
Comme l'a annoncé la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, ce vendredi 17 octobre, à Lons-le-Saunier, les marchés de bovins destinés à l’élevage sont désormais interdits en Bourgogne-Franche-Comté. Le président de la Région a précisé que 300.000 bovins allaient être vaccinés.
De retour du Jura, Jérôme Durain (PS) a sensibilisé les élus régionaux au risque d'épidémie liée à la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC). Le président du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté rentrait, ce vendredi 17 octobre 2025, d'une réunion, le matin même, à Lons-le-Saunier, avec Annie Genevard, ministre de l'Agriculture.
Pendant ce temps, à l'Hôtel de Région, à Dijon, le premier vice-président Éric Houlley conduisait les débats de la seconde partie de l'assemblée plénière ayant débuté la veille.
«Il est extrêmement important de prendre la mesure du risque»
«Les nouvelles ne sont pas bonnes», a alerté Jérôme Durain en reprenant sa place à la tribune. En quelques jours, trois fermes ont été contaminées, ce qui a conduit à l'abattage de quelques 250 bovins.
Une zone réglementée a été mise en place, notamment pour réduire les déplacements des bovins. Elle couvre le Jura ainsi qu'une partie du Doubs, de la Haute-Saône, de la Côte-d'Or, de la Saône-et-Loire et même de l'Ain.
«Il est extrêmement important de prendre la mesure du risque qui pèse sur nos exploitations», a déclaré le responsable de l'exécutif régional. «La dermatose se diffuse par des insectes piqueurs ou par des déplacements illégaux d'animaux.»
«On a une triple action qui consiste à des opérations massives de dépeuplements – d’abattages – dans les exploitations concernées, une campagne de vaccination qui va concerner près de 300.000 bêtes dans notre région, dans la zone réglementée, et des mesures de biosécurité qui doivent être respectées évidemment à la lettre», a-t-il développé.
Une aide régionale pour repeupler les cheptels
«J'ai apporté à la profession, aux autorités préfectorales et à tous les acteurs concernés le soutien de la collectivité régionale en votre nom à tous, je pense qu'il faut qu'on soit tout à fait solidaires», a indiqué le socialiste.
La veille, les élus ont voté une enveloppe de 300.000 euros pour contribuer au repeuplement des cheptels des exploitations agricoles touchées.
«Il faut espérer que les mesures prises puissent éviter la diffusion de la maladie et que les comportements de certains qui sont trop imprudents ne viennent pas mettre en danger l'ensemble de la zone de production», a-t-il conclu. «L'affaire est bien gérée par les autorités préfectorales et ministérielles.»
Jean-Christophe Tardivon
Communiqué du ministère de l'Agriculture du 17 octobre 2025 :Annie Genevard réunit le Parlement du sanitaire et prend des mesures renforcées sur les mouvements de bovins
La stratégie sanitaire de lutte contre la DNC a porté ses fruits en Savoie et en Haute-Savoie où il n’y a plus aucun foyer épidémique depuis le début du mois de septembre. L’apparition très récente de plusieurs foyers ponctuels (un foyer dans l’Ain, trois foyers dans le Jura et trois foyers en Occitanie) est préoccupante et résulte probablement de mouvements d’animaux, dont certains illicites.
Cette situation fragilise la confiance de nos partenaires européens qui suivent avec attention l’évolution de la maladie en France. C’est pourquoi Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire a réuni ce jour en urgence le Comité national d'orientation de la politique sanitaire animale et végétale (CNOPSAV) et pris les mesures suivantes :
- Interdiction de tout rassemblement « festif » (concours, foires, salons, etc.) de bovins sur tout le territoire métropolitain ;
- Interdiction, dans l’ensemble des régions comprenant une zone réglementée - à savoir l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Bourgogne-Franche-Comté et l’Occitanie - des marchés de bovins destinés à l’élevage;
- Interdiction de toute sortie de bovins du territoire métropolitain pour éviter la diffusion du virus hors de France.
Des sanctions sévères seront appliquées : amende en cas de non-respect des mesures de limitation des mouvements ; augmentée en cas de récidive ; non dédommagement par l’Etat pour le dépeuplement si les infections résultent de comportements interdits.
