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10/06/2024 08:30
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EDITO : L’avoir tout de suite, pour ne pas l’avoir après...

La décision du Président de la République de dissoudre l’Assemblée Nationale va-t-elle faire rentrer massivement le Rassemblée National au Palais Bourbon ? Risque calculé ou stratégie dans la perspective de 2027 ?
«De toute façon, si on ne fait rien maintenant, en 2027 ils seront à l’Elyse !» C’est ce que l’on a entendu le plus souvent ces dernières semaines de la part des opposants au Rassemblement National. Car «ils» ce sont les élus du parti créé par Jean-Marie Le Pen. Le FN devenu RN avec à sa tête Marien Le Pen et en embuscade Jordan Bardella, et d’ailleurs pas seulement depuis dimanche soir et les résultats des Européennes.
Cela fait plusieurs décennies que le FN puis le RN font voler les pions sur l’échiquier politique. Dans ce qui peut ressembler une partie d’échec, ou une partie de poker, le Président de la République a donc décidé de dissoudre l’Assemblée Nationale.

On ne peut pas dire que tous les parlementaires de son camp ont accueilli la nouvelle avec le sourire. Car tous ou presque savent que leur réélection sera un vrai parcours du combattant, d’ici le 30 juin et le 7 juillet.
La France partira en vacances avec une recomposition de l’Assemblée Nationale où les couleurs du RN pourraient briller bien plus qu’après les législatives de 2022. Avec le risque d’entrée dans une cacophonie parlementaire rarement vue. Sauf à ce que le Rassemblement National obtienne la majorité absolue – ce qu’il ne faut pas écarter – les motions de censure de ses adversaires pourraient pleuvoir comme à Gravelotte !
Mais justement, n’est-ce pas la volonté présidentielle de prévoir de jouer le coup d’après. Comme avant lui François Mitterrand et Jacques Chirac l’ont fait. Et comme, certains socialistes le pensent, François Hollande aurait dû le faire quand il s’est retrouvé face aux frondeurs qui l’ont empêché de se représenter et ont de fait favorisé l’élection d’Emmanuel Macron…
On dit que comparaison n’est pas raison et c’est vrai que la France de François Mitterrand, comme celle de Jacques Chirac, ne sont pas celles d’Emmanuel Macron.
François Mitterrand, selon l’expression, avait voulu «mettre le bazar à droite». Jacques Chirac, s’était dit que pour être réélu en 2002, il lui fallait lui aussi dissoudre. Une décision qui courrait dans les rangs des parlementaires dès l’automne 1996. Une décision qui avait mis Lionel Jospin et le PS au tapis, avant que le parti de Jaurès se relève en 2012.
Qu’est-ce qui a changé depuis. A l’échelle d’un septennat, de 2017 à cette année, la situation politique s’est dégradée. Jean-Luc Mélenchon a introduit le dégagisme, a misé volontairement sur des conquêtes communautaristes ; Les Verts ont fait de même en préférant des causes communautaristes à celles de l’environnement, ce qui a déjà causé leur perte en Suisse à l’automne 2023, dans l’indifférence totale des médias français ; La droite ne sait plus depuis longtemps où elle habite ; Et la Macronnie a les soucis des adolescents.
De sorte que pour beaucoup l’air est devenu irrespirable ce qui a donc profité dimanche à Jordan Bardella qui doit déjà en être à la composition de son Gouvernement. Ca c’est le scénario que la classe politico médiatique entrevoit. Sauf que ce sont les Français qui ont les bulletins de vote. Et dès le 30 juin ils commenceront à décider en leur âme et conscience. On commencera alors à percevoir qui a gagné la partie de poker, à moins qu’il ne s’agisse que d’un avantage comme aux échecs. A voir si le coup d'après est déjà... en marche !
Alain BOLLERY

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