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17/11/2020 03:17

Egalité Hommes/Femmes : Laëtitia Martinez parle de la Pologne... Julien Odoul des petites filles voilées, en colonie dans le Morvan...

Le leader du Rassemblement National ne rate jamais une occasion de parler de l'islamisme.

Ce lundi 16 novembre 2020, Laëtitia Martinez était au rapport au Conseil Régional de Bourgogne - Franche-Comté, puisqu'elle était chargée de présenter le rapport annuel sur l'égalité Hommes / Femmes. Un exercice qui a vu l'élue du Creusot d'abord remarquer que la «crise liée à la pandémie de COVID-19 a impacté de manière très particulière la situation des femmes et a mis un coup de projecteur sur les inégalités entre les femmes et les hommes :
Les métiers les plus mobilisés dans le contexte de la pandémie, soin, aides à domicile, caisse des grands
magasins sont occupés très largement par les femmes. Ce sont par ailleurs des métiers peu valorisés et peu rémunérateurs ;
La charge mentale et conciliation des temps ; le confinement a en effet creusé l’inégale répartition des tâches domestiques (tâches ménagères et éducatives) ainsi que le soulignait l’enquête réalisée en avril par Harris Interactive.
Le poids des violences faites aux femmes : au 3919, numéro national d’accueil pour les femmes victimes de violences, le nombre d’appels reçus par le service d’écoute des victimes de violences conjugales a bondi d'environ 400% entre la semaine du 9 mars 2020, soit avant le confinement et la semaine du 20 avril 2020, pendant le confinement. Au milieu de ce 2e confinement, d’autres sujets, liés aux conséquences de la pandémie, ont émergé dans le débat public ; leur objet est par ailleurs très juste. Mais la réalité des femmes n’en demeure pas moins toujours la même, et la présentation de ce rapport nous permet d’afficher à la fois l’action régionale en faveur de l’égalité, tout comme notre soutien sans réserve à la lutte contre ces inégalités et le caractère prioritaire que nous lui conférons».
Laëtitia Martinez devait poursuivre : «N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. » disait Simone De Beauvoir. Je sais que ces propos sont souvent cités, ils n’en recouvrent pas moins une activité brûlante.
Je pense à la Pologne. Vous avez évoqué, dans vos propos introductifs Madame la Présidente, la contestation permanente de l’accès à l’IVG. Dans une Pologne où l’État de droit a été considérablement affaibli depuis 2015 par le pouvoir ultra-conservateur, une fois de plus on a cherché à y restreindre l’accès. Sachons cependant regarder aussi l’ampleur inouïe des manifestations et le souffle démocratique qui s’est exprimé.
Nous devons d’autant plus affirmer cette citation que nous connaissons une période de crise, sanitaire, économique, sociale. Cette affirmation est essentielle, y compris dans notre pays, où il y a quelques jours des sénateurs LR ont déposé des amendements pour réduire le congé paternité qui doit prochainement être étendu à 28 jours, où j’entendais sur les bancs de l’opposition, lors de la précédente session, interroger les perspectives d’égalité professionnelle que porte la charte d’engagement qui accompagne notre plan d’accélération. Oui, il suffira d’une crise…» Cela avant d'évoquer ce qui est fait concrètement au Conseil Régional.
Et de détailler : «Outre la politique sportive, que j’ai déjà au l’occasion d’évoquer, nous avons consacré dans ce rapport un chapitre, « Femmes d’hier, femmes d’aujourd’hui : elles ont désormais toutes leur place » où sont réunies toutes les actions réhabilitant les femmes dans l’histoire, avec nos actions sur le matrimoine, avec la signature de la charte Pour une communication publique sans stéréotypes, du Haut Conseil à l’égalité, et des exemples témoignant d’avancées à l’issue de démarches volontaristes, comme le caractère paritaire du CA de l’agence régionale de la biodiversité.
