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05/12/2023 18:45
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Elections européennes : «Arrêtez de nous emmerder» lance l’Alliance Rurale qui ouvre les hostilités

Le Rassemblement National, sans doute plus que les autres partis, a tout à craindre des défenseurs acharnés de la ruralité qui se sont lancés, mardi, dans la campagne des Européennes. Willy Schraen, le Président national des chasseurs est la tête de liste qui a enrôlé Louis Picamoles, l’ancien joueur de l’équipe de France de rugby.
Reportage à Paris.
Les candidates et candidats autant que les journalistes avaient un peu l’impression de rentrer dans une mêlée, ce mardi matin, à l’Ambassade d’Auvergne, à Paris. Un double symbole, car l’Auvergne, au centre de l’hexagone, est le symbole d’une France rurale. Mais aussi parce que l’on pouvait croiser Louis Picamoles qui a décidé de rejoindre l’Alliance Rurale qui s’est lancée dans la bataille des élections européennes, un peu plus de six mois avant le scrutin programmé le dimanche 9 juin 2024.
Willy Schraen, s’il est marqué au fer rouge de la chasse, a été catégorique : «Nous ne sommes pas une liste de chasseurs, puisqu’il y a des pêcheurs, des défenseures de la tauromachie, mais surtout parce que nous sommes toutes et tous des défenseurs de la ruralité, de notre ruralité».

 
La boite de Camembert et la boite du Mont d’Or…
 
Le mot a été prononcé au moins cinquante fois par la tête de liste et les autres intervenants. Une ruralité qu’ils élèvent en totem face aux dérives européennes. «N’y a-t-il pas mieux à faire à Bruxelles que de vouloir interdire les boites en bois pour le Camembert ou le Mont d’Or», tonne Willy Schraen. «Arrêtez de nous emmerder» est comme un slogan de campagne. Mais cela ne sera pas le seul.
Il est clair que le Rassemblement National a tout à craindre de cette Alliance Rurale avec qui il devra partager le gâteau des voix des ruraux, de la France des campagnes. L’Alliance Rurale, accusée par Marine Le Pen, d’être la marionnette du Président de la République, escompte bien envoyer quelques élus à Strasbourg. Mais elle ne s’écarte pas de sa ligne. Il est question de ruralité, encore de ruralité, toujours de ruralité. Au cours de la conférence de presse, à aucun moment il n’a été question de l’immigration, du terrorisme ou de la délinquance.
«Dans nos campagnes on a la recette du bonheur, qu’on nous le laisse. Dans nos ruralité, on trouve la tolérance, l’intégration et la passion», avance Willy Schraen qui clame : «Nous ne sommes des gens apolitiques. Chez nous il n’y a personne d’encarté».
 
«On incarne le bon sens. On veut des gens heureux»
 
Et d’ajouter : «On veut juste qu’on nous laisse la liberté d’agir. Nous on incarne le bon sens. Je n’accepte pas que l’on considère les ruraux comme des gens de seconde zone. Nous on veut redonner de l’espoir aux braves gens face à une Europe qui n’écoute plus qu’une poignée d’intellectuels. Nous on veut des gens heureux».
Très clairement l’Alliance Rurale part en guerre contre les décisions imposées par Bruxelles. «On nous étouffe et nous on dit «arrêtez de nous emmerder», lance Willy Schraen qui s’empresse ajouter : «On n’est pas des anti-européens. On veut que l’Europe reste sur ses fondamentaux et l’Europe ça ne doit pas être 400.000 normes, car on voyage en absurdité et en technocratie. Il faut des services publics et de santé, pour ceux qui veulent rester dans leurs villages. Il faut que l’Europe respecte les différences. Que perdure l’art de vivre à la Française, avec de la diversité culturelle. On veut rester dans la France des jours heureux».
 
«L’écologie ne devrait pas être politique»
 
Interrogé sur l’absence du chef étoilé Pierre Gagniaire qui avait annoncé sa présence sur la liste, Willy Schraen a assuré qu’il a son soutien mais qu’il a mesuré l’investissement important que cela demandait.
Ensuite assurant que la liste n’est pas qu’une liste de chasseurs, Willy Schraen a déclaré : «L’Alliance Rurale, ce sont des gens qui en ont marre et qui veulent prendre leur destin en main». Et poursuivre : «Si j’avais voulu faire une liste de chasseurs, c’était facile, il y a des présidents de fédération dans chaque département».
Enfin, interrogé sur l’écologie, Willy Schraen a été catégorique : «L’écologie ne devrait pas être politique. Nous on est des écolos. Je plaide pour que l’on travaille ensemble, plutôt que l’on nous dise que nous sommes des bouseux !»
Alain BOLLERY
(Photos Alain BOLLERY)
 
 

Camille Hoteman

Défenseure de la culture provençale
«Il est important de s’unir face à ceux qui veulent faire disparaître la diversité. Le Sud c’est la Tauromachie, les coures landaises. Les éleveurs de chevaux et de taureaux sont des amoureux des animaux. Ils sont les meilleurs défenseurs des zones humides. Peut-on imaginer la Camargue sans les éleveurs comme le souhaite Bruxelles. Ce serait la livrer aux promoteurs immobiliers. Il ne faut pas que l’on se laisse marche dessus».
 

Jérémy Grandière

Président de la Fédération de pêche d’Ile et Vilaine
«Quand j’étais enfant je pêchais. Aujourd’hui je me demande si je vais pouvoir emmener mes enfants à la pêche. Le rôle des pêcheurs c’est aussi de promouvoir la reproduction. Aujourd’hui on veut nous empêcher de pêcher de Bretagne. Comment peut-on vouloir interdire de pêcher les brochets avec des vifs. Demain je me demande si j’aurai le droit d’accrocher un asticot à mon hameçon. Aujourd’hui des idéologues veulent remplacer le chasseur par le loup et le pêcheur par le cormoran !»
 

Sophie-Charlotte Van Robais

Cheffe d’entreprise en Aquitaine
«Aujourd’hui je veux lutter contre la fracture numérique qui fragilise nos entreprises dans les zones rurales. C’est pourtant là que les salariés ont le meilleur cadre de vie. Mais les normes sont un frein à l’entrepreneuriat».
 

Louis Picamoles

Ancien rugbyman international
«La ruralité, c’est le rugby et le rugby c’est la solidarité, le respect et l’esprit d’équipe. Face aux menaces qui pèsent sur notre ruralité, acteurs on peut faire bouger les choses. J’ai pu mesurer les difficultés avec le nombre de contraintes que j’ai eues pour monter mon élevage».
 

Agathe Raimbert

Exploitante agricole
«Nous qui travaillons pour nourrir le pays, on n’en peux plus des normes et de l’agribashing. . Nous sommes fiers de notre métier et de notre travail. En France nous avons une agriculture vertueuse et sans doute la plus propre du monde. Veillons à ce que nos terres ne soient pas vendues à des puissances étrangères».
 

Véronique Langlais

Présidente des bouchers de Paris
«Je parcours la France, notamment à la rencontre des éleveurs, des producteurs et des artisans. Ils sont inquiets. Il faut que les étoiles perdurent dans leurs yeux».
 
 

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