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05/11/2021 17:26

ÉCONOMIE : Pascal Gautheron donne le ton de la CCI Métropole de Bourgogne

Seul candidat à la présidence de la future CCI Métropole de Bourgogne - fusion des CCI de Côte-d’Or et de Saône-et-Loire -, Pascal Gautheron pose les bases d’une concrétisation entre deux chambres consulaires s’étant déjà rapprochées mais aussi d’une nouvelle dynamique à renforcer dans l’accompagnement des entreprises.
En revenant sur son parcours et son expérience en tant que chef d’entreprise, Pascal Gautheron se présente comme «le candidat de la synthèse», de l’alliance entre la Saône-et-Loire et la Côte-d’Or. Né à Louhans et ayant grandi à Chalon-sur-Saône, il est passé par l’école militaire d’Autun et s’est ensuite formé en BTS Technico-commercial à la CRCI. C’est à la fin des années 1980 qu’il s’est mis à son compte.

C’est dans son bureau de président du groupe Fimadev que Pascal Gautheron a tenu un point presse ce vendredi 5 novembre 2021. La holding, matérialisée par une dizaine de fonctions-supports et basée à Ahuy, proche du quartier Toison d’Or de Dijon, chapeaute aujourd’hui environ 360 salariés. Elle englobe notamment trois centres d’appels à Autun, Dijon et Villeurbanne, prestataires pour le secteur automobile mais aussi bancaire, ainsi que cinq agences d’intérim Excelliance à Dijon, Chalon-sur-Saône, Nancy, Lyon et Mâcon. Le dirigeant d’entreprise dit avoir consacré ces trois dernières années à la transmission du groupe à son fils de 26 ans, jeune diplômé de Burgundy School of Business.


«L’entreprise m’a permis de m’élever»


Président du Medef Côte-d’Or de 2006 à 2012, Pascal Gautheron s’est imposé comme un candidat crédible pour assurer la présidence de la future CCI 21-71. Pourquoi a-t-il accepté de prendre à nouveau de telles responsabilités ? «J’ai toujours essayé d’aider les gens, de donner ce que j’ai reçu», répond celui qui retient des valeurs acquises au rugby à Chalon ou bien dans les rangs du Stade Dijonnais dont il a été président de 2005 à 2017.
Le chef d’entreprise ne manque pas non plus de faire remarquer : «S’il n’y avait pas eu l’économie de marché, je ne serais pas là où j’en suis. L’entreprise m’a permis de m’élever et j’aime les gens, j’aime servir. Je peux aussi dire que j’ai de l’expérience».

Présider une Chambre de commerce et d’industrie, c’est selon lui aller plus loin dans l’action, plus dans «le concret et le pragmatique», que de simplement défendre une conception sur un ton disons plus politique à la tête du Medef. Un défi d’autant plus motivant quand on sait que les CCI doivent en quelque sorte se réinventer pour remédier à la baisse de la taxe fiscale.

«Les CCI doivent aujourd’hui créer des recettes»


La future CCI Métropole de Bourgogne, fusion on le sait des CCI de Côte-d’Or et de Saône-et-Loire et dont l’installation est annoncée le 29 novembre, représentera un budget de 30 millions d’euros, dont moins de 5 millions d’euros provenant de ladite taxe, pour 48.000 entreprises ressortissantes.
250 collaborateurs sont concernés par cette fusion. Une démarche qui n’engendrera pas en elle-même de départs forcés selon le futur président de la CCI puisque les mutualisations ont été engagées depuis plusieurs années maintenant sur un certain nombres d’aspects (formation depuis 2016, création d’entreprise depuis 2018).
La gestion de la pyramide des âges afin de maîtriser la masse salariale a elle aussi été anticipée. Reste à mutualiser les services d’appui et de conseil aux entreprises.

«Les CCI doivent aujourd’hui créer des recettes, sans se mettre en concurrence par rapport à d’autres instances et en restant dans la proximité. Les combattants sont dans les territoires», souligne Pascal Gautheron, qui réfute des regroupements plus importants au sein même de territoires mais parle ici d’une fusion 21-71 naturelle, qui «coule de source», toutefois favorisée par les deux présidents sortants Xavier Mirepoix (Côte-d’Or) et Michel Suchaut (Saône-et-Loire) à qui il tire son coup de chapeau.

«Auparavant, si on n’allait pas à la Chambre de commerce, elle ne venait pas à nous. Tout l’enjeu majeur a été de mettre les CCI dans une économie de marché, par des prestations de formation, de conseil, pour qu’elles aient des ressources propres», mesure le chef d’entreprise, ayant également pu voir émerger des partenariats avec des collectivités territoriales déléguant le déploiement de leurs programmes économiques aux chambres consulaires.

Pour Pascal Gautheron, la future Chambre pourra s’appuyer sur une offre de services déjà dense, à dynamiser, et des actifs à renforcer ou bien à développer. Le développement des ports (à Mâcon, Chalon-sur-Saône et Pagny en Côte-d’Or) est une des orientations évoquées, «le gros chantier à venir», dans une évolution du fluvial à l’intermodal et notamment dans la constitution d’une autoroute ferroviaire «de Fos-sur-Mer à Anvers notamment».
Le CFA automobile de Mâcon rentrera aussi dans les actifs de la future CCI, ainsi que l’école supérieure de commerce et de management Burgundy School of Business.

On l’a dit, Pascal Gautheron fait consensus. Soutenu par le Medef et la CPME à la tête d’une liste de 50 personnes (26 Côte-d’Oriens et 24 Saône-et-Loiriens), composée à 50-50 de représentants des deux organisations patronales et interprofessionnelles citées, la seule liste présentée pour les prochaines élections, Pascal Gautheron a l’assurance d’être élu président de la CCI Métropole de Bourgogne.
Néanmoins, l’appel au vote est réaffirmé avec l’envie de voir le taux de participation de 10 % attendu être dépassé. «À Paris, le taux de participation est de moins de 1 % alors qu’il y a 280.000 entreprises ressortissantes», note-t-on pour relativiser un taux de participation qui restera faible.
Le situation d’une liste unique n’aide peut-être pas à mobiliser. Toujours est-il que Pascal Gautheron et ses co-listiers comptent stimuler cette adhésion pour l’entrée de la CCI dans une nouvelle ère.

«Mutualiser, créer de la valeur, servir les entreprises»


«Mutualiser, créer de la valeur, servir les entreprises et les collectivités mais pas dans le champ concurrentiel», c’est par ces propos que Pascal Gautheron résume ce en quoi va consister l’action de la future équipe, à la direction d’une CCI dont le rôle de corps intermédiaire entre les politiques publiques de l’État et leur déploiement sur le terrain s’est grandement observé durant la crise sanitaire.
Dans une tendance où la taxe fiscale a été réduite de 70 % en dix ans, Pascal Gautheron n’hésite plus à parler aujourd’hui d’une CCI «prestataire de services, qui doit aller chercher des clients en sortant de la logique purement administrative».

Cette année, le vote s’effectue uniquement par voie électronique, sur la plateforme internet jevote.cci.fr. Date limite des votes : mardi 9 novembre 2021 à minuit.

Alix Berthier
Photo : Alix Berthier

Les chefs d’entreprises de Côte-d’Or et de Saône-et-Loire sont appelés à voter pour leur CCI




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