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09/05/2024 23:22
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EUROPÉENNES : Olivia Grégoire fustige la «schizophrénie» du Rassemblement national entre Paris et Bruxelles

«C'est important que les gens sachent quand on leur ment», a asséné celle qui soutient Emmanuel Macron, ce jeudi 9 mai, à Dijon, invitant à prendre en compte le renforcement des «super-puissances» américaine et chinoise.
En campagne à Dijon, ce jeudi 9 mai 2024, pour soutenir la liste conduite par Valérie Hayer (REN) aux élections européennes, Olivia Grégoire (REN), ministre déléguée chargée des Entreprises, du Tourisme et de la Consommation, a découvert des réalisations cofinancées par des fonds européens.

De ces exemples locaux, Olivia Grégoire tire une réflexion générale sur la place de la France dans le monde au regard de sa participation à la construction européenne qui l'amène à cibler le Rassemblement national.

La «courte vue» du RN sur le budget européen


«Nous avons un monde qui est de plus en plus bipolaire entre deux super-puissances, américaine et chinoise», commente Olivia Grégoire, prenant de la hauteur depuis le centre-ville dijonnais.


La social-libérale réfute l'argument régulièrement porté par les élus du Rassemblement national consistant à comparer ce que la France attribue au budget européen puis en reçoit, considérant qu'ils s'agit là d'une «courte vue».

«Imaginez-vous dans un monde où les États-Unis sont de plus en plus forts et investissent de plus en plus en matière d'innovation, imaginez-vous dans un monde où la Chine a développé avec frénésie pas uniquement du textile mais aussi des panneaux photovoltaïques, des véhicules électriques, que la France serait plus forte seule face à ces super-puissances ou la France dans l'Europe à 27 pour peser face à ces super-puissances ?» interroge Olivia Grégoire.

«Imaginez-vous un monde où la France, forte de 70 millions d'habitants, arriverait, seule, à battre en matière d'innovation, en matière économique la puissance chinoise dotée de 1,4 milliard d'individus ? La réalité est que l'on sera – on l'a vu pendant le COVID – plus fort ensemble», estime-t-elle.

L'«imposture» du RN


«Ce qu'est en train de raconter le Rassemblement est une imposture», martèle Olivia Grégoire, «ils expliquent que la France seule s'en sortirait mieux face à ces super-puissances qu'au sein de l'Europe».

Et de pointer les différentes propositions du parti national-populiste aux travers des années : «en 2017, Marine Le Pen voulait arrêter l'euro, revenir au franc, sortir de l'Union européenne, du moins, en changer tellement les règles que cela aurait casser le marché commun».

«Six ans après, ce n'est plus le discours du Rassemblement national. On comprend que le Rassemblement national veut bien rester en Europe. Ils sont passé de ''on veut sortir'' à ''c'est pas si mal d'y rester''. Même s'ils ne l'assument pas, ils ont bien vu – que ce soit pendant le COVID ou le plan de relance de 100 milliards d'euros, 40% financé par l'Europe – qu'on n'aurait pas eu aussi vite un vaccin, aussi vite une réponse économique et aussi vite une réponse à la crise ukrainienne qui se déploie depuis 2022. (…) Maintenant, ils parlent d'une Europe-puissance, d'une Europe qui protège», développe Olivia Grégoire.

«Je pointe la schizophrénie du Rassemblement national entre ce qu'ils disent sur les plateaux télé à Paris ou au conseil régional à Dijon et ce qu'ils votent à Bruxelles. C'est important que les gens sachent quand on leur ment. Quand ils disent, à chaque fois qu'ils sont en plateau, qu'il faut renforcer les contrôles aux frontières mais quand l'Europe propose d'augmenter les moyens pour sécuriser les frontières et donc d'augmenter le budget de Frontex, ils votent contre. Quand ils vont sur les plateaux pleurer en disant ''on n'est pas en soutien de Poutine'' – ça fait deux ans que Madame Le Pen essaie de faire croire qu'elle ne soutient pas Poutine – mais, depuis deux ans, à chaque fois qu'on a proposé d'aider les Ukrainiens au plan militaire ou au plan économique, ils ont toujours voté contre. Dernier exemple : l'égalité salariale. Je suis la ministre des PME, c'est un vrai sujet. Monsieur Bardella a des trémolos dans la voix quand il parle des femmes et de l'égalité femmes-hommes. Est-ce qu'il vote cette directive qui impose l'égalité salariale entre les hommes et les femmes ? Non. Entre ce qu'ils disent et ce qu'ils font, il y a un monde. La meilleure illustration, c'est qu'ils n'ont pas de vision, ils n'ont pas d'intérêt pour l'Europe quand on veut la quitter, comme ils ont voulu la quitter, et qu'on s'y raccroche faute de mieux, ça manque d'ambition. La réalité, c'est que tout ce qu'ils portent en France comme volontés, ils votent l'inverse au plan européen», analyse Olivia Grégoire.

«Il faut voter, même quand on n'est pas d'accord»


«Ma raison d'être ici à Dijon, (…) c'est de rappeler qu'il faut voter, même quand on n'est pas d'accord, surtout quand on n'est pas d'accord, c'est un moment électoral important, il n'y a qu'un seul tour», poursuit celle qui soutient Emmanuel Macron.

«J'ai parfois des gens qui me disent ''on s'en fout''. On s'en fout d'avoir un beau centre-ville qui a quasiment reçu un million d'euros pour pouvoir être en partie piétonnisé ? On s'en fout d'avoir une coulée verte au jardin de l'Arquebuse ? On s'en fout d'avoir des PME qui sont dans le centre de Dijon aidée financièrement par l'Europe ?  Je ne crois pas que les gens, ici, s'en foutent», ironise-t-elle. «Notre rôle n'est pas que de critiquer mais aussi de proposer notre programme, notre vision aux gens que l'on croise aujourd'hui.»

Propos recueillis par
Jean-Christophe Tardivon

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