Je pourrais évoquer également la jeunesse et la formation, aux fondements du projet d’égalité. L’évènement-phare de 2020 a été la signature de la convention 2020 - 224 pour l’égalité dans le système éducatif, cadre pluriannuel grâce auquel la Région, l’Etat à travers de nombreux ministères (EN, agriculture, enseignement supérieur, culture …) coordonneront et enrichiront chaque année leurs actions envers les jeunes. Outre les Plans égalité lycées, les dispositifs Eveil et BFC reporter, un focus éclaire l’investissement de la Région dans sa nouvelle compétence orientation.
S’y ajoute le développement économique, et notre accompagnement des actions engagées par les entreprises au titre de leur RSE. S’y ajoutent la mobilisation des partenaires et des réseaux. La Région a initié en 2018 un réseau régional afin d’y réunir les associations et structures agissant en faveur de l’égalité de genre. Une 3e édition, co-organisée avec l’Etat, a rassemblé presque 100 personnes le 18 septembre 2020 sur le thème des femmes dans la crise sanitaire, autour de deux sujets : la santé et les violences, l’économie et l’emploi. Elle aide financièrement plusieurs de ces entités et on peut souligner la création en 2020 d’une 2ème implantation du Planning familial en BFC.  Ce travail de mobilisation s’appuie aussi sur deux réseaux internes, en croissance.
Enfin, je voudrais souligner le travail du Ceser, Femmes et monoparentalité, un double constat d’inégalités suite à la saisine de la Région sur la précarité des femmes, avis qui a bénéficié de l’expertise de l’INSEE régional sur la monoparentalité, et précède le prochain qui devra porter sur la précarité des femmes. Ces données alertent sur la situation particulièrement fragile des monoparentes - situation aggravée par le COvid-19 – et incitent à des actions spécifiques à destination de ces publics, pour la collectivité régionale comme pour d’autres.
Enfin, la troisième partie de ce rapport, présente un plan de 55 actions qui nous permettent de suivre et d’évaluer notre engager ; elle dresse également les perspectives des mois à venir et je voudrais souligner deux mesures très importantes à venir prochainement :
- Le plan pluriannuel en faveur de l’égalité professionnelle conformément aux nouvelles obligations imposées par la loi du 6 août 2019 de « transformation de la fonction publique ».
- Le centre de ressources, sur le modèle du Haut conseil à l’égalité ou du Centre Hubertine Auclert qui a vocation à être inscrit dans le CPER».
Julien Odoul demanda alors la parole, pour d'abord trouver pertinents les propos de Laëtitia Martinez et louables ses intentions. Puis de s'interroger que l'élue ait fait un focus sur la Pologne, plutôt que d'autres pays, comme l'Iran ou le Soudan, où rappela-t-il les droits des femmes sont frappées, rouées de coups. Cela avant de lancer à l'adresse de Laëtitia Martinez : «Vous oubliez un volet important en matière de régression des libertés. Je m’inquiète plutôt du sort des bourguignonnes et des franc-comtoises ; Quand je vois qu’une fille a été tondue à Besançon et rouée de coups, c’est ce qui m’inquiète.
Ce qui m’inquiète aussi c’est la multiplication des activités séparées entre les hommes et les femmes. C’est aussi la l’institut de formation des imams à côté de Château-Chinon, où l'été dernier il y avait une colonie de vacances avec des petites filles entièrement voilées de noir. Cela en plein Morvan. Ca ne semble pas vous émouvoir Madame Martinez, moi ça me révulse que ce soit permis dans notre République !» Et d'ajouter que «les reculs de laïcité ce sont les reculs des droits des femmes».
Marie-Guite Dufay devait lui répondre : «Ce n'est pas tout faux ce que vous dites, mais on ne peut pas réduire le débat à ce seul prisme». Océane Charret Godard souligna l'importance du sujet et déplora l'absence de propos de Gilles Platret, sur le sujet, le matin, dans son introduction liminaire.
Emmanuelle Coint regretta que l'on cède un féminisme obscur et froid. Et souhaita que les attaques personnelles contre l'opposition s'arrêtent.
Alain BOLLERY

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