Les contrôles seront renforcés par instruction aux préfets. Ces mesures prennent effet le 18 octobre et sont valables jusqu’au 4 novembre 2025 inclus. Elles seront levées le 5 novembre, si la situation sanitaire le permet.
Pleinement consciente des conséquences économiques de cette mise en place de frein d’urgence, la ministre demeure à l’écoute de la profession et de l’ensemble des opérateurs sur l’évolution de la situation économique de la filière.
La ministre veillera à ce que le marché et les prix ne soient pas indûment affectés par cette mesure temporaire. Elle enjoint tous les acteurs économiques de la chaîne à une solidarité et à une responsabilité à la hauteur de l’ampleur de la crise sanitaire connue. A cette fin, elle les recevra dès lundi pour discuter, avec eux, des dispositions à prendre pour préserver le marché français de tout risque spéculatif.
« J’ai décidé de mettre en œuvre ces mesures renforcées car le non-respect des règles relatives aux mouvements des bovins est la source de l’extension de la maladie en France et du retard intolérable, pour tous, de la sortie de crise. Ces mesures sont nécessaires pour préserver l’élevage bovin français et rassurer nos partenaires européens et commerciaux. Je remercie les professionnels responsables qui se sont mobilisés et ont consenti à d’importants efforts depuis plus de trois mois. Il ne faut rien relâcher ; j’en appelle à la responsabilité de tous dans l’application des mesures. Je veillerai à protéger le marché français de tout risque spéculatif. »
Annie Genevard
Ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire
La DNC est une maladie strictement animale, virale non transmissible à l’être humain, ni par contact avec des bovins infectés, ni par l’alimentation de produits issus de ces animaux (viande, lait, fromage), ni par piqûres d’insectes. Elle se propage entre bovins par les mouvements d’animaux infectés ou via des insectes « vecteurs » (taons et mouches piqueuses / stomoxes).
Communiqué du ministère de l'Agriculture du 12 octobre 2025 :Dermatose nodulaire contagieuse des bovins (DNC) : premier foyer confirmé dans le Jura le 11 octobre, une nouvelle zone réglementée définie
Un foyer de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) a été confirmé dans le Jura, le 11 octobre, dans un élevage de 93 bovins. Cet élevage, situé en dehors de la zone réglementée définie jusqu’alors, conduit à délimiter une nouvelle zone réglementée où une campagne de vaccination obligatoire et prise en charge par l’État, sera mise en œuvre.
Ce foyer se situe sur la commune de Écleux dans le Nord-Ouest du département du Jura. Cette localisation conduit à fixer une zone réglementée de 50 kilomètres de rayon autour de ce foyer couvrant une partie des départements du Jura, du Doubs, de Côte-d'Or, de la Haute-Saône et de la Saône-et-Loire. Cette nouvelle zone ne recouvre aucune des zones précédentes.
Ce foyer, situé dans une zone jusqu’alors indemne, illustre de nouveau l’importance de maintenir une vigilance accrue de l’état de santé des bovins, de mettre en œuvre des mesures de biosécurité et de veiller au respect des règles relatives aux mouvements d'animaux, dans un contexte où la situation sanitaire vis-à-vis de la DNC est encore évolutive.
La flambée épizootique dans les deux premières zones réglementées a pu être enrayée grâce à la stratégie adoptée et déployée. Il convient absolument qu’elle soit poursuivie et que tous les acteurs continuent d’être pleinement investis pour l’éradiquer complétement.
Ainsi, dans le contexte sanitaire actuel, il est essentiel pour la protection du cheptel bovin français, de poursuivre les mesures de lutte définies depuis le début de l’émergence de la DNC sur le territoire :
- Détection précoce des foyers, basée sur : la surveillance rapprochée de l’état de santé des bovins par les éleveurs, le signalement systématique au vétérinaire en cas de signe évocateurs (fièvre, écoulements, nodules) pour la réalisation de prélèvements officiels ;
- Dépeuplement total des bovins des foyers ;
- Dans les zones réglementées, vaccination massive, dans les meilleurs délais et obligatoire ; cette vaccination est intégralement prise en charge par l’État ;
- Le respect dans les zones réglementées des exigences de biosécurité et en particulier les interdictions de mouvements de bovins ou le strict respect des conditions de déplacement en cas de mouvement dérogatoire autorisé.
La page web de la DRAAF Bourgogne-Franche-Comté régulièrement mis à jour :
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