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02/08/2020 06:51

ÉDUCATION : Le protocole sanitaire sera assoupli pour favoriser la présence des élèves à la rentrée

Dans l'Académie de Dijon, plusieurs scénarios sont à l'étude. L'un deux impliquerait la présence «obligatoire» à l'école des élèves de CP et de CE1 des réseaux d'éducation prioritaire (REP) comme l'a indiqué la rectrice Nathalie Albert-Moretti dans un point presse ce vendredi 31 juillet.
Alors que les «vacances apprenantes» se déroulent actuellement pour quelques milliers d'élèves, les rectorats de Besançon et de Dijon planchent déjà sur la rentrée au gré des consignes du ministère de l’Éducation nationale et des informations de l'Agence Régionale de Santé de Bourgogne-Franche-Comté sur la circulation du virus (lire notre article).

Dans l'Académie de Besançon, 36 «écoles ouvertes» accueillent 1.232 élèves. Dans l'Académie de Dijon, ce sont 92 structures scolaires qui prennent en charge 4.493 élèves (lire notre article sur l'école ouverte dans un collège de Chenôve). De plus, 218 écoles de Bourgogne organiseront des «stages de réussite» lors de la dernière quinzaine d’août afin de préparer à la rentrée qui suivra.

«Tous les élèves doivent revenir dans tous les établissements»


Durant cette conférence de presse du vendredi 31 juillet 2020, le recteur de région interacadémique Jean-François Chanet a déclaré que «les mesures sanitaires sont appropriées à une rescolarisation de tous les enfants». Le port du masque par les adultes et les enfants de plus de onze ans sera obligatoire dans les transports en commun et dans les espaces clos lors que les mesures de distanciation ne peuvent pas être respectées.

De ce fait, «nous nous plaçons dans une perspective où tous les élèves doivent revenir dans tous les établissements avec l'éventualité que si un risque épidémique local l'imposait, ici ou là nous serions amenés à prendre des mesures de fermeture qui resteraient l'exception» a évoqué le recteur.

De plus, «il y a un enjeu de rattrapage de la situation des derniers mois qui est évident pour tous» car «les efforts des enseignants n'ont pas pu empêcher le creusement des inégalités» a constaté Jean-François Chanet.

L'approche privilégiée est donc que les élèves soient présents dans les établissements scolaires quitte à assouplir les contraintes sanitaires : «il doit être évident que le protocole sanitaire ne doit pas être un obstacle au retour des élèves» a considéré le recteur. On sait notamment que les mesures instaurées dans les internats avaient conduit à une limitation drastique de la fréquentation de certains lycées.

Trois scénarios selon la circulation du coronarivus


Dans l'Académie de Dijon aussi, les responsables auront «une attention particulière pour celles et ceux qui ont eu plus de difficultés scolaires que les autres ou qui ont décroché» a spécifié la rectrice Nathalie Albert-Moretti.

«Le protocole sanitaire sera allégé pour tenir compte de l'évolution des conditions sanitaires et de la nécessité d'accueillir tous les élèves en présence physique à l'école» a-t-elle indiqué. Il sera «complété par un plan de reprise pédagogique qui a pour but de servir de guide aux chefs d'établissement pour penser les conditions de la reprise».

Trois scénarios de reprise pédagogique sont étudiés. Tout d'abord, une rentrée «normale». Ensuite, une rentrée envisageant «une circulation active du virus» contraignant à réduire les capacités d'accueil dans les établissements. Dans ce second scénario, «tous les élèves devront avoir accès à des cours en présentiel chaque semaine – pas tous en même temps – (…) avec une priorité d'une part pour les élèves en situation de handicap et d'autre part pour les élèves de CP et de CE1 en réseau d'éducation prioritaire qui devront obligatoirement être scolarisés à temps plein».

Un troisième scénario aborde «une circulation très active du virus» entraînant la fermeture d''établissements. Un cadre qui correspond à ce qui a été mis en place précédemment, le protocole est donc bien connu des chefs d'établissement.

Une attention particulière pour les quartiers populaires


À la suite du «décrochage» de certains élèves, mais aussi des inquiétudes de familles hésitant à refaire prendre le chemin de l'école, on constate donc que le ministère de l’Éducation nationale envisage d'insister sur ce caractère «obligatoire» afin de limiter le risque de  décrochage scolaire de des élèves de REP (lire notre article sur la rentrée de mai dernier dans une école de quartier populaire à Dijon).

Un établissement scolaire peut être classé en réseau d'éducation prioritaire selon plusieurs critères : taux de familles aux catégories socioprofessionnelles défavorisés, taux d'élèves boursiers, taux d'élèves résidant dans une zone urbaine sensible et aux d'élèves ayant redoublé avant la sixième. Cet établissement reçoit alors des moyens supplémentaires. En 2017 a commencé le dédoublement des classes de CP en REP pour s'étendre progressivement et concerner 300.000 élèves sur toute la France en septembre 2019.

La rectrice préfère envisager le scénario permettant que les élèves «retrouvent le chemin de l'école de manière rassurante et satisfaisante», le premier trimestre devant être consacré au «rattrapage» de ce qui n'a pas pu être étudié au troisième trimestre de l'année scolaire 2019-2020. Cela impliquera une approche encore plus «collective» des équipes pédagogique tout en laissant la place à une «personnalisation» des enseignements pour les élèves les plus en difficulté.

Jean-Christophe Tardivon