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16/03/2021 05:57

FRANCE RELANCE : Bérangère Abba annonce 28,8 millions d'euros pour la biodiversité en Bourgogne-Franche-Comté

Depuis la Montagne des Trois Croix  surplombant la Côte-d'Or et la Saône-et-Loire, la secrétaire d’État chargée de la Biodiversité a expliqué ce lundi 15 mars pourquoi le plan de relance de l’État concernait la préservation de la biodiversité. Le Conservatoire d'Espaces Naturels de Bourgogne a présenté le superbe site de pelouses calcaires.
Un pied en Côte-d'Or, un pied en Saône-et-Loire. La frontière entre les deux départements bourguignons passe au sommet de la Montagne des Trois Croix qui s'élève à 521 mètres d'altitude. À l'est, la vallée de la Dheune et Santenay. Encore plus loin, Chagny. À l'ouest, les collines qui entourent Nolay.

Le site a été choisi par Bérangère Abba, secrétaire d’État chargée de la Biodiversité, pour annoncer ce lundi 15 mars 2021 le financement d’actions concrètes en faveur de la biodiversité en Bourgogne-Franche-Comté dans le cadre de France Relance.

«Concilier activités humaines, économiques et préservation de la biodiversité»


Selon le ministère de la Transition écologique, «le site de la Montagne des Trois Croix, qui illustre la possibilité de concilier activités humaines, économiques et préservation de la biodiversité, bénéficiera ainsi du plan de relance pour financer des travaux de restauration des milieux».

La secrétaire d’État a été accueillie par Daniel Sirugue, président du Conservatoire d'Espaces Naturels de Bourgogne. Dans la délégation étaient présents Didier Paris (LREM), député de la Côte-d'Or, Marie-Guite Dufay (PS), présidente du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, Stephan Woynaroski (PS), vice-président de la Région en charge de la biodiversité, Guy Vadrot, maire de Santenay, Michel Bouley, maire de Dezize-lès-Maranges, et Myriel Porteous, sous-préfète de Beaune.

Mobiliser le plan de relance pour les pelouses calcaires


Le Conservatoire d'Espaces Naturels de Bourgogne (CEN) intervient sur 5.700 hectares en Bourgogne répartis sur 180 sites. Classé Natura 2000, le site de la Montagne des Trois Croix est emblématique de tout ce que le CEN peut réaliser pour favoriser la préservation de la biodiversité.

Les agents veillent notamment à ce que l'ouverture de l'espace naturel soit maintenue. Ainsi, des travaux de débroussaillage limitent le développement des pins noirs. À la veille du printemps, la végétation envoie un signal encourageant alors que le site avait été ravagé par la pyrale du buis : certains buis présentent de nouveau un feuillage verdoyant.

L'équilibre de la végétation est prégnant au regard du risque incendie alors que le territoire a connu trois sécheresses marquées ces dernières années. Le site est pâturé par d'étonnantes vaches Galloway, une race écossaise à poils longs.

«Une des plus-value du plan relance, c'est que cela nous permet de mobiliser des fonds sur ces milieux de pelouse calcaire qui, la plupart du temps, dans notre ingénierie économique sont un peu compliqués à financer», explique Antony Ardouin, chargé de mission territorial au CEN. Au titre de France Relance, le CEN gérera un budget de 220.000 euros dédié à la restauration de pelouses calcaires.

«Un patrimoine paysager, touristique et culturel qui trouve son public»


«C'est un formidable enjeu», s'enthousiasme Daniel Sirugue. «On ne produit pas de richesse pécuniaire», concède Antony Ardouin qui s'empresse d'ajouter : «beaucoup de gens redécouvrent la France, redécouvrent les paysages et se disent 'c'est exceptionnel'. Ces paysages, il faut les préserver».

«La valeur n'est pas que symbolique», signale à son tour Bérangère Abba. «C'est une valeur qui est partagée par de plus en plus de gens, la restauration des paysages, retrouver les paysages d'antan, comprendre comment ça fonctionnait», abonde Marie-Guite Dufay.

Pour la secrétaire d’État, la Montagne des Trois Croix est «représentative» notamment de «la richesse de la nature française après que les pratiques agroécologiques qui se sont adaptées à ces sites et à la préservation des enjeux et des équilibres locaux» ainsi que d'«un patrimoine paysager, touristique et culturel qui trouve son public».

France Relance pour «rouvrir des continuités écologiques»


Le financement en 2021 des volets eau et biodiversité en Bourgogne-Franche-Comté au titre de France Relance s'élève à 28,8 millions d'euros :
- 1,7 million d'euro pour la restauration écologique et les aires protégées attribuées suite à un appel à projets de la DREAL (dont une partie est cofinancées par la Région pour 1,3 million d'euro) pour 28 projets,
- 1,06 million d'euros pour les appels à projets nationaux de l'Office Français de la Biodiversité,
- 7,4 millions d'euros pour le développement des haies au travers de deux appels à projets,
- 17 millions d'euros ont déjà été attribués par les agences de l'eau présentes dans la région.

«France Relance vient apporter des moyens financiers qui vont permettre de rouvrir des continuités écologiques (…) et d'agrandir certaines aires protégées», explique Bérangère Abba. «La Stratégie Nationale de la Biodiversité se constitue de différentes briques. On va essayer d'intervenir sur les différentes pressions qui s'exercent sur la biodiversité. La stratégie Aires protégées que j'ai présentée en début d'année est une de ces briques. Nous avons ici un Conservatoire d'Espaces Naturels qui intervient à la fois sur des questions environnementales mais aussi dans des aspects de médiation, de partage de la connaissance pour sensibiliser tous ceux qui doivent l'être, pour accompagner l'activité qui se passe sur ces sites parce que la protection à la française, elle veut intégrer les activités humaines, les agriculteurs ici», développe la secrétaire d’État.

«Cette érosion de la biodiversité est aussi inquiétante que le dérèglement climatique»


Pour le gouvernement, la biodiversité doit bénéficier de la relance. Bérangère Abba s'appuie sur les origines supposées de l'épidémie de Covid-19 pour justifier ce choix politique : «avec cette pandémie, nous avons un signal clair sur l'incidence des perturbations du dérèglement entre vie animale, nature et santé humaine et donc, malheureusement, le drame sanitaire que l'on connaît. L'activité économique mondiale a été mise à l'arrêt par ce qui est à la base un déséquilibre entre espèces sauvages et activités humaines».

La secrétaire d’État entend faire prendre conscience de l'enjeu : «cette érosion de la biodiversité est aussi inquiétante et aussi importante que peut l'être le dérèglement climatique dans ses impacts, on parle de qualité de vie, de bien-être, de santé avec cette pandémie, on parle aussi de sécurité alimentaire, on parle de qualité de l'eau. (…) Nous avons, aujourd'hui, cette responsabilité à agir et ces moyens du plan de relance qui vont pouvoir financier ces aménagements de sites (…) pour qu'on revienne à un certain équilibre entre activités humaines et nature».

Jean-Christophe Tardivon

«La protection à la française accepte enfin l'idée que notre patrimoine naturel a été dessiné par les activités humaines», déclare Bérangère Abba





































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