

La vente des vins de Beaune, habituel temps fort de l'aéroport


Après avoir démarré en 2010 des vols commerciaux, notamment entre Bordeaux et Dijon, la compagnie britannique Eastern Airways avait cessé son activité bourguignonne en juin 2014. Depuis, l'aéroport Dijon-Bourgogne n'accueille plus de vols réguliers touristiques.

À présent, les activités aériennes classiques concernent l'aviation de loisir, le parachutisme, l'accueil de vols militaires ou de vols d'entraînement de l’École nationale de l'aviation civile basée à Toulouse.

Avant la crise sanitaire, les vols d'affaires arrivaient de partout en Europe, des États-Unis et, plus ponctuellement, de Russie, d'Asie ou encore des Émirats arabes unis.  Le temps fort de l'aéroport Dijon-Bourgogne correspond à la vente des vins des Hospices de Beaune qui a lieu le troisième dimanche du mois de novembre. En ce début d'été, Luis Da Cunha note «une petite reprise» de ces vols.

L'aéroport Dijon-Bourgogne accueille régulièrement des Gulfstream, des Embraer ou des CitationJet pouvant transporter une vingtaine de personnes. La piste est homologuée pour accueillir des moyens courriers comme un Boeing 757 (environ 200 personnes), ce qui s'est déjà produit moyennant une adaptation du circuit sur les taxiways.

Jean-Christophe Tardivon