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19/05/2024 15:12

EUROPÉENNES : Selon Laurent Jacobelli, «le premier des complices de l'Union européenne, c'est Emmanuel Macron»

«On donne 10 milliards d'euros pour financer nos concurrents», a critiqué sur le plan fiscal le porte-parole de Jordan Bardella, ce vendredi 17 mai, à Beaune. Candidate en position éligible, la Bourguignonne Valérie Deloge a appelé à «rétropédaler» sur la protection accordée au loup.
Porte-parole de la campagne de Jordan Bardella, la tête de liste du Rassemblement national pour les élections européennes du 9 juin prochain, Laurent Jacobelli a participé à une réunion publique à Beaune, ce vendredi 17 mai 2024.

L'orateur du parti national-populiste a été accueilli par René Lioret, conseiller régional d'opposition et délégué du parti en Côte-d'Or, Valérie Deloge, elle aussi conseillère régionale d'opposition et candidate en position éligible sur la liste, et Jérémy Dameron, responsable du Rassemblement national de la jeunesse en Côte-d'Or.

Avant la réunion publique, les trois élus ont répondu aux questions d'Infos Dijon.

Jordan Bardella est venu à Sens et à Montbéliard


Jordan Bardella a fait un meeting à Montbéliard, pas à Dijon, pourquoi ce choix de privilégier la Franche-Comté à la Bourgogne ?

Laurent Jacobelli : «Jordan Bardella a fait beaucoup de meeting. Il sera probablement le candidat qui se sera le plus déplacé. Il a eu à cœur d'aller dans chacune des régions. Malheureusement, il était impossible, pendant le temps de la campagne, d'aller dans toutes les régions plusieurs fois (…)

René Lioret : «Il est venu à la Foire de Sens. Les directeurs de campagne avaient décidé de privilégier les foires avant d'entamer les meetings».

«Le premier des complices de l'Union européenne, c'est Emmanuel Macron»


Laurent Jacobelli : «Ces élections sont extrêmement importantes parce que l'Europe vient s'immiscer dans la vie de tous les jours du matin au réveil au soir au coucher pour les Français», estime Laurent Jacobelli, «dans leur vie de tous les jours, sur leur pouvoir d'achat, sur les retraites, sur la sécurité, sur l'immigration et sur l'emploi».

«Nous, on est prêt, il y a une alternative à Emmanuel Macron, il y a une équipe prête à prendre le relais dès 2027. Ces élections européennes sont là aussi comme un jalon important dans la marche vers 2027 et Marine Le Pen à la présidence de la République.»

«Si on ne peut pas baisser la TVA, c'est à cause de l'Union européenne, si vous subissez une immigration massive, incontrôlée, dangereuse et coûteuse, c'est à cause aussi de l'Union européenne. Cette Union européenne a des complices, le premier des complices, c'est Emmanuel Macron. Il n'y a pas de fatalité : avec une autre équipe à Bruxelles et à Paris, on peut redresser la barre.»

«Le Rassemblement national est la seule force d'opposition crédible capable de prendre l'alternance»


Vous avez des des problèmes de riches devant le succès annoncé par les intentions de vote. Si jamais vous ne dépassez pas la barre des 30%, cela pourrait être perçu comme un relatif échec. Comment abordez-vous cela ?

«Les bons sondages, c'est réconfortant mais c'est aussi piégeux parce que, évidemment, si on fait 29%, ça restera un score excellent qui sera historique pour nous et peut-être que certains nous dirons ''vous auriez pu faire 32%''.»

«En tout cas, on se bat pour faire le plus grand score possible. Mais ce qui est intéressant à regarder aussi c'est l'écart avec la liste de la majorité présidentielle parce que le signal qu'on veut envoyer, c'est clairement que nous sommes la première force politique française et la seule force d'opposition crédible capable de prendre l'alternance.»

«Deuxième risque que je vois dans ces bon sondages, c'est que des gens qui avaient envie d'essayer de voter pour nous pour la première fois se disent ''c'est gagné, ce n'est pas la peine''. C'est aussi pour ça qu'on fait campagne et qu'on continue à être vraiment sur le terrain, c'est pour dire ''une élection, elle n'est gagnée qu'après le dépouillement, pas avant''. Donc pas de pêche, ce jour-là, pas de chasse, pas de dîner avec les potes, vous allez voter ! C'est seulement après qu'on pourra être soulagé. On le rappelle, c'est un seul jour, un seul tour, un seul vote. Là aussi, on est obligé de faire de la pédagogie. (…) Le mot d'ordre est ''battez-vous comme si nous étions des challengers''.»

«On donne 10 milliards d'euros pour financer nos concurrents»


Concernant la convergence des pays de l'Union européenne, votre collègue député, porte-parole et qui siège à la Région Julien Odoul porte régulièrement la critique de la participation de la France au budget de l'Union européenne. Pourtant, on peut considérer que, plus il y a de péréquation au sein des pays de l'Union européenne, plus rapide sera la convergence notamment en terme de modèle social.

«Si j'étais Roumain, je vous applaudirais en criant ''bravo'' mais je ne suis pas Roumain. J'ai beaucoup de respect, beaucoup d'amitié, pour les Roumains mais, il se trouve, que je suis Français.»

