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25/05/2024 21:17
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EUROPÉENNES : Selon Laurent Hénart, «la laïcité à la française est une solution à plaider en Europe»

Le président du Parti radical s'est rendu à Dijon, ce samedi 25 mai, notamment pour échanger avec François Rebsamen, maire de Dijon et président de la Fédération progressiste, qui a déclaré que «l'empire russe essaie de détruire les valeurs universelles que porte l'Europe».
Plus vieux parti de France, le Parti radical a connu plusieurs vies. Historiquement classé à gauche, basculant à droite après une scission en 1972,  le retour d'une partie de son aile gauche en 2017 l'a recentré. Cela a permis au radicalisme de devenir une composante de la majorité présidentielle autour d'Emmanuel Macron.

Forgée depuis 1901, son approche originale des valeurs de la République – la défense d'une stricte laïcité en tête – est aujourd'hui portée par Laurent Hénart, président depuis 2014, qui entend bien se faire entendre au Parlement européen, étant en 16ème position sur la liste conduite par Valérie Hayer pour les élections européennes du 9 juin prochain.


Dans le cadre de la campagne, Laurent Hénart a fait étape à Dijon, ce samedi 25 mai, pour échanger avec François Rebsamen (PS, FP), l'ancien maire de Nancy ayant de bonnes relations avec le maire de Dijon, et participer au conseil national des Jeunes Radicaux.

Durant cette étape, Laurent Hénart et François Rebsamen ont tenu une conférence de presse.

«Je suis un fervent soutien des positions européennes du président de la République», déclare François Rebsamen


Pourquoi cette séquence dijonnaise ?

Laurent Hénart : «On a des Jeunes Radicaux dynamiques à Dijon. (…) Je suis venu participer à leur tractage, discuter avec eux, rencontrer François [Rebsamen] pour qu'on puisse discuter de la campagne. (…) Tous les jours, je suis en campagne.»

Pourquoi n'avez-vous pas organisé une réunion publique à Dijon ?

François Rebsamen : «La réunion départementale se fait à Beaune [NDLR : le 27 mai prochain] au lieu de se faire à Dijon. (…) Valérie Hayer est venue à Dijon, on a distribué des tracts à Dijon, il n'y a pas de problème. Quand on veut du monde, on fait  plutôt une réunion à Dijon mais on va aller soutenir ce que fait Didier Paris à Beaune.»

Quelle est votre réaction à l'absence de membres de la Fédération progressiste sur la liste de Valérie Hayer ?

François Rebsamen : «Nous soutenons la liste. Je fais partie du comité de soutien (lire le communiqué). Nous ne sommes pas dans Renaissance. Nous soutenons ce qui est bien et je suis un fervent soutien des positions européennes du président de la République.»

«Protéger nos nations et leurs habitants, c'est construire une Europe forte», revendique Laurent Hénart


Dans quel état d'esprit êtes-vous pour ces derniers jours de campagne ?

Laurent Hénart : «Combatif ! D'abord parce que les campagnes européennes, on le voit bien, sont toujours des campagnes tardives, les choses bougent dans les derniers jours. Pour les militants, c'est très frustrant, pour les candidats aussi parce qu'on est sur le terrain très tôt. Les premières opérations de tractage ont été faites dès le début d'année 2024 sur le projet européen. (…) La vraie campagne commence seulement maintenant.»

«C'est une élection européenne mais quand vous regardez les campagnes sont nationales, dans chaque État, donc forcément le débat national fait irruption, plus ou moins. Partout, les extrêmes-droites portent un message de mécontentement, de colère, des ras-le-bol, dont on peut comprendre l'origine notamment après les crises que l'on a connues sur le plan de l'énergie, de l'alimentation, de l'inflation. L'opinion européenne est forcément mal en point.»

«Une partie des Européens, pas seulement les Français, ont peur de la mondialisation, qui ont peur de ce qui se passe à l'échelle planétaire cette fois-ci : les sujets écologiques, les défis migratoires, la guerre en Ukraine. Certains pensent que le repli sur le périmètre national est la solution. Nous, on pense exactement l'inverse. On pense que protéger nos nations et [leurs] habitants, c'est construire une Europe forte donc il y a un vrai choix différent.»

Le Parti radical est favorable à «un bond en avant» de l'Union européenne


«Le sujet du RN, c'est un sujet où on arrête l'Europe. Ils essaient de faire qu'ils ne veulent rien faire mais qu'ils ne veulent plus en sortir. On sait tous, aujourd'hui, que, ne rien faire, c'est en sortir.»

