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15/11/2020 03:17

ÉDITO : Beaune, risée du monde, avec un scénario «abracadabrantesque» écrit avec perversité

L’entêtement à vouloir maintenir coûte que coûte la 160ème vente de charité des vins des Hospices de Beaune, alors que la pandémie flambe, a tourné au fiasco. De toute évidence l’autorité de régulation, le Conseil des ventes volontaires, a voulu «se faire Christie’s».

Si Jacques Chirac était encore de ce monde, il aurait assurément ressorti son fameux qualificatif «abracadabrantesque» pour qualifier comment s’est conclue la longue période qui a précédé ce dimanche 15 novembre qui  devait être le jour de la 160ème vente de charité des vins des Hospices de Beaune.

Moins de 24 heures avant le premier coup de marteau, celles et ceux qui avaient travaillé à une organisation en mode coronavirus, ont baissé les armes. En langage diplomatique, la Préfecture de Côte-d’Or, en accord avec le Maire de Beaune, a finalement décidé d’un report. Pour ne pas ajouter de la douleur à la douleur. Sage décision finalement car de toute évidence la partie s’annonçait compliquée.

Bien évidemment les responsabilités sont nombreuses. Les lister, sans vouloir forcément leur donner une échelle d’importance, débouche sur un inventaire à la Prévert.

Mais au-delà de celui-ci, il apparaît très clairement que dans un bal des faux culs, que le Conseil des ventes volontaires, l’autorité de régulation des maisons d’enchères, a voulu se faire Christie’s.
Cette autorité ne pouvait ignorer les conditions d’organisation de la 160ème vente de charité des vins des Hospices de Beaune. Dans un monde où tout est communication, elle a attendu le tout dernier moment – c’était vendredi en fin de journée – pour planter un couteau dans le dos de Christie’s. Car oui évidemment une adaptation était possible. Elle avait d’ailleurs été décidée puis envisagée. Avant de nouvelle préconisations arrivées plus tardivement.

«On a eu la démonstration que des technocrates privés peuvent dépasser les technocrates de l’administration. Car on ne me fera pas croire que les gens de cette autorité ont découvert vendredi les conditions de la vente qui avait été très bien préparée par le Préfet et par Christie’s», tempête Claude Chevalier, président de la commission communication du BIVB.

Très clairement, pour lui, «l’autorité de régulation a voulu planter Christie’s, peut être tout simplement par jalousie. Mais quand même ce n’est pas une vente aux enchères comme les autres, c’est une vente de charité».

Il est évidemment impossible de mesurer ou même d’évaluer la hauteur du préjudice financier. Mais il est un autre préjudice tout aussi important : Celui de l’image. Et là c’est énorme. Car dans le monde des affaires, dans le cercle de ceux qui peuvent mettre le paquet sur des pièces de vins, parmi les plus prestigieux de Bourgogne, on ne va pas forcément comprendre ou chercher à comprendre le dessous des cartes. On va juste retenir que la volonté extrême de tenir cette vente, pendant la seconde vague du coronavirus, aura tourné au fiasco. Mais l’autorité qui, dans les dernières 48 heures, a mis les bâtons dans les roues de Christie’s non seulement en n’a que faire, mais elle ne peut répondre de rien.

Alain BOLLERY

Vente des vins des Hospices de Beaune, de l'espoir au fiasco