«La péréquation, vous avez raison, c'est quand vous êtes là [il montre un niveau d'une main] et vous êtes là [il montre un niveau plus bas de l'autre main], on fait ça [la main la plus haute descend et la main la plus basse monte pour s'égaliser]. Celui qui est là qui fait ça [le plus bas qui monte], il est heureux. Celui qui est là et qui fait ça [le plus haut qui descend], il n'est pas content. Nous, on n'est pas content.»

Vous considérez donc que cela tire la France vers le bas ?

«Bien sûr ! C'est simple quand on donne 27 milliards [d'euros] au budget européen, l'Europe nous en rétrocède 17. Ça veut dire qu'on donne 10 milliards [d'euros] pour financer nos concurrents agricoles, nos concurrents industriels qui n'auront pas de droit de douane. C'est à dire qu'il y a, aujourd'hui, des Français qui payent des impôts pour que demain leur usine ferme. C'est un fonctionnement étonnant de la gestion des finances publiques.»

«Évidemment qu'il y a un devoir de solidarité mais pas à la hauteur du montant de 10 milliards [d'euros]. C'est à dire qu'on perd un tiers entre temps. Au moment où on demande aux Français de se serrer la ceinture il faut que l'écart entre ce que l'on donne à l'Union européenne et ce qu'on reçoit soit moindre puisqu'on est, aujourd'hui, les deuxième contributeurs.»

En 2024, la participation de la France est de 21 milliards d'euros . 27 milliards d'euros, c'était en 2021, on revient au niveau de 2019.

«Ça change tous les ans, vous avez raison, mais là, ça va exploser. L'écart reste entre 8 et 10 milliards [d'euros]. C'est ça le scandale. (…) Julien Odoul est un homme de sagesse, j'ai beaucoup de respect et d'amitié pour Julien Odoul donc je souscris pleinement à ses paroles.»

La contribution au budget de l'Union européenne, une «division» plutôt qu'un levier


Vous calculez le différentiel entre la participation au budget et les retours. L'Union européenne, elle, met en avant que la participation au budget fait un levier entre 5 et 10 fois, suivant les pays, en termes de retombées économiques pour les pays en question. Le calcul va au-delà de la contribution propre de l’État.

«Dans un pays qui oscille l'entre 100 et 200 milliards [d'euros] de déficit de balance commerciale par an (NDLR : -190 milliards d'euros en 2022 ; la France présente le déficit commercial le plus important des pays de l'Union européenne], dans un pays qui était excédentaire en agriculture, qui exportait vers l'Allemagne et qui, aujourd'hui, importe de l'Allemagne et n'est plus excédentaire en agriculture plus que grâce aux vins, ça va être compliqué d'expliquer ça. Dans un pays – je viens de Moselle –, qui a dû fermer des usines industrielles parce qu'il y a des moins-disants en Europe, notamment en Pologne, ça va être compliqué de nous l'expliquer. Il y a peut-être un facteur 5 mais j'ai peur que, chez nous, ce soit en division.»

Valérie Deloge appelle à «rétropédaler» sur la protection accordée au loup


La conseillère régionale d'opposition Audrey Lopez s'est exprimée récemment pour demander à diviser la population de loups par deux en France (lire le communiqué). Le peuplement du loup en France est un phénomène naturel. Est-ce qu'on peut demander de diviser par deux le nombre de jours de canicule ou le nombre d'orages de grêle ?

Valérie Deloge : «Non mais le loup, en fin de compte, est un prédateur. Les membres de l'[Office français de la biodiversité] ont dit qu'à 500 loups, la race était viable.»

«Le souci, c'est la la quantité par rapport à nos élevages. Protéger un prédateur, il y a quelque-chose qui ne va pas. On n'est pas loin dès 19.000 loups sur le territoire européen. Franchement, l'espèce est viable sans aucun souci sauf que, dans nos campagnes – dans la montagne, on n'a pas le même rapport [concernant la protection des troupeaux] –, maintenant, on est à plus de 63 départements où le loup circule librement. Nos campagnes sont pas faites pour recevoir un animal comme ça. Il y a d'autres animaux qui sont aussi des prédateurs qui sont éliminés régulièrement quand il y a trop de pression au niveau de de de l'élevage. (…) Je pense qu'à un moment, il faudra prendre la décision de passer outre cette Convention de Berne ou de faire un rétropédalage là-dessus, de manière à ce qu'on puisse laisser nos élevages de plein air pouvoir continuer à être élevés en prairie, naturellement. (…) Maintenant, c'est l'élevage français qui est en danger.»

Vers un «effet» des européennes en vue des municipales de 2026


Plus localement, René Lioret compte sur cette réunion et les tractages qui vont suivre sur les marchés côte-d'oriens pour «redonner un coup de boost» durant «la dernière ligne droite» de la campagne.

Le délégué départemental considère que le scrutin européen sera «très important» à analyser à l'échelle des communes de la Côte-d'Or. Par rapport à 2019, René Lioret a pour objectif que la liste portée par Jordan Bardella soit «en tête» dans les bureaux de vote de «trois-quarts des communes», notamment à Beaune, et que, à Dijon, le retard sur la première liste soit «considérablement réduit».

«Il y aura un effet sur la population de Côte-d'Or qui nous préparera très bien pour les échéances qui vont suivre», anticipe-t-il. Pour les municipales de 2026, le parti envisage de monter des listes à Beaune et à Dijon ainsi que dans de petites centralités comme Auxone, Brazey-en-Plaine, Montbard ou encore Saulieu.

Propos recueillis par
Jean-Christophe Tardivon

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