«Ce qu'a dit le président de la République est très vrai. Si l'Europe confrontée à une crise n'avance pas, elle va se défaire. J'ai été étudiant quand le Mur de Berlin est tombé : chaos en URSS et dans les pays de l'est, guerre très meurtrière en Yougoslavie... La situation que l'on a actuellement en Ukraine avec la Russie me rappelle ça.»

«L'Europe s'en est sortie par un bond en avant : réunification de l'Allemagne, développement de la monnaie unique ,développement de l'espace Schengen, accélération la libre circulation, des programmes en matière de recherche, le programme Erasmus... Il y a eu une série d'initiatives qui ont porté le développement le développement de l'Europe. C'est la même chose : si on n'a pas un progrès d'Europe, l'Europe va se défaire parce que chaque pays va aller chercher sa protection ailleurs, qui auprès des Américains, qui auprès des Russes, qui auprès des Chinois alors que l'objectif, c'est que l'Europe protège tous les Européens. C'est pour ça qu'on défend l'Europe de la défense, de l'armement.»

«On propose que l'Europe se dote de son Dôme de fer»


«Pour nous, il y a quatre grands progrès pour l'Europe. Un, la défense, l'armement. Ce qu'il faut, c'est que l'Europe soit capable de produire de l'armement, d'équiper ses armées en matériel européen et c'est ce qui fera qu'ensuite les armées nationales de l'Europe pourront faire des actions d'armées européennes : l'interopérabilité.»

«C'est pas normal que 80% du matériel des armées européennes viennent des États-Unis. C'est indispensable de faire ce progrès. On voit bien que le retrait du parapluie américain est inévitable. C'est une question de vitesse en fait. Le premier qui a évoqué l'idée, c'est pas Trump, c'est Obama. Les dirigeants américains sont convaincus que la priorité des États-Unis, c'est l'Asie-Pacifique et que l'Europe ont fera avec ce qui reste.»

«Ce n'est pas illogique quand on voit le niveau de richesse de l'Europe. Pourquoi est-ce qu'on ne mettrait pas les moyens qu'il faut pour notre défense. La France le fait bien sûr et notamment depuis qu'[Emmanuel] Macron est président, il y a eu développement important des dépenses militaires, mais les autres pays européens ne le font pas tous. La Pologne s'y est mise, on voit que les mentalités changent en Allemagne. La Suède et la Finlande qui ne sont plus neutres, qui intègrent l'OTAN. Il y a un mouvement.»

«Il faut que ce mouvement soit cohérent. Ça veut dire industrie européenne de l'armement, ça veut dire Europe du renseignement et de l'information, ça veut dire Dôme de fer européen. Le grand projet militaire qu'on propose est que l'Europe se dote de son Dôme de fer.»

NDLR : Le Dôme de fer est le nom du système de défense aérienne mobile israélien. Par extension, l'acception renvoie à tout système anti-missile. En Europe, on parle de Sky Shield ou «bouclier du ciel». L'Allemagne a déjà fait part de sa volonté d'acquérir un système israélien pouvant effectuer des interceptions y compris au-delà de l’atmosphère terrestre. L'idée a été reprise par Emmanuel Macron dans son discours Sorbonne II, contrevenant ainsi à la doctrine historique française.

«Les missions des gardes frontières, c'est de mettre les migrants en centre d'accueil»


«Deuxième sujet, la maîtrise des frontières. On ne reviendra pas sur le pacte asile-immigration. C'est un sujet important et il faut le mettre en œuvre concrètement.»

«On propose deux actions simples. La première, c'est de développer les gardes frontières européennes : on propose qu'il y ait 30.000. Aujourd'hui, la pression migratoire se fait sur les pays les plus faibles de l'Union européenne : la Bulgarie et la Grèce sont pas forcément les moyens en service public pour tenir les frontières.»

Êtes-vous favorable au refoulement des migrants aux frontières ?

«Je suis favorable au pacte asile-immigration qui prévoit l'enregistrement des demandes d'asile et des demandes d'entrée dans le pays source ou à la frontière, ce qui permet de traiter avant d'entrer.»

«Les missions des gardes frontières, c'est d'arraisonner les bateaux, c'est d'éventuellement de veiller à ce qu'ils ne rentrent pas dans les eaux européennes, s'il y a des migrants qui arrivent, c'est de les mettre en centre d'accueil, de permettre qu'ils remplissent leur dossier. Si l'asile est donné, ils bénéficient du droit d'asile en Europe. Si l'asile est refusé, il faut repartir.»

«La loi elle est la même partout en Europe, le droit d'asile est protégé par les traités européens. L'Europe est d'ailleurs exemplaire, c'est le continent sur lequel le droit d'asile est le mieux garanti. Une fois que la procédure a été exercée, soit on entre et il faut qu'on s'intègre, soit il faut partir.»

«Il faut se donner les moyens de la fermeté et de la générosité»


«Le deuxième sujet est  que l'Europe mette en place un programme d'intégration. Parce que l'Europe, l'air de rien, avec le fonds social européen, est présente dans les domaines de l'insertion, dans le formation professionnelle. Elle s'occupe souvent de publics très loin de l'emploi, elle est bien sûr très compétente avec des opérateurs comme Erasmus sur l'acquisition des langues, la capacité à acquérir une culture d'un pays pour s'y installer.»

«Il faut à la fois se donner les moyens de la fermeté et de l'ordre et se donner les moyens de la générosité quand elle est conforme à nos lois.»

Un milliard d'euros pour l'innovation


«Le troisième sujet, c'est l'innovation au sens large. L'innovation pour le Pacte vert, pour l'indépendance énergétique de l'Europe, pour le faire en sorte qu'on ait des industries adaptées à l'impératif écologique, qu'on se dote de nos géants d'intelligence artificielle, qu'on soit au rendez-vous sur des sujets comme l'alimentaire, comme l'industrie.»

«Il peuvent paraître être des sujets plus banals mais qui sont des sujets essentiels d'indépendance nationale. Un exemple : être indépendant sur le plan des médicaments, ça demande de maîtriser toute la filière chimique. Y compris la filière chimique pour produire les ingrédients bases des médicaments qui, aujourd'hui, sont achetés en Inde et en Chine à 90%.»

«Sur toutes les filières de l'économie, il faut être innovant, il faut se développer. On propose le Pacte Delors, c'est un milliard [d'euros] de programmes de soutien aux investissements financés public-privés, financé par une capacité d'emprunt de l'Europe qui est importante, on l'a vu pendant le COVID avec le plan de relance.»

«Le quatrième élément qui me tient à cœur, c'est tout ce qui est éducatif et culturel. On est favorable au développement d'Erasmus pour tous les jeunes pas seulement des jeunes qui sont sur des diplômes universitaire ou d'école mais qu'on développe Erasmus pour les apprentis, pour les jeunes en formation professionnelle, même pour des jeunes qui font leur première étape professionnelle sur des métiers par exemple du tourisme, du voyage, de la promotion territoriale.»

Des taxes européennes pour financer le budget européen


«Voilà nos priorités. Pour cela, il faut qu'on simplifie le mécano européen. On propose deux grandes simplifications. Un doter le budget européen de ressources européennes. L'exemple, c'est la taxe carbone. Elle a été mise en place à l'échelle européenne et d'ailleurs ça fonctionne, il n'y a pas eu de mouvement de Gilets jaunes parce qu'elle a été mise en place avant tout en pesant sur les produits importés et pas sur les productions nationales. Il faut généraliser la taxe carbone aux frontières et il faut, par contre, que le produit  de la taxe carbone aille ou budget européen. Taxe sur les transactions financières : elle est imaginée au niveau européen avec la même réglementation partout, il faut que le produit aille au budget européen. Je propose que les impôts qu'on conçoit au niveau européen – impôt GAFA , transactions financières, taxe carbone – ça nourrisse le budget européen et ça permette de développer ces politiques publiques.»

«La France est un grand pays»


«Deuxièmement, il faut développer le vote à la majorité qualifiée pour réduire le champ de l'unanimité et aller plus vite dans les décisions.»

Les formations eurosceptiques sont contre cet aspect-là arguant qu'en perdant un «droit de veto», cela réduirait la souveraineté française. Que répondez-vous ?

«Il y a plein de secteurs dans lesquels on a pas de droit de veto et où les choses sont allées dans le sens qu'on voulait. Je vais prendre deux exemples. Tout ce qui est directive Travail, vous vous souvenez du plombier polonais qui venez hanter les nuits de tous les eurosceptiques, les directives Travail ont été modifiées pour interdire le travail détaché. Vous n'entendez plus parler de ce problème parce qu'il n'existe plus. Tous les excès qui ont été constatés ont été retirés des règlements et directives européens. Encore heureux que c'était à la majorité qualifiée parce qu'il y avait des pays qui, comme ça, faisait baisser leur chômage, notamment des pays comme la Bulgarie, la Roumanie, qui ont une économie qui, aujourd'hui, ne permet pas d'embaucher tout le monde, ils ne sont pas encore au plein emploi, étaient contents qu'il y ait le travail détachée pour permettre à des demandeurs d'emploi chez eux d'aller ailleurs. Il y aurait eu le droit de veto vous n'auriez jamais eu la limitation du travail détachée et son encadrement strict.»

«Je trouve qu'en fait le RN se comporte comme si la France, c'était Monaco. Comme si c'était un tout petit truc chétif en fin de vie Je pense que c'est ça que le RN cultive chez les Français, l'idée que la France est un pays malade, moribond, en respiration artificielle. Ce n'est pas vrai. La France est un grand pays, c'est le deuxième en habitants et en PIB de l'Europe, c'est la première puissance militaire de l'Europe, c'est la première puissance en termes de dépôt de brevets de recherche – on est passé devant l'Allemagne –, c'est un grand pays qui a des moyens d'innovation, d'économie, de formation, de culture, de solidarité. Faut pas avoir peur ! Il faut aller de l'avant !»

«L'empire russe essaie de détruire les valeurs universelles que porte l'Europe», estime François Rebsamen


François Rebsamen : «Penser que l'on peut perdre de la souveraineté uniquement par une décision concernant le droit de veto, c'est vraiment minorer le rôle et la place de la France dans l'Europe.»

«Ce que dit Laurent [Hénart] est tellement éclairant, y compris en faisant aussi appel, au niveau militaire à nos alliés britanniques, pour ne pas les oublier dans la lutte aujourd'hui que nous avons à mener contre l'empire russe qui essaie de s'étendre et de détruire les valeurs universelles que porte l'Europe et que les ennemis de l'intérieur, de Poutine, agissent ici tous les jours. Ils ont édités leurs tracts grâce aux finances russes. Je ai dit que c'était écrit en cyrillique [NDLR : l'alphabet cyrillique est en vigueur en Russie].»

«L'idée du Rassemblement national, c'est toujours d'arriver à en finir avec l'Europe», déplore Laurent Hénart


Laurent Hénart : «C'est un excellent exemple. Vous imaginez que si la politique industrielle appliquée à la défense se faisait à l'unanimité, il suffirait que Poutine convainque Orban de bloquer et il n'y aura jamais de l'Europe de l'armement [NDLR : François Rebsamen acquiesce].»

«Aujourd'hui, à 27 pays, avec des États parfois de toute petite taille comme Malte, sur lesquels la pression est aisée, et sur lesquels les intérêts sont tellement particuliers, c'est mettre l'Europe à l'arrêt et c'est ce que veut le Rassemblement national. Il sait que l'Europe à l'arrêt face à des crises, c'est une Europe qui s'affaiblit, qui dépérit et c'est la fin de l'Europe. Leur idée, c'est toujours d'arriver à en finir avec l'Europe. Avant fallait sortir, maintenant il suffit de couper le moteur.»

François Rebsamen : «On a vu comment ça se passait sur les dans les pays de l'ancienne union soviétique. Quand on ouvre les portes du frigidaire et qu'il a été fermé sans électricité pendant longtemps, tout est pourri à l'intérieur. C'est ça que veut le RN à terme. Évidemment, ça se présente sous une forme de souveraineté nationale qui n'est que purement théorique.»

Laurent Hénart : «Les recettes du RN sont appliquées ailleurs et sont abandonnées : Meloni [NDLR : Giorgia Meloni, présidente du Conseil des ministres en Italie depuis 2022. Elle préside le parti d'extrême-droite Frères d'Italie]. [Giorgia] Meloni avait, sur l'immigration, les mêmes propos que Marine Le Pen et Jordan Bardella. (…) Aujourd'hui, Madame Meloni, en Italie, lance un plan de régularisation de 400.000 travailleurs étrangers parce qu'elle est confrontée à une démographie encore plus en baisse qu'en France, que les entreprises italiennes ne trouvent plus la main d'œuvre pour faire face et qui lui ''il nous faut des travailleurs et comme vous ne formez pas assez vite les demandeurs d'emploi italiens, il y a des secteurs dans lesquels vous devez nous accepter la régularisation de travailleurs étrangers''. En moins de deux ans, il n'y a plus personne qui repart, il n'y a plus de bateau remis à la mer, il n'y a plus de charter et on régularise 400.000 personnes.»

«Si l'extrême-droite, ça devait marcher, on le saurait en Pologne, ils ont été battus. On le saurait en Italie où il font le contraire de leurs programmes et on le saurait en Hollande où ils sont déjà passés par là.»

«LR et le PS, ce sont des bulletins de vote contre-productifs»


Vous ne critiquez pas que le RN, vous critiquez également Les Républicains et les socialistes ?

«La seule liste qui propose un projet européen, qui parle d'Europe et pas de la présidentielle de 2027, c'est évidemment notre liste Besoin d'Europe et Valérie Hayer.»

«Les anciens partis du gouvernement, LR et le PS, ce sont des bulletins de vote contre-productifs. [François-Xavier] Bellamy est quelqu'un de sensé, qui s'exprime bien et qui dit qu'il est pour l'Europe, sauf que, dans ses votes au Parlement européen, il vote contre son groupe. Par exemple, le [Parti populaire européen] a voté le pacte asile-immigration, il a voté contre. Il s'aligne sur le RN.»

«En fait, ces anciens partis, dépassés par l'extrême, s'alignent sur l'extrême. [Raphaël] Glucksmann s'aligne sur LFI. Glucksmann, c'est le Bellamy de gauche. Il présente bien, une bonne allure, mais il oublie ses convictions et ses paroles quand il s'agit de voter. Le groupe socialiste européen a voté le pacte asile-immigration. Il y en a quelques uns qui n'ont pas voté, c'est seulement les socialiste français, [Raphaël] Glucksmann en tête.»

«Le PS n'arrive pas à se détacher de l'extrême-gauche et LR n'arrive pas à se détacher doctrinalement de l'extrême-droite.»

Sandro Gozi est le candidat de Renew Europe à la présidence de la Commission européenne


Pour le PPE, cela a été compliqué dès le début de la mandature. Il y a eu le Spitzenkandidat sur lequel on est revenu avec l'élection d'Ursula von der Lyen soutenue par Renew Europe. Êtes-vous favorable à une reconduction la présidente de la Commission européenne (Retrouver le débat Eurovision des candidats à la présidence de la Commission européenne) ?

«On a notre candidat chez Renew [NDLR : l'Italien Sandro Gozi]. On attend le score des élections européennes, la composition des groupes et on verra après comment la Commission est présidée.»

«Normalement, la logique est parlementaire. Le groupe le plus important a priori a la présidence de la Commission mais doit former une coalition qui permet au Parlement de fonctionner en répartissant les idées d'abord.»

«La présidente ou le président de la Commission, sa première charge est de présenter un programme pour les cinq ans qui viennent.»

«Comment l'extrême-droite va se comporter ? Est-ce qu'ils vont rester sur deux groupes ? On n'a quand même pas toutes les cartes en mains.»

«L'Europe protège la laïcité à la française»


La laïcité à la française n'est pas toujours très bien comprise dans le monde et éventuellement en Europe, comment allez-vous défendre ce sujet-là parmi les eurodéputés ?

«L'Europe protège la laïcité à la française. Il y a des arrêts nombreux de la Cour européenne des droits de l'Homme d'abord, de la Cour de justice de l'Union européenne ensuite, qui disent clairement que, pour l'application des principes de liberté de conscience, de neutralité des services publics, etc. chaque État et dominant dans sa législation.»

«Sur le sujet du port du voile dans les établissements scolaires, par exemple, sur le sujet du niqab et de la burqa dans la rue, les lois françaises ont été confirmées par les juges européens.»

«Je pense en plus que la laïcité à la française est une solution à plaider en Europe. Plus les pays ont été dans des approches communautaristes plus, aujourd'hui, ils en touchent la limite et, d'ailleurs, plus ça nourrit dans le débat national de ces pays l'extrême-droite. L'exemple qui me vient à tout de suite à l'esprit, c'est la Hollande.»

«Les pays européens cherchent quelque chose qui garantisse plus simplement l'égalité et qui évite de propager auprès de l'extrême-droite l'idée d'inégalité entre les communautés qui se ferait au détriment de la communauté de souche. C'est ça que vend l'extrême droite partout.»

«Les débats européens qui vont arriver sur l'intégration, sur le vivre-ensemble, sur la sécurité, sur la prévention des risques terroristes, sur tous ces sujets, sont des débats qui vont mettre la conception française de la laïcité en avant. Au Parlement européen, si j'ai le bonheur d'être élu, je compte bien plaider pour la laïcité à la française.»

Propos recueillis par
Jean-Christophe Tardivon

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