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08/04/2020 09:57

ÉDUCATION : Jusqu'à 6% de «décrocheurs» dans certaines filières de l'Académie de Dijon

La rectrice Nathalie Albert-Moretti a indiqué des taux de décrochage très disparates suivant les niveaux et les filières mais inférieurs à la moyenne nationale. Par ailleurs, le rectorat va alléger la charge de travail des élèves, des enseignants et des parents liée à la continuité pédagogique.
Lors d'un point de situation, la rectrice de l'Académie de Dijon, Nathalie Albert-Moretti, est revenue sur les modalités de passage des examens nationaux, brevet et bac au premier chef. Le 3 avril dernier, le ministre de l’Éducation nationale avait acté le principe du contrôle continu pour les notes du brevet et du bac.

La rectrice a insisté sur la difficulté d'organiser des examens en période de crise sanitaire, «la préparation matérielle, c'est pharaonique». D'où la prise en compte d'un critère logistique, en plus des critères sanitaire (veiller à la santé des élèves) et pédagogique (favoriser la tenue de cours durant le mois de juin). L'incertitude sur la date de fin de confinement rendait donc «impossible la tenue des examens aux dates habituelles».

Le ministre de l’Éducation nationale a donc opté pour «une solution robuste» c'est à dire à même de pouvoir s'appliquer «quelque soit le scénario de retour des élèves». Un scénario qui reste encore très incertain, Jean-Michel Blanquer reconnaissant lui-même qu'un retour en classe le 4 mai correspond à une date «optimiste».

Les épreuves seront donc validées à partir des notes du livret scolaire, en contrôle continu, à l'exception de l'épreuve orale du bac de français (lire le communiqué). Selon la rectrice, cette méthode a fait l'objet d'un consensus avec les syndicats et les fédérations de parents d'élèves. Dans l'Académie de Dijon, ces mesures concernent 18.971 candidats au brevet et 15.755 élèves passant le bac dans les voies générale, technologique et professionnelle.

«Le risque, c'est de ne pas avoir le bac si on ne vient pas en cours»


Pour les élèves actuellement en troisième au collège, le brevet sera obtenu grâce à la moyenne des notes durant les trois trimestres de l'année même si troisième trimestre sera plus bref que les deux autres. Les notes obtenues pendant le confinement ne seront pas prises en compte.

Pour les lycéens en classe de première, la note d'épreuve d'épreuve écrite correspondra à la moyenne des notes obtenues (là aussi, exception faite des notes données pendant le confinement). L'épreuve épreuve orale de français est maintenue et sera passée «fin juin, début juillet» sur la base d'une liste de textes allégée (15 textes en voie générale et 12 textes en voie technologique).

Les épreuves communes seront aussi évaluées au contrôle continu (c'est à dire ce qui correspond aux E3C vague 1 : histoire-géographie, langues vivantes et mathématiques en filière technologique). Il n'y aura pas de deuxième vague des E3C lors de cette année scolaire 2019-2020. Pour le bac 2021, ces matières feront l'objet d'une moyenne établie entre la notes E3C1 et la note obtenue en terminale (la future E3C3 en 2020-2021). L'enseignement de spécialité abandonné en terminale est aussi évalué en contrôle continu.

En ce concerne les élèves de terminale, dans la voie générale ou la voie technologique, même principe : les épreuves seront validées par la moyenne des notes obtenues sur les trois trimestres (sauf celles du confinement). Les coefficients seront maintenus ainsi que les mentions. «Il reviendra au jury d'examiner et d'arrêter les notes définitives en tenant compte du livret scolaire de chaque élève» a précisé Nathalie Albert-Moretti.

Même chose dans la filière professionnelle où les BEP, CAP et bac pro seront validées sur la base du contrôle en cours de formation avec toutes les notes de l'année (sauf confinement).

Dans toutes les classes, «l'assiduité sera un critère d'évaluation jusqu'au 4 juillet» et «le risque, c'est de ne pas avoir le bac si on ne vient pas en cours».

«Les élèves avaient trop de travail»


La rectrice a effectué aussi un premier bilan de la continuité pédagogique en prenant en compte une impression largement partagée : «les élèves avaient trop de travail, les enseignants était saturés de temps de préparation sur les outils numériques et les parents devant accompagner avaient du mal à suivre le rythme». Pour autant, Nathalie Albert-Moretti s'est dire «assez fière de voir la réactivité des enseignants».

De ce fait, une coordination a été instaurée avec les inspecteurs académiques ainsi qu'avec les chefs établissement pour «desserrer cet étau dont souffrait un peu tout le monde». Il s'agit de veiller à mieux répartir sur la semaine les cours dispensés aux enfants et les travaux qui leurs sont demandés. Les inspecteurs académiques ont été missionnés pour que chaque établissement ait un inspecteur référent qui procédera à un appel hebdomadaire.

La rectrice a constaté que «les lycéens se serrent les coudes» via les réseaux sociaux. Certains élèves relançant ceux qui ne se connectent pas aux classes virtuelles par exemple. C'est là, «un vrai élan de solidarité entre lycéens et une vraie prise de conscience de la nécessité de s'investir durant le temps de confinement» a souligné Nathalie Albert-Moretti.

De 0,6 à 6,5% de décrocheurs


Du fait de cette solidarité, le taux de «décrocheurs» est plus faible dans l'Académie de Dijon comparé à la moyenne nationale. Il est de 2,7% dans les écoles élémentaires, de 1,85% dans les collèges, de 0,6% dans les lycées d'enseignement générale, de 1,2% dans les lycées technologiques et de 6,5% dans les lycées professionnels. Régulièrement, des appels téléphoniques sont programmés pour contacter les élèves en question. Au niveau national, le ministre avait reconnu avoir «perdu» entre 5 et 8% d'élèves.

Parallèlement, un phénomène de raccrochage est constaté dans l'Académie de Dijon comme ailleurs : «certains élèves qui avaient décroché au deuxième trimestre ont raccroché pendant la période de confinement parce que l'outil numérique les a ramenés vers leurs enseignants» a expliqué la rectrice.

À noter que dans certaines «zones blanches» mal desservies par la couverture numérique, il peut être «compliqué» d'assister à une classe virtuelle à cause d'un débit lent et de coupures fréquentes. C'est le cas notamment dans le nord de la Côte-d'Or et dans la Nièvre.

Face à la fracture numérique, la Région (qui a distribué 650 ordinateurs portables), les Départements et même des communes se sont mobilisés pour doter en matériel certaines familles.

«Une rentrée douce et progressive»


Lorsque viendra le temps du retour en classe, la rectrice envisage une «rentrée douce et progressive» car les équipes pédagogiques seront face «à une génération qui aura vécu quelque chose de tout à fait inédit, hors norme et passablement traumatique». La rentrée devrait se faire par groupe de niveaux et les enseignants s'adapteront à leurs élèves.

Les universités se préparent aussi pour accueillir de jeunes bacheliers ayant vécu une année particulière et qui auront à être particulièrement accompagnés sur la méthodologie. «On sait faire, on fera» a assuré la rectrice.

Les professeurs principaux accompagnent l'orientation


La seconde étape sur Parcoursup s'est achevé le 2 avril dernier. Elle consistait à s'inscrire, formuler des vœux d'orientation et finaliser le dossier de l'élève. Nathalie Albert-Moretti a constaté «un taux de confirmation des vœux supérieur à l'an dernier». Le «tout numérique» aurait permis de mieux faire fonctionner la plateforme.

Pour la troisième étape, les structures de l'enseignement supérieur vont adresser des réponses aux candidats. Le calendrier ne change pas. La rectrice a tenu à souligner  «le travail remarquable des professeurs principaux pour continuer à accompagner les élèves dans leurs choix d'orientation» notamment en téléphonant aux élèves pour rappeler de valider les vœux.

Jean-Christophe Tardivon

Retrouver les modalités de passage des BTS et DCG